1.         Site archéologique de Carthage (Tunisie) (C 37)

Année d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial  1979

Critères  (ii)(iii)(vi)

Année(s) d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril  Néant

Décisions antérieures du Comité  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/37/documents/

Assistance internationale

Demandes approuvées : 0 (de 1980-2001)
Montant total approuvé : 213 315 dollars EU
Pour plus de détails, voir page http://whc.unesco.org/fr/list/37/assistance/

Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO

Montant total accordé au bien : Campagne internationale de sauvegarde de 1973 à 1989

Missions de suivi antérieures

Néant. Cependant, 5 missions d’experts entre 1997 et 2002 pour le Plan de protection et de mise en valeur

Facteurs affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

Matériel d’illustration  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/37/

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2011

Depuis quelque temps, des informations sont parvenues au Centre du patrimoine mondial indiquant des déclassements successifs de terrains du Parc archéologique de Carthage. Les demandes de clarifications n’ayant pas été concluantes, il a été demandé à l’Etat partie de fournir un rapport destiné à être présenté au Comité du patrimoine mondial. Ce rapport a été transmis le 29 janvier 2011. Il rappelle l’importance du site de Carthage pour l’Etat partie et l’accroissement des moyens mis en œuvre pour sa conservation, notamment l’augmentation des crédits pour son entretien et sa restauration et le renforcement de la structure de gestion du bien.

Le rapport indique que l’Etat partie a adopté une politique de maîtrise foncière des terrains dans la zone archéologique, comprenant l’acquisition de terrains, mais également le déclassement de certaines parcelles – jugées sans impact sur la valeur universelle exceptionnelle du bien - dans des zones périphériques ou à forte densité d’urbanisation.

Un important programme de restauration et de mise en valeur a été engagé par l’Etat partie, notamment dans le quartier des citernes de la Maalga, les portes puniques, le parc des thermes d’Antonin, la colline de Bysra, le Tophet et les villas romaines. Un protocole d’entretien et de maintenance couvrant tout le site a également été mis en œuvre avec des moyens en personnel et en matériel satisfaisants.

Le rapport précise en outre que le plan de gestion, engagé depuis de nombreuses années, progresse malgré un retard dû à de nombreuses données nouvelles apparues au cours des dernières années, et aux investigations archéologiques nécessaires à l’établissement d’une délimitation fiable du périmètre du bien. Néanmoins, le rapport ne donne aucune indication d’état d’avancement ou de calendrier pour sa finalisation.

a) Inventaire rétrospectif

Depuis 2006, dans le cadre de l’Inventaire rétrospectif, des courriers sont adressés annuellement aux autorités tunisiennes, demandant une clarification des limites du bien du patrimoine mondial à l’époque de son inscription. De plus, le lien entre le périmètre du bien du patrimoine mondial et celui du « Parc archéologique de Carthage-Sidi Bou Saïd » établi en 1985, a également besoin d’être clarifié. L’établissement d’une zone tampon permettant de préserver l’intégrité du bien paraît nécessaire, considérant les nombreux développements dans la ville de Carthage.

b) Déclaration de valeur universelle exceptionnelle 

Dans le cadre du deuxième cycle des rapports périodiques dans les Etats arabes auquel la Tunisie a participé activement, la déclaration rétrospective de valeur universelle exceptionnelle du Site archéologique de Carthage a été rédigée puis adoptée par le Comité du Patrimoine Mondial à sa 34e session (Brasilia, 2010, décision 34 COM 8 E). Les conclusions de la section 2 du questionnaire de rapport périodique indiquent que l’intégrité et l’authenticité du bien ont été compromises par un certain nombre de facteurs négatifs, mais que les mesures ont été prises et que l'état de conservation du bien n'a pas subi d'impact notable.

c) Nouvelles informations

En date du 15 mars 2011, l’Etat partie a informé le Centre du patrimoine mondial qu’un décret-loi avait été promulgué le 10 mars 2011 par le Gouvernement provisoire de Tunisie, « annulant tous les déclassements abusifs ayant eu lieu par rapport au plan de classement originel ». Le 30 mars 2011, l’Etat partie a soumis au Centre du patrimoine mondial une carte indiquant les limites du Parc archéologique de Carthage comme demandé dans le cadre de l’Inventaire rétrospectif. Néanmoins, des compléments d’information sont nécessaires avant de pouvoir transmettre cette carte pour évaluation aux Organisations consultatives.

Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial, de l’ICOMOS et de l’ICCROM

Le Centre du patrimoine mondial et les Organisations consultatives recommandent que le Comité du patrimoine mondial apprécie les efforts de l’Etat partie pour la conservation du bien et le félicite d’avoir annulé les décrets de déclassement pris ces dernières années. Ils souhaitent néanmoins attirer l’attention sur l’impact qu’ont pu avoir ces déclassements et par le développement urbain non réglementé qui a potentiellement affecté l’intégrité du bien ainsi que par l’absence de progrès dans l’achèvement du Plan de protection et de mise en valeur du bien (plan de gestion). Ils recommandent en particulier l’établissement urgent d’une zone tampon permettant de préserver cette intégrité.

Décision adoptée: 35 COM 7B.59

Le Comité du patrimoine mondial,

1. Ayant examiné le document WHC-11/35.COM/7B,

2. Prend note du rapport présenté par l'Etat partie et des informations fournies sur l'état de conservation du bien;

3. Accueille favorablement l'annulation des décrets de déclassement à l'intérieur du parc archéologique de Carthage Sidi Bou Saïd;

4. Encourage l'Etat partie à soumettre une demande de modification mineure des limites afin de définir une zone tampon suffisante pour préserver l'intégrité du bien et d'indiquer le cadre juridique de protection ;

5. Prie instamment l'Etat partie de compléter, d'adopter et de mettre en œuvre le Plan de protection et de mise en valeur du bien engagé depuis 1996;

6. Demande à l'Etat partie d'inviter une mission de suivi réactif conjointe Centre du patrimoine mondial/ICOMOS chargée d'évaluer l'état de conservation du bien et l'avancement du Plan de protection et de mise en valeur ;

7. Demande en outre à l'Etat partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial, d'ici le 1er février 2012, un rapport actualisé sur l'état de conservation du bien et la mise en œuvre des recommandations ci-dessus, pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 36e session en 2012.