1.         Réserve de biosphère du papillon monarque (Mexique) (N 1290)

Année d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial  2008

Critères  (vii)

Année(s) d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril  Néant

Décisions antérieures du Comité  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/1290/documents/

Assistance internationale

Demandes approuvées : 0
Montant total approuvé : 0 dollars EU
Pour plus de détails, voir page http://whc.unesco.org/fr/list/1290/assistance/

Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO

Néant

Missions de suivi antérieures

Janvier 2011: mission conjointe de suivi réactif Centre du patrimoine mondial / UICN : janvier-février 2018 : mission conjointe de suivi réactif Centre du patrimoine mondial / UICN

Facteurs affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

Matériel d’illustration  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/1290/

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2019

Une mission de suivi réactif de l’UICN s’est rendue sur le territoire du bien du 29 janvier au 3 février 2018. Le 30 novembre 2018, l’État partie a soumis un rapport sur l’état de conservation du bien. Puis, le 21 février 2019, des informations complémentaires ont été soumises. Les deux rapports sont disponibles à http://whc.unesco.org/fr/list/1290/documents/ et présentent les informations suivantes :

Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial et de l’UICN

Les efforts soutenus déployés par l’État partie afin de prévenir l’exploitation forestière illégale sur le territoire du bien, ainsi que les programmes actuellement mis en œuvre et destinés à créer des débouchés économiques pour les populations locales et autochtones et les propriétaires terriens devraient être accueillis avec satisfaction. Comme l’a conclu la mission de 2018, ces efforts ont permis de réaliser des progrès significatifs pour faire face aux menaces qui pèsent sur le bien et devraient être poursuivis sur le long terme, notamment en accordant des ressources suffisantes aux agences impliquées dans ces missions telles que la CONANP, le Bureau du Procureur fédéral en charge de l’environnement (Procuraduría federal de protección al ambiente – PROFEPA) et la Gendarmerie environnementale.

Il est également encourageant de constater que les données de suivi concernant la dernière saison d’hivernage ont montré une augmentation de la zone occupée par les colonies de papillons monarques en hivernage, sur le territoire du bien et à l’extérieur, par rapport  à la saison précédente.

Il est noté qu’aucune information actualisée n’est communiquée sur le projet d’exploitation minière (Proyecto Angangueo) envisagé dans la zone tampon de la RBPM, et que l’État partie se réfère à l’évaluation  du projet, déjà présentée dans le précédent rapport, entreprise par la CONANP et le SEMARNAT, qui n’autorisait pas le changement d’affectation des terres et empêchait donc la poursuite du projet. Bien que cela signifie de facto que le projet est toujours interdit, la mission a conclu que la situation demeure vulnérable car les discussions sur les projets de réouverture de la mine se poursuivent. En outre, consciente que d’autres concessions minières empiétaient partiellement ou totalement sur la RBPM, la mission a recommandé que des dispositions plus strictes soient mises en place, en particulier s’agissant des mesures législatives actuellement en cours et du programme de gestion. Il est donc recommandé que le Comité prie instamment l’État partie de veiller à ce qu’aucune activité d’exploitation minière ne soit autorisée sur le territoire du bien en déclarant clairement le bien « zone d’exclusion pour toute activité de prospection et d’exploitation minière », et en élaborant des réglementations strictes pour toute activité minière dans la zone tampon, et ce, afin d’éviter tout impact négatif sur la valeur universelle exceptionnelle (VUE) du bien, y compris ses conditions d’intégrité. Cela passe par la révision du programme de gestion de la RBPM ou d’autres instruments législatifs concernés, en collaboration avec toutes les agences et autorités compétentes.

Il est également noté que la mission a conclu que bien que les actions destinées à combattre les menaces pesant sur les colonies de papillons monarques dans leur habitat d’hivernage au Mexique soient de la plus grande importance, la conservation à long terme de la VUE du bien dépendra également de la capacité à juguler les menaces existant sur toute la voie de migration des papillons, notamment au Canada et aux États-Unis d’Amérique. Tandis que la coopération trinationale entre les trois États parties est saluée, il est recommandé que le Comité leur demande d’accélérer les actions visant à réduire au minimum les menaces qui pèsent sur le papillon monarque tout au long de sa voie de migration, en accordant une attention toute particulière aux mesures requises pour réduire au minimum la perte et rétablir l’aire de répartition des espèces indigènes d’asclépiades aux États-Unis d’Amérique.

Enfin, notant que plusieurs colonies continuent d’être observées à l’extérieur du bien, et compte tenu de leur vulnérabilité à d’autres facteurs, notamment le changement climatique, il est recommandé que le Comité encourage l’État partie à élaborer une proposition d’extension du bien destinée à garantir que la majorité des zones occupées par les colonies d’hivernage sont correctement protégées et à accroitre le potentiel d’adaptation du bien aux conditions climatiques changeantes et aux changements connexes dans la répartition des colonies d’hivernage.

Décision adoptée: 43 COM 7B.27

Le Comité du patrimoine mondial,

  1. Ayant examiné le document WHC/19/43.COM/7B,
  2. Rappelant la décision 41 COM 7B.16, adoptée à sa 41e session (Cracovie, 2017),
  3. Accueille avec satisfaction les efforts actuellement déployés par l’État partie afin de juguler les menaces pesant sur la valeur universelle exceptionnelle (VUE) du bien, notamment l’exploitation forestière illégale, et demande à l’État partie de veiller à ce que ces efforts soient soutenus, y compris en accordant les ressources nécessaires aux agences prenant part à ces efforts ;
  4. Note qu’aucune information actualisée n’a été communiquée par l’État partie en ce qui concerne le projet d’exploitation minière Proyecto Angangueo dans la zone tampon et que, malgré l’assurance que le projet demeure interdit, la poursuite des discussions sur la réouverture de la mine contribue à une certaine incertitude, et demande donc également à l’État partie de communiquer des informations complètes, actualisées et explicites sur la situation actuelle en ce qui concerne les concessions minières sur le territoire du bien et de sa zone tampon ;
  5. Prie instamment l’État partie de mettre en œuvre la recommandation de la mission de 2018 de garantir, conformément à la position établie du Comité, qu’aucune activité d’exploitation minière n’est autorisée sur le territoire du bien et d’élaborer des réglementations strictes pour toute activité d’exploitation minière dans la zone tampon du bien afin d’éviter les impacts négatifs sur la VUE du bien, passant par la révision du programme de gestion du bien et d’autres instruments législatifs pertinents ;
  6. Accueille également avec satisfaction la coopération trinationale en cours entre les États parties du Canada, du Mexique et des États-Unis d’Amérique, tout en soulignant que la conservation à long terme de la VUE du bien dépendra de la capacité à juguler les menaces existant tout au long de la voie de migration du papillon monarque, et demande en outre aux trois États parties d’accélérer les actions visant à réduire au minimum les menaces pesant sur la voie de migration du papillon monarque ;
  7. Note également que plusieurs colonies continuent d’être observées à l’extérieur du bien et, compte tenu de leur vulnérabilité à d’autres facteurs, y compris le changement climatique, encourage l’État partie à envisager l’élaboration d’une proposition d’extension du bien destinée à garantir que la majorité des zones occupées par les colonies d’hivernage sont correctement protégées et à accroitre le potentiel d’adaptation du bien aux conditions climatiques changeantes et aux changements connexes dans la répartition des colonies d’hivernage ;
  8. Demande enfin à l’État partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial, d’ici le 1er décembre 2020, un rapport actualisé sur l’état de conservation du bien et sur la mise en œuvre des points ci-dessus mentionnés, pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 45e session en 2021.