1.         Parc national du Simien (Éthiopie) (N 9)

Année d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial  1978

Critères  (vii)(x)

Année(s) d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril    1996-2017

Décisions antérieures du Comité  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/9/documents/

Assistance internationale

Demandes approuvées : 0 (de 1978-2013)
Montant total approuvé : 323 171 dollars EU
Pour plus de détails, voir page http://whc.unesco.org/fr/list/9/assistance/

Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO

Montant total accordé : 100 000 dollars EU (2012-2015) pour soutenir le programme de conservation communautaire avec le cofinancement du Fonds pour l'environnement mondial (FEM) et le développement de la stratégie de réduction de la pression du pacage (Fonds-en-dépôt espagnols et Fonds-en-dépôt néerlandais)

Missions de suivi antérieures

2001, 2006 et 2009 : missions de suivi réactif conjointes Centre du patrimoine mondial / UICN; 2017: Mission de suivi réactif UICN

Facteurs affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

Matériel d’illustration  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/9/

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2018

L’État partie a soumis un rapport sur l’état de conservation le 26 janvier 2018, disponible à http://whc.unesco.org/fr/list/9/documents, avec les informations suivantes :

L’État partie a soumis trois documents à l’appui de sa demande le 5 mars 2018 : le règlement n0 337/2014 traçant les nouvelles limites du Parc national des montagnes du Simien, un projet de proposition de 2013 concernant une modification des limites et une carte affichant les limites actuelles du parc national et une zone tampon périphérique.

Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial et de l’UICN

La célébration organisée à un haut niveau pour marquer le retrait du bien de la Liste du patrimoine mondial en péril et l’anniversaire du parc national constituent de la part des autorités éthiopiennes une impressionnante réaffirmation du statut iconique des montagnes du Simien et du Walia ibex en Éthiopie. L’intérêt renouvelé du donateur est tout aussi encourageant et peut apporter une contribution décisive pour aborder les défis bien connus auxquels le Simien continue de faire face. C’est pourquoi il est préconisé de partager les documents relatifs au projet et les plans opérationnels avec le Centre du patrimoine mondial. Tout en saluant les progrès accomplis, il s’agit de poursuivre les efforts visant à assurer une gestion et une conservation effectives de la valeur universelle exceptionnelle (VUE) du bien, guidés par les demandes du Comité et les recommandations de la mission de suivi réactif de 2017.

Conscient des difficultés que pose le déplacement de la communauté de Gich, il faut poursuivre les efforts consentis avec le financement de la KfW pour remplir tous les engagements, y compris la mise en œuvre de la stratégie et du programme de restauration des moyens de subsistance, en veillant à appliquer les normes les plus strictes, notamment à l’égard des ménages et des individus vulnérables.

La révision du PGG offre la première occasion de déterminer les priorités à l’échelle du parc national considérablement élargi et d’établir une zone tampon dans les aires adjacentes. Les principaux objectifs de gestion devraient continuer à privilégier la réduction effective du surpâturage, tout en préconisant des moyens de subsistance alternatifs et une participation locale massive à la gestion et à la gouvernance, parallèlement à la gestion du tourisme. La reprise de la végétation observée qui résulte de la mise en œuvre de l’actuelle stratégie de réduction de la pression du pacage est jugée satisfaisante au même titre que l’engagement visant à développer cette stratégie. La stratégie de pacage actualisée devrait être incorporée dans le prochain PGG. Il est nécessaire de convenir dès que possible de protocoles de suivi clairs des populations de Walia ibex, loups d’Éthiopie et geladas, mais aussi de les intégrer dans le PGG dans le cadre d’un programme de suivi systématique à long terme.

L’engagement de l’État partie à entamer une importante modification des limites pour aligner les limites du bien et du parc national est très salutaire, et le Centre du patrimoine mondial et l’UICN sont prêts à donner des conseils pour remplir le dossier de projet d’inscription à soumettre pour adoption par le Comité. L’État partie devrait profiter de cette démarche pour officialiser en même temps la zone tampon et harmoniser les noms actuellement différents du parc national et du bien.

Tout en notant les progrès accomplis dans l’aménagement de la route alternative attendue visant à réduire les nuisances causées par la route principale existante qui traverse le parc, il est recommandé au Comité de prier instamment l’État partie d’achever les travaux et de soumettre l’EIE pour le tronçon de la nouvelle route traversant le parc national. Il est appréciable que l’État partie s’engage à réaligner la ligne de transport d’électricité qui affecte aujourd’hui la beauté naturelle du bien et ses conditions d’intégrité, suite à l’aménagement de la nouvelle route. Comme recommandé par la mission de 2017, la gestion de l’ensemble des infrastructures énergétiques et des routes devrait être spécifiée dans le prochain PGG. Rappelant la décision 41 COM 7A.13 et le fait qu’aucun nouveau lodge n’est prévu dans le PGG en vigueur et qu’il est interdit d’en installer dans les parcs nationaux en vertu du règlement n0 163/2008, il est recommandé que le Comité demande à l’État partie de veiller à ce que tous les nouveaux lodges soient implantés hors des limites du parc national et que les EIE de ces projets d’aménagement soient soumis à l’examen du Centre du patrimoine mondial.

Décision adoptée: 42 COM 7B.91

Le Comité du patrimoine mondial,

  1. Ayant examiné le document WHC/18/42.COM/7B,
  2. Rappelant les décisions 40 COM 7A.43 et 41 COM 7A.13, adoptées à ses 40(Istanbul/UNESCO, 2016) et 41e (Cracovie, 2017) sessions respectivement,
  3. Sait gré à l’État partie d’organiser un grand événement qui marque le retrait du bien de la Liste du patrimoine mondial en péril et le 50e anniversaire du Parc national des montagnes du Simien, montrant ainsi la fermeté de son engagement politique en faveur de la conservation du bien, et demande à l’État partie de poursuivre ses efforts afin d’assurer une gestion et une conservation effectives de la valeur universelle exceptionnelle (VUE) du bien ;
  4. Apprécie l’intérêt renouvelé des donateurs et des partenaires non gouvernementaux en faveur du bien et de ses abords, et encourage l’État partie à partager avec le Centre du patrimoine mondial les documents et les plans opérationnel relatifs au projet ;
  5. Adhère au suivi accordé aux décisions antérieures du Comité et aux recommandations de la mission de 2017, et demande également à l’État partie d’appliquer les excellentes décisions et recommandations, en particulier de :
    1. Finaliser le nouveau plan général de gestion (PGG) concernant le parc national élargi et sa zone tampon, et le soumettre pour examen au Centre du patrimoine mondial,
    2. Accorder la priorité en matière de gestion à des solutions réalistes, finançables et socialement acceptables face au surpâturage, à la promotion de moyens de subsistance alternatifs et à une meilleure gestion du tourisme, et intégrer les objectifs et les plans qui y sont associés dans le cadre du PGG,
    3. Convenir dès que possible de protocoles de suivi clairs, systématiques et à long terme pour les populations de Walia ibex, loups d’Éthiopie et geladas et les intégrer dans le PGG,
    4. Renforcer la participation des communautés locales à la gestion et à la gouvernance du bien ;
  6. Se félicite également du soutien accordé aujourd’hui aux moyens de subsistance et au bien-être de la communauté de Gich déplacée avec le financement du Gouvernement allemand et demande en outre à l’État partie de poursuivre ces efforts en application des normes les plus strictes, notamment en faveur des ménages et des individus vulnérables ;
  7. Réitère sa demande de longue date à l’État partie de finaliser et soumettre une proposition de modification importante des limites pour l’ensemble du Parc national des montagnes du Simien et sa zone tampon, telle qu’actuellement définie au plan juridique, et demande par ailleurs à l’État partie d’officialiser simultanément la zone tampon et d’harmoniser les différences qui subsistent dans les noms du parc national et du bien, et encourage également l’État partie à demander des conseils techniques auprès du Centre du patrimoine mondial et de l’UICN, le cas échéant ;
  8. Notant que la route alternative visant à réduire les nuisances de la route principale existante au sein d’importants habitats afro-alpins est presque aménagée, prie instamment l’État partie d’achever ce projet qui dure depuis longtemps et de soumettre l’évaluation d’impact environnemental (EIE) pour le tronçon de la nouvelle route qui traverse le parc national, au Centre du patrimoine mondial pour examen par l’UICN, conformément à la décision 41 COM 7A.13 ;
  9. Apprécie l’engagement de l’État partie de réaligner la ligne électrique qui affecte aujourd’hui la beauté naturelle exceptionnelle et les conditions d’intégrité du bien, à la fin de la construction de la route alternative ;
  10. Notant également qu’il est prévu d’installer quatre nouveaux lodges aux abords du Parc national des montagnes du Simien, demande de plus à l’État partie de veiller à ce que tous les nouveaux lodges mis en place se trouvent hors des limites du parc national, et de soumettre les EIE relatives à tout nouvel aménagement de lodge au Centre du patrimoine mondial pour examen, conformément à la décision 41 COM 7A.13, dès qu’elles seront disponibles ;
  11. Demande enfin à l’État partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial, d’ici le 1er décembre 2019, un rapport actualisé sur l’état de conservation du bien et sur la mise en œuvre des points ci-dessus mentionnés, pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 44e session en 2020.