Depuis quelque temps, des informations sont parvenues au Centre du patrimoine mondial indiquant des déclassements successifs de terrains du Parc archéologique de Carthage. Les demandes de clarifications n’ayant pas été concluantes, il a été demandé à l’Etat partie de fournir un rapport destiné à être présenté au Comité du patrimoine mondial. Ce rapport a été transmis le 29 janvier 2011. Il rappelle l’importance du site de Carthage pour l’Etat partie et l’accroissement des moyens mis en œuvre pour sa conservation, notamment l’augmentation des crédits pour son entretien et sa restauration et le renforcement de la structure de gestion du bien.
Le rapport indique que l’Etat partie a adopté une politique de maîtrise foncière des terrains dans la zone archéologique, comprenant l’acquisition de terrains, mais également le déclassement de certaines parcelles – jugées sans impact sur la valeur universelle exceptionnelle du bien - dans des zones périphériques ou à forte densité d’urbanisation.
Un important programme de restauration et de mise en valeur a été engagé par l’Etat partie, notamment dans le quartier des citernes de la Maalga, les portes puniques, le parc des thermes d’Antonin, la colline de Bysra, le Tophet et les villas romaines. Un protocole d’entretien et de maintenance couvrant tout le site a également été mis en œuvre avec des moyens en personnel et en matériel satisfaisants.
Le rapport précise en outre que le plan de gestion, engagé depuis de nombreuses années, progresse malgré un retard dû à de nombreuses données nouvelles apparues au cours des dernières années, et aux investigations archéologiques nécessaires à l’établissement d’une délimitation fiable du périmètre du bien. Néanmoins, le rapport ne donne aucune indication d’état d’avancement ou de calendrier pour sa finalisation.
a) Inventaire rétrospectif
Depuis 2006, dans le cadre de l’Inventaire rétrospectif, des courriers sont adressés annuellement aux autorités tunisiennes, demandant une clarification des limites du bien du patrimoine mondial à l’époque de son inscription. De plus, le lien entre le périmètre du bien du patrimoine mondial et celui du « Parc archéologique de Carthage-Sidi Bou Saïd » établi en 1985, a également besoin d’être clarifié. L’établissement d’une zone tampon permettant de préserver l’intégrité du bien paraît nécessaire, considérant les nombreux développements dans la ville de Carthage.
b) Déclaration de valeur universelle exceptionnelle
Dans le cadre du deuxième cycle des rapports périodiques dans les Etats arabes auquel la Tunisie a participé activement, la déclaration rétrospective de valeur universelle exceptionnelle du Site archéologique de Carthage a été rédigée puis adoptée par le Comité du Patrimoine Mondial à sa 34e session (Brasilia, 2010, décision 34 COM 8 E). Les conclusions de la section 2 du questionnaire de rapport périodique indiquent que l’intégrité et l’authenticité du bien ont été compromises par un certain nombre de facteurs négatifs, mais que les mesures ont été prises et que l'état de conservation du bien n'a pas subi d'impact notable.
c) Nouvelles informations
En date du 15 mars 2011, l’Etat partie a informé le Centre du patrimoine mondial qu’un décret-loi avait été promulgué le 10 mars 2011 par le Gouvernement provisoire de Tunisie, « annulant tous les déclassements abusifs ayant eu lieu par rapport au plan de classement originel ». Le 30 mars 2011, l’Etat partie a soumis au Centre du patrimoine mondial une carte indiquant les limites du Parc archéologique de Carthage comme demandé dans le cadre de l’Inventaire rétrospectif. Néanmoins, des compléments d’information sont nécessaires avant de pouvoir transmettre cette carte pour évaluation aux Organisations consultatives.