1.         Mosi-oa-Tunya / Chutes Victoria (Zambie,Zimbabwe) (N 509)

Année d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial  1989

Critères  (vii)(viii)

Année(s) d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril  Néant

Décisions antérieures du Comité  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/509/documents/

Assistance internationale

Demandes approuvées : 0 (de 2001-2007)
Montant total approuvé : 93 485 dollars EU
Pour plus de détails, voir page http://whc.unesco.org/fr/list/509/assistance/

Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO

Montant total accordé : en 2015, le bien a reçu une dotation de 50 000 dollars EU dans le cadre du Programme sur le patrimoine mondial et le tourisme durable de l’UNESCO (Fonds-en-dépôt des Flandres)

Missions de suivi antérieures

Novembre 2006 : mission conjointe de suivi réactif Centre du patrimoine mondial/UICN 

Facteurs affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

Matériel d’illustration  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/509/

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2019

Les États parties ont soumis leur rapport sur l'état de conservation le 30 novembre 2018, disponible à http://whc.unesco.org/fr/list/509/documents/ ; il comprend un plan d'action pour les activités conjointes 2019-2020 et fait état de ce qui suit :

Le 7 mars 2019, les États parties ont soumis des documents complémentaires, parmi lesquels le plan de financement et d'activités durables, la stratégie de développement touristique durable, une étude sur l'érosion des berges, l'évaluation d'une plate-forme de descente en rappel, une proposition de financement pour une évaluation environnementale stratégique et une carte indiquant la localisation de certains des aménagements proposés.

Les États parties ont également soumis à nouveau la clarification des limites et l'inventaire rétrospectif du bien pour remplacer ce qui avait été soumis en 2016. Le Centre du patrimoine mondial n'a pas encore présenté le document au Comité en raison de clarifications à venir concernant les changements proposés dans la zone frontalière au regard de la Déclaration de valeur universelle exceptionnelle (VUE).

Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial et de l’UICN

Il est heureux que les États parties continuent de mettre en œuvre un plan d'action concret assorti d'un calendrier, qui améliore le suivi et renseigne sur les activités de gestion. Les programmes de gestion, de recherche et d'éducation en cours sont honorables et témoignent d'investissements importants pour la conservation du bien.

Toutefois, il est regrettable que le rapport des États parties ne fournisse que peu d’informations précises sur la mise en œuvre des décisions précédentes du Comité, notamment sur l'emplacement exact et le détail complet de toutes les infrastructures touristiques proposées. Certaines propositions seront probablement bénéfiques à des fins de conservation ou de gestion, comme le déplacement de l'héliport et le poste frontière unique. Toutefois, les propositions qui pourraient avoir un impact négatif majeur sur le bien ou qui sont incompatibles avec le plan de gestion intégrée commun approuvé devraient être abandonnées d’emblée sans équivoque, comme les projets de téléphérique, de complexe touristique et de terrain de golf près de la rivière Maramba. Des réglementations strictes et claires sont essentielles pour contrôler la pression du développement et atténuer tout impact négatif à la fois à l'intérieur du bien et dans sa zone tampon sensible. Toutes les propositions susceptibles d'avoir un impact sur la VUE du bien doivent faire l'objet d'études d'impact sur l'environnement (EIE) et comprendre une évaluation spécifique des impacts sur la VUE, conformément à la Note consultative de l'UICN, et être soumises au Centre du patrimoine mondial pour examen.

Le 28 mars 2019, le Centre du patrimoine mondial a soumis aux États parties l'analyse de l'UICN sur le plan de financement et d'activités durables, la stratégie de développement touristique durable et les autres documents reçus le 7 mars. Ces documents devraient être finalisés dès que possible en consultation avec le Centre du patrimoine mondial et l'UICN. Des orientations générales sont disponibles dans la boîte à outils de l'UNESCO sur le tourisme durable du patrimoine mondial (http://whc.unesco.org/sustainabletourismtoolkit/fr).

Les impacts potentiels du projet hydroélectrique des gorges de Batoka sur le fleuve Zambèze sur les régimes hydrologiques et donc sur la VUE du bien restent très préoccupants. Tout en prenant note de l'engagement des États parties dans le cadre de l’élaboration de l'EIES, il est important que l'EIES finalisée soit soumise au Centre du patrimoine mondial pour examen par l'UICN avant toute décision finale sur ce projet, conformément à la demande antérieure du Comité (décision 41 COM 7B.22).

Les États parties proposent de réduire les limites du bien, essentiellement en supprimant la partie la plus septentrionale, y compris l'île de Siloka et ses eaux côtières du fleuve Zambèze. Cela réduirait le bien qui, de 6 860 ha (approuvé par la décision 36 COM 8E), passerait à environ 6 562 ha. Tout en prétendant répondre à la recommandation du Bureau du Comité au moment de l'inscription en 1989, cette réduction de la superficie est importante par rapport à la manière dont le bien a été géré depuis son inscription et dont il est présenté dans le plan de gestion approuvé pour la période 2016 à 2021. Le cadre visuel de ce bien est au cœur de sa VUE, et toute réduction des limites existantes pourrait affaiblir considérablement l'intégrité du bien en permettant éventuellement d'autres aménagements dans cette zone hautement écosensible. Il serait également important de comprendre la raison d'être et les motivations de la réduction des limites. Compte tenu de la vulnérabilité du bien aux impacts visuels et expérimentaux, un tel changement ne peut être approuvé dans le cadre du processus de clarification des limites et d'inventaire rétrospectif du bien, mais doit être envisagé par le biais d'une demande de modification des limites conforme aux Orientations.

Vu la pression croissante du développement touristique dans le bien et à proximité de celui-ci, l'ambiguïté persistante dans l'évaluation des propositions de développement, et une proposition visant à réduire les limites du bien, il est recommandé au Comité de demander aux États parties d'inviter sur ce bien une mission conjointe de suivi réactif Centre du patrimoine mondial/UICN. La mission devrait évaluer l’éventuelle menace pour la VUE liée à la pression croissante du développement touristique dans le bien et à proximité, revoir la réglementation destinée à contrôler cette pression et faire des recommandations au Comité sur la proposition de modification des limites.

Décision adoptée: 43 COM 7B.34

Le Comité du patrimoine mondial,

  1. Ayant examiné le document WHC/19/43.COM/7B,
  2. Rappelant la décision 41 COM 7B.22, adoptée à sa 41e session (Cracovie, 2017),
  3. Se félicite de la poursuite de la mise en œuvre d'un plan d'action concret et assorti d'un calendrier, qui améliore le suivi et renseigne sur les activités de gestion et l'efficacité dans le bien ;
  4. Note avec inquiétude la pression croissante du développement à l’intérieur bien et à proximité de celui-ci, et prie instamment les États parties d'abandonner les propositions qui sont clairement incompatibles avec la conservation de la valeur universelle exceptionnelle (VUE) du bien et le plan de gestion intégrée commun pour la période 2016 à 2021 approuvé, comme un téléphérique à l’intérieur du bien ou un complexe touristique avec un terrain de golf dans la zone tampon du parc national de Mosi-oa-Tunya ;
  5. Prie aussi instamment les États parties de fournir des informations sur l'emplacement exact et des informations complètes sur tous les développements encore à l'étude et de soumettre au Centre du patrimoine mondial, pour examen par l'UICN, une étude d'impact environnemental (EIE) pour chacun de ces projets, y compris une évaluation spécifique des impacts sur la VUE, conformément au paragraphe 172 des Orientations et conformément à la Note consultative de l'UICN sur le patrimoine mondial : l'évaluation environnementale, avant de prendre une décision difficile à inverser ;
  6. Réitère sa préoccupation quant aux impacts potentiels du projet hydroélectrique de Batoka Gorge sur le fleuve Zambèze sur la VUE du bien, et tout en se félicitant de l'engagement des États parties à revoir leur évaluation d'impact environnemental et social (EIES) conformément à la note consultative de l'UICN, réitère sa demande aux États parties de soumettre l'EIES quand elle sera achevée au Centre du patrimoine mondial, pour évaluation par l'UICN, avant de prendre une décision définitive concernant ce projet ;
  7. Notant que l'examen par l'UICN du plan de financement et d'activités durables et de la stratégie de développement touristique durable a été envoyé aux États parties, réitère également sa demande aux États parties de finaliser le plan et la stratégie dans les meilleurs délais, en consultation avec le Centre du patrimoine mondial et l'UICN ;
  8. Demande aux États parties d’inviter une mission conjointe de suivi réactif Centre du patrimoine mondial/UICN sur le bien afin d’évaluer l’éventuelle menace pour la VUE liée à la pression croissante du développement touristique dans le bien et à proximité, revoir la réglementation destinée à contrôler cette pression et faire des recommandations au Comité sur la proposition de modification des limites ;
  9. Demande également aux États parties, dans l’attente des recommandations de la mission de suivi-réactif concernant la modification des limites, de poursuivre la gestion du bien conformément à la Déclaration de VUE et au Plan de gestion intégré commun 2016-2021 ;
  10. Demande enfin aux États parties de soumettre au Centre du patrimoine mondial, d’ici le 1er décembre 2020, un rapport actualisé sur l’état de conservation du bien et sur la mise en œuvre des points ci-dessus mentionnés, pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 45e session en 2021.