1.         Site archéologique de Cyrène (Libye) (C 190)

Année d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial  1982

Critères  (ii)(iii)(vi)

Année(s) d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril    2016-présent

Menaces pour lesquelles le bien a été inscrit sur la Liste du patrimoine mondial en péril

Situation de conflit régnant dans le pays

Mesures correctives identifiées

Pas encore identifiées

Calendrier pour la mise en œuvre des mesures correctives

Pas encore établi

Décisions antérieures du Comité  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/190/documents/

Assistance internationale

Demandes approuvées : 0
Montant total approuvé : 0 dollars EU
Pour plus de détails, voir page http://whc.unesco.org/fr/list/190/assistance/

Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO

Montant total accordé : 15 000 dollars EU pour le projet européen « Protection du patrimoine et de la diversité culturels dans les situations d'urgence complexes au service de la stabilité et de la paix »

Missions de suivi antérieures

Mars : 2003 : mission du Centre du patrimoine mondial; Mai 2006 : mission conjoint de suivi réactif Centre du patrimoine mondial; Janvier 2007 : mission conjointe de suivi réactif Centre du patrimoine mondial/ICOMOS ; août 2008 : mission du Centre du patrimoine mondial

Facteurs affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

Matériel d’illustration  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/190/

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2019

L’État partie a soumis un rapport sur l’état de conservation le 8 février 2019. Un résumé de ce rapport est disponible à http://whc.unesco.org/fr/list/190/documents/. Les progrès accomplis à l’égard de plusieurs points de conservation soulevés par le Comité lors de ses précédentes sessions sont présentés dans ce rapport comme suit :

L’État partie entend lancer un appel à la communauté internationale afin qu’elle accorde un soutien financier et technique renforcé pour la conservation de son patrimoine culturel et a formellement invité une mission conjointe de suivi réactif Centre du patrimoine mondial/ICOMOS pour évaluer l’état de conservation du bien.

Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial, de l’ICOMOS et de l’ICCROM

Les informations fournies par l’État partie montrent son engagement envers la conservation du bien, malgré le conflit actuel. Des progrès ont été accomplis concernant l’analyse de la situation et la mise en œuvre d’actions correctives. Bien que l’empiètement urbain au sein du bien ait diminué, son augmentation significative autour des sites archéologiques reste une préoccupation majeure.

Le manque de gestion efficace et l’instabilité des conditions de sécurité rendent difficile la conservation du bien. Des informations actualisées sur les dommages causés par la pollution et les feux de forêt, deux points d’inquiétude majeure, sont nécessaires. Des informations sur le projet du Grand Hôtel de Shahat près du temple de Zeus doivent également être soumises au Centre du patrimoine mondial pour examen par les Organisations consultatives, avant que des décisions qu’il serait difficile d’inverser ne soient prises, conformément au paragraphe 172 des Orientations.

L’effort accompli pour clarifier les limites du bien est reconnu comme un préalable indispensable à une protection et une gestion efficaces. Si l’actuelle collaboration étroite avec le Centre du patrimoine mondial et l’ICOMOS pour définir une zone tampon appropriée est appréciée, il est recommandé au Comité de demander à l’État partie de poursuivre cette coopération, conformément au paragraphe 164 des Orientations.

Les importants efforts déployés par l’État partie contre le trafic illicite de son patrimoine culturel sont favorablement accueillis. Il est également recommandé que le Comité réitère son appel à tous les États membres de l’UNESCO afin qu’ils soutiennent ces efforts en accordant fonds et assistance spécialisée pour poursuivre les activités de conservation urgente, et qu’ils coopèrent dans la lutte contre le trafic illicite et la protection du patrimoine culturel libyen.

À l’occasion du troisième cycle de l’exercice de soumission de rapports périodiques, l’État partie a exprimé sa volonté de commencer l’élaboration de plans de gestion pour l’ensemble de ses cinq biens du patrimoine mondial, et va demander l’appui de la communauté internationale pour atteindre cet objectif. Une prise de conscience plus grande de la société civile, des autorités locales et nationales et des décideurs de haut niveau quant à la nécessité de protéger le patrimoine culturel en Libye, y compris les biens inscrits sur la Liste du patrimoine mondial, est également rapportée. L’organisation d’ateliers et symposiums sur l’état de conservation des biens du patrimoine mondial a souligné l’importance de leur protection et conservation, liant l’identité nationale au patrimoine culturel.

Il est par conséquent également recommandé que les importants efforts de l’État partie pour conserver ce bien soient orientés conformément au plan d’action élaboré lors de la Réunion internationale sur la sauvegarde du patrimoine culturel libyen, qui s’est tenue à Tunis en mai 2016 (rapport disponible à http://whc.unesco.org/fr/actualites/1496), et en s’appuyant sur les mesures à court et moyen termes identifiées lors de cette réunion.

L’escalade récente de la violence suscite beaucoup d’inquiétude quant à la poursuite des efforts déployés par l’État partie pour la conservation du Site archéologique de Cyrène, dans la mesure où cela empêche l’État partie d’entreprendre les actions nécessaires pour en garantir la protection et conservation. Il demeure essentiel que la mission conjointe invitée par l’État partie et demandée par le Comité à ses 40e (Istanbul/UNESCO, 2016) et 41e (Cracovie, 2017) sessions respectivement, ait lieu dès que les conditions de sécurité le permettront. En attendant, il est important que l’État partie poursuive ses efforts pour tenir le Comité, via le Centre du patrimoine mondial, informé de la situation sur le terrain, ainsi que de toute nouvelle mise en œuvre des mesures qu’il a prises, tout en répondant, dans la mesure du possible, aux observations et demandes formulées par le Comité.

Considérant les informations susmentionnées, il est recommandé au Comité de maintenir le bien sur la Liste du patrimoine mondial en péril.

Décision adoptée: 43 COM 7A.23

Le Comité du patrimoine mondial,

  1. Ayant examiné le document WHC/19/43.COM/7A.Add,
  2. Rappelant la décision 42 COM 7A.22, adoptée à sa 42e session (Manama, 2018),
  3. Félicite l’État partie pour les importants efforts accomplis pour la conservation du bien et sa valeur universelle exceptionnelle (VUE) en étroite coordination avec les communautés locales et la société civile, malgré la situation instable qui prévaut et les difficiles conditions de travail sur le terrain, et le prie de poursuivre ses efforts en ce sens dans la mesure du possible ;
  4. Demande à l’État partie de tenir le Comité régulièrement informé de l’évolution de la situation sur le bien et de l’informer, via le Centre du patrimoine mondial, de tout nouveau programme de restauration majeure ou projet de construction nouvelle susceptibles d’affecter la VUE du bien, y compris le projet de construction d’un hôtel près du temple de Zeus, avant de prendre une quelconque décision qu’il serait difficile d’inverser, conformément au paragraphe 172 des Orientations;
  5. Demande également à l’État partie de fournir des informations actualisées sur les dommages causés par la pollution et les feux de forêt ;
  6. Encourage l’État partie à poursuivre la finalisation de la modification mineure des limites en étroite collaboration avec le Centre du patrimoine mondial et les Organisations consultatives, conformément au paragraphe 164 des Orientations;
  7. Reconnaît l’invitation de l’État partie pour une mission conjointe de suivi réactif Centre du patrimoine mondial/ICOMOS sur le bien, et encourage également sa matérialisation dès que les conditions de sécurité le permettront ;
  8. Appelle à une mobilisation accrue de la communauté internationale afin qu’elle accorde un soutien financier et technique renforcé à l’État partie, notamment par l’intermédiaire du Fonds d’urgence de l’UNESCO pour le patrimoine, afin de mettre en œuvre les mesures à court et moyen termes identifiées lors de la Réunion internationale sur la sauvegarde du patrimoine culturel libyen (Tunis, mai 2016) ;
  9. Réitère son appel à tous les États membres de l’UNESCO afin qu’ils coopèrent dans la lutte contre le trafic illicite de biens culturels provenant de Libye et qu’ils s’engagent dans la protection du patrimoine culturel pendant un conflit armé conformément à la Résolution 2347 du Conseil de sécurité des Nations Unies de mars 2017, la Convention de La Haye de 1954 pour la protection des biens culturels en cas de conflit armé et la Convention de 1970 concernant les mesures à prendre pour interdire et empêcher l’importation, l’exportation et le transfert de propriété illicites des biens culturels, et encourage en outre l’État partie à ratifier la Convention UNIDROIT de 1995 sur les objets culturels volés ou illicitement exportés ;
  10. Demande à l’État partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial, d’ici le 1er février 2020, un rapport actualisé sur l’état de conservation du bien et sur la mise en œuvre des points ci-dessus mentionnés, pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 44e session en 2020 ;
  11. Décide de maintenir le Site archéologique de Cyrène (Libye) sur la Liste du patrimoine mondial en péril.

Décision adoptée: 43 COM 8C.2

Le Comité du patrimoine mondial,

  1. Ayant examiné les rapports sur l’état de conservation des biens inscrits sur la Liste du patrimoine mondial en péril (WHC/19/43.COM/7A, WHC/19/43.COM/7A.Add, WHC/19/43.COM/7A.Add.2, WHC/19/43.COM/7A.Add.3 et WHC/19/43.COM/7A.Add.3.Corr),
  2. Décide de maintenir les biens suivants sur la Liste du patrimoine mondial en péril :