1.         Parc national du Manovo-Gounda St Floris (République centrafricaine) (N 475)

Année d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial  1988

Critères  (ix)(x)

Année(s) d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril    1997-présent

Menaces pour lesquelles le bien a été inscrit sur la Liste du patrimoine mondial en péril

État de conservation souhaité en vue du retrait du bien de la Liste du patrimoine mondial en péril

Adopté, voir page https://whc.unesco.org/fr/decisions/1761

Mesures correctives identifiées

Adoptées, voir page https://whc.unesco.org/fr/decisions/1761

Calendrier pour la mise en œuvre des mesures correctives

Pas encore identifié

Décisions antérieures du Comité  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/475/documents/

Assistance internationale

Demandes approuvées : 0 (de 2001-2012)
Montant total approuvé : 225 488 dollars EU
Pour plus de détails, voir page http://whc.unesco.org/fr/list/475/assistance/

Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO

Néant

Missions de suivi antérieures

Mai 2001 et avril 2009: missions conjointes de suivi réactif UNESCO/UICN 

Facteurs affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

Matériel d’illustration  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/475/

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2018

s de conservation actuels

Le 31 janvier 2018, l’État partie a soumis un rapport sur l’état de conservation du bien, disponible à http://whc.unesco.org/fr/list/475/documents/, qui fournit les informations suivantes :

Par ailleurs, le Centre du patrimoine mondial a été informé, en avril dernier, du projet de réhabilitation de la route nationale 8 qui traverse le Parc de Manovo-Gounda Saint-Floris. Il a écrit à l’État partie, le 9 avril 2018, pour demander les Etudes d’impact environnemental et social (EIES) de ce projet. La Banque mondiale, l’un des bailleurs avec l’Agence Française de Développement (AFD), a transmis à l’UNESCO, le 19 avril, les documents relatifs au projet dont le « Plan d’action de sauvegarde environnementale et sociale » et les « Termes de référence des études d’impact environnemental et social ».

Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial et de l’UICN

Les résultats du recensement mettent à nouveau en évidence la situation critique de ce bien : la décimation de la grande faune continue sans relâche et a résulté à la disparition de l’éléphant du bien. La pression du braconnage, notamment par des groupes armés nationaux et étrangers, reste forte à laquelle s’ajoute la présence de grands groupes de transhumants et de leurs bétails en recherche de pâturage ainsi que l’exploitation minière artisanale. La dégradation progressive de la faune compromet depuis plusieurs années la VUE du bien.

La mobilisation de l’État partie, à travers les différents projets ECOFAUNE+ et PCBAC-SEAC, pour améliorer l’état de conservation du bien est accueillie favorablement. Les efforts de la RCA et ses partenaires se concentrent sur les menaces principales que sont la transhumance transfrontalière, l’exploitation minière artisanale et l’insécurité. Ces menaces restent préoccupantes compte tenu du contexte sécuritaire qui prévaut dans la région et qui peut limiter la portée des interventions dans le domaine de la conservation. La signature d’un Accord tripartite de lutte anti-braconnage transfrontalier signé entre la RCA, le Cameroun et le Tchad et la mise en place d’une stratégie de gestion des menaces sont des avancées louables. Il est donc recommandé que le Comité note avec préoccupation les menaces graves pesant sur la VUE du bien et qu’il félicite les trois États parties de la RCA, du Cameroun et du Tchad pour la mise en place d’une stratégie de lutte anti-braconnage transfontralier. Il est également recommandé que le Comité demande à l’État partie, en concertation avec les États voisins, de prendre toutes les mesures nécessaires pour lutter contre la transhumance et le braconnage transfrontalier et de sécuriser les moyens techniques et financiers pour y parvenir.

Les négociations pour la mise en place d’un partenariat entre la RCA et WCS pour la gestion du bien sont également accueillies favorablement. Il est recommandé que le Comité encourage l’État partie à poursuivre sa collaboration avec WCS à travers la mise en œuvre des activités de gestion et de surveillance afin d’entamer le processus de restauration écologique du bien et qu’il lance un appel aux bailleurs de fonds afin d’appuyer cette initiative pour éviter la perte probable et imminente de la VUE du bien.

Le projet de la réhabilitation de la route nationale 8 qui traverse le Parc soulève également des inquiétudes, étant donné que cette route risque de faciliter un accès au bien et de renforcer l’exploitation illicite de ses ressources naturelles. Les documents reçus par rapport à l’EIES ont été transmis à l’UICN pour évaluation. Il est noté avec forte inquiétude que ni le Plan d’action de sauvegarde environnementale et sociale, ni les Termes de référence de l’EIES ne font aucune référence au Parc national de Manovo-Gounda St Floris et de son statut de bien du patrimoine mondial. L’évaluation des impacts du projet sur la VUE du bien, déjà fortement dégradée, doit impérativement faire partie de l’EIES. En mai 2018, l’État partie a invité une mission conjointe Centre du patrimoine mondial/UICN demandée par le Comité dans sa décision 38 COM 7A.34. Pour des raisons de sécurité, la mission n’a pas pu avoir lieu et a été reportée à l’automne 2018 si les conditions sécuritaires s’améliorent. Il est recommandé que la mission conjointe évalue l’état de conservation du bien et détermine s’il reste des perspectives de régénération des caractéristiques du bien qui justifient sa VUE. Enfin, il est recommandé que le Comité maintienne le bien sur la Liste du patrimoine mondial en péril et continue d’appliquer le mécanisme de suivi renforcé.

Décision adoptée: 42 COM 7A.45

Le Comité du patrimoine mondial,

  1. Ayant examiné le document WHC/18/42.COM/7A.Add,
  2. Rappelant la décision 41 COM 7A.4, adoptée à sa 41session (Cracovie, 2017),
  3. Note avec la plus grande inquiétude les résultats du recensement qui montrent que la décimation de la grande faune continue sans relâche et qu’elle a déjà résulté à la disparition de l’éléphant et que la dégradation progressive de la faune compromet depuis plusieurs années la valeur universelle exceptionnelle (VUE) du bien;
  4. Exprime son inquiétude quant à la persistance des menaces que sont le braconnage par des groupes armés, la transhumance transfrontalière, l’exploitation minière artisanale et l’insécurité et félicite les États parties de la République Centrafricaine, du Cameroun et du Tchad pour la signature d’un Accord tripartite de lutte antibraconnage transfrontalier et pour le développement d’une stratégie régionale de lutte contre la transhumance et le braconnage et demande à ces États de se doter des moyens techniques et financiers pour mettre en œuvre urgemment cette stratégie ;
  5. Accueille favorablement les efforts continus de l’État partie, avec l’appui des projets ECOFAUNE+ (Ecosystème faunique du nord-est de la RCA) et PCBAC-SEAC (Programme de conservation de la biodiversité d’Afrique centrale – Sauvegarde des éléphants d’Afrique centrale) et des partenaires techniques, dont Wildlife Conservation Society, pour améliorer la gestion et la protection du bien et de ces alentours et lance un appel aux bailleurs de fonds pour appuyer le processus de restauration écologique du bien, afin d’éviter la perte probable et imminente de sa VUE ;
  6. Regrette que l’État partie n’ait pas informé en amont le Centre du patrimoine mondial du projet de réhabilitation de la route nationale 8, rappelle que l’Étude d’impact environnemental et social (EIES) du projet doit prendre en compte la « Note consultative de l’UICN sur le patrimoine mondial : évaluation environnementale » pour évaluer les éventuels impacts sur la VUE du bien et rappelle également l’importance d’éviter d’accepter tout nouveau projet qui pourrait aggraver les menaces existantes et qui pourraient compromettre les progrès accomplis dans la gestion du bien ;
  7. Prend note de l’invitation par l’État partie d’une mission conjointe de suivi réactif Centre du patrimoine mondial/UICN, pour l’automne 2018 si la situation sécuritaire le permet, afin d’évaluer l’état de conservation du bien et de déterminer s’il reste des perspectives de régénération des caractéristiques du bien qui justifient sa VUE ;
  8. Demande également à l’État partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial, d’ici le 1er février 2019, un rapport actualisé sur l’état de conservation du bien et sur la mise en œuvre des points ci-dessus mentionnés, pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 43e session en 2019 ;
  9. Décide de continuer d’appliquer le mécanisme de suivi renforcé à ce bien ;
  10. Décide également de maintenir le Parc national du Manovo-Gounda St Floris (République centrafricaine) sur la Liste du patrimoine mondial en péril.

Décision adoptée: 42 COM 8C.2

Le Comité du patrimoine mondial,

  1. Ayant examiné les rapports sur l’état de conservation des biens inscrits sur la Liste du patrimoine mondial en péril (WHC/18/42.COM/7A, WHC/18/42.COM/7A.Add et WHC/18/42.COM/7A.Add.2),
  2. Décide de maintenir les biens suivants sur la Liste du patrimoine mondial en péril :