1.         Palais de Westminster et l'abbaye de Westminster incluant l'église Sainte-Marguerite (Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande du Nord) (C 426bis)

Année d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial  1987

Critères  (i)(ii)(iv)

Année(s) d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril  Néant

Décisions antérieures du Comité  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/426/documents/

Assistance internationale

Demandes approuvées : 0
Montant total approuvé : 0 dollars EU
Pour plus de détails, voir page http://whc.unesco.org/fr/list/426/assistance/

Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO

Néant

Missions de suivi antérieures

Novembre 2006 : mission conjointe de suivi réactif Centre du patrimoine mondial/ICOMOS ; décembre 2011 : mission conjointe de suivi réactif Centre du patrimoine mondial/ICOMOS; février 2017: mission conjointe de suivi réactif Centre du patrimoine mondial/ICOMOS/ICCROM

Facteurs affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

Matériel d’illustration  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/426/

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2019

Le 30 novembre 2018, l’État partie a soumis un rapport sur l’état de conservation, qui est disponible à  https://whc.unesco.org/fr/list/426/documents/ et aborde les questions suivantes :

Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial, de l’ICOMOS et de l’ICCROM

S’agissant de l’actualisation des réglementations et politiques de planification, une vision patrimoniale axée sur la protection de la VUE du bien doit encore se refléter dans les documents statutaires et de gestion concernés. L’État partie devrait soumettre le projet de Plan londonien et des parties concernées des plans locaux de quartiers au Centre du patrimoine mondial, pour examen par les Organisations consultatives, dans les meilleurs délais et avant leur approbation. La révision du NPPF a déjà été approuvée, sans consultation préalable.

En ce qui concerne le projet de restauration et de renouveau du palais de Westminster, le Centre du patrimoine mondial et les Organisations consultatives réitèrent leur demande afin de recevoir le projet détaillé et les évaluations d’impact sur le patrimoine (EIP) pertinentes, conformément au paragraphe 172 des Orientations, avant que des décisions difficilement réversibles ne soient prises. En outre, de nouvelles informations actualisées devraient être transmises sur l’état d’avancement du projet « Vauxhall Cross et Vauxhall Island ».

Bien que l’ICOMOS soutienne résolument l’idée d’un Mémorial de l’holocauste et d’un centre pédagogique, le projet de monument tel qu’actuellement présenté, avec ses salles en sous-sol et son emplacement dans le parc Victoria Tower Gardens, aurait un impact négatif sur la VUE du bien et mettrait en péril de façon inacceptable une partie essentielle de son cadre immédiat et de ses vues importantes. Des options alternatives pour l’emplacement et/ou la conception du bâtiment devraient être envisagées.

La création d’une zone tampon constitue effectivement un véritable défi, mais cela contribuerait grandement à sensibiliser le public aux menaces potentielles qui pèsent sur le bien. L’État partie devrait s’attacher à la question d’une base de données actualisées pour les bâtiments de grande hauteur, qui préciserait le niveau d’achèvement des projets, et la soumettre au Centre du patrimoine mondial. L’élaboration du système de modélisation dynamique en 3D permettrait d’identifier, de prévenir et de gérer les effets cumulatifs, et d’aider à la délimitation d’une zone tampon adaptée.  

La révision du plan de gestion du bien devrait être finalisée dès que possible, et l’État partie devrait soumettre cette version révisée au Centre du patrimoine mondial, pour examen par les Organisations consultatives, avant son adoption. Il est vivement conseillé de réfléchir à la proposition de créer un comité conjoint pour tous les biens du patrimoine mondial à Londres, et de nommer un coordinateur ou un gestionnaire de site pour ce bien.

Afin de se conformer aux décisions du Comité et au calendrier défini, l’État partie devrait être encouragé à suivre les recommandations de la mission de 2017 et à trouver des solutions qui permettront au Comité, au Centre du patrimoine mondial et aux Organisations consultatives d’apporter leur contribution au processus décisionnel national. Le rôle de Historic England devrait être davantage renforcé dans le processus de prise de décision, tout particulièrement lorsqu’il s’agit de déterminer si une demande d’autorisation de projet doit être renvoyée au Secrétaire d’État afin qu’il décide d’une éventuelle révocation du projet. Pour les projets ayant un impact négatif potentiel sur la VUE, l’État partie devrait réaliser une EIP, à laquelle Historic England contribuerait, et devrait informer le Centre du patrimoine mondial, conformément au paragraphe 172 des Orientations, avant que des décisions irréversibles ne soient prises.

En outre, la création par le gouvernement d’un comité consultatif, qui aurait une forte influence sur les processus de prise de décision et qui contribuerait à la gestion de tous les biens du patrimoine mondial au Royaume-Uni, serait très bénéfique. Les impacts cumulés sur ce bien du patrimoine mondial, en particulier ceux causés par les bâtiments de grande hauteur ayant un fort impact visuel, associés à la difficulté de remettre en cause les autorisations de planification et à la gestion actuellement inadaptée du bien, constituent une menace potentielle pour celui-ci. L’État partie devrait communiquer des informations plus détaillées afin de préciser si la création d’un tel comité consultatif serait possible.

Décision adoptée: 43 COM 7B.94

Le Comité du patrimoine mondial,

  1. Ayant examiné le document WHC/19/43.COM/7B.Add,
  2. Rappelant les décisions 38 COM 7B.36, 39 COM 7B.87 et 41 COM 7B.55, adoptées respectivement à ses 38e (Doha, 2014), 39e (Bonn, 2015) et 41e (Cracovie, 2017) sessions,
  3. Note les efforts déployés par l’État partie pour actualiser ses politiques de planification, mais note avec préoccupation le décalage persistant entre les politiques et les résultats eu égard à une approche de planification axée sur le patrimoine pour les biens du patrimoine mondial ;
  4. Demande à l’État partie de communiquer dès que possible un calendrier clair et précis pour la révision du Plan londonien (London Plan), et de soumettre au Centre du patrimoine mondial le projet final de ce plan et des parties concernées des plans locaux de quartier, pour examen par les Organisations consultatives, avant leur adoption ;
  5. Demande également à l’État partie de communiquer un calendrier détaillé pour la révision du plan de gestion du bien, y compris du plan de conservation détaillé du palais de Westminster et du plan de gestion de la conservation de l’abbaye de Westminster, et réitère sa demande auprès de l’État partie afin qu’il finalise le processus de révision dès que possible et qu’il soumette la version révisée au Centre du patrimoine mondial, pour examen par les Organisations consultatives, avant son adoption ;
  6. Note également que de très grands travaux de conservation sont prévus dans le cadre du Projet de restauration et de renouveau du palais de Westminster, et réitère également sa demande auprès de l’État partie afin qu’il en soumette les détails, notamment des évaluations d’impact sur le patrimoine (EIP) préparées conformément au Guide de l'ICOMOS pour les évaluations d'impact sur le patrimoine appliquées aux biens culturels du patrimoine mondial, au Centre du patrimoine mondial, pour examen par les Organisations consultatives, dès que ces éléments seront disponibles et avant que des décisions ne soient prises ou des autorisations ne soient accordées ;
  7. Bien que soutenant résolument le concept d’un Mémorial de l’holocauste et d’un centre pédagogique à Londres, exprime ses préoccupations quant à l’impact négatif inacceptable sur la valeur universelle exceptionnelle (VUE) du bien qu’aurait le monument, tel qu’actuellement présenté, avec ses salles en sous-sol et son emplacement dans le parc de Victoria Tower Gardens, et, en conséquence, demande en outre à l’État partie de rechercher d’autres emplacements et/ou conceptions architecturales pour le projet ;
  8. Réitère en outre sa demande, exprimée dans la décision 41 COM 7B.55, afin que l’État partie accélère la mise en œuvre des 23 recommandations de la mission de suivi réactif de 2017 ;
  9. Prend acte de la création d’une organisation caritative indépendante, World Heritage UK, néanmoins, conseille instamment de créer un comité conjoint permettant de coordonner la gestion des biens du patrimoine mondial à Londres, de même, prie instamment l’État partie de créer un comité consultatif qui aura une forte influence sur les processus de prise de décision et contribuera à la gestion de tous les biens du patrimoine mondial au Royaume-Uni ;
  10. Recommande vivement que l’État partie renforce le rôle de Historic England, l’organisation en charge de dispenser des conseils en matière de patrimoine national, à tous les niveaux de prise de décision, et en particulier lorsqu’il s’agit de déterminer si une demande d’autorisation de projet doit être renvoyée au Secrétaire d’État afin qu’il décide d’une éventuelle révocation du projet, et informe le Centre du patrimoine mondial, conformément au paragraphe 172 des Orientations, des projets, envisagés dans l’environnement immédiat et le cadre général du bien, qui seraient susceptibles d’avoir un impact négatif sur sa VUE ;
  11. Demande enfin à l’État partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial, d’ici le 1er décembre 2020, un rapport actualisé sur l’état de conservation du bien et sur la mise en œuvre des points ci-dessus mentionnés, pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 45e session en 2021.