1.         Patrimoine des forêts tropicales ombrophiles de Sumatra (Indonésie) (N 1167)

Année d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial  2004

Critères  (vii)(ix)(x)

Année(s) d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril    2011-présent

Menaces pour lesquelles le bien a été inscrit sur la Liste du patrimoine mondial en péril

État de conservation souhaité en vue du retrait du bien de la Liste du patrimoine mondial en péril

Adopté, voir page https://whc.unesco.org/fr/decisions/5970
Révisées, voir page http://whc.unesco.org/fr/decisions/7213

Mesures correctives identifiées

Adoptées, voir page http://whc.unesco.org/fr/decisions/5970
Révisées, voir page http://whc.unesco.org/fr/decisions/7213

Calendrier pour la mise en œuvre des mesures correctives

Adopté, voir page https://whc.unesco.org/fr/decisions/5970

Décisions antérieures du Comité  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/1167/documents/

Assistance internationale

Demandes approuvées : 0 (de 2005-2012)
Montant total approuvé : 96 600 dollars EU
Pour plus de détails, voir page http://whc.unesco.org/fr/list/1167/assistance/

Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO

Montant total accordé: 1 800 000 dollars EU pour le projet triennal FNU/FNUPI (2005-2007) – Partenariat pour la conservation du patrimoine naturel de Sumatra.  35 000 dollars EU du Fond de réponse rapide (2007)

Missions de suivi antérieures

Février-mars 2006 : mission conjointe de suivi réactif UNESCO/UICN ; mars 2007 : mission conjointe de suivi réactif Centre du patrimoine mondial/UICN ; février 2009 : mission conjointe de suivi réactif Centre du patrimoine mondial/UICN ; avril 2011 : mission conjointe de suivi réactif Centre du patrimoine mondial/UICN ; octobre 2013 : mission de suivi réactif de l’UICN ; avril 2018 : mission de suivi réactif de l’UICN

Facteurs affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

Matériel d’illustration  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/1167/

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2019

Le 1er février 2019, l’État partie a soumis un rapport sur l’état de conservation du bien, disponible à http://whc.unesco.org/fr/list/1167/documents, qui fournit les informations suivantes :

Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial et de l’UICN

Les efforts continus pour renforcer les activités de patrouille au sein des trois éléments du bien sont accueillis favorablement, tout comme l’engagement du gouvernement provincial d’Aceh de donner la priorité à la prévention de la déforestation dans l’intégralité de l’écosystème de Leuser. Des efforts continus sont nécessaires pour lutter contre la déforestation en cours au sein du bien et de ses zones tampons, et pour intensifier les activités de restauration forestière en accordant la priorité aux zones écologiquement sensibles, aux corridors fauniques et aux abords des routes. Il est également essentiel que la couverture géographique des patrouilles soit améliorée en fonction des mesures correctives. Le rapport de l’État partie ne fournit pas d’informations claires sur les avancées effectuées dans la réalisation de ces activités spécifiques et ciblées ni sur les données de 2018 relatives au couvert forestier, qui constituent la base de référence pour mesurer les avancées effectuées dans la réalisation de l’État de conservation souhaité en vue du retrait du bien de la Liste du patrimoine mondial en péril (DSOCR).

L’engagement de l’État partie de ne pas accorder de permis pour l’exploration d’énergie géothermique au sein du bien est accueilli favorablement, et l’État partie devrait être encouragé à traduire cet engagement dans la législation pour exclure la possibilité de futures propositions de développement géothermique au sein des biens du patrimoine mondial. Le Comité devrait rappeler à l’État partie de veiller à ce que tous les projets ou travaux prévus fassent l’objet d’une EIE conformément à la Note consultative de l’UICN sur le patrimoine mondial : l’évaluation environnementale, et que les informations sur tout projet prévu qui pourrait avoir un impact sur la VUE du bien soient soumises au Centre du patrimoine mondial pour examen par l’UICN avant toute décision difficile à annuler, conformément au paragraphe 172 des Orientations.

L’élaboration d’un guide pour le suivi du tigre de Sumatra est notée, mais une formation supplémentaire semble nécessaire pour garantir son application systématique au sein des trois parcs nationaux, et ce, afin d’assurer des méthodes de suivi cohérentes. Les recensements sont actuellement limités dans l’espace et ne peuvent donc pas mesurer l’occupation de l’aire de répartition, ce qui est l’un des indicateurs du DSOCR. L’absence de processus de surveillance cohérent pour les trois autres espèces clés est également préoccupante.

L’intention de l’État partie de consulter l’UICN sur l’EIE de la route Karo-Langkat est notée. Il est regrettable que l’approbation de la réfection de la route ait déjà été délivrée alors même qu’elle contredit la proposition de DSOCR approuvée et qu’elle risque fort d’avoir un impact négatif sur la VUE du bien. Il est par conséquent essentiel que l’État partie ne lance pas ce projet avant qu’une EIE ne soit entreprise en concertation avec l’UICN pour en étudier les impacts sur la VUE. La réfection de Bukit Tapan aurait également dû faire l’objet d’une EIE avec une évaluation spécifique de son impact sur la VUE. Il faudrait donc demander à l’État partie de s’assurer qu’aucune autre construction ne soit effectuée avant qu’une évaluation spécifique sur la VUE n’ait été achevée et que des mesures d’atténuation appropriées aient été identifiées, et soumises au Centre du patrimoine mondial pour examen par l’UICN.

La mission de l’UICN de 2018 a identifié l’empiétement comme étant la menace à long terme la plus grave pour le bien, et il ressort clairement du rapport de l’État partie que l’empiétement reste un facteur majeur de déforestation. Très peu d’avancées semblent avoir été effectuées en ce qui concerne la démarcation des limites, les seules activités signalées ayant été menées dans le PNKS. Notant l’importance d’une démarcation claire des limites pour faire respecter la loi et, en particulier, pour mettre fin à de nouveaux empiétements, on devrait demander à l’État partie d’accélérer cette activité.

Bien que l’État partie ait effectué quelques avancées positives, il est clair qu’il lui faudra beaucoup plus d’efforts pour mesurer ses indicateurs et atteindre le DSOCR et les mesures correctives associées. Il est par conséquent recommandé de maintenir le bien sur la Liste du patrimoine mondial en péril.

Décision adoptée: 43 COM 7A.1

Le Comité du patrimoine mondial,

  1. Ayant examiné le document WHC/19/43.COM/7A,
  2. Rappelant la décision 42 COM 7A.40 adoptée à sa 42esession (Manama, 2018),
  3. Accueille favorablement les avancées effectuées par l’État partie pour accroître les patrouilles au sein du bien afin de limiter le braconnage et l’exploitation forestière illégale, et l’engagement du gouvernement provincial d’Aceh à donner la priorité à l’interdiction de toute déforestation supplémentaire dans la partie d’Aceh de l’écosystème de Leuser ;
  4. Prend note du plan d’action d’urgence pour le rhinocéros de Sumatra et du guide de suivi du tigre de Sumatra mais note avec préoccupation la limitation continue du périmètre spatial des recensements, ce qui ne permet pas un suivi complet de l’État de conservation souhaité en vue du retrait du bien de la Liste du patrimoine mondial en péril (DSOCR), et demande à l’État partie de suivre l’occupation de l’aire de répartition des quatre espèces clés (éléphant, tigre, rhinocéros et orang-outan de Sumatra) ;
  5. Note avec grande préoccupation la disparition continue de la forêt et demande fortement à l’État partie d’intensifier ses efforts pour mettre fin à l’empiétement et de mettre en œuvre des mesures de contrôle pour empêcher la prolifération de l’espèce envahissante Merremia peltata tout en priorisant l’augmentation du nombre de patrouilles ainsi que le suivi et la restauration forestière des zones écologiquement sensibles, des corridors fauniques et des abords des routes ;
  6. Demande également à l’État partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial les données de 2018 sur le couvert forestier, lesquelles serviront de référence afin de mesurer les avancées effectuées pour atteindre l’indicateur du DSOCR, et de faire également rapport sur le couvert forestier au sein du bien, pour permettre une comparaison cohérente au fil des années ;
  7. Accueille aussi favorablement l’engagement de l’État partie à n’accorder aucun permis d’exploration d’énergie géothermique au sein du bien, et encourage l’État partie à légiférer pour empêcher à l’avenir tout projet éventuel de développement géothermique au sein des biens du patrimoine mondial ;
  8. Demande en outre à l’État partie de veiller à ce que tous les projets ou travaux prévus fassent l’objet d’une évaluation d’impact environnemental (EIE), conformément à la Note consultative de l’UICN sur le patrimoine mondial : l’évaluation environnementale, avec une partie spécifique consacrée à l’impact potentiel du projet sur la Valeur universelle exceptionnelle (VUE), et que les informations concernant tout projet prévu soient soumises au Centre du patrimoine mondial pour examen par l’UICN, conformément au paragraphe 172 des Orientations;
  9. Note que l’État partie consultera le Centre du patrimoine mondial et l’UICN pour élaborer une proposition majeure de modification des limites afin de mieux refléter la Valeur universelle exceptionnelle du bien et les modifications apportées aux limites du parc national par décret ministériel ;
  10. Réitère sa préoccupation quant aux deux projets de réfection de route qui ont été approuvés en l’absence des EIE nécessaires et prie instamment l’État partie de :

    a) Ne pas commencer la réfection de la route Karo-Langkat avant qu’une EIE, y compris une évaluation concernant la VUE du bien, n’ait été entreprise en concertation avec l’UICN,

    b) Veiller à ce qu’une évaluation complète des impacts sur la VUE s’agissant de la réfection de la route Bukit Tapan soit entreprise et que des mesures d’atténuation appropriées soient identifiées et soumises au Centre du patrimoine mondial pour examen par l’UICN avant toute construction supplémentaire ;

  11. Demande par ailleurs à l’État partie d’améliorer la couverture géographique des patrouilles au sein du bien, d’accélérer la démarcation des limites du bien pour mettre fin à l’empiétement, et de continuer à mettre en œuvre toutes les autres mesures correctives ;
  12. Demande de plus à l’État partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial, d’ici le 1er février 2020, un rapport actualisé sur l’état de conservation du bien et sur la mise en œuvre des points ci-dessus mentionnés, pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 44e session en 2020 ;
  13. Décide de maintenir Patrimoine des forêts tropicales ombrophiles de Sumatra (Indonésie) sur la Liste du patrimoine mondial en péril.

Décision adoptée: 43 COM 8C.2

Le Comité du patrimoine mondial,

  1. Ayant examiné les rapports sur l’état de conservation des biens inscrits sur la Liste du patrimoine mondial en péril (WHC/19/43.COM/7A, WHC/19/43.COM/7A.Add, WHC/19/43.COM/7A.Add.2, WHC/19/43.COM/7A.Add.3 et WHC/19/43.COM/7A.Add.3.Corr),
  2. Décide de maintenir les biens suivants sur la Liste du patrimoine mondial en péril :