1.         Parc archéologique de San Agustín (Colombie) (C 744)

Année d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial  1995

Critères  (iii)

Année(s) d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril  Néant

Décisions antérieures du Comité  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/744/documents/

Assistance internationale

Demandes approuvées : 0 (de 1995-1995)
Montant total approuvé : 10 400 dollars EU
Pour plus de détails, voir page http://whc.unesco.org/fr/list/744/assistance/

Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO

Néant

Missions de suivi antérieures

Novembre 2006 : mission de suivi réactif Centre du patrimoine mondial/ICOMOS.

Facteurs affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

a) État de conservation de la structure des sculptures mégalithiques ;

b) Absence de plan de gestion ;

c) Absence de zone tampon ;

d) Défi constant des communautés locales qui continuent d’utiliser les routes illégalement construites traversant le parc archéologique.

Matériel d’illustration  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/744/

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2011

L’État partie a soumis un rapport sur l’état de conservation le 2 février 2011 détaillant les actions mises en œuvre en réponse à la décision 33 COM 7B.134.

a) Délimitation du bien inscrit et définition des zones tampons

L’État partie signale qu’en 2010 un zonage archéologique pour l’élément du bien situé dans la municipalité de San Agustin a été achevé, tandis que le zonage pour l’élément situé dans la municipalité d’Isnos devait être réalisé en 2011. Différents usages ont ainsi été définis, dans l’optique de minimiser les impacts humains et naturels potentiels. L’État partie signale également qu’un processus de légalisation des titres de propriété foncière a commencé, à même de gérer les conflits en matière de propriété et d’occupation des sols et de mieux protéger les vestiges archéologiques des deux éléments du bien inscrit et leurs zones tampons. Un recours collectif est prévu pour la protection du corridor archéologique qui relie actuellement le siège administratif du parc de San Agustín aux sites archéologiques dits Mesitas A et B, une zone constamment affectée par le passage de véhicules et la présence de bétail. Un autre trajet en dehors des limites du parc est actuellement étudié en consultation avec les parties prenantes, afin de fournir un accès aux communautés locales. D’autres actions sont envisagées afin de mieux protéger les limites du bien et d’appliquer le zonage défini pour minimiser les développements et les activités commerciales informels sur les biens voisins. Lorsque le processus actuel de légalisation et de définition des limites sera finalisé, l’État partie prévoit d’inclure les cartes de zonage pour le bien du patrimoine dans les plans de zonage municipaux afin de garantir leur articulation avec les outils de planification aux niveaux territorial et municipal.

b) Autres routes pour la communauté locale

En ce qui concerne la route illégale construite par les communautés Yanacona dans le secteur de La Estacion en 2006 qui a justifié la mission de suivi réactif Centre du patrimoine mondial / ICOMOS de 2006, l’État partie, par l’intermédiaire de l’Instituto Colombiano de Anthropologia e Historia (ICANH) a poursuivi ses efforts pour veiller à ce que la route reste fermée et ne puisse plus être empruntée, et que les communautés utilisent la route existante qui est une alternative viable. L’ICANH a également autorisé un accès à travers le secteur de La Estacion via un sentier, ce qui n’affecte pas l’intégrité du bien. Plusieurs réunions de consultation ont eu lieu avec les parties concernées, de même que des procédures judiciaires pour trouver une solution. Les communautés sont toutefois restées sur leur position, souhaitant continuer à emprunter la route illégale et ont continué à entraver les travaux du projet 2010 de réhabilitation du sentier. Les autorités juridiques ont déclaré que l’autre route (existante) était adéquate mais nécessitait des améliorations et, qu’en conséquence, la fermeture de la route illégale ne portait pas atteinte aux droits fondamentaux des habitants. L’État partie considère que cette décision, les résolutions prises par le gouvernement municipal ainsi que l’opinion publique favorable, ont créé les conditions appropriées pour la fermeture de la route. Les travaux de réhabilitation du sentier devaient reprendre en février 2011.

c) Plan de gestion

L’État partie a soumis son plan de gestion intitulé ‘Plan Integral de Manejo Parque Arqueologico de San Agustin y Alto de los Idolos’, élaboré entre 2007 et 2008 et revu en 2010. Il comprend 8 programmes et 53 projets. Ces derniers ont été systématiquement exécutés et des ressources allouées pour la mise en œuvre continue du plan. Des ateliers de socialisation et de consultation ont été réalisés dans le cadre du processus participatif en cours pour l’élaboration et la mise en œuvre du plan. L’État partie fait savoir que l’ICANH a engagé 1 073 236 dollars EU pour les activités afférentes en 2011.

Des progrès ont également été signalés vis-à-vis des négociations et actions avec les entités nationales aux niveaux régional et local ainsi qu’avec les communautés pour la conservation générale du patrimoine archéologique dans la région, par la mise en œuvre d’orientations et réglementations définies dans le plan de gestion, progrès également renforcés par des activités de sensibilisation.

d) Autres points

L’État partie indique également qu’une évaluation des infrastructures du parc a été réalisée et que des actions ont été identifiées en vue de leur expansion, rattrapage et intervention pour améliorer les installations existantes destinées à des usages publics et administratifs, conformément aux dispositions définies dans le plan de gestion. La mise en œuvre du projet devrait se poursuivre en 2011.

Il est également envisagé de construire en 2011 un autre passage vers les sites archéologiques de Mesitas A et B, afin de prévenir davantage l’utilisation du corridor préhispanique, qu’une évaluation a indiqué instable en termes de conservation.

Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial, de l’ICOMOS et de l’ICCROM

Le Centre du patrimoine mondial et les Organisations consultatives notent que l’État partie a mis en œuvre avec efficacité une série de mesures visant à maintenir la valeur universelle exceptionnelle, l’authenticité et l’intégrité du bien et accueillent avec satisfaction la nature largement participative des efforts. Ils rappellent l’importance de finaliser la définition formelle des limites et zones tampons du bien inscrit et encouragent l’État partie à poursuivre ses efforts pour garantir que le zonage réalisé est bien articulé avec les outils de planification aux niveaux territorial et municipal.

Décision adoptée: 35 COM 7B.122

Le Comité du patrimoine mondial,

1. Ayant examiné le document WHC-11/35.COM/7B,

2. Rappelant la décision 33 COM 7B.134, adoptée à sa 33e session (Séville, 2009),

3. Note avec satisfaction les efforts accomplis par l'Etat partie pour garantir la sauvegarde du bien et l'encourage à poursuivre ses efforts en coopération avec le Centre du patrimoine mondial et les Organisations consultatives, en particulier pour parvenir à une solution définitive pour la fermeture de la route illégale qui traverse San Agustín ;

4. Prie instamment l'Etat partie d'intensifier ses activités de sensibilisation auprès des communautés afin de les inciter à ne plus utiliser la route illégale susmentionnée ;

5. Demande à l'Etat partie de finaliser la délimitation des éléments inscrits sur la Liste du patrimoine mondial, notamment les activités de zonage programmées pour 2011, et de soumettre au Centre du patrimoine mondial et aux Organisations consultatives les limites définies, assorties d'une cartographie et du cadre légal appropriés, pour examen par le Comité du patrimoine mondial dans le cadre du processus de l'inventaire rétrospectif ;

6. Demande également à l'Etat partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial, d'ici le 1er février 2013, un rapport détaillé sur l'état de conservation du bien et la mise en œuvre des points susmentionnés, pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 37e session en 2013.