1.         Parc national de Coiba et sa zone spéciale de protection marine (Panama) (N 1138rev)

Année d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial  2005

Critères  (ix)(x)

Année(s) d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril  Néant

Décisions antérieures du Comité  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/1138/documents/

Assistance internationale

Demandes approuvées : 0
Montant total approuvé : 0 dollars EU
Pour plus de détails, voir page http://whc.unesco.org/fr/list/1138/assistance/

Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO

Montant total accordé au bien : 350 000 dollars EU (planification de gestion, installation de bouées d'amarrage pour les bateaux de plongée, travail avec les communautés locales, renforcement des capacités, plan d'utilisation du bien par le public, travaux visant à une meilleure compréhension par les intervenants locaux des mesures de protection juridique) 

Missions de suivi antérieures

Janvier 2014 : mission de suivi réactif conjointe Centre du patrimoine mondial/UICN ; décembre 2016 : mission de suivi réactif UICN

Facteurs affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

Matériel d’illustration  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/1138/

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2019

Le 28 janvier 2019, l’État partie a soumis un rapport sur l’état de conservation du bien, disponible à http://whc.unesco.org/fr/list/1138/documents/, qui communique les informations suivantes :

Avant de soumettre le rapport sur l’état de conservation, l’État partie avait soumis au Centre du patrimoine mondial, le 28 août 2018, une évaluation d’impact sur le patrimoine (EIP) réalisée pour le projet de réhabilitation de la piste d’atterrissage du Camp central, sur l’île de Coiba. En réponse aux commentaires formulés par l’UICN sur l’EIP, l’État partie a donné des éclaircissements le 25 octobre 2018, confirmant qu’une évaluation d’impact environnemental (EIE) détaillée avait été réalisée en juin 2018, pour le projet dont l’objectif est de garantir que les exigences de sécurité nécessaires sont réunies pour la piste d’atterrissage, qui est utilisée principalement par le personnel qui suit le bien et y effectue des patrouilles. Aucune modification de la fréquence des vols vers l’île n’est prévue par le projet.

Le 3 mai 2019, l’État partie a soumis des informations complémentaires au rapport sur l’état de conservation, et a joint en annexe, entre autres documents, plusieurs rapports techniques sur la conservation de coraux particuliers, des tortues marines et d’espèces de poissons.

Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial et de l’UICN

La confirmation que l’élimination des animaux d’élevage redevenus sauvages de l’île de Coiba se poursuit et est presque achevée, est accueillie avec satisfaction. L’intention de l’État partie d’entreprendre une EES pour le bien est également accueillie avec satisfaction, et il est recommandé que le Comité du patrimoine mondial demande à l’État partie de réaliser en priorité cette évaluation, en veillant à ce qu’elle prenne en considération tout impact potentiel direct, indirect et cumulatif de tout éventuel projet d’infrastructure ou d’aménagement et de développement sur la VUE du bien, et de n’approuver aucun de ces projets sur le territoire du bien, y compris ceux prévus dans le PUP, avant que l’EES n’ait été réalisée et soumise au Centre du patrimoine mondial, pour examen par l’UICN.

Les éclaircissements complémentaires donnés par l’État partie sur la réhabilitation de la piste d’atterrissage du Camp central, et la confirmation que le projet ne concernerait que la mise à niveau des installations afin de satisfaire les exigences de sécurité et n’entrainerait aucune modification de la fréquence des vols, sont notés. Toutefois, il est recommandé que ce projet soit également pris en compte par l’EES susmentionnée, selon la procédure décrite ci-dessus.

S’agissant des réglementations relatives à la pêche sur le territoire du bien, les missions de suivi réactif de 2014 et 2016 ont toutes deux conclu que l’élaboration et la mise en vigueur de réglementations adéquates dans la ZSPM étaient essentielles à la conservation à long terme de la VUE du bien. Bien que certaines des recommandations de la mission se reflètent dans les réglementations adoptées en janvier 2018 comme, par exemple, la désignation en tant que zone de non pêche de la Réserve marine de l’île Montuosa et la mise en place de fermetures saisonnières pour la pêche du vivaneau et du coryphène, ces réglementations semblent être considérablement moins contraignantes que celles en vigueur dans le Parc national de Coiba, tout particulièrement parce qu’elles autorisent la pêche commerciale dans presque 98 % de la ZSPM, y compris dans la Zone de protection de l’habitat du banc Hannibal, considérée comme l’une des zones de conservation prioritaire par la mission de 2014. En conséquence, afin de prévenir le déclin des populations d’espèces essentielles qui confèrent au bien sa VUE, il est fondamental de réviser plus avant les réglementations en vigueur dans la ZSPM afin qu’elles soient conformes aux recommandations des missions de 2014 et 2016. Ces révisions devraient être l’occasion de réexaminer l’approche envisagée pour la pêche commerciale dans la ZSPM afin qu’elle soit conforme aux réglementations en vigueur dans le Parc national de Coiba, et de désigner d’autres zones de non pêche, y compris le banc Hannibal, et ce, afin de parvenir à un pourcentage de zone de non pêche similaire à celui du Parc national de Coiba.

Il est également recommandé que le Comité réitère sa demande auprès de l’État partie afin qu’il veille à ce que les ressources nécessaires soient disponibles pour faire appliquer les réglementations relatives à la pêche sur tout le territoire du bien. Il est noté qu’un système de suivi est envisagé pour la ZSPM qui permettrait de suivre et contrôler les activités halieutiques et les dynamiques des populations d’espèces clés, comme cela a été confirmé par l’État partie dans les informations additionnelles communiquées. Afin de couvrir la totalité du bien, il conviendrait que ce système soit mis en place en priorité et qu’il s’harmonise avec les activités de suivi et de contrôle en cours dans le Parc national de Coiba, en particulier s’agissant des espèces indicatrices clés. En l’absence de réponse substantielle de l’État partie en ce qui concerne la réglementation et la gestion afin de faire face à ces problèmes, il est recommandé que le Comité considère l’inscription du bien sur la Liste du patrimoine mondial en péril à sa 44e session.

Décision adoptée: 43 COM 7B.28

Le Comité du patrimoine mondial,

  1. Ayant examiné le document WHC/19/43.COM/7B.Add,
  2. Rappelant la décision 42 COM 7B.87, adoptée à sa 42e session (Manama, 2018),
  3. Accueille avec satisfaction la confirmation que l’éradication, sur l’île de Coiba, des animaux d’élevage redevenus sauvages a considérablement progressé et devrait être achevée en 2019 ;
  4. Accueille également avec satisfaction la décision de l’État partie d’entreprendre une évaluation environnementale stratégique (EES) pour le bien, demande à l’État partie de mettre en suspens la mise en œuvre de toute nouvelle infrastructure touristique ou de tout autre projet d’aménagement et de développement sur le territoire du bien, y compris ceux envisagés dans le plan d’utilisation publique (PUP), jusqu’à ce que l’EES soit achevée et soumise au Centre du patrimoine mondial, pour examen par l’UICN ;
  5. Prend note de la confirmation donnée par l’État partie que la réhabilitation de la piste d’atterrissage du Camp central ne concernerait que la mise à niveau des installations afin de satisfaire les exigences en matière de sécurité et n’entrainerait aucune modification de la fréquence des vols, demande également à l’État partie de veiller à ce que ce projet soit également examiné, à la lumière des indications ci-dessus, dans le cadre de l’EES ;
  6. Note avec la plus vive préoccupation que bien que certaines des recommandations des missions de 2014 et 2016 se reflètent dans les réglementations relatives à la pêche en vigueur dans la Zone spéciale de protection marine (ZSPM), approuvées en janvier 2018, les réglementations dans leur ensemble semblent être insuffisantes pour prévenir le déclin des espèces essentielles qui confèrent au bien sa valeur universelle exceptionnelle (VUE), déclin causé par la pêche commerciale non durable, et prie donc instamment l’État partie d’améliorer et de renforcer les réglementations relatives à la pêche dans la ZSPM, conformément aux recommandations des missions, en :
    1. Etablissant d’autres zones de non pêche, y compris la Zone de protection de l’habitat du banc Hannibal, compte tenu du pourcentage nettement plus important de superficie couverte par les zones de non pêche dans le Parc national de Coiba,
    2. Reconsidérant l’approche actuelle de la pêche commerciale dans la ZSPM pour la rendre conforme aux réglementations en vigueur dans le Parc national de Coiba, afin de réduire davantage la pression exercée par la pêche sur le bien ;
  7. Prie aussi instamment l’État partie de veiller à mettre à disposition les ressources adéquates pour faire appliquer efficacement les réglementations relatives à la pêche sur tout le territoire du bien et pour mettre en œuvre pleinement le système de suivi et de contrôle envisagé pour la ZSPM, en veillant à harmoniser ce système avec les activités de suivi et de contrôle actuellement mises en œuvre dans le Parc national de Coiba, tout particulièrement s’agissant des espèces indicatrices clés ;
  8. Demande en outre à l’État partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial, d’ici le 1er février 2020, un rapport actualisé sur l’état de conservation du bien et sur la mise en œuvre des points ci-dessus mentionnés, pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 44e session en 2020, afin de considérer, en l’absence de progrès substantiels dans la protection du bien contre la pêche non durable, l’éventuelle inscription du bien sur la Liste du patrimoine mondial en péril