1.         Réserve de biosphère du papillon monarque (Mexique) (N 1290)

Année d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial  2008

Critères  (vii)

Année(s) d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril  Néant

Décisions antérieures du Comité  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/1290/documents/

Assistance internationale

Demandes approuvées : 0
Montant total approuvé : 0 dollars EU
Pour plus de détails, voir page http://whc.unesco.org/fr/list/1290/assistance/

Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO

Néant

Missions de suivi antérieures

Janvier 2011: mission conjointe de suivi réactif Centre du patrimoine mondial / IUCN

Facteurs affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

a) Exploitation forestière illégale

b) Augmentation de la population humaine

c) Pression touristique associée avec l’augmentation du nombre de visiteurs et la concentration élevée dans des zones spécifiques

d) Progrès d'agriculture

e) Feux de forêt

Matériel d’illustration  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/1290/

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2011

Le 1er janvier 2011, un rapport sur l'état de conservation du bien a été remis par l'État partie. Ce rapport fournit des informations détaillées sur les ressources financières accordées aux actions de lutte contre l'exploitation forestière illégale, sur l'état actuel de cette exploitation sur le territoire du bien ainsi que sur d'autres problèmes de conservation et sur de récents aménagements touristiques. De 10 au 14 janvier 2011, une mission conjointe de suivi réactif Centre du patrimoine mondial/UICN a visité le bien. Le rapport de mission est disponible en ligne à l'adresse suivante: http://whc.unesco.org/fr/sessions/35COM.

a) Exploitation forestière illégale

L'État partie signale que de janvier à juillet 2010, les conséquences de l'exploitation forestière illégale sur le territoire du bien ont diminué d'environ 90% par rapport aux années précédentes en raison des actions menées pour contrer cette exploitation par la Commission nationale mexicaine pour la protection des zones protégées (CONANP) en coopération avec les Gouvernements nationaux, les ONG et les communautés locales. L'État partie précise que durant la période 2009-2010, le bien n'a perdu qu'une surface de 1,56 hectare de forêt à cause de l'exploitation forestière illégale alors que dans le même, le bien perdait 117,09 hectares en raison de phénomènes météorologiques extrêmes. La mission conjointe de suivi réactif Centre du patrimoine mondial/UICN fait observer que si toute exploitation forestière est interdite dans la zone centrale du bien, l'exploitation forestière durable est autorisée dans la zone tampon, ce qui signifie que le contrôle des exploitations de bois légale et illégale sera toujours problématique puisqu'empêcher le bois illégalement abattu d'entrer dans le système forestier légal nécessite un système de traçabilité très rigoureux. Le Centre du patrimoine mondial et l'UICN prennent note des recommandations de la mission sur le maintien des très grands et très profitables efforts déjà accomplis pour contrôler l'exploitation forestière illégale, les incendies de forêt et d'autres types de conversion des habitats.

b) Pression exercée par le tourisme

L'État partie signale que, dans le cadre de la Stratégie de développement touristique durable des zones protégées mexicaines, un programme d'utilisation publique et un programme de développement touristique durable sont mis en place sur le territoire du bien. L'État partie précise que ces programmes visent à atténuer les impacts négatifs du tourisme sur l'environnement biophysique, social, culturel et administratif du bien ainsi qu'à promouvoir la conservation des ressources naturelles en fournissant des moyens de subsistance alternatifs aux communautés locales. L'État partie explique qu'un certain nombre d'infrastructures touristiques ont été installées entre 2008 et 2010 et qu'une série de mesures d'atténuation sont prises afin d'en limiter les impacts potentiellement négatifs sur le bien. Le Centre du patrimoine mondial et l'UICN accueillent avec satisfaction les efforts de l'État partie afin de promouvoir des moyens de subsistance alternatifs pour les communautés locales et prennent note de la recommandation de la mission visant à développer des activités touristiques qui ne seraient pas liées aux papillons et à s'efforcer d'améliorer l'expérience vécue par les visiteurs en renforçant le fléchage des sentiers de randonnée, leur entretien et la signalisation des panoramas d'hibernation afin de mieux faire comprendre le statut de patrimoine mondial du lieu et la valeur universelle exceptionnelle du phénomène de migration des papillons monarques. Le Centre du patrimoine mondial et l'UICN signalent également que toute discussion à propos d'un projet de développement touristique devrait avant toute chose tenir compte des exigences liées aux papillons, ayant à l'esprit qu'un grand nombre de visiteurs et un système de visites faiblement réglementé pourraient potentiellement constituer une menace pour la population de papillons en provoquant la dégradation de leur environnement d'hibernation. Le Centre du patrimoine mondial et l'UICN observent enfin que la mission recommande également que l'État partie élabore et mette en place un mécanisme précis et lisible de partage des bénéfices, afin de garantir que tous les revenus issus du tourisme sont distribués de façon plus équitable et de préciser la façon de compenser les efforts de conservation du bien accomplis par toutes les communautés locales présentes sur son territoire et sa zone tampon.

Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial et de l’UICN

Le Centre du patrimoine mondial et l'UICN accueillent avec satisfaction les progrès mentionnés dans les rapports dans le domaine du contrôle de l'exploitation forestière illégale, principale menace directe pour la valeur universelle exceptionnelle du bien. Favoriser des moyens de subsistance alternatifs ainsi que le renforcement et la diversification des activités touristiques sont également des actions essentielles pour traiter les causes principales de la déforestation et de la menace qu'elle représente. À ce sujet, la création d'un mécanisme lisible et transparent de partage des bénéfices serait souhaitable. Il s'agit là d'un bon moyen de préciser la façon dont toutes les communautés présentes sur le territoire du bien et de ses zones tampons voient leurs efforts de conservation du bien compensés, et de garantir que la distribution des revenus issus du tourisme est équitable. Enfin, des efforts destinés à améliorer l'expérience vécue par les visiteurs en adaptant le fléchage des sentiers de randonnée, leur entretien et la signalisation des panoramas d'hibernation afin de mieux faire comprendre le statut de patrimoine mondial du lieu et la valeur universelle exceptionnelle du phénomène de migration des papillons monarques, permettraient de rendre encore plus prégnant l'engagement des visiteurs.

Décision adoptée: 35 COM 7B.32

Le Comité du patrimoine mondial,

1. Ayant examiné le document WHC-11/35.COM/7B,

2. Rappelant la décision 34 COM 7B.35, adoptée à sa 34e session (Brasilia, 2010),

3. Félicite l'État partie pour les progrès accomplis dans la réduction de l'exploitation forestière illégale, et encourage l'État partie à poursuivre ses actions de contrôle de l'exploitation forestière illégale, des incendies et d'autres genres de conversion des habitats;

4. Accueille avec satisfaction les efforts de l'État partie pour promouvoir des moyens de subsistance alternatifs aux communautés locales et demande à l'État partie de mettre en œuvre les recommandations de la mission de suivi réactif de 2011, notamment:

a) Créer et mettre en place un mécanisme lisible et transparent de partage des bénéfices afin de clarifier la façon dont les communautés vivant sur le territoire du bien et de ses zones tampons voient leurs efforts de conservation compensés et de garantir que tous les revenus du tourisme sont distribués de façon plus équitable,

b) Améliorer l'expérience des visiteurs en installant un fléchage adapté le long des sentiers de randonnée, en entretenant les sentiers et en mettant en place une signalisation sur les lieux panoramiques d'hibernation afin d'expliquer le statut de patrimoine mondial du site et la valeur universelle exceptionnelle du phénomène de migration des papillons,

c) Elaborer et mettre en place des alternatives de développement touristique qui ne soient pas liées aux papillons.

5. Prend note que toute discussion sur le développement touristique du bien devra prendre en compte de façon prioritaire la conservation des papillons, ayant à l'esprit qu'un grand nombre de visiteurs et un système de visites faiblement réglementé pourraient potentiellement constituer une menace pour la population de papillons en provoquant la dégradation de leur environnement d'hibernation;

6. Demande également à l'État partie de remettre au Centre du patrimoine mondial, d'ici le 1er février 2015, un rapport sur l'état de conservation du bien, faisant notamment état des progrès accomplis dans la mise en place d'un mécanisme de partage des profits, dans l'amélioration de l'expérience des visiteurs et dans le développement d'activités touristiques qui ne soient pas liées aux papillons.