1.         Budapest, avec les rives du Danube, le quartier du château de Buda et l’avenue Andrássy (Hongrie) (C 400bis)

Année d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial  1987

Critères  (ii)(iv)

Année(s) d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril  Néant

Décisions antérieures du Comité  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/400/documents/

Assistance internationale

Demandes approuvées : 0
Montant total approuvé : 0 dollars EU
Pour plus de détails, voir page http://whc.unesco.org/fr/list/400/assistance/

Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO

Le montant total accordé à ce bien s’élève à 800 millions de HUF (env. 2,7 million d’euros) au titre du soutien de l’UE au projet “Rue de culture”

Missions de suivi antérieures

Mars 2005 : mission de conseil Centre du patrimoine mondial / ICOMOS ; novembre 2007 : mission de conseil de l’ICOMOS.

Facteurs affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

a) Démolitions et développements inopportuns dans le « Quartier juif » situé dans la zone tampon ;

b) Usage inapproprié des espaces publics et des infrastructures des rues ;

c) Conservation insuffisante des habitations résidentielles dans la zone inscrite au patrimoine mondial ;

d) Augmentation de la circulation routière.

Matériel d’illustration  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/400/

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2011

Le 27 janvier 2011, un rapport sur l’état de conservation du bien a été soumis par l’État partie au Centre du patrimoine mondial. Le rapport donne suite aux points soulevés dans la décision 33 COM 7B.107 et fournit également des informations détaillées sur un vaste projet de développement du centre-ville dans la zone tampon, à proximité de la limite du bien, dans le 5e district de Budapest.

a) Développement inappropriés dans la zone tampon

L’État partie signale que, bien qu’il subsiste des permis de démolition et de construction valides dans le “Quartier juif”, situé dans la zone tampon, les travaux n’ont pas été engagés. Il ajoute qu’entre 2004 et 2010, la municipalité a pris des décisions préjudiciables au statut de la zone tampon du bien. Les responsables municipaux n’occupent plus leurs fonctions et certains d’entre eux font actuellement l’objet de poursuites pénales.

L’État partie indique en outre qu’un projet global de restauration du “Quartier juif” sur dix ans (2009-2018) a été engagé. Il est doté d’un budget de 3,622 millions d’euros. Ce projet, intitulé ‘Rue de culture’ concerne essentiellement la rue Kazinczy et comprend la rénovation et la remise en état des bâtiments, qui seront réaffectés à un usage culturel. En 2008, la Ville a recommandé au gouvernement de réfléchir à l’élaboration et à l’adoption par voie juridique de mesures d’incitation fiscales et financières ainsi que d’un système de soutien ciblé afin d’encourager les activités commerciales et économiques liées à la restauration et à la réaffectation des quartiers historiques de la ville. Le parlement précédent n’a pris aucune mesure pour concrétiser ces initiatives. L’État partie indique que le gouvernement actuel comprend l’intérêt d’une telle approche et qu’il examinera ces possibilités. 

b) Plan et système de gestion

L’État partie indique que la mise en place d’un plan et d’un système de gestion a été suspendue dans l’attente de l’élaboration d’une loi sur le patrimoine mondial.

c) Limites et zone tampon

L’État partie indique également que le bien et la zone tampon sont actuellement protégés au sein d’un quartier historique d’une surface beaucoup plus étendue que le bien inscrit au patrimoine mondial et qui comprend l’île Marguerite toute entière. Il signale également que l’incorporation de l’île Marguerite à la zone tampon du bien a fait l’objet d’un accord de principe au niveau national, mais qu’il serait nécessaire de mener des recherches afin de recommander l’extension, et une nouvelle délimitation, du quartier historique.

d) Projet de loi sur le patrimoine mondial

Compte tenu du calendrier actuel, une nouvelle loi sur le patrimoine mondial pourrait être promulguée avant la fin de 2011 ou le début de 2012. Une telle loi permettrait de réglementer, sur le plan de la procédure et de l’organisation, la gestion des sites du patrimoine mondial et de mobiliser les ressources financières nécessaires.

e) Autres questions

L’État partie fait le point sur les travaux nécessaires d’agrandissement du mur de soutènement des berges de Buda en vue de la réalisation d’un collecteur des eaux usées. Il signale en outre que, conformément aux conclusions de la mission de conseil Centre du patrimoine mondial / ICOMOS de 2005, la route sur berge n’a pas été élargie de deux à quatre voies.

f) Projet de développement de la rue Bécsi

Conformément au paragraphe 172 des Orientations et à la requête formulée par le Centre du patrimoine mondial le 8 décembre 2010, l’État partie apporte des précisions sur le projet de développement prévu pour la rue Bécsi, située dans le quartier historique du centre de Pest, dans la zone tampon entre le “Quartier juif” et les limites du bien.

L’État partie précise que ce projet de grande ampleur nécessiterait la démolition de tout un côté de la rue Bécsi. Les détails de ce projet de démolition, qui ont été rendus publics au cours du second semestre 2010, ont été l’occasion d’un vaste débat professionnel en raison du plan d’aménagement et du nombre de bâtiments historiques protégés qui seraient affectés. Ces bâtiments d’une importance exceptionnelle, protégés en vertu de leur statut de monuments historiques, sont situés à l’intérieur d’un quartier historique.

Le permis de démolir n’a pas encore été accordé. La déclaration préliminaire de l’autorité professionnelle datée du 29 décembre 2010 a rejeté la demande de démolition pour trois des biens concernés. L’État partie reconnaît la nécessité de renforcer la protection du patrimoine et d’envisager des possibilités de subventions afin de favoriser la restauration et l’adaptation.

g) Le projet concernant le musée

Le Centre du patrimoine mondial et les Organisations consultatives ont pris connaissance du projet de restructuration, de l’élargissement et de la réutilisation du Musée des Beaux-arts, place des Héros, qui prévoit l’aménagement de nouvelles salles en sous-sol et l’installation de plusieurs puits de lumière au niveau du sol, ainsi que la réorganisation de l’entrée à l’étage principal. Il semblerait que la symétrie de ce bâtiment et de la structure d’ensemble de la place serait détruite par les aménagements envisagés.

Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial, de l’ICOMOS et de l’ICCROM

Le Centre du patrimoine mondial et les Organisations consultatives notent que les permis de démolir dans le “Quartier juif” sont moins suivis d’effets et se déclarent satisfaits de l’investissement dans le projet “Rue de culture” afin de restaurer et d’affecter à d’autres usages les bâtiments situés dans la rue Kazinczy.

Le Centre du patrimoine mondial et les Organisations consultatives notent également l’élaboration d’un nouveau projet de loi sur le patrimoine mondial et notent que la révision du plan de gestion et l’amélioration du système de gestion ont été suspendues dans l’attente de ce projet de loi.

Le Centre du patrimoine mondial et les Organisations consultatives notent également une éventuelle décision visant à élargir les limites de la zone tampon du bien afin d’y incorporer l’île Marguerite.

Le Centre du patrimoine mondial et les Organisations consultatives sont extrêmement préoccupés par le projet de développement dans le quartier historique du centre de Pest, fondé sur la démolition de tout un côté de la rue Bécsi. Dans ce quartier, la zone tampon comprend de nombreux bâtiments éminents qui partagent les attributs de la Valeur universelle exceptionnelle du bien. Elle offre un cadre pour l’avenue Andrássy, intégrée au tissu urbain ainsi que pour l’ensemble du paysage urbain du Danube. Ils prennent bonne note de l’engagement pris par l’État partie en faveur du renforcement des mesures de protection afin d’assurer la préservation de ce paysage urbain d’une importance exceptionnelle. Le Centre du patrimoine mondial et les Organisations consultatives estiment que l’impact des propositions relatives à la place des Héros doit être examiné dans le cadre d’une évaluation détaillée du patrimoine. Ils suggèrent qu’une mission de suivi réactif soit organisée d’ici à la 37e session du Comité du patrimoine mondial en 2013, afin de dresser le bilan des progrès accomplis dans la mise en œuvre de toutes les mesures nécessaires exigées par le Comité du patrimoine mondial.  

Décision adoptée: 35 COM 7B.95

Le Comité du Patrimoine mondial,

1. Ayant examiné le document WHC-11/35.COM/7B,

2. Rappelant la décision 33 COM 7B.107, adoptée à sa 33e session (Séville, 2009),

3. Prend note de la baisse du nombre de permis de démolir dans le "Quartier juif";

4. Prend acte des informations communiquées par l'Etat partie sur les progrès accomplis dans l'initiative "Rue de culture" qui a pour objet de servir de modèle au développement durable dans ce quartier ;

5. Note également avec beaucoup d'inquiétude le vaste projet de développement dans la zone tampon à Pest, à proximité de la limite du bien, qui entraînerait la démolition d'un côté de la rue Bécsi et prie instamment l'Etat partie de prendre toutes les mesures nécessaires pour empêcher cette démolition ;

6. Demande à l'Etat partie de tenir le Centre du patrimoine mondial informé de toute évolution des projets de développement dans la rue Bécsi et sur la place des Héros et de veiller au bon respect, à toutes les étapes de ces projets de développement, des procédures relatives aux évaluations de l'impact sur le patrimoine et à la valeur universelle exceptionnelle ;

7. Reconnaît le travail réalisé par l'Etat partie afin de rendre possible et de promulguer une nouvelle loi sur le patrimoine mondial avant le début de 2012 et demande également à l'Etat partie de faire parvenir au Centre du patrimoine mondial une copie de cet instrument dès qu'il sera promulgué ;

8. Encourage l'Etat partie à terminer la révision du plan de gestion et l'organisation de la gestion du bien dans les plus brefs délais, une fois promulguée la nouvelle loi ;

9. Accueille favorablement l'accord de principe obtenu au niveau national en vue de l'incorporation de l'île Marguerite à la zone tampon du bien et prie aussi instamment l'Etat partie de concrétiser cette initiative en appliquant les procédures officielles du Comité ;

10. Demande également à l'Etat partie d'inviter une mission de suivi réactif du Centre du patrimoine mondial / ICOMOS afin d'évaluer les progrès accomplis dans la mise en œuvre de toutes les mesures nécessaires, conformément aux décisions du Comité du patrimoine mondial d'ici à sa 37e session en 2013 ;

11. Demande en outre à l'Etat partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial d'ici le 1er février 2013 un rapport sur l'état de conservation du bien et sur l'application des recommandations ci-dessus, pour examen par le Comité du patrimoine mondial lors de sa 37e session en 2013.