1.         Réserves naturelles de l'Aïr et du Ténéré (Niger) (N 573)

Année d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial  1991

Critères  (vii)(ix)(x)

Année(s) d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril    1992-présent

Menaces pour lesquelles le bien a été inscrit sur la Liste du patrimoine mondial en péril

Conflit militaire et des troubles civils, ayant conduit le gouvernement nigérien à demander au Directeur général de l'UNESCO de lancer un appel en faveur de la protection du site

État de conservation souhaité en vue du retrait du bien de la Liste du patrimoine mondial en péril

En cours de rédaction 

Mesures correctives identifiées

Adoptées, voir page https://whc.unesco.org/fr/decisions/325

Calendrier pour la mise en œuvre des mesures correctives

En cours d'identification

Décisions antérieures du Comité  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/573/documents/

Assistance internationale

Demandes approuvées : 0 (de 1999-2019)
Montant total approuvé : 202 316 dollars EU
Pour plus de détails, voir page http://whc.unesco.org/fr/list/573/assistance/

Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO

Néant

Missions de suivi antérieures

Mai 2005 et février 2015: missions de suivi réactif de l’UICN

Facteurs affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

Matériel d’illustration  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/573/

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2019

Le 3 février 2019, l’État partie a soumis un rapport sur l’état de conservation du bien, disponible à https://whc.unesco.org/fr/list/573/documents/, qui communique les informations suivantes :

Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial et de l’UICN

L’État partie a déployé des efforts importants pour l’opérationnalisation de l’organe de gestion du bien. La bonne collaboration avec les autorités locales marquée par l’implication effective des chefs de vallées dans la stratégie de surveillance du bien doit être poursuivie.

Malgré ces efforts consentis, le bien ne dispose toujours pas d’un plan d’aménagement et de gestion assorti d’un plan de surveillance. De plus, le bien est encore exposé au braconnage, à la coupe illégale de bois, à la prolifération des espèces exotiques envahissantes mais également à des menaces liées à l’exploration et l’exploitation de l’uranium, du pétrole et de l’or à proximité du bien. Bien que le rapport mentionne que les activités extractives se déroulent à proximité du bien en toute légalité car bénéficiant d’un certificat de conformité environnementale et faisant l’objet d’un suivi régulier, il est regrettable que l’État partie n’ait pas transmis au Centre du patrimoine mondial les rapports d’EIE de ces différents projets miniers afin d’évaluer leurs impacts potentiels sur la VUE. De plus, le Comité avait précédemment demandé à l’État partie de fournir des cartes indiquant clairement la localisation des sites associés à ces permis par rapport au bien, mais celles-ci n’ont malheureusement pas été soumises. Il est recommandé que le Comité demande à l’État partie qu’aucun nouveau permis d’exploration ou d’exploitation minière située autour du bien ne soit accordée sans qu’une étude d’impact environnemental stratégique (EIES) soit réalisée afin d’évaluer les impacts sur la VUE du bien, y compris les effets cumulatifs de ces projets.

Concernant l’ampleur du braconnage et de la coupe de bois, le rapport de l’État partie indique leur baisse par rapport à l’année 2017, sans préciser la superficie couverte par la surveillance pour une meilleure évaluation de ces deux pressions. Il est recommandé que le Comité demande à l’État partie de fournir des cartographies montrant la localisation, la sévérité, l’étendue de ces menaces. L’État partie devrait mettre en place un système de suivi écologique efficace avec l’outil SMART permettant de mieux connaitre l’ampleur des pressions anthropiques, l’état et les tendances d’évolution de la VUE du bien dans son ensemble.

Au sujet de la faune mammalienne, même si quelques efforts de suivi écologique ont permis de confirmer la présence de plusieurs espèces caractéristiques de la VUE, il est à craindre que l’autruche à cou rouge, l’addax et le guépard soient localement éteints car n’ayant pas été signalés depuis de longues années. La situation du guépard et de l’autruche à cou rouge est inquiétante et mérite des investigations poussées pour déterminer le statut réel de ces deux espèces.

L’État partie a déployé également des efforts pour l’élaboration de la stratégie de conservation et de réintroduction de l’autruche à cou rouge, mais ces documents n’ont malheureusement pas été soumis au Centre du patrimoine mondial pour examen par l’UICN. Il est recommandé que le Comité demande à l’État partie de les soumettre. Bien qu’il soit positif que l’État partie explore des possibilités de financement, il est inquiétant de noter que cela n’a toujours pas été assuré et il est impératif que l’État partie clarifie la situation de cet accord de financement de Sahara Conservation Fund relatif à l’élaboration de la stratégie de restauration de l’autruche à cou rouge.

Par ailleurs, la prolifération de l’espèce Prosopis juliflora, demeure une préoccupation majeure. Il est donc recommandé que le Comité encourage l’État partie à intégrer dans le plan de gestion, une stratégie de la lutte contre les espèces envahissantes.

L’État partie poursuit ses efforts pour mettre en œuvre les mesures correctives, mais au vu de l’ampleur des menaces qui pèsent sur la VUE, des progrès supplémentaires sont nécessaires. Le développement et la mise en œuvre du plan d’aménagement et de gestion du bien et d’un plan de surveillance, l’intensification des initiatives communautaires à l’endroit des communautés riveraines ainsi que le renforcement des capacités techniques et opérationnelles de l’équipe de gestion demeurent des impératifs. Il est également urgent de définir le DSOCR pour ce bien, conformément au paragraphe 183 des Orientations.

Il est enfin recommandé que le Comité maintienne le bien sur la Liste du patrimoine mondial en péril.

Décision adoptée: 43 COM 7A.14

Le Comité du patrimoine mondial,

  1. Ayant examiné le document WHC/19/43.COM/7A,
  2. Rappelant la décision 42 COM 7A.54, adoptée à sa 42esession (Manama, 2018),
  3. Prend note des efforts consentis par l’État partie pour mettre en œuvre les mesures correctives, et la bonne collaboration avec les communautés locales à travers l’implication des chefs de vallées dans la sensibilisation et la surveillance du bien, mais considère que des progrès supplémentaires sont nécessaires au vu de l’ampleur des menaces qui pèsent sur la valeur universelle exceptionnelle (VUE) du bien ;
  4. Note que le suivi écologique a permis de confirmer la présence de plusieurs espèces caractéristiques de la VUE, mais réitère sa plus vive préoccupation sur le fait que qu’autres espèces semblent être éteintes localement et demande à l’État partie de poursuivre les efforts de suivi écologique ;
  5. Demande également à l’État partie d’élaborer et de mettre en œuvre d’urgence le plan d’aménagement et gestion du bien et le plan de surveillance, ainsi qu’une stratégie de lutte contre la prolifération des espèces envahissantes ;
  6. S’inquiète de la multiplication des permis d’exploration et d’exploitation d’uranium, de pétrole et d’or aux abords immédiats du bien, ainsi que la poursuite de l’orpaillage illégal et demande en outre à l’État partie :
    1. de fournir de plus amples informations (cartes de localisation, concessions, détails du permis) sur ces différents projets miniers,
    2. d’assurer que les impacts de ces projets sur la VUE du bien sont évalués dans le cadre d’études d‘impact environnemental stratégiques (EIES), conformément à la Note consultative de l’UICN sur le patrimoine mondial : l’évaluation environnementale, avant que de nouveaux permis ne soient octroyés,
    3. de soumettre, dès que disponible, une copie de ces EIES au Centre du patrimoine mondial pour examen par l’UICN,
    4. de n’accorder aucun nouveau permis d’exploration ou d’exploitation minière située autour du bien sans qu’une EIES ne soit réalisée afin d’évaluer les impacts sur la VUE du bien, y compris les effets cumulatifs de ces projets ;
  7. Regrette que le rapport soumis par l’État partie ne fournisse pas d’informations détaillées sur le braconnage et l’exploitation forestière dans le bien et aux alentours, ainsi que sur les actions mises en œuvre pour combattre ces menaces, et lui demande par ailleurs de fournir des cartographies montrant la localisation, la sévérité, l’étendue des principales menaces identifiées ;
  8. Réitère ses encouragements à l’État partie à solliciter les conseils du Centre du patrimoine mondial et de l’UICN afin de préparer un État de conservation souhaité en vue du retrait du bien de la Liste du patrimoine mondial en péril (DSOCR) ;
  9. Demande enfin à l’État partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial, d’ici le 1er février 2020, un rapport actualisé sur l’état de conservation du bien et sur la mise en œuvre des points ci-dessus mentionnés, pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 44e session en 2020 ;
  10. Décide de maintenir Réserves naturelles de l'Aïr et du Ténéré (Niger) sur la Liste du patrimoine mondial en péril.

Décision adoptée: 43 COM 8C.2

Le Comité du patrimoine mondial,

  1. Ayant examiné les rapports sur l’état de conservation des biens inscrits sur la Liste du patrimoine mondial en péril (WHC/19/43.COM/7A, WHC/19/43.COM/7A.Add, WHC/19/43.COM/7A.Add.2, WHC/19/43.COM/7A.Add.3 et WHC/19/43.COM/7A.Add.3.Corr),
  2. Décide de maintenir les biens suivants sur la Liste du patrimoine mondial en péril :