1.         Stonehenge, Avebury et sites associés (Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande du Nord) (C 373bis)

Année d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial  1986

Critères  (i)(ii)(iii)

Année(s) d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril  Néant

Décisions antérieures du Comité  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/373/documents/

Assistance internationale

Demandes approuvées : 0
Montant total approuvé : 0 dollars EU
Pour plus de détails, voir page http://whc.unesco.org/fr/list/373/assistance/

Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO

Néant

Missions de suivi antérieures

2015, 2017, 2018 : missions de conseil conjointes Centre du patrimoine mondial/ICOMOS

Facteurs affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

Matériel d’illustration  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/373/

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2019

Le 1er février 2019, l’État partie a soumis un rapport sur l’état de conservation du bien, disponible à http://whc.unesco.org/fr/list/373/documents. Ce rapport s’attache à répondre à la décision 42 COM 7B.32 et fait le point sur le projet d’amélioration de la route A 303 qui traverse le bien et sur les progrès réalisés pour mettre en œuvre les recommandations de la mission :

Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial, de l’ICOMOS et de l’ICCROM

L'État partie poursuit les processus d'approbation réglementaire du projet de route A303 d'Amesbury à Berwick Down, y compris l'élargissement proposé de l'A303 à l'intérieur du bien, dans des délais permettant de communiquer les décisions du Comité aux autorités compétentes. Toutefois, les décisions précédentes du Comité et les recommandations des missions consultatives n’occupent pas une place importante dans les processus de demande d’autorisations nationales et dans les informations facilement accessibles au grand public.

La mission consultative conjointe Centre du patrimoine mondial/ICOMOS de 2018 a conclu que la longueur proposée pour le tunnel n'était pas suffisante pour protéger la valeur universelle exceptionnelle (VUE) du bien. Cette conclusion n'est pas modifiée par la proposition d’ajout de 100 m à l'extrémité ouest du pont terrestre. Un tronçon de tunnel plus long qui supprimerait ou réduirait considérablement la proposition de route à quatre voies à travers le bien serait encore nécessaire afin d'éviter l'impact sur sa VUE, y compris sur son intégrité et son authenticité.

Les documents de demandes d’autorisation d’aménagement (DCO) signalent qu’un tronçon de tunnel plus long côté ouest et qu’une tranchée recouverte d’approximativement 800m, sont toutes les deux techniquement possible mais ne sont pas considérées en raison de leur coût, des bénéfices perçus substantiels à la VUE ainsi que l’approche retenue de mesure « coûts/bénéfices ».Les documents mettent également l’accent sur la mesure de l’impact et l‘effet cumulatif sur les composantes individuelles du bien, particulièrement les éléments archéologiques connus, et la justification est basée sur l’évaluation de l’amélioration apportée par la proposition, plutôt que sur les meilleurs résultats possible pour la VUE du bien.

L'étude d'impact sur le patrimoine (EIP) de l'État partie souligne que la nouvelle route à quatre voies et la tête ouest du tunnel nuiraient à l’environnement et aux relations entre les monuments et le paysage, notamment le Winterbourne Stoke Crossroads Barrows, le Diamond Group et le Normanton Down Barrows, et aux relations plus larges entre les tumuli allongés du Néolithique, à l’intérieur et au-delà de ces groupes de biens. L'EIP reconnaît également que ce projet ajouterait une tranchée profonde et une tête de tunnel entre le Winterbourne Stoke Crossroads Barrows et le Diamond Group, affectant l'intégrité des relations physiques entre les monuments. En effet, l'EIP observe à propos de l'intégrité que dans les zones où la route ne traverse pas un tunnel, il y aurait des tronçons de la nouvelle route à quatre voies, dont une grande partie en tranchée, bien que la longueur de ces tronçons soit limitée à 800 m dans l'approche ouest (si l’on prend en considération l’auvent et Green Bridge Four) et à 300 m dans l'approche est (si l’on prend en considération l’auvent). La construction des voies en tranchée et des têtes de tunnels exigerait un changement permanent et aurait un impact négatif sur la VUE du bien. L'aménagement de nouvelles zones à quatre voies et de têtes de tunnels, en particulier dans le secteur de l'approche ouest, ajouterait de nouveaux impacts négatifs dégradant l'intégrité du bien.

Le schéma actuel comprend une amélioration de la conception, qui répond à des questions comme le bruit, l'éclairage et l'apparence générale. Le prolongement de la section couverte de la partie ouest du tunnel et l'ajout d'un pont terrestre sont des améliorations, tout comme la suppression de la jonction entre les routes 11 et 12. Toutefois, conformément aux conclusions de la mission de 2018, d'autres changements de fond sont nécessaires à l'extrémité ouest du tunnel envisagé, même si la mission de 2018 a reconnu que la conception et la localisation de sa tête est étaient optimales. Il reste préférable que le tunnel lui-même soit prolongé, de manière à ce que sa tête se trouve complètement en-dehors de la limite ouest du bien. Cela pose de toute évidence des problèmes techniques, mais reste possible. Les informations fournies par l'État partie chiffrent cette modification à 540 millions de livres sterling. Si cette option n’est pas retenue, une autre solution consisterait à couvrir la voie en tranchée envisagée à l'intérieur du bien, ce qui coûterait à l'État partie 126 millions de livres supplémentaires.

Si les propositions d’amélioration de la conception et d’avantages patrimoniaux sont accueillies favorablement, il convient de prier de nouveau instamment l'État partie et ses agences de veiller à identifier et mettre en œuvre la meilleure solution possible pour la mise à niveau de l'A303.

Décision adoptée: 43 COM 7B.95

Le Comité du patrimoine mondial,

  1. Ayant examiné le document WHC/19/43.COM/7B,
  2. Rappelant la décision 42 COM 7B.32, adoptée à sa 41e session (Manama, 2018),
  3. Félicite l'État partie pour les améliorations apportées à la conception du projet de modernisation de la route A303 Amesbury-Berwick Down à l'intérieur du bien, comprenant un pont terrestre supplémentaire et une section couverte plus longue, ainsi que la proposition d’avantages patrimoniaux qui ont été intégrés au projet, et note les nouvelles études et évaluations réalisées par l'État partie pour envisager des tunnels plus longs, un autre pont terrestre et la possibilité de voies en tranchée couvertes, entraînant une modification de l’emplacement de la tête ouest ;
  4. Note avec inquiétude que, même si le plan actuel soumis à l’examen de la demande d’autorisation d’aménagement (Development Consent Order – DCO) représente une amélioration comparé aux plans précédents, il conserve d'importants tronçons à quatre voies à ciel ouvert, en particulier à l'extrémité ouest du bien, qui auraient un impact négatif sur la valeur universelle exceptionnelle (VUE) du bien, et notamment sur son intégrité, et encourage donc l'État partie à ne pas entreprendre la modernisation de la route A303 pour la section Amesbury-Berwick Down dans la forme actuelle du projet ;
  5. Prie instamment l'État partie de continuer à rechercher des solutions de conception qui réduisent encore l'impact sur le paysage culturel et la VUE du bien grâce à des tronçons de tunnel plus longs, de sorte que la tête ouest soit située au-delà des limites du bien ;
  6. Demande à l'État partie de veiller à ce que la présente décision du Comité du patrimoine mondial (43 COM 7B.95) soit transmise à l'Inspection de l’aménagement, aux autres décideurs, aux parties concernées connues et à l'ensemble de la communauté par la publication en ligne de la DCO, et que des dispositifs soient mis en place pour que le Centre du patrimoine mondial, ICOMOS International et le Comité du patrimoine mondial continuent à examiner et à évaluer les plans aux étapes appropriées du projet, conformément aux Orientations ;
  7. Demande également à l’État partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial, d’ici le 1er février 2020, un rapport actualisé sur l’état de conservation du bien et sur la mise en œuvre des points ci-dessus mentionnés, pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 44e session en 2020.