1.         Centre historique de Vilnius (Lituanie) (C 541bis)

Année d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial  1994

Critères  (ii)(iv)

Année(s) d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril  Néant

Décisions antérieures du Comité  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/541/documents/

Assistance internationale

Demandes approuvées : 0 (de 1995-2000)
Montant total approuvé : 138 180 dollars EU
Pour plus de détails, voir page http://whc.unesco.org/fr/list/541/assistance/

Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO

Montant total accordé au bien : 64.000 dollars EU dans le cadre de la Stratégie de revitalisation de Vilnius (PNUD-SPPD).

Missions de suivi antérieures

1995, 1996, 1997, 1998, 1999, 2000 : missions de projet du Centre du patrimoine mondial ; mai 2005 : visite du bien par le Centre du patrimoine mondial ; décembre 2006 : séminaire régional sur place. 

Facteurs affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

Matériel d’illustration  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/541/

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2011

L’État partie a soumis un rapport sur l’état de conservation, reçu le 11 février 2011, et comprenant les documents suivants, qui ont été approuvés par les autorités gouvernementales compétentes: “Directives générales concernant un système de gestion de la valeur universelle exceptionnelle du centre historique de Vilnius – site du patrimoine mondial” et “Plan spécial de protection du patrimoine immobilier en vue de la délimitation de la zone de la vieille ville de Vilnius et de sa zone tampon”.

 

a) Protection juridique

À la demande du Comité, l’État partie indique quatre lois principales régissant la protection du centre historique de Vilnius: Loi relative à la protection du patrimoine culturel immobilier (1995), Loi sur la Commission d’État chargée du patrimoine culturel (2005), Loi sur la zone protégée (1993) et Loi relative à l’aménagement du territoire (1995). Le Ministère de la Culture de Lituanie a également approuvé un “Règlement relatif à la protection de la vieille ville de Vilnius” (2003), qui définit le cadre et les modalités d’entretien, d’utilisation et de gestion de la vieille ville. L’État partie cite également un certain nombre de lois ayant un effet indirect sur le bien, notamment son patrimoine mobilier, ses expressions culturelles traditionnelles, son environnement et sa construction.

b) Plan/système de gestion intégrée

Le rapport de l’État partie précise qu’il existe un certain nombre de lois et de mécanismes de planification jouant un rôle dans la gestion de la vieille ville de Vilnius. À la demande du Comité du patrimoine mondial, l’État partie a soumis un document contenant une série de principes directeurs concernant la coordination et l’intégration des diverses institutions et organisations qui jouent un rôle dans la gestion de la vieille ville de Vilnius.

La création d’une “Commission chargée de la supervision de la valeur du site ainsi que de la coordination et de l’intégration de sa gestion” constitue un élément central des principes directeurs. Cette commission a pour but d’assurer l’intégration territoriale, horizontale, interinstitutions et pluridisciplinaire, la cohérence verticale de la gestion et la cohérence entre les institutions d’État, l’administration locale et la société civile. Sa composition est la suivante: État proprement dit, autres organismes étatiques dont les activités ont un rapport avec le site et sont susceptibles d’influer sur l’évolution de la valeur universelle exceptionnelle, et organismes non-gouvernementaux opérant dans les domaines de la science et de l’éducation, ainsi que les organisations de la société civile manifestant leur intérêt. La commission doit se réunir au moins une fois tous les trois mois pour examiner les activités menées au cours des trois mois précédents, suivre et évaluer les problèmes et leurs effets impacts sur le bien, et élaborer des plans d’action annuels en vue de les résoudre ou d’en atténuer les effets. La Commission est également censée établir des rapports annuels et assurer la liaison avec le processus de présentation de rapports périodiques sur le patrimoine mondial. L’une de ses premières tâches consistera à examiner la Stratégie de revitalisation de la vieille ville de Vilnius. Le rapport indique également que le Ministère de la Culture et l’administration municipale engageront en février 2011 des consultations sur la gestion intégrée du bien. Un Plan spécial de protection de la délimitation de la vieille ville de Vilnius et de sa zone tampon a été approuvé en 2010.

c) Bâtiments de grande hauteur qui ont un impact sur l’intégrité visuelle du bien

L’État partie déclare que le Plan (directeur) officiel de Vilnius réglemente les impacts visuels, notamment la hauteur des bâtiments dans la zone tampon. Ce plan a pour but d’assurer la préservation des rapports visuels entre les zones protégées, les vues, panoramas et perspectives de valeur, en limitant la hauteur des nouveaux bâtiments et le ratio bâtiments/espace ouvert. Ce plan prévoit également l’interdiction de nouvelles constructions, à l’exception de celles qui contribuent à la lecture du plan urbain ou de la structure spatiale, ou qui sont fondées sur les principes traditionnels de forme spatiale. Dans le cas des nouvelles constructions, une analyse de leur impact visuel sur la zone protégée doit être effectuée avant qu’elles puissent être approuvées.

d) Déclaration de valeur universelle exceptionnelle

Comme l’a demandé le Comité, le rapport de l’État partie comprend un projet de Déclaration de valeur universelle exceptionnelle qui a été transmis à l’ICOMOS pour examen. 

e) Modification mineure aux limites du bien

L’État partie a soumis une carte et un texte contenant des précisions sur la délimitation du bien et de sa zone tampon, dans le cadre du rapport sur l’état de conservation. Ces documents n’ont cependant pas été soumis au Centre du patrimoine mondial avant la date limite du 1er février 2011 prévue pour la soumission des propositions de modifications mineures aux limites des biens et les zones tampon, et suivant le modèle de soumission déjà transmis à l’État partie en 2008. 

Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial, de l’ICOMOS et de l’ICCROM

Le Centre du patrimoine mondial et les Organisations consultatives prennent note des informations fournies sur le cadre juridique. Toutefois, comme l’a noté le Comité du patrimoine mondial dans la décision qu’il a prise à sa 33ème session, la “Commission chargée de la supervision de la valeur du site ainsi que de la coordination et de l’intégration de sa gestion” qu’il est prévu de créer est essentielle pour assurer un système de gestion intégré qui permette au cadre juridique de protéger efficacement le bien. Le Centre du patrimoine mondial et les Organisations consultatives constatent cependant que le processus de création de cette commission semble avoir très peu avancé depuis le rapport de 2009 de l’État partie. Cette nouvelle commission ne semble pas avoir commencé sa tâche, contrairement à la demande du Comité du patrimoine mondial, ni avoir élaboré un ensemble clair d’objectifs de conservation ni de processus et procédures de décision. De plus, il semble que l’on ne dispose pas d’informations complémentaires sur la nature des organes nationaux et municipaux et des éléments de la société civile qui feront partie de la commission. Celle-ci devrait entrer en action le plus tôt possible avec des procédures et objectifs clairs pour être assurée de pouvoir maîtriser efficacement toute activité ou intervention risquant d’avoir un impact sur la valeur universelle exceptionnelle du bien.

Quant à la question des bâtiments de grande hauteur, alors que le rapport de l’État partie se réfère à des constructions dans la zone tampon proposée, on ne dispose pas d’informations supplémentaires pour examiner le cas des bâtiments élevés situés en dehors de ladite zone tampon, mais qui risquent d’avoir un impact sur la valeur universelle exceptionnelle du bien. Il serait utile que l’État partie élabore une stratégie d’évaluation de l’impact sur le patrimoine pour faire en sorte que les grands édifices n’aient pas, quel que soit leur emplacement, d’impact négatif sur la valeur universelle exceptionnelle du bien.

Pour ce qui est des modifications mineures qu’il est proposé d’apporter à la délimitation et aux zones tampons proposées du bien, le Centre du patrimoine mondial a envoyé à l’État partie une lettre lui demandant de soumettre le plus rapidement possible une proposition de modification mineure aux limites du bien.

Décision adoptée: 35 COM 7B.98

Le Comité du patrimoine mondial,

1. Ayant examiné le document WHC-11/35.COM/7B,

2. Rappelant les décisions 30 COM 7B.86; 32 COM 7B.99; 33 COM 7B.112 adoptées respectivement à ses 30e (Vilnius, 2006), 32e (Québec, 2008) et 33e (Séville, 2009) sessions,

3. Prend note des informations fournies par l'Etat partie sur le cadre juridique de la protection du bien ;

4. Réitère sa demande visant à ce que la nouvelle commission engage le plus tôt possible ses activités régulières, avec un ensemble clair d'objectifs de conservation et de procédures, ainsi qu'un processus de décision qui mette l'accent sur la protection de la valeur universelle exceptionnelle du bien;

5. Réitère également sa demande à l'Etat partie de fournir des informations appropriées concernant la réglementation applicable à la construction de bâtiments de grande hauteur en dehors de la zone tampon proposée, qui risquent d'avoir un impact sur la valeur universelle exceptionnelle du bien et notamment sur son intégrité visuelle;

6. Demande à l'Etat partie de soumettre une proposition de modification mineure aux limites du bien, en rapport avec la création d'une zone tampon, pour évaluation par les Organisations consultatives et approbation par le Comité du patrimoine mondial ;

7. Demande également à l'Etat partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial, d'ici le 1er février 2013, un rapport actualisé sur l'état de conservation du bien et sur la mise en œuvre des mesures susmentionnées, pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 37e session en 2013.