1.         Parc national du Niokolo-Koba (Sénégal) (N 153)

Année d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial  1981

Critères  (x)

Année(s) d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril    2007-présent

Menaces pour lesquelles le bien a été inscrit sur la Liste du patrimoine mondial en péril

État de conservation souhaité en vue du retrait du bien de la Liste du patrimoine mondial en péril

Adopté, voir page http://whc.unesco.org/fr/decisions/4087 
Révisé (finalisation des indicateurs) en 2015, voir page http://whc.unesco.org/fr/decisions/6232

Mesures correctives identifiées

Adoptées, voir page http://whc.unesco.org/fr/decisions/6232 

Calendrier pour la mise en œuvre des mesures correctives

Adopté, voir page http://whc.unesco.org/fr/decisions/6232

Décisions antérieures du Comité  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/153/documents/

Assistance internationale

Demandes approuvées : 0 (de 1982-2017)
Montant total approuvé : 206 799 dollars EU
Pour plus de détails, voir page http://whc.unesco.org/fr/list/153/assistance/

Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO

Néant

Missions de suivi antérieures

2001, 2007 et 2010: missions conjointes de suivi réactif Centre du patrimoine mondial/UICN ; 2011 : mission UICN ; 2015 : mission de suivi réactif UICN

Facteurs affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

Matériel d’illustration  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/153/

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2019

Le 31 janvier 2019, l’État partie a soumis un rapport sur l’état de conservation du bien, disponible à http://whc.unesco.org/fr/list/153/documents/:

Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial et de l’UICN

La finalisation du plan d’aménagement et de gestion et les résultats du suivi écologique montrent une amélioration de la gestion et une réduction des pressions liées au braconnage et à la transhumance. L’évolution encourageante des populations de certaines espèces emblématiques est accueillie favorablement.

Par contre, la situation de l’éléphant, du lycaon et du bubale demeure inquiétante et il faudra poursuivre le suivi écologique sur une plus longue durée afin de disposer d’une base de données permettant d’analyser la dynamique de ces populations. L’absence de faune dans les zones à forte pression anthropique comme les zones d’orpaillage illicite et la carrière de basalte démontre l’importance d’arrêter ces activités.

La faible présence des chimpanzés dans le bien démontre l’importance des populations hors du site, notamment dans les zones aurifères de Mako et Massawa. La fragmentation de l’habitat des chimpanzés dans la zone d’intervention de PMC demeure une préoccupation. L’État partie devrait fournir des données précises sur le suivi des chimpanzés dans le périmètre minier, afin de permettre une évaluation des impacts réels du projet sur l'espèce.

Les différentes actions de développement, d’éducation et de sensibilisation sont favorablement accueillies et doivent être poursuivies pour assurer leur durabilité et limiter les pressions humaines sur les ressources naturelles.

Les actions visant l’élimination de l’espèce Mimosa pigra ainsi que le suivi régulier des mares sont notées mais une stratégie de lutte combinant diverses approches doit être privilégiée pour éradiquer les espèces envahissantes.

Les résultats de certains échantillons d’eau sont inquiétants et l’absence de données des analyses microbiologiques est regrettable. Il est recommandé que l’État partie mette en place un système pérenne de suivi de la quantité et la qualité des eaux de surface, de décharge et souterraines en amont et en aval du projet aurifère à Mako.

Il est également regrettable que les informations fournies sur le projet d’inter-connectivité des eaux du fleuve Gambie et des mares situées dans le bien ne permettent pas d’évaluer les impacts potentiels du projet de barrage à Sambangalou sur la valeur universelle exceptionnelle (VUE). Ce projet demeure une menace potentielle pour le bien et doit faire l’objet d’une Étude d’impact environnemental et social (EIES) détaillée conformément à la Note de conseil de l’UICN. Il est recommandé que l’État partie tienne le Centre du patrimoine mondial informé sur l’évolution de ce projet.

Il est en outre fortement regrettable que la fermeture de la carrière de Mansadala soit à nouveau reportée. Il est à noter que l’État partie avait initialement affirmé que cette carrière, située dans le bien, serait fermée en 2015 et il est donc recommandé que le Comité demande à l’État partie de procéder immédiatement à sa fermeture étant donné son impact négatif sur la VUE du bien.

Le nouveau plan d’aménagement et de gestion fait mention des activités aurifères illégales dans le bien. En mars 2019, le Centre du patrimoine mondial a également reçu des informations de tierces parties concernant l'octroi d'un permis minier à la société Barrick Gold autorisant des opérations à proximité du bien ainsi qu'une activité d'extraction aurifère menée par une compagniedans la partie sud-est du parc. Le 6 mars 2019, le Centre du patrimoine mondial a adressé une lettre à l’État partie afin d’avoir de plus amples informations sur ces projets mais aucune réponse n’a été reçue au moment de la rédaction de ce rapport. Il est recommandé que le Comité demande à l’État partie que toute exploitation minière dans le bien soit immédiatement suspendue et qu’aucun nouveau permis minier situé autour du bien ne soit accordé sans qu’une EIES soit réalisée afin d’évaluer les impacts sur la VUE, y compris les effets cumulatifs de ces projets.

Il est également recommandé que le Comité maintienne le bien sur la Liste du patrimoine mondial en péril.

Décision adoptée: 43 COM 7A.15

Le Comité du patrimoine mondial,

  1. Ayant examiné le document WHC/19/43.COM/7A.Add,
  2. Rappelant la décision 42 COM 7A.55, adoptée à sa 42e session (Manama, 2018),
  3. Félicite l’État partie pour les efforts consentis dans la mise en œuvre des mesures correctives, notamment l’actualisation du plan d’aménagement et de gestion du bien et de sa périphérie, la lutte contre les espèces envahissantes et l’opérationnalisation du système de suivi écologique, et demande à l’État partie de poursuivre ses efforts ;
  4. Prend note que les résultats de l’inventaire et du suivi écologique indiquent l’accroissement de la population de certaines espèces emblématiques, tout en montrant la vulnérabilité d’autres espèces comme l’éléphant, le lycaon et le bubale et considère que ces suivis devront se poursuivre sur une plus longue durée et demande également à l’État partie de mettre en œuvre les recommandations de l’inventaire; notamment la mise en place d’un programme d’urgence pour le lycaon, d’un programme de conservation pour l’éland de Derby, et d’un programme de suivi pour le bubale ;
  5. Accueille favorablement toutes les activités de développement, d’éducation, d’information et de sensibilisation initiées par l’État partie et ses partenaires qui ont permis une meilleure implication des communautés dans la gestion du bien ;
  6. Exprimant sa plus vive préoccupation concernant les rapports d'extraction aurifère dans la partie sud-est du bien, demande en outre que toute exploitation minière dans le bien soit immédiatement suspendue, et réitère sa position sur le fait que l’exploration ou l’exploitation minière est incompatible avec le statut de patrimoine mondial, politique soutenue par la déclaration de position du Conseil international des mines et métaux (CIMM) de ne pas entreprendre de telles activités dans les biens du patrimoine mondial;
  7. Regrette que l’État partie n’ait fourni aucune information concernant l'octroi probable d'un permis minier à la société Barrick Gold à proximité du bien, et demande par ailleurs à l’État partie d’assurer que les impacts de ce projet sur la valeur universelle exceptionnelle (VUE) du bien soient évalués dans le cadre d’une Étude d’impact environnemental et social (EIES) complète, conformément à la Note consultative de l’UICN sur le patrimoine mondial et l’évaluation environnementale, et d’en soumettre, dès que disponible, une copie au Centre du patrimoine mondial pour examen par l’UICN ;
  8. Rappelle sa vive préoccupation quant aux impacts du projet aurifère de la compagnie Petewol Mining Company sur la qualité et le régime des cours d’eau ainsi que sur les populations de chimpanzés et leur habitat, et demande de plus à l’Etat partie de :
    1. Continuer le suivi régulier de la quantité et la qualité des eaux de surface, de décharge et souterraines en amont et en aval du projet aurifère à Mako,
    2. Fournir des données détaillées sur le suivi des chimpanzés et leur habitat, afin de permettre une évaluation des impacts réels du projet et les mesures d’atténuation proposées pour assurer la conservation de cette espèce,
    3. Faire des analyses microbiologiques pour les cours d’eau susceptibles d’être affectés par le projet et de soumettre les résultats au Centre du patrimoine mondial pour examen par l’UICN ;
  9. Regrette également que les informations fournies sur le projet d’inter-connectivité des eaux du fleuve Gambie et des mares situées dans le bien ne permettent pas d’évaluer les impacts potentiels du projet de barrage à Sambangalou sur la VUE du bien et reitère sa demande à l’État partie que ce projet fasse l’objet d’une EIES détaillée conformément à la Note de conseil de l’UICN et de tenir le Centre du patrimoine mondial informé sur l’évolution de ce projet ;
  10. Regrette en outre le report de la fermerture de la carrière de Mansadala pour cause de travaux d’utilité publique et demande aussi à l’État partie de procéder immédiatement à sa fermeture étant donné son impact négatif sur la VUE du bien ;
  11. Demande enfin à l’État partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial, d’ici le 1er février 2020, un rapport actualisé sur l’état de conservation du bien et sur la mise en œuvre des points ci-dessus mentionnés, pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 44e session en 2020 ;
  12. Décide de maintenir Parc national du Niokolo-Koba (Sénégal) sur la Liste du patrimoine mondial en péril.

Décision adoptée: 43 COM 8C.2

Le Comité du patrimoine mondial,

  1. Ayant examiné les rapports sur l’état de conservation des biens inscrits sur la Liste du patrimoine mondial en péril (WHC/19/43.COM/7A, WHC/19/43.COM/7A.Add, WHC/19/43.COM/7A.Add.2, WHC/19/43.COM/7A.Add.3 et WHC/19/43.COM/7A.Add.3.Corr),
  2. Décide de maintenir les biens suivants sur la Liste du patrimoine mondial en péril :