1.         Monuments historiques à Makli, Thatta (Pakistan) (C 143)

Année d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial  1981

Critères  (iii)

Année(s) d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril  Néant

Décisions antérieures du Comité  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/143/documents/

Assistance internationale

Demandes approuvées : 0 (de 2014-2014)
Montant total approuvé : 0 dollars EU
Pour plus de détails, voir page http://whc.unesco.org/fr/list/143/assistance/

Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO

Montant total accordé : 30 000 dollars EU du Fonds du programme régulier de l’UNESCO pour l’étude des conditions de la tombe de Jam Nizamuddin (2011) ; 33 000 dollars EU du Fonds-en-dépôt néerlandais : Évaluation d’urgence et réponse immédiate aux dommages provoqués par les inondations (2012) ; 600,065 dollars EU du Fonds-en-dépôt UNESCO/République de Corée dans le cadre des initiatives relatives au développement durable et à l’engagement communautaire pour les biens inscrits sur la Liste du patrimoine mondial au Bangladesh et au Pakistan

Missions de suivi antérieures

Novembre-décembre 2006 : mission de suivi réactif conjointe Centre du patrimoine mondial/ICOMOS ; octobre 2010 : mission d’information du Centre du patrimoine mondial sur le bien suite aux inondations qui ont dévasté la région en août 2010 ; mai 2012 : mission de suivi réactif conjointe UNESCO/ICOMOS ; avril 2016 : mission de suivi réactif conjointe Centre du patrimoine mondial/ICOMOS ; janvier 2019 : mission de suivi réactif conjointe Centre du patrimoine mondial/ICOMOS

Facteurs affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

Matériel d’illustration  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/143/

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2019

L’État partie a soumis un rapport sur l’état de conservation le 28 novembre 2018, suivi d’un document additionnel le 15 janvier 2019. Par la suite, une mission conjointe de suivi réactif Centre du patrimoine mondial/ICOMOS s’est rendue sur le bien en janvier 2019 (les trois rapports sont disponibles à https://whc.unesco.org/fr/list/143/documents/).

L’État partie rapporte que les activités de conservation se poursuivent, notamment :

Le rapport fait également état d’un acte unique de vandalisme ciblé. L’auteur des faits a été surpris en train d’endommager la tombe de Jam Nizzamuddin II et a été placé en détention.

Il est en outre précisé que le projet de plan de gestion devait être achevé en janvier 2019, juste à temps pour la venue de la mission de suivi réactif.

Le document additionnel de l’État partie comprend un rapport sur une politique d’intervention récemment élaborée. Cette politique stipule qu’une philosophie de conservation doit être rédigée et que celle-ci guidera la participation des parties prenantes. Elle classe également les monuments du bien en fonction de leur importance et des risques qu'ils présentent, et priorise en conséquence les interventions. De nouvelles activités de renforcement des capacités se sont concentrées sur les causes, les effets et la surveillance des mouvements des bâtiments, et sur la surveillance au moyen de drones et de balayages par laser. Ces activités s'inscrivent dans le cadre de l'examen du protocole de 2017 concernant les éléments décoratifs architecturaux tombés et les systèmes de gestion.

Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial, de l’ICOMOS et de l’ICCROM

Les efforts déployés par l'État partie ont permis l'amélioration de la délimitation, de la gestion et de l'état de conservation du bien, y compris le déplacement des constructions empiétant sur le bien, l'amélioration du suivi et l'aménagement d'une zone pour les nouvelles inhumations à l'extérieur du bien, ce qui a contribué à améliorer son état de conservation. Malheureusement, le plan de gestion demandé par le Comité depuis 2007 (Décision 31 COM 7B.85) n'a pas encore été achevé et soumis pour examen. La mission de suivi réactif de 2019 fait état de certains progrès à cet égard, mais on ne saurait dire ce qu’il en est de la mise en œuvre effective du Plan directeur, finalisé en 2016. La mission signale également l’absence d’élaboration d’un plan de réglementation pour la zone tampon.

La mission de 2019 a en outre conclu qu'il était urgent d'améliorer les protocoles de documentation et les installations de stockage des éléments architecturaux déplacés ainsi que le système d'inventaire, dont tous les détails doivent encore être soumis au Centre du patrimoine mondial comme demandé précédemment (Décision 41 COM 7B.97). Des protocoles concernant le suivi systématique, l'établissement de priorités pour les interventions de conservation et la gestion des visiteurs, la gestion des catastrophes et le plan d'intervention d'urgence sont des priorités absolues. 

La mission a également signalé que des projets de consolidation et de restauration exécutés par des tiers n’ont pas toujours été réalisés en coordination avec la gestion du site. Une telle coordination a été précédemment requise par le Comité (Décision 41 COM 7B.97). Une fois mise en œuvre, la philosophie de conservation proposée par l’État partie pourrait répondre à ces besoins.

L’État partie est fortement tributaire de l’expertise de consultants externes. Le renforcement des capacités demeure donc une priorité. Compte tenu des traditions vivantes pratiquées sur le bien, il en va de même pour la sensibilisation des populations locales.

Un grand nombre de demandes formulées par le Comité en 2017 (Décision 41 COM 7B.97) demeurent non satisfaites. Le suivi et l’entretien généraux du site – y compris le suivi météorologique, le contrôle des fissures sur les monuments, la collecte des détritus, le contrôle de l’accès, la signalisation et la sécurité du site – continuent de s’améliorer. La salinité transportée par le vent constitue un problème permanent qui n’est pas actuellement traité. Une étude approfondie de ce facteur est nécessaire et il conviendrait qu’une stratégie soit élaborée afin de contrôler et d’atténuer, autant que faire se peut, les effets sur les monuments.

Un sondage du sol sous-jacent, réalisé au moyen d’un radar à pénétration de sol (GPR), est nécessaire afin de sauvegarder les éventuels vestiges archéologiques de la tombe de Jam Nizzamuddin II avant que des mesures de stabilisation ne soient mises en œuvre. Le balcon supérieur du bâtiment devrait également être stabilisé.

Bien que l’état général de conservation du bien se soit amélioré, un certain nombre de monuments importants, et la valeur universelle exceptionnelle (VUE) du bien lui-même, restent menacés. Une nouvelle occasion devrait être offerte à l’État partie d’achever de toute urgence les actions et outils demandés, en particulier en soumettant le plan de gestion. Au nombre de ces outils et actions devraient également figurer : la préparation aux risques liés aux situations d’urgence et à la gestion des visiteurs ; des améliorations substantielles des systèmes d’inventaire et de stockage des éléments déplacés et des décors architecturaux de surface restants ; la soumission d’une demande de modification mineure des limites du bien ; des travaux complémentaires de conservation sur d’importants monuments ; et la coordination des interventions de conservation selon des normes claires.

Le Comité a demandé qu’un certain nombre de ces actions soient mises en œuvre depuis de nombreuses années, et il est donc recommandé que le Comité demande à l’État partie de mettre en œuvre toutes les recommandations de la mission de 2019 et de tenir le Centre du patrimoine mondial informé de tout projet important, conformément au paragraphe 172 des Orientations. En l’absence de progrès importants, le Comité souhaitera peut-être considérer l’inscription éventuelle du bien sur la Liste du patrimoine mondial en péril à sa 44e session en 2020.

Décision adoptée: 43 COM 7B.73

Le Comité du patrimoine mondial,

  1. Ayant examiné le document WHC/19/43.COM/7B,
  2. Rappelant la Décision 41 COM 7B.97, adoptée à sa 41e session (Cracovie, 2017),
  3. Reconnaît que les efforts d’investissement et de sauvegarde déployés par l’État partie au cours des dernières années, le renforcement des capacités des personnels de gestion et de conservation, la stabilisation de certains des monuments du bien et l’amélioration de la délimitation du bien au moyen de la poursuite de la construction des murs de clôture et de la suppression des constructions empiétant sur le territoire du bien ont contribué à l’amélioration de l’état général du bien ;
  4. Prend note des conclusions de la mission conjointe de suivi réactif UNESCO/ICOMOS de 2019 et demande à l’État partie de mettre en œuvre ses recommandations, notamment :
    1. mettre en œuvre le Plan directeur pour le bien en établissant un Plan de gestion exhaustif et adapté, assorti de plans d’action avec des échéanciers clairs,
    2. améliorer et officialiser la structure de gestion du bien en définissant un énoncé de mission officiel pour la gestion globale du bien, en réalisant une évaluation des besoins en matière de renforcement des capacités du personnel et en mettant en œuvre des programmes pour remédier aux insuffisances,
    3. établir un protocole clair afin de prioriser les interventions et concevoir une stratégie de préparation aux risques,
    4. coordonner la coopération internationale et externe ainsi que la collecte de fonds y afférente, en établissant des priorités pour les interventions sur la base de principes et de critères de collaboration à la fois éthiques et techniques,
    5. élaborer un Plan d’action pour la stabilisation et la conservation de la tombe de Jam Nizamuddin II avec un échéancier et des ressources clairement définies, et le mettre en œuvre après son examen par le Centre du patrimoine mondial et les Organisations consultatives,
    6. créer une installation sécurisée de stockage pour les éléments architecturaux déplacés les plus importants et mettre en œuvre de toute urgence, après les avoir soumis à l’examen des Organisations consultatives, un système et un protocole de documentation bien définis qui permettront l’enregistrement systématique d’importants éléments architecturaux détachés de leurs structures,
    7. mettre en place un système de suivi systématique de tous les monuments principaux, y compris un examen attentif des composantes fragiles et l’enregistrement de toute modification observée par rapport aux données de référence conservées dans une base de données exhaustive photographique, ainsi qu’une système en charge de l’entretien du bien,
    8. achever la construction du mur de clôture, et soumettre au Centre du patrimoine mondial une demande de modification mineure des limites en adoptant les limites du bien définies en 2013 ;
  5. Notant que les demandes importantes formulées par le Comité restent à traiter et à mettre en œuvre pleinement, demande également que celles-ci soient, de toute urgence, prises en considération et mises en œuvre jusqu’à leur achèvement et qu’il en soit fait rapport au Comité du patrimoine mondial, notamment :
    1. l’achèvement et la soumission pour examen d’un plan de gestion du bien qui prend en considération les conclusions et recommandations de la mission de 2019,
    2. l’achèvement et la soumission pour examen d’un plan de réglementation de la zone tampon telle que proposée,
    3. l’évaluation des monuments risquant de s’effondrer et leur stabilisation, tout en veillant à ce que la mise en œuvre des interventions de stabilisation ne cause pas de dommages supplémentaires, en particulier à la tombe de Jam Nizzamuddin II où un sondage du sol sous-jacent au moyen d’un radar à pénétration de sol (GPR) est demandé avant la mise en œuvre des interventions de stabilisation ;
  6. Demande en outre que le Plan de gestion en cours d’élaboration inclue des volets qui abordent les points suivants :
    1. des programmes d’enregistrement et d’analyse des données recueillies par les stations météorologiques et les équipements de contrôle des fissures, pour garantir que ces résultats contribuent directement à la gestion et la conservation du bien et de ses monuments,
    2. la gestion des visiteurs,
    3. la coordination du soutien et des interventions par des tiers,
    4. la préparation aux situations d’urgence,
    5. le suivi du bien, de ses monuments et des éléments architecturaux déplacés qui le constituent,
    6. des protocoles pour la participation des parties prenantes et des programmes d’éducation des communautés,
    7. une structure de gestion détaillée assortie de définitions claires et lisibles de la mission confiée à la gestion du site, en ce qui concerne les rôles et tâches de tous les personnels participant à la conservation et la gestion du bien ;
  7. Demande par ailleurs à l’État partie de continuer de dispenser au personnel du département d’Archéologie des programmes de formation à court et moyen termes tout particulièrement consacrés à la gestion et la conservation à long terme du bien ainsi que des monuments qui le constituent et des éléments décoratifs qui leur appartiennent ;
  8. Demande en outre que l’État partie lance un projet à moyen terme pour étudier les effets de la salinité transportée par le vent sur les monuments et conçoive des mesures réalisables d’atténuation afin de réduire cet impact sur la valeur universelle exceptionnelle (VUE) du bien ;
  9. Demande enfin à l’État partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial, d’ici le 1er février 2020, un rapport sur l’état de conservation du bien et la mise en œuvre des points ci-dessus mentionnés, pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 44e session en 2020.