1.         Parc national de Los Katíos (Colombie) (N 711)

Année d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial  1994

Critères  (ix)(x)

Année(s) d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril    2009-2015

Décisions antérieures du Comité  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/711/documents/

Assistance internationale

Demandes approuvées : 0 (de 2002-2009)
Montant total approuvé : 73 000 dollars EU
Pour plus de détails, voir page http://whc.unesco.org/fr/list/711/assistance/

Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO

Néant

Missions de suivi antérieures

Novembre 2011 : mission conjointe de suivi réactif Centre du patrimoine mondial / UICN à Bogota plutôt qu’une visite sur le bien ; janvier 2015 : mission de suivi réactif UICN

Facteurs affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

Matériel d’illustration  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/711/

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2019

Le 30 novembre 2018, l’État partie a soumis un rapport sur l’état de conservation du bien, disponible à https://whc.unesco.org/fr/list/711/documents/, dans lequel il fournit les informations suivantes :

Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial et de l’UICN

L'État partie a cherché activement à inscrire le bien sur la Liste du patrimoine mondial en péril en 2009 et il est encourageant de constater que la dynamique de conservation s’est poursuivie après le retrait du bien de cette liste en 2015. L'allocation des financements continue d'afficher une tendance positive, complétée par des sources de coopération multilatérale. Cependant, il est important de noter que les financements alloués restent modestes, compte tenu des défis et des vulnérabilités actuels du bien. Des ressources financières et humaines fiables seront nécessaires pour assurer la pérennité des améliorations réalisées au cours des dernières années.

Le pacte pour la conservation du bien signé en 2016 constitue un cadre intéressant pour réunir les acteurs gouvernementaux et non gouvernementaux, les peuples indigènes, les communautés afro-colombiennes et métisses, les universités et les partenaires de la coopération. Son processus de mise en œuvre, qui est d'une importance capitale pour équilibrer la conservation avec les droits locaux et les besoins de subsistance, exige des investissements continus. L'État partie a manifestement entrepris une analyse approfondie de la faisabilité et de la nécessité d'agrandir le Parc national de Los Katíos et a décidé que l'extension n’était pas une priorité pour le moment. Néanmoins, l'extension du bien pourrait être envisagée à l'avenir après réalisation d'une évaluation scientifique de la question. Les mesures de coopération existantes avec les zones protégées environnantes et les communautés locales constituent de facto une zone tampon fonctionnelle et il est recommandé au Comité d’encourager l'État partie à créer officiellement une zone tampon en vertu de la Convention.

Les accords avec les utilisateurs locaux des ressources sont des outils intéressants pour lutter contre la surpêche et la surexploitation des rivières et des zones humides et doivent être maintenus. Il en va de même pour le régime spécial de gestion avec la communauté wounaan de Juin Phubuur. L'État partie est encouragé à renforcer ces actions et à documenter et partager les enseignements tirés de ces expériences en tant que bonnes pratiques.

Il est noté que le projet de corridor de transmission électrique proposé n'a pas progressé au cours des dernières années, mais il est recommandé au Comité de demander à l'État partie de tenir le Centre du patrimoine mondial informé de tout changement de statut de ce projet. Il est reconnu que la fermeture du canal artificiel entre les fleuves Leon et Atrato n'est pas une priorité de gestion, car elle aurait des conséquences complexes sur un écosystème très utilisé, qui a évolué au fil des décennies depuis la création de ce chenal. La mise à jour des projets de ports envisagés est notée, y compris la participation de l'administration des parcs nationaux colombiens. S’agissant du port de Pisisí, il est noté que la zone d'influence du projet a été définie de telle sorte qu’elle ne recoupe aucune zone protégée et il a été décidé que le projet du port d'Antioquia devrait tenir compte des zones humides situées entre les fleuves Léon et Suriquí, qui constituent un corridor biologique naturel entre le bien et d'autres zones écologiques importantes. Il est donc recommandé au Comité de demander à l'État partie de prendre en compte également lors de la planification du projet de port d'Antioquia d’éventuels impacts indirects sur le bien, afin de veiller à ce que ces impacts soient atténués.

Enfin, les efforts visant à renforcer les actions de coordination et de coopération avec l'État partie du Panama dans le cadre du mémorandum d’accord de 2016 sont accueillies favorablement et leur poursuite devrait être encouragée.

Décision adoptée: 43 COM 7B.23

Le Comité du patrimoine mondial,

  1. Ayant examiné le document WHC/19/43.COM/7B,
  2. Rappelant la décision 41 COM 7B.11, adoptée à sa 41e session (Cracovie, 2017),
  3. Félicite vivement l'État partie, une fois de plus, pour la poursuite de ses réponses systématiques aux demandes et recommandations du Comité, notamment sur l'augmentation des ressources, l'amélioration de la gouvernance et de l’efficacité des partenariats avec les communautés locales, la promotion d'une utilisation durable des ressources naturelles et une meilleure connectivité écologique ;
  4. Demande à l'État partie de veiller à fournir des ressources suffisantes à long terme pour résoudre les problèmes et les vulnérabilités du bien qui ont été identifiés ;
  5. Notant que l'État partie ne juge pas pour le moment prioritaire d'intégrer les zones adjacentes dans le Parc national de Los Katíos, l'encourage à continuer d'étudier, le cas échéant, d'autres options qui reflètent l'évolution du réseau régional des zones protégées dans le cadre de la Convention du patrimoine mondial, en définissant par exemple une zone tampon officielle ;
  6. Prend note de l'information fournie par l'État partie selon laquelle aucun processus administratif actif n'est en cours pour développer le corridor de transmission électrique envisagé entre la Colombie et le Panama, et demande également à l'État partie de la Colombie d'informer le Centre du patrimoine mondial de tout changement dans l'état actuel du projet, avant de prendre toute décision difficilement réversible, conformément au paragraphe 172 des Orientations ;
  7. Tout en notant également que les études d'impact sur l’environnement (EIE) des deux projets de ports envisagés (Pisisí et Antioquia) n'ont pas indiqué d'impacts directs sur le bien, demande en outre à l'État partie de veiller à prendre en compte lors de la planification et de la mise en œuvre de ces projets, et en particulier celui d’Antioquia, d’éventuels impacts indirects sur le bien, y compris ceux qui perturberaient d'autres zones écologiques importantes et la connectivité du bien ;
  8. Encourage vivement les États parties de la Colombie et du Panama à poursuivre leurs efforts pour mettre en œuvre des mesures pour la gestion des deux biens contigus du Parc national de Los Katíos (Colombie) et du Parc national de Darien (Panama) dans le cadre du mémorandum d'accord de 2016 ;
  9. Demande par ailleurs à l’État partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial, d’ici le 1er décembre 2020, un rapport actualisé sur l’état de conservation du bien et sur la mise en œuvre des points ci-dessus mentionnés, pour examen par les Organisations consultatives.