1.         Byblos (Liban) (C 295)

Année d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial  1984

Critères  (iii)(iv)(vi)

Année(s) d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril  Néant

Décisions antérieures du Comité  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/295/documents/

Assistance internationale

Demandes approuvées : 0 (de 1999-1999)
Montant total approuvé : 10 000 dollars EU
Pour plus de détails, voir page http://whc.unesco.org/fr/list/295/assistance/

Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO

Néant

Missions de suivi antérieures

1995, 1997, 1998 et 2001 : Plusieurs missions pour évaluer l’état de conservation et l’exécution des projets au Liban (Byblos inclus). Novembre 2001 : Mission de suivi réactif ICOMOS. Septembre 2006 : mission d’experts UNESCO au Liban, Février 2017: mission du Centre du patrimoine mondial

Facteurs affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

Matériel d’illustration  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/295/

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2018

En août 2016, le Centre du patrimoine mondial a demandé à l'État partie de fournir des informations claires et détaillées sur les différents éléments du projet de « Club diplomatique », qu'il est envisagé de réaliser à côté de la partie sud du bien du patrimoine mondial (notez qu'aucune limite ou zone tampon n'a été délimitée pour ce bien). L'État partie a indiqué que ce projet consistait à convertir les bâtiments existants en structures touristiques et de loisirs et à construire des piscines creusées ainsi que des cabanes en bois, des vestiaires et des pergolas.

Étant donné que le projet de Club diplomatique envisagé serait situé sur un site archéologique potentiellement d'importance majeure – le port antique de Byblos – l'ICOMOS a recommandé à l'État partie de conduire des études d'évaluation et des fouilles archéologiques afin de confirmer la présence des vestiges archéologiques du port antique et de proposer une solution technique pour protéger la zone archéologique.

À la demande de l'État partie, les promoteurs du projet de club diplomatique envisagé ont réalisé les fouilles archéologiques recommandées. Ces fouilles ont confirmé la présence de vestiges archéologiques du port antique et leur état de dégradation. Les vestiges ont été dûment documentés. Le remblayage des vestiges archéologiques, permettant la réversibilité des piscines, a été proposé par l'État partie et approuvé par l'ICOMOS, dans l'attente de la réception et de l'approbation du détail des plans et du cahier des charges.   

En février 2017, une mission du Centre du patrimoine mondial a noté que le projet avait démarré et que de nouvelles structures en béton armé en surface étaient visibles depuis le bien. Le Centre a demandé à l'État partie d'arrêter les travaux de construction. À la suite d'autres échanges avec le Centre du patrimoine mondial, l'État partie a donné l'assurance qu'aucune nouvelle structure supplémentaire ne serait construite tant que l'ICOMOS n'aurait pas eu l'occasion d'examiner les informations demandées précédemment. Malgré les demandes répétées adressées à l'État partie, aucun projet détaillé n'a été reçu.

Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial, de l’ICOMOS et de l’ICCROM

Il est très préoccupant que le projet de Club diplomatique n’ait pas donné lieu à l’envoi en temps utile de documents de conception et d’un cahier des charges détaillés et clairs, malgré plusieurs demandes. Il est donc recommandé au Comité de demander instamment à l'État partie de soumettre dès que possible au Centre du patrimoine mondial, pour évaluation par les Organisations consultatives, les plans et le cahier des charges détaillés de ce projet, y compris le remblayage des vestiges archéologiques permettant la réversibilité des piscines.

À la lumière des travaux de construction en cours et des nouvelles structures en béton en surface qui ont été observées, il est recommandé au Comité de demander à l'État partie d'inviter une mission conjointe de suivi réactif Centre du patrimoine mondial/ICOMOS pour évaluer l'état de conservation du bien, mesurer l'impact du projet de Club diplomatique sur la valeur universelle exceptionnelle (VUE) du bien, identifier toute modification de ce projet qui pourrait être nécessaire pour maintenir la VUE, l'authenticité et l'intégrité du bien, et déterminer si une étude d'impact sur le patrimoine (EIP) est souhaitable. Entre-temps, il est recommandé que les travaux de construction de ce projet soient suspendus et qu'aucune structure supplémentaire ne soit construite.

Il est en outre recommandé au Comité d’inviter l'État partie à l'informer, par l'intermédiaire du Centre du patrimoine mondial, de tout futur projet de restauration majeure ou de nouveaux projets de construction susceptibles d'affecter la valeur universelle exceptionnelle du bien, conformément au paragraphe 172 des Orientations, avant de prendre des décisions difficilement réversibles.

En outre, comme aucune limite ou zone tampon n'a été identifiée pour le bien, il est recommandé au le Comité de demander à l'État partie, en étroite coordination avec le Centre du patrimoine mondial et l'ICOMOS, de soumettre une limite et une zone tampon au moyen d'une modification mineure des limites, conformément aux paragraphes 107 et 164 et à l'annexe 11 des Orientations, pour examen par les Organisations consultatives.

Décision adoptée: 42 COM 7B.56

Le Comité du patrimoine mondial,

  1. Ayant examiné le document WHC/18/42.COM/7B.Add,
  2. Se déclare préoccupé par le fait que des structures en béton armé ont été construites en surface au sud du bien et que l'État partie n'a pas soumis d’informations détaillées sur la conception du projet de Club diplomatique, y compris le remblayage des vestiges archéologiques permettant la réversibilité des piscines ;
  3. Prie instamment l'État partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial, dès que possible et conformément au paragraphe 172 des Orientations, un document détaillé sur les actions déjà entreprises et prévues en rapport avec ce projet, y compris les documents de conception architecturale ;
  4. Demande à l'État partie d'inviter une mission conjointe de suivi réactif Centre du patrimoine mondial/ICOMOS pour évaluer l'état de conservation du bien, mesurer l'impact potentiel du projet de Club diplomatique sur la valeur universelle exceptionnelle (VUE) du bien, identifier toute modification de ce projet qui s’avérerait nécessaire pour maintenir la VUE, l'authenticité et l'intégrité du bien, et déterminer si une étude d'impact sur le patrimoine (EIP) est souhaitable ;
  5. Demande également à l'État partie de suspendre les travaux de construction de ce projet et de ne pas construire de structures supplémentaires tant que les actions susmentionnées ne seront pas achevées ;
  6. Demande en outre à l'État partie de travailler en étroite consultation avec le Centre du patrimoine mondial et les Organisations consultatives pour élaborer et soumettre une modification mineure des limites, conformément aux paragraphes 107 et 164 et à l'annexe 11 des Orientations ;
  7. Demande par ailleurs à l’État partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial, d’ici le 1er février 2019, un rapport actualisé sur l’état de conservation du bien et sur la mise en œuvre des points ci-dessus mentionnés, pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 43e session en 2019.