1.         Îles et aires protégées du Golfe de Californie (Mexique) (N 1182ter)

Année d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial  2005

Critères  (vii)(ix)(x)

Année(s) d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril  Néant

Décisions antérieures du Comité  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/1182/documents/

Assistance internationale

Demandes approuvées : 0
Montant total approuvé : 0 dollars EU
Pour plus de détails, voir page http://whc.unesco.org/fr/list/1182/assistance/

Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO

Néant

Missions de suivi antérieures

Avril 2017 : mission conjointe de suivi réactif Centre du patrimoine mondial / UICN ; févier 2018 : mission conjointe de suivi réactif Centre du patrimoine mondial/IUCN

Facteurs affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

Matériel d’illustration  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/1182/

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2019

Le 31 janvier 2019, l'État partie a soumis un rapport sur l'état de conservation du bien, disponible à http://whc.unesco.org/fr/list/1182/documents, qui fournit les informations suivantes sur la mise en œuvre des recommandations faites par la mission de 2018 :

Le 24 avril 2019, l'État partie a soumis des informations complémentaires, notamment un document de synthèse sur l'Initiative pour la durabilité dans le nord du golfe de Californie.

Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial et de l’UICN

La poursuite de l'opération de surveillance dans le haut golfe de Californie, à laquelle participent plusieurs organismes gouvernementaux, ainsi que les mesures visant à renforcer encore la capacité des services de détection et de répression en matière de prévention et d’interception du trafic international illicite de produits de la faune sauvage, méritent d'être saluées. Les progrès signalés dans la mise en œuvre d'autres recommandations clés de la mission de 2018 sont également notés, en particulier le développement d'engins de pêche alternatifs qui seraient disponibles, destinés à amorcer la transition vers une pêche sans filets maillants. Il importe de veiller à ce que les ressources et le soutien interinstitutionnel nécessaires soient disponibles afin de commencer d'urgence la transition vers des engins de pêche qui ne mettent pas en danger le vaquita, avec le plein engagement des communautés locales.

Malheureusement, ces efforts ne semblent pas avoir réduit de manière significative les pressions exercées sur le bien par la pêche illégale du totoaba ni empêché le déclin de la population de vaquita. Le rapport de la 11ème réunion du Comité Internacional para la Recuperación de la Vaquita (CIRVA) qui s'est tenue du 19 au 21 février 2019 a conclu qu'il restait environ dix vaquitas à l'été 2018 avant la campagne de pêche actuelle, contre trente individus lors de l’estimation précédente du CIRVA. Le programme de surveillance acoustique indique en outre que les quelques vaquitas restants habitent une très petite zone d’environ 24 x 12 km, située principalement dans la zone refuge du vaquita. Le CIRVA a cependant noté que la pêche illégale du totoaba continue à des niveaux élevés dans cette zone. Il convient de rappeler qu'à sa 42e session en 2018, le Comité du patrimoine mondial, décidant qu'il était trop tôt pour déterminer si les efforts entrepris par l'État partie avaient permis d'éviter le risque d'extinction du vaquita, avait reporté sa décision sur l'inscription éventuelle du bien sur la Liste du patrimoine mondial en péril afin de pouvoir examiner les données de la saison 2018-2019 et de déterminer si le déclin du vaquita avait été enrayé. Les conclusions du CIRVA et les informations disponibles montrent clairement que malgré la poursuite des efforts interinstitutionnels sans précédent, la pêche illégale du totoaba s'est poursuivie, voire intensifiée dans le haut golfe de Californie, entraînant un nouveau déclin de la population du vaquita et constituant une menace importante pour la valeur universelle exceptionnelle (VUE), et notamment l'intégrité du bien.

Il est clair que la protection à long terme de la VUE du bien ne sera possible qu’en accroissant considérablement les efforts pour lutter contre le trafic international de produits d’espèces sauvages, qui sous-tend la pêche illégale dans le haut golfe de Californie, et en développant des solutions pour assurer aux communautés locales des moyens de subsistance durables. À cet égard, il est regrettable que l'étude sur l'état actuel du totoaba et du vaquita et les informations sur le commerce et les marchés illégaux du totoaba, demandées par le Comité permanent de la CITES, ne soient pas encore disponibles en raison de contraintes financières. Il sera toutefois essentiel à court terme de veiller à ce que les mesures de surveillance et de respect de la loi soient encore renforcées dans la zone refuge du vaquita, où se concentrent très vraisemblablement les individus restants, afin que cette zone reste totalement préservée des filets maillants. À cet égard, il importera aussi de poursuivre les programmes de récupération des filets illégaux.

Compte tenu des éléments susmentionnés et du sentiment d'urgence, et conformément au paragraphe 180 des Orientations, il est donc recommandé au Comité d’inscrire le bien sur la Liste du patrimoine mondial en péril et de demander à l'État partie d'élaborer, en consultation avec le Centre du patrimoine mondial et l'UICN, une série de mesures correctives, un calendrier pour leur mise en œuvre et une proposition d'état de conservation souhaité pour le retrait du bien de la Liste du patrimoine mondial en péril (DSOCR), axé sur les mesures nécessaires pour résoudre le problème de la pêche illégale, et d’introduire les réformes réglementaires et opérationnelles nécessaires pour la pêche légale afin de veiller à sa durabilité et à ce qu’elle ne provoque pas la prise accidentelle de mammifères marins, requins et tortues, pour garantir la protection à long terme de la VUE du bien.

Décision adoptée: 43 COM 7B.26

Le Comité du patrimoine mondial,

  1. Ayant examiné le document WHC/19/43.COM/7B.Add,
  2. Rappelant la décision 42 COM 7B.86, adoptée à sa 42e session (Manama, 2018),
  3. Se félicite des efforts constants déployés par l'État partie pour la surveillance du haut golfe de Californie, ainsi que des mesures prises pour empêcher le trafic international illégal de produits liés au totoaba, mais se déclare extrêmement préoccupé par le fait que malgré l’importance des efforts, la pêche illégale de totoaba a continué et même augmenté dans le haut golfe de Californie, engendrant une menace de disparition imminente de la population de vaquita, expressément reconnu comme faisant partie de la valeur universelle exceptionnelle (VUE) du bien et endémique dans le golfe de Californie, et considère donc que la pêche illégale représente un danger avéré pour la VUE et l'intégrité du bien, conformément au paragraphe 180 des Orientations ;
  4. Décide d'inscrire les Îles et aires protégées du golfe de Californie (Mexique) sur la Liste du patrimoine mondial en péril ;
  5. Prend note des progrès signalés dans la mise au point d'engins de pêche alternatifs et prie instamment l'État partie de veiller à ce que les ressources nécessaires et l'appui interinstitutionnel soient disponibles pour commencer sans délai la transition vers des engins de pêche qui ne mettent pas en danger le vaquita et d’autres mammifères marins, tortues et requins non visés, avec le plein engagement des communautés locales ;
  6. Tenant compte des recommandations du Comité Internacional para la Recuperación de la Vaquita (CIRVA) pour éviter l'extinction imminente du vaquita, prie également instamment l'État partie de renforcer encore ses activités de surveillance et d’application de la loi pour s'assurer que la zone où sont concentrés les derniers individus de vaquita reste totalement à l’écart des filets maillants, et de poursuivre les programmes de récupération des filets illégaux ;
  7. Réitère son appel aux États parties qui sont des pays de transit et de destination pour le commerce illégal de la vessie natatoire du totoaba à soutenir l'État partie du Mexique pour mettre fin à ce commerce illégal, en particulier par l'application de la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d'extinction (CITES) ;
  8. Prend note également du fait que l'étude demandée par le Comité permanent de la CITES sur l'état actuel du totoaba et du vaquita, ainsi que sur le commerce et les marchés illégaux, n'a pas encore été réalisée et réitère également que cette étude, une fois réalisée, sera essentielle pour cartographier les itinéraires du trafic et identifier les stratégies appropriées pour combattre le commerce illicite des produits liés au totoaba, qui exigeront des efforts concertés entre les États parties du Mexique, de la Chine et des États-Unis d'Amérique ;
  9. Demande à l'État partie d'élaborer, en consultation avec le Centre du patrimoine mondial et l'UICN, un ensemble de mesures correctives, un calendrier pour leur mise en œuvre et une proposition d'état de conservation souhaité pour le retrait du bien de la Liste du patrimoine mondial en péril (DSOCR), pour examen par le Comité à sa 44e session en 2020 ;
  10. Demande également à l’État partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial, d’ici le 1er février 2020, un rapport actualisé sur l’état de conservation du bien et sur la mise en œuvre des points ci-dessus mentionnés, pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 44e session en 2020.

Décision adoptée: 43 COM 8C.1

Le Comité du patrimoine mondial,

  1. Ayant examiné les rapports sur l’état de conservation des biens inscrits sur la Liste du patrimoine mondial (WHC/19/43.COM/7B, WHC/19/43.COM/7B.Add, WHC/19/43.COM/7B.Add.2 et WHC/19/43.COM/7B.Add.3) et les propositions d'inscription sur la Liste du patrimoine mondial (WHC/19/43.COM/8B et WHC/19/43.COM/8B.Add),
  2. Décide d’inscrire le bien suivant sur la Liste du patrimoine mondial en péril :