1.         Tour de Londres (Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande du Nord) (C 488)

Année d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial  1988

Critères  (ii)(iv)

Année(s) d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril  Néant

Décisions antérieures du Comité  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/488/documents/

Assistance internationale

Demandes approuvées : 0
Montant total approuvé : 0 dollars EU
Pour plus de détails, voir page http://whc.unesco.org/fr/list/488/assistance/

Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO

Néant

Missions de suivi antérieures

Novembre 2006: mission conjointe Centre du patrimoine mondial / ICOMOS

Facteurs affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

a) Projets de construction aux alentours immédiats de la Tour de Londres qui pourraient porter préjudice au cadre, aux perspectives visuelles et à l'intégrité du bien du patrimoine mondial ;

b) Absence d'une étude approfondie des impacts visuels concernant les impacts potentiels des projets d'aménagement immobilier et absence de plan de gestion ratifié ;

c) Nécessité de création d'une zone tampon appropriée et acceptée par tous afin de protéger les alentours immédiats de la Tour de Londres et d'une protection juridique de la vue emblématique depuis la rive gauche de la Tamise vers la Tour et au-delà.

Matériel d’illustration  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/488/

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2011

Le 1er février 2011, un rapport sur l'état de conservation de la Tour de Londres a été remis par l'État partie au Centre du patrimoine mondial. Le rapport aborde les problèmes soulevés par le paragraphe 8 de la décision 33 COM 7B.127, en particulier les mesures prises afin de renforcer la protection du cadre du bien, les perspectives visuelles à partir et vers la Tour et présente un projet de Déclaration de valeur universelle exceptionnelle pour approbation par le Comité du patrimoine mondial.

a) Étude dynamique d'impact visuel

L'État partie réaffirme qu'une perspective visuelle de la Tour a été choisie pour protéger sa silhouette depuis le sud. Bien qu'il soit fait référence, comme dans le cas de Westminster, au document "Une vision de l'histoire par les perspectives visuelles : une méthodologie d'évaluation du sens du patrimoine par les perspectives visuelles" qui sera publié par English Heritage au printemps 2011, aucune autre perspective visuelle non-statuaire n'a été prise en compte.

L'État partie précise également que la publication du « Guide de English Heritage concernant le cadre des biens du patrimoine" est prévue pour l'été 2011. Il sera un des éléments du document "Une vision de l'histoire par les perspectives visuelles" et devrait servir de base à des études d'impact visuel.

Des documents complémentaires de planification sont en cours de préparation, ils donneront des orientations pour la définition du cadre des biens du patrimoine mondial à Londres.

b) Cadre de gestion des perspectives visuelles de Londres

L'État partie précise que le document "Orientations de planification, édition supplémentaire révisée-Cadre de gestion des perspectives visuelles de Londres" a été publié en juillet 2010. Ce document a désigné la Tour de Londres comme un "monument principal stratégiquement important" et exige l'établissement en arrière plan de la Tour d'un cadre emblématique qui respecte la perspective visuelle.

L'État partie précise également que les politiques de protection du bien sont exposées dans le document à paraître "Cadre de développement local" publié par les autorités locales de la Ville de Londres, de London Borough of Tower Hamlets et de London Borough of Southwark.

c) Comité consultatif de la Tour de Londres

L'État partie signale que "l'Étude sur le cadre local de la Tour de Londres", commandée par le Comité exécutif de la Tour de Londres a été rédigée en faisant référence à la Déclaration de valeur universelle exceptionnelle soumise au Centre du patrimoine mondial le 1er février 2011. Il est évoqué le fait que des discussions sont en cours avec les autorités en charge de la planification afin d'inclure les recommandations dans le cadre de leurs politiques de planification. L'Étude sur le cadre local de la Tour de Londres inclut une analyse de l'importance de 11 perspectives visuelles individuelles sur les environs de la Tour avec des recommandations sur la façon de les pérenniser ou de les améliorer dans le cadre du domaine public. Aucune protection complémentaire de ces perspectives visuelles n'est envisagée dans le rapport. Du point de vue de la conservation, ces perspectives visuelles ne sont cependant pas pertinentes: 5 d'entre elles sont sur le territoire même du bien, 3 sont à deux mètres au-delà des limites du bien et les 3 dernières juste de l'autre coté du fleuve. Aucune d'entre elles ne concerne donc une zone de construction. L'étude définit également "un cadre local". Il s'agit d'un petit secteur juste à l'extérieur des limites du bien et ne peut prétendre définir le cadre même du bien.

d) Zone tampon

L'État partie fait remarquer que conformément au paragraphe 103 des Orientations, des zones tampons ne sont pas nécessaires quand des zones de protection appropriées existent déjà. Il précise également que le rapport finalisé sur le cadre local ainsi que les politiques définies dans les documents de planification à paraître constitueront un cadre encore plus large afin de garantir que le bien et son cadre sont protégés. L'État partie signale également que l'autorité du London Borough of Southwark prépare actuellement un document supplémentaire consultatif de planification pour Bankside, Borough et le Pont de Londres.

e) Autres problèmes

L'État partie signale que le vaste programme de travaux de conservation sur la Tour blanche est désormais achevé et qu'un programme de plantation d'arbres est en cours. L'État partie signale cependant que de grands changements se produisent dans la zone commerciale autour du bien, y compris un certain nombre de bâtiments de grande hauteur, tels que celui situé au 20 Fenchurch Street, de 120 mètres de haut qui a été autorisé, l'immeuble Shard of Glass près du Pont de Londres, le projet d'immeuble de 31 étages, le Quill, dans St Thomas Street (qui fait l'objet d'un appel par le Secrétaire d'état), et le permis de construire accordé à une tour de 21 étages à Pottersfield juste en face du bien, sur la rive gauche du fleuve.

f) Orientations

L'État partie signale que la protection des biens du patrimoine mondial en Angleterre a été renforcée par la récente publication de trois documents: "Circulaire 07/09, Circulaire sur la protection des biens du patrimoine mondial", accompagnée des "Orientations du patrimoine anglais pour la circulaire 07/09" et enfin de "PPS5 : Planification pour l'environnement historique: Guide d'usage de la planification historique environnementale (mars 2010)", ainsi que par d'autres documents sur le même sujet tels que "La planification de Londres: stratégie de développement spatial pour le Grand Londres" qui est en cours de publication et qui fait particulièrement référence à la protection du bien.

Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial, de l’ICOMOS et de l’ICCROM

Le Centre du patrimoine mondial et les Organisations consultatives prennent note avec une vive préoccupation que depuis le rapport sur l'état de conservation de 2009, le cadre du bien, tant proche qui devrait être normalement inclus dans une zone tampon que plus éloigné, ne bénéficie pas d'une protection officielle spécifique, à part celle associée à une seule perspective visuelle déjà en vigueur les années passées.

L'État partie fait remarquer que des orientations complémentaires sont en cours de préparation et que les conclusions de l'étude sur le cadre local seront prises en compte par les plans des autorités locales mais aucun d'entre eux ne semble proposer ni définition d'un cadre et de perspectives visuelles plus vastes vers et depuis le bien, ni protection officielle au moyen d'une zone tampon ou d'un équivalent.

La Tour n'est pas mieux protégée qu'il y a deux ans alors que depuis lors, l'État partie reconnaît que des projets immobiliers, avec de grands bâtiments susceptibles d'avoir un impact sur le bien, continuent d'être autorisés alors que tous les problèmes de politique liée au bien et à son cadre n'ont pas encore réglés et qu'aucun décret n'a été promulgué. Au cours de la dernière décennie, le cadre de la Tour de Londres a été le témoin d'énormes changements et ne semble pas avoir été géré afin de respecter la valeur universelle exceptionnelle du bien. Des travaux de construction ont eu un impact sur trois cotés du cadre de la Tour et les structures de verre construites ne mettent ni en valeur la présence de la Tour et ne permettent pas non plus de mettre en évidence son ancien rôle.

Les recommandations de la mission conjointe de suivi réactif Centre du patrimoine mondial/ICOMOS de 2006 visant à mettre en place une "protection des environs immédiats de la Tour de Londres au moyen d'une zone tampon appropriée et reconnue par tous, qui permettrait de définir de meilleures orientations quant à la hauteur et au volume des futurs projets immobiliers à autoriser" et précisant que "ce plan doit être incorporé au sein du Plan de Londres de l'Autorité du Grand Londres" n'ont pas été suivies.

Par ailleurs, les recommandations du Comité du patrimoine mondial à sa 33e session (Séville, 2009) visant à garantir qu'un "nouveau sous-groupe du Comité consultatif du bien du patrimoine mondial de la Tour de Londres envisage pleinement la nécessité de protéger les alentours immédiats de la Tour de Londres au moyen d'une zone tampon appropriée et reconnue par tous", demandant que "des progrès soient faits afin que, dès que possible, une zone tampon soit créée et dans le même temps des orientations sur l'impact visuel, et ce, afin qu'une approche cohérente soit mise en place" et que "la version révisée par le Maire des orientations supplémentaires de planification, appelée Cadre de gestion des perspectives visuelles de Londres, tienne pleinement compte des avis autorisés exprimés par la mission conjointe de suivi réactif Centre du patrimoine mondial/ICOMOS de novembre 2006" n'ont pas été suivies.

Au vu des points ci-dessus mentionnés, le Centre du patrimoine mondial et les Organisations consultatives constatent avec une vive préoccupation qu’il n’y a pas eu de progrès importnats dans la protection du cadre du bien et notent également que le bien reste menacé. Ils suggèrent donc que le Comité du patrimoine mondial examine l'état de conservation de ce bien, afin de considérer l'inscription du bien du patrimoine mondial de la Tour de Londres (Royaume-Uni) sur la Liste du patrimoine mondial en péril.

Décision adoptée: 35 COM 7B.114

Le Comité du patrimoine mondial,

1. Ayant examiné le document WHC-11/35.COM/7B,

2. Rappelant la décision 33 COM 7B.127 adoptée à sa 33e session (Séville, 2009),

3. Reconnaît l'achèvement de "l'étude sur le cadre local de la Tour de Londres", mais exprime cependant sa vive préoccupation sur le fait que cette étude ne traite que des perspectives visuelles individuelles et dans un cadre local très étroit alors que le cadre général de la Tour dans le contexte de sa valeur universelle exceptionnelle n'a pas été défini et qu'aucune protection ne lui a été accordée contrairement à ce qui avait été demandé par la décision 33 COM 7B.127, adoptée par le Comité à sa 33e session (Séville, 2009) ;

4. Estime que l'augmentation du nombre de projets immobiliers autour de la Tour au cours des cinq dernières années ont eu un impact négatif sur son intégrité visuelle ;

5. Demande à l'Etat partie d'évaluer l'impact des changements proposés dans le cadre visuel du bien sur sa valeur universelle exceptionnelle et de mettre au point et appliquer des mécanismes de protection du cadre efficaces de toute urgence;

6. Demande également à l'Etat partie de s'abstenir d'accorder des autorisations à de nouveaux projets de construction aux environs du bien sans avoir évalué leur impact potentiel sur la valeur universelle exceptionnelle du bien;

7. Demande en outre à l'Etat partie d'inviter une mission conjointe de suivi réactif Centre du patrimoine mondial/ ICOMOS à se rendre sur le bien afin de discuter avec les autorités locales et nationales de la situation générale du bien, en tenant compte de son état de conservation dans son contexte urbain et de la façon dont des projets de construction en cours et à venir pourraient affecter la valeur universelle exceptionnelle du bien et de la manière dont une protection adéquate de son cadre pourrait être mise en place, pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 36e session en 2012 ;

8. Demande enfin à l'Etat partie de remettre au Centre du patrimoine mondial, d'ici le 1er février 2012, un rapport sur l'état de conservation du bien et sur les mesures prises afin de mettre en œuvre toutes les décisions du Comité, pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 36e session en 2012.