1.         Tombouctou (Mali) (C 119rev)

Année d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial  1988

Critères  (ii)(iv)(v)

Année(s) d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril   1990-2005, 2012-présent

Décisions antérieures du Comité  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/119/documents/

Assistance internationale

Demandes approuvées : 0 (de 1981-2004)
Montant total approuvé : 164 115 dollars EU
Pour plus de détails, voir page http://whc.unesco.org/fr/list/119/assistance/

Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO

Montant total accordé au bien : 100 000 dollars EU (Fonds-en-dépôt italien auprès de l'UNESCO)

Missions de suivi antérieures

2002, 2004, 2005, 2006 : missions du Centre du patrimoine mondial ; 2008, 2009 et 2010 : missions conjointes de suivi réactif Centre du patrimoine mondial/ ICOMOS 

Facteurs affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

a) Conception et échelle du projet inappropriés du nouveau centre culturel Ahmed Baba à proximité de la mosquée Sankoré, dessins détaillés non soumis au Comité ;

b) Méthodes de restauration inappropriées de la mosquée Djingareyber ;

c) Pressions dues au développement urbain ;

d) Inondations et évacuation des déchets ;

e) Absence de réglementation et de plan d’aménagement du territoire ;

f) Absence de maintenance appropriée des bâtiments.

Matériel d’illustration  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/119/

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2011

Un rapport sur l’état de conservation du bien a été remis le 2 février 2011 par l’Etat partie. Il donne une vue d’ensemble succincte des mesures actuelles de conservation et de gestion.

a) Conservation des trois mosquées

Le rapport brosse un tableau actualisé de l’état de conservation des mosquées de Sankoré, de Djingareyber et de Sidi Yahia. La mosquée de Sankoré fait toujours l’objet d’une attention particulière de la part de la communauté locale, des imams et de la corporation des constructeurs traditionnels. Elle a aussi bénéficié du soutien technique du gouvernement italien et du Centre du patrimoine mondial. Le rapport renseigne également sur un projet de réhabilitation urbaine dont la restauration de la mosquée est un élément important. Ce projet exécuté par l’Aga Khan Development Network (AKDN) fait partie d’un accord de coopération entre l’Aga Khan Development Network (AKDN) et le gouvernement malien.

La restauration de la mosquée de Djingareyber s’est achevée en juillet 2010 avec le pavement des alentours de l’édifice et l’installation de toilettes. Concernant la demande de renseignements complémentaires faite par le Comité du patrimoine mondial sur la possibilité « d’un projet de démolition des maisons en ruines situées au nord-ouest de la mosquée de Djingareyber », l’Etat partie préfère inclure ces bâtiments dans un « projet pilote pour la réparation et la rénovation de plusieurs habitations », mais aucun détail n’est fourni à ce sujet. Ne reste que la restauration des structures dégradées de la mosquée de Sidi Yahia, pour laquelle des études architecturales ont été entreprises dans le cadre du même accord conclu entre l’AKDN et le gouvernement malien.

Le rapport ne fournit pas d’information sur l’état de conservation des 16 mausolées qui font partie du bien et qui nécessitent des travaux de restauration urgents.

 

b) Les problèmes de conservation soulevés par le contexte urbain

L’Etat partie note les problèmes liés à la conservation du bien dans un environnement urbain : changement climatique et désertification, évolution démographique et influences visuelles de la technologie moderne. Le rapport mentionne l’élaboration de règles d’urbanisme précises et d’un manuel de conservation qui sont presque finalisés. A signaler aussi : des projets de développement (dont une route bitumée) initiés par le gouvernement du Mali et des partenaires, l’ajout d’un étage à l’Institut Ahmed Baba, des travaux de construction non contrôlés dans la Médina et des soucis de préservation d’ordre général. L’Etat partie fait remarquer que la situation à Tombouctou est similaire à celle de tous les sites urbains du patrimoine mondial, qui sont confrontés aux mêmes problèmes. A cet égard, il a bon espoir qu’un colloque international soit organisé en faveur du dialogue et de l’engagement des partenaires techniques, de la population locale, des représentants élus, des financiers potentiels, etc. Le rapport cite plusieurs organisations qui ont été ou sont toujours actives sur les questions de préservation, et que guident des actions de l’AKDN comme l’élaboration d’un Schéma directeur pour Tombouctou et la réhabilitation urbaine du quartier de Sankoré. Cependant, aucun détail supplémentaire n’est fourni.

De même, aucune précision n’est apportée sur l’élaboration d’un plan d’aménagement du territoire pour la Vieille Ville et sa zone tampon, ou sur un quelconque plan visant à répondre au besoin d’évacuation des ordures, ou sur le projet pilote proposé pour rénover les habitations de la Vieille Ville.

 

c) Mise en œuvre des mesures correctives requises par le Comité du patrimoine mondial

L’Etat partie n’a suivi que l’une des mesures correctives, à savoir l’élaboration d’un Schéma directeur pour la Vieille Ville de Tombouctou. Il n’a pas tenu compte des suivantes : relocaliser l’amphithéâtre à l’écart de la mosquée de Sankoré ; créer un comité interministériel de coordination pour Tombouctou, élaborer un plan d’aménagement du territoire pour le bien et les zones tampon, ainsi qu’un plan pour associer la population aux questions relevant du patrimoine ; étendre les limites du bien classé Patrimoine mondial afin de couvrir l’ensemble de la Vieille Ville et mettre en œuvre les actions à court et moyen termes envisagées dans le plan de gestion.

Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial, de l’ICOMOS et de l’ICCROM

Le Centre du patrimoine mondial et les Organisations consultatives attirent l’attention sur le fait que le rapport de l’Etat partie ne fournit des informations que sur quelques-unes des mesures correctives validées par le Comité lors de sa 32e session et qu’il ne suit qu’en partie celles validées par le Comité lors de sa 34e session. De plus, les renseignements apportés ne répondent pas convenablement aux menaces essentielles qui pèsent sur le bien. Dans l’ensemble, très peu de progrès ont été faits dans la conservation et la gestion du site, en particulier en ce qui concerne l’inutilisation continue du Centre culturel Ahmed Baba et les réparations à effectuer d’urgence sur la mosquée de Sidi Yahia.

Le Centre du patrimoine mondial et les Organisations consultatives accueillent favorablement le projet de l’AKDN et du gouvernement du Mali, qui comprendra un Schéma directeur pour Tombouctou et un projet de réhabilitation du quartier de Sankoré. Ils estiment toutefois que davantage de détails doivent être fournis au Centre du patrimoine mondial pour être étudiés par les Organisations consultatives. 

Décision adoptée: 35 COM 7B.40

Le Comité du patrimoine mondial,

1. Ayant examiné le document WHC-11/35.COM/7B,

2. Rappelant la décision 34 COM 7B.48, adoptée lors de sa 34e session (Brasilia, 2010),

3. Fait part de sa vive préoccupation devant les très faibles progrès accomplis dans la mise en œuvre des mesures correctives;

4. Regrette que le Centre culturel Ahmed Baba, construit près de la mosquée de Sankoré, reste inutilisé et se détériore, et encourage l'Etat partie à régler ce problème d'urgence;

5. Réitère sa demande que les mesures correctives suivantes soient prises d'urgence:

a) créer un comité interministériel pour Tombouctou,

b) relocaliser l'amphithéâtre à l'écart de la mosquée de Sankoré,

c) finaliser et adopter des réglementations en matière d'urbanisme et élaborer un plan d'aménagement du territoire pour la Vieille Ville et sa zone tampon,

d) soumettre au Centre du patrimoine mondial et aux Organisations consultatives un plan pour associer la population aux questions liées au patrimoine,

e) élaborer des propositions pour étendre le périmètre du bien de façon à ce qu'il englobe la Vieille Ville,

f) mettre en œuvre les actions à court et moyen termes envisagées dans le plan de gestion;

6. Demande à l'Etat partie de soumettre d'ici le 31 octobre 2011 au Centre du patrimoine mondial des détails concernant le projet de réhabilitation urbaine du quartier de Sankoré et le schéma directeur qui doit être appliqué en coopération avec l'Aga Khan Trust for Culture (AKTC), ce afin qu'ils soient étudiés par les Organisations consultatives, avant que tout engagement concernant un plan détaillé ne soit pris, conformément au paragraphe 172 des Orientations;

7. Demande également à l'Etat partie de prendre des mesures prioritaires pour effectuer les travaux de réparation nécessaires sur la mosquée de Sidi Yahia et pour régler le problème de l'évacuation des déchets sur le site;

8. Encourage également l'Etat partie a regrouper les ressources nécessaires pour mener un projet pilote de réparation et de rénovation d'une douzaine d'habitations dans la Vieille Ville, avec des formations destinées aux artisans;

9. Demande en outre à l'Etat partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial, d'ici le 1er février 2013, un rapport actualisé sur l'état de conservation du bien et de la mise en œuvre des projets de décision formulés ci-dessus pour examen par le Comité du patrimoine mondial lors de sa 37e session en 2013.