1.         Halle du Centenaire de Wroclaw (Pologne) (C 1165)

Année d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial  2006

Critères  (i)(ii)(iv)

Année(s) d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril  Néant

Décisions antérieures du Comité  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/1165/documents/

Assistance internationale

Demandes approuvées : 0
Montant total approuvé : 0 dollars EU
Pour plus de détails, voir page http://whc.unesco.org/fr/list/1165/assistance/

Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO

Néant

Missions de suivi antérieures

Néant

Facteurs affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

Matériel d’illustration  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/1165/

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2011

À la suite de la réception d’informations et de rapports provenant de nombreuses ONG et personnes privées, le Centre du patrimoine mondial a demandé à l’État partie de soumettre un rapport sur l’état de conservation du bien, incluant des clarifications concernant la modernisation et l’agrandissement du Pavillon d’origine du Restaurant de la Grande Terrasse, tous les travaux réalisés pour protéger le Parc Szczytnicki, ainsi que le projet routier de la Grande Île. À partir des informations reçues, le Centre du patrimoine mondial et les Organisations consultatives ont entrepris la préparation d’un rapport sur l’état de conservation pour étude par le Comité du patrimoine mondial. 

Le rapport sur l’état de conservation soumis par l’État partie le 18 janvier 2011 fournit des réponses sur les trois principaux problèmes, comme le demandait le Centre du patrimoine mondial. 

a) Modernisation et extension du Pavillon du Restaurant de la Grande Terrasse (actuellement Centre de tourisme d’affaires)

Ce projet concerne la réédification d’une construction, conçue par Max Berg en 1913, qui abritait un restaurant et une terrasse en plein air. Comme tous les éléments du Parc des Expositions inclus dans le bien, cette partie du bâtiment a été conçue pour s’harmoniser avec la Halle du Centenaire, principal élément du bien. 

Un rapport transmis au Centre du patrimoine mondial en 2010 par des ONG soulignait que l’agrandissement du pavillon d’origine est disproportionné par rapport au projet architectural et aux volumes du bâtiment, et qu’il a été réalisé par des architectes d’intérieur et des entreprises non qualifiés pour travailler sur des monuments historiques. C’est ainsi que certaines parties de la construction d’origine ont été détruites, et que la surface extérieure d’origine en béton nu a été remplacée par des panneaux de fibres minérales.

Cependant, le rapport de l’État partie sur l’état de conservation du bien indique que le projet a été dirigé par plusieurs institutions chargées de superviser les travaux réalisés précisément dans les zones historiques. Le rapport de l’État partie signale que les travaux résultent d’un concours international de projets d’architecture et qu’ils ont été réalisés à partir d’une recherche historique approfondie et d’une analyse de l’état du bâtiment qui a révélé qu’une grande partie du bâtiment d’origine avait disparu ou avait été modifiée après avoir subi de sérieux dégâts en 1945. L’État partie note également que les nouveaux pavillons latéraux « selon la convention du minimalisme esthétique » ont été inspirés par des croquis théoriques de Max Berg qui avait réfléchi à l’idée d’agrandir ultérieurement le bâtiment à sa taille actuelle.

Bien que l’État partie ait fourni, conformément au paragraphe 172 des Orientations, des informations au Centre du patrimoine mondial et aux Organisations consultatives pour étude et commentaires sur le travail prévu sur le pavillon avant la construction ––, la qualité du travail que l’on peut voir sur les photos fournies par les ONG ne peut être considérée comme satisfaisante. Toutefois, avant toute conclusion, il convient d’effectuer une mission de suivi réactif pour étudier de façon appropriée les travaux réalisés dans le bien. 

b) Protection du Parc Szczytnicki

Le rapport transmis par des ONG décrit une dégradation constante de l’environnement et des monuments du Parc par manque de moyens ; il soulève également des questions concernant la raison des décisions d’abattre des arbres et des moyens utilisés pour en disposer. 

Le rapport de l’État partie indique que le caractère adéquat du travail d’entretien a été confirmé par une inspection du Parc Szczytnicki en mai 2010. Le rapport signale que « conformément à la réglementation en vigueur, les travaux de suppression d’arbres et d’arbustes sont menés selon les procédures prévoyant la documentation sur les arbres coupés, les raisons de leur suppression et des informations sur ce qui a été fait du bois ».

Il convient de noter que le rapport de l’État partie n’aborde pas directement les motifs précis de préoccupation cités par les ONG (disponibilité de ressources, justification de l’abattage, et moyens utilisés pour se débarrasser du bois coupé), mais déclare simplement que toutes les décisions respectent la réglementation en vigueur. 

c) Projet routier de la Grande Île

Le rapport des ONG signale que la construction d’une rocade routière à grande vitesse à travers l’île dégraderait l’environnement naturel du Parc et son microclimat, ainsi que les surfaces et les matériaux des constructions en raison des émissions produites par l’augmentation de la circulation automobile. Le rapport ajoute que le nouveau tracé routier séparera les « cités-jardins » de Sepolno et Biskupin de l’écrin forestier du Parc, et que sa construction – incluant des écrans antibruit – constitue une intrusion irraisonnable et brutale dans ce qui est considéré comme le « joyau » de la ville.

Le rapport de l’État partie indique que le tracé routier longe le bien inscrit et traverse des zones adjacentes à la zone tampon. Le rapport signale qu’une évaluation d’impact environnemental « a prouvé le bien-fondé des travaux ». Qui plus est, le rapport souligne les avantages pour les résidents de l’île car cela réduirait « l’intensité des communications » dans la zone tampon. L’État partie donne des détails sur les impératifs et contraintes de la gestion de la circulation que la nouvelle route tente de résoudre : impossibilité d’élargir le pont Zwierzyniecki ou de construire un nouveau pont à côté, capacité limitée de la place Grunwaldzki qui ne peut accueillir davantage de véhicules, nombre de plus en plus important de voitures appartenant aux résidents de l’île, et nécessité d’alléger la pression de la circulation urbaine sur la Grande Île vu l’afflux grandissant de touristes attirés par ses nombreuses attractions. Le rapport de l’État partie indique également que la circulation sera redirigée vers les voies de contournement « éloignées de cette zone historiquement importante et sensible » et que la nouvelle route (qui sera classée comme route secondaire plutôt que comme route à grande circulation) permettra aux habitants de l’endroit d’accéder facilement à l’île. L’État partie confirme aussi que ce projet routier a fait l’objet de consultations publiques. 

À la suite de la réception d’informations additionnelles des ONG concernant ce projet routier de la Grande île, le Centre du patrimoine mondial a demandé, le 2 mai 2011, à l’État partie de transmettre les documents détaillés concernant ce projet, y compris l’évaluation d’impact environnemental pour examen par les Organisations consultatives. 

Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial, de l’ICOMOS et de l’ICCROM

Le Centre du patrimoine mondial et les Organisations consultatives notent que les projets de nouveau tracé routier n’ont pas été soumis au Centre du patrimoine mondial lors des premiers stades de planification du projet, comme l’exige le paragraphe 172 des Orientations. Bien que ce projet routier ait pu faire l’objet d’une évaluation d’impact environnemental, cette évaluation n’a pas été soumise pour étude. Le Centre du patrimoine mondial et les Organisations consultatives indiquent qu’il est souhaitable de passer en revue les avantages et désavantages de ce projet par rapport à d’autres moyens d’atteindre les mêmes objectifs de gestion de la circulation urbaine. Enfin, alors que le rapport de l’État partie confirme que le projet a fait l’objet de consultations publiques, ce même rapport ne fournit pas d’informations sur le résultat de ces consultations. Compte tenu d’une certaine opposition publique à ce projet, la consultation doit avoir rencontré certaines réactions négatives aussi bien que positives, et ces réactions ne sont pas présentées.

Le Centre du patrimoine mondial et les Organisations consultatives considèrent que la documentation fournie actuellement ne permet pas de juger clairement de la nature et de la qualité des travaux réalisés sur le Pavillon reconstruit, du projet de nouveau tracé routier ni de la gestion de l’entretien du Parc Szczytnicki. Ils sont également préoccupés du fait que la justification de l’État partie concernant son évaluation des projets met l’accent sur l’adéquation en matière de processus de planification locale (approbation des institutions, consultations, évaluation environnementale) sans chercher explicitement à s’informer de l’impact sur la valeur universelle exceptionnelle par des évaluations précises d’impact sur le patrimoine.

Le Centre du patrimoine mondial et les Organisations consultatives suggèrent que le Comité du patrimoine mondial engage l’État partie à inviter une mission conjointe de suivi réactif Centre du patrimoine mondial/Organisations consultatives pour évaluer l’état de conservation général du bien, y compris l’impact du Pavillon reconstruit et du projet de nouveau tracé routier sur la valeur universelle exceptionnelle du bien, en fonction d’une évaluation d’impact sur le patrimoine culturel. 

Décision adoptée: 35 COM 7B.101

Le Comité du patrimoine mondial,

1. Ayant examiné le document WHC-11/35.COM/7B,

2. Prend note des informations fournies par l'Etat partie dans son rapport sur l'état de conservation du bien et note qu'elles sont insuffisantes pour juger clairement de la nature et de la qualité des travaux réalisés sur le Pavillon reconstruit;

3. Note également que des informations détaillés concernant le projet de nouveau tracé routier n'ont pas été fournies à l'avance, comme l'exige le paragraphe 172 des Orientations et que les informations disponibles sur le projet routier et la gestion de l'entretien du Parc Szczytnicki sont insuffisantes pour mesurer leur impact sur la valeur universelle exceptionnelle;

4. Invite l'Etat partie à entreprendre une évaluation d'impact sur le patrimoine culturel pour le projet routier, conformément au Guide de l'ICOMOS sur l'évaluation d'impact patrimonial pour les biens culturels du patrimoine mondial ;

5. Demande à l'Etat partie d'inviter une mission conjointe de suivi réactif Centre du patrimoine mondial/ICOMOS à évaluer l'état de conservation d'ensemble du bien, y compris l'impact du Pavillon reconstruit et du projet de nouveau tracé routier sur la valeur universelle exceptionnelle du bien, en fonction d'une évaluation d'impact environnemental;

6. Demande également à l'Etat partie de fournir au Centre du patrimoine mondial, d'ici le 1er février 2012, un rapport sur l'état de conservation de ce bien et sur la mise en œuvre de ce qui précède, pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 36e session en 2012.