1.         Parc national de Taï (Côte d'Ivoire) (N 195)

Année d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial  1982

Critères  (vii)(x)

Année(s) d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril  Néant

Décisions antérieures du Comité  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/195/documents/

Assistance internationale

Demandes approuvées : 0 (de 1983-2018)
Montant total approuvé : 159 560 dollars EU
Pour plus de détails, voir page http://whc.unesco.org/fr/list/195/assistance/

Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO

Néant

Missions de suivi antérieures

2006 : mission conjointe de suivi réactif du Centre du patrimoine mondial/UICN 

Facteurs affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

Matériel d’illustration  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/195/

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2019

Le 7 novembre 2018, l’État partie a soumis un rapport détaillé sur l’état de conservation du bien, disponible à http://whc.unesco.org/fr/list/195/documents/, qui mentionne les points suivants :

Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial et de l’UICN

Les progrès réalisés par l’État partie en matière de contrôle et d’élimination de l’orpaillage grâce à l’utilisation des drones, au soutien du comité consultatif régional et des AVCD, ainsi que la fermeture des sites repérés sont accueillis favorablement. Il convient également de noter la synergie d’actions créée entre les services en charge de la gestion du parc (OIPR), de la forêt classée de Rapides Grah (SODEFOR), des Mines (Direction Départementale du Ministère en charge des Mines), de la Gendarmerie et des Forces Républicaines de Côte d’Ivoire pour le suivi des activités d’orpaillage à la périphérie du PNT ainsi que l’organisation de séances de sensibilisation sur la lutte contre l’orpaillage au sein du bien. Il est recommandé que le Comité demande à l’État partie de poursuivre ses efforts en vue d’éliminer totalement l’orpaillage au sein du bien.

Les efforts soutenus des patrouilles de surveillance des activités illégales au sein du bien, notamment le braconnage et l’orpaillage, et la mise en œuvre d’une stratégie opérationnelle s’appuyant sur de multiples outils et méthodes sont accueillis favorablement. Néanmoins, ces activités illégales constituent toujours des menaces majeures pour la valeur universelle exceptionnelle (VUE) du bien. Il convient malgré tout de noter la stabilisation des espèces sauvages principales, des céphalophes et des singes diurnes qui constituent les espèces les plus braconnées, ainsi qu’une amélioration du taux de couverture forestière.

La levée de l’interdiction portant sur la consommation de viande d’animaux sauvages à la suite de la fièvre à virus Ebola a conduit à une persistance du braconnage depuis 2015. Tout en maintenant les efforts de patrouilles et en appliquant la loi, l’État partie doit prendre des mesures face à la chasse de subsistance locale et au commerce illégal de viande d’animaux sauvages, tant au niveau des chasseurs et des trafiquants que des consommateurs. Un plan d’action est nécessaire pour dégager des mesures d’incitation économiques alternatives et poursuivre la sensibilisation. 

Le Centre du patrimoine mondial et l’UICN notent avec satisfaction la prise du Décret N° 2018-496 du 23 mai 2018 portant modification des limites du parc national de Taï. Cette extension renforcera la gestion du bien. Cependant, une demande de modification des limites du bien n’a pas encore été soumise au Centre du patrimoine mondial. Il est important qu’une telle demande soit élaborée dans les meilleurs délais, en consultation avec le Centre du patrimoine mondial et l’UICN concernant le format approprié pour une telle modification, afin d’aligner les limites du bien avec celles du parc national.

Décision adoptée: 43 COM 7B.31

Le Comité du patrimoine mondial,

  1. Ayant examiné le document WHC/19/43.COM/7B,
  2. Rappelant la décision 41 COM 7B.20, adoptée à sa 41e session (Cracovie, 2017),
  3. Félicite l’État partie pour la publication du Décret N° 2018-496 du 23 mai 2018 formalisant l’extension du parc national de Taï et la soumission des données référencées au Centre du patrimoine mondial, et lui demande d’élaborer dans les meilleurs délais une proposition de modification des limites afin d’aligner les limites du bien avec celles du parc national, en consultation avec le Centre du patrimoine mondial et l’UICN concernant le format approprié pour une telle modification ;
  4. Accueille favorablement les efforts déployés par l’État partie en faveur de la réduction des activités illégales, notamment le braconnage et l’orpaillage, en étroite collaboration avec les services adéquats et les communautés, réitère sa position quant au fait que l’exploration et l’exploitation minières sont incompatibles avec le statut de patrimoine mondial conformément au Paragraphe 172 des Orientations, et réitère sa demande à l’État partie de poursuivre ses efforts afin d’éliminer cette menace au sein du bien ;
  5. Prend note des efforts soutenus de patrouille et de la mise en place de dispositifs opérationnels de suivi écologique et de surveillance, y compris l’utilisation d’un drone, de l’imagerie satellitaire pour améliorer la gestion du bien mais, note avec préoccupation la persistance du braconnage après la levée de l’interdiction portant sur la consommation de viande d’animaux sauvages à la suite de la fièvre à virus Ebola et demande également à l’État partie de poursuivre ces efforts et de prendre des mesures supplémentaires afin de développer des alternatives aux moyens de subsistance par l’utilisation non durable de la viande d’animaux sauvages ;
  6. Demande enfin à l’État partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial, d’ici le 1er décembre 2020, un rapport actualisé sur l’état de conservation du bien et sur la mise en œuvre des points ci-dessus mentionnés.