1.         Réseau des lacs du Kenya dans la vallée du Grand Rift (Kenya) (N 1060rev)

Année d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial  2011

Critères  (vii)(ix)(x)

Année(s) d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril  Néant

Décisions antérieures du Comité  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/1060/documents/

Assistance internationale

Demandes approuvées : 0 (de 1999-2006)
Montant total approuvé : 45 000 dollars EU
Pour plus de détails, voir page http://whc.unesco.org/fr/list/1060/assistance/

Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO

Montant total accordé : 17 283 dollars EU du bureau régional de l’UNESCO en Afrique de l’Est (2015-2016)

Missions de suivi antérieures

Néant

Facteurs affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

Matériel d’illustration  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/1060/

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2019

Le 1er février 2019, l’État partie a soumis un rapport sur l’état de conservation du bien, qui est disponible à http://whc.unesco.org/fr/list/1060/documents/. Annexés au rapport, l’État partie a soumis le projet de Plan de gestion de l’écosystème du sanctuaire de faune sauvage du lac Elementaita 2017-2027 et une version actualisée du Rapport d’enquête sur les limites du sanctuaire de faune sauvage du lac Elementaita (2016). Le bureau de l’UNESCO à Nairobi a cofinancé les deux rapports.

L’État partie précise que l’agence officielle « The Survey of Kenya » a demandé que l’enquête sur les limites soit refaite afin de prendre en considération les inondations, alors que le projet de plan de gestion comprend déjà une carte définissant les limites du bien et une proposition de schéma de zonage, incluant une zone tampon.

L’État partie rapporte également ce qui suit :

Le 15 février 2019, le Centre du patrimoine mondial a demandé à l’État partie des détails complémentaires sur le rapport sur l’état de conservation, et le 28 février 2019, le Centre a invité l’État partie à formuler des commentaires suite aux préoccupations exprimées par un membre du Conseil du bien-être des Endorois quant à l’état et la gouvernance du bien par rapport à la communauté endorois. Aucune réponse n’a été reçue à l’heure de la rédaction du présent rapport.

Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial et de l’UICN

Comme pour le rapport de 2017, il est regrettable que l’État partie ne communique qu’un nombre très limité d’informations actualisées sur la mise en œuvre des décisions précédentes du Comité et sur l’état de conservation du bien.

L’État partie n’apporte pas de réponses aux demandes du Comité de renforcer la protection des zones situées entre les lacs Nakuru et Elementaita, de veiller à supprimer tout aménagement illégal existant, de conduire la restauration écologique des zones affectées et de définir et de mettre en œuvre une réglementation stricte et claire pour interdire tout aménagement à proximité des habitats fragiles et dans la zone tampon indispensable au bien (décisions 39 COM 7B.5 et 41 COM 7B.21). S’agissant de la nouvelle enquête sur les limites du sanctuaire de faune sauvage du lac Elementaita, suite à l’enquête de 2016, aucune information n’est disponible sur les progrès réalisés ou sur le calendrier proposé.

Toutefois, le projet de plan de gestion du lac Elementaita constitue une bonne base pour gérer cette composante du bien et sa zone tampon, confirmant à juste titre l’importance de protéger la zone riveraine du lac. Les résultats de la nouvelle enquête sur les limites de la composante ainsi que la réglementation sur les empiétements et les constructions devraient cependant transparaitre davantage dans le plan de gestion, y compris dans le projet de configuration des limites et de schéma de zonage. Les cartes actuellement disponibles ne sont pas suffisamment détaillées pour garantir une application de la réglementation et un suivi efficaces. Afin d’officialiser toute modification des limites du bien et de sa zone tampon, il est recommandé que l’État partie soumette à l’approbation du Comité une proposition de modification mineure des limites, conformément au paragraphe 164 des Orientations, dès que la nouvelle enquête sur les limites de la composante et les consultations à ce sujet seront achevées. Si nécessaire, le Centre du patrimoine mondial et l’UICN sont prêts à dispenser des conseils.

Bien que l’État partie déclare qu’il n’existe aucun projet de prospection géothermique dans deux composantes du bien, le lac Elementaita et le lac Bogoria, aucune information n’est communiquée sur l’état d’avancement des projets potentiels dans la troisième composante du bien, le parc national du lac Nakuru.

La collaboration entre le Conseil du bien-être des Endorois et le gouvernement du comté de Baringo afin d’élaborer un plan conjoint de gestion intégrée pour l’écosystème de la réserve nationale du lac Bogoria est une bonne chose. Cette initiative est une opportunité d’assurer la participation efficace et pleine et entière des Endorois à la gestion du lac Bogoria et à la prise de décision dans ce domaine, conformément à la décision de la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples (CADHP) portant sur les Endorois. En outre, comme précisé dans le rapport de la réunion de cadrage de mars 2016, cette collaboration constitue également une opportunité de définir un modèle d’accès et de partage des avantages conforme au protocole de Nagoya (https://www.cbd.int/abs/). Toutefois, l’État partie n’a communiqué aucune information sur l’élaboration du plan de gestion depuis la réunion de mars 2016 au cours de laquelle son achèvement a été fixé à décembre 2016.

Décision adoptée: 43 COM 7B.33

Le Comité du patrimoine mondial,

  1. Ayant examiné le document WHC/19/43.COM/7B,
  2. Rappelant les décisions 39 COM 7B.5 et 41 COM 7B.21, adoptées respectivement à ses 39e (Bonn, 2015) et 41e (Cracovie, 2017) sessions,
  3. Regrette que l’État partie n’ait communiqué qu’un nombre limité d’informations actualisées sur la mise en œuvre des précédentes décisions du Comité, et réitère sa demande auprès de l’État partie, afin qu’il traite les points suivants et en fasse rapport, de renforcer la protection des zones situées entre les lacs Nakuru et Elementaita, garantir que les limites de 2011 du bien sont clairement identifiées pour permettre à l’État partie de traiter les aménagements illégaux, définir et mettre en œuvre une réglementation stricte et claire pour interdire tout aménagement à proximité des habitats fragiles et dans la zone tampon indispensable au bien, y compris en intégrant ces dispositions dans les projets de plan de gestion ;
  4. Note la nouvelle enquête prévue sur les limites du sanctuaire de faune sauvage du lac Elementaita, et demande à l’État partie d’intégrer les résultats de l’enquête et la réglementation sur l’empiétement et la construction dans le projet de Plan de gestion de l’écosystème du sanctuaire de faune sauvage du lac Elementaita 2017-2027, en établissant et soumettant une carte détaillée des limites et la proposition de schéma de zonage au Centre du patrimoine mondial pour examen, et de soumettre une proposition de modification mineure des limites, conformément au paragraphe 164 des Orientations, afin d’officialiser toute modification apportée aux limites et à la zone tampon ;
  5. Accueille avec satisfaction les avancées de l’État partie dans la prise en compte de l’arrêt de la Commission Africaine des Droits de l'Homme et des Peuples sur les Endorois par l’élaboration d’un plan conjoint de gestion intégrée pour l’écosystème de la réserve nationale du lac Bogoria par le Conseil du bien-être des Endorois et le gouvernement du comté de Baringo et prie instamment l’État partie de (1) accélérer l’élaboration de ce plan depuis longtemps attendu et de dispositions de partage des profits, (2) soumettre le projet final de plan à l’examen du Centre du patrimoine mondial et (3) poursuivre ses efforts dans la mise en œuvre de la décision susmentionnée de la Commission Africaine des Droits de l'Homme et des Peuples ;
  6. Note également qu’il n’existe actuellement aucun projet de prospection géothermique dans deux composantes du bien, le lac Elementaita et le lac Bogoria, et demande également à l’État partie d’informer le Centre du patrimoine mondial en temps voulu de tout projet de prospection géothermique ou de tout autre grand projet d’aménagement et de développement, conformément au paragraphe 172 des Orientations ;
  7. Demande enfin à l’État partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial, d’ici le 1er février 2020, un rapport d’avancement, et d’ici le 1er décembre 2020, un rapport actualisé sur l’état de conservation du bien et sur la mise en œuvre des points ci-dessus mentionnés, pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 45e session en 2021.