1.         Parc national Plitvice (Croatie) (N 98bis)

Année d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial  1979

Critères  (vii)(viii)(ix)

Année(s) d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril    1992-1997

Décisions antérieures du Comité  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/98/documents/

Assistance internationale

Demandes approuvées : 0 (de 1992-1998)
Montant total approuvé : 46 000 dollars EU
Pour plus de détails, voir page http://whc.unesco.org/fr/list/98/assistance/

Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO

Néant

Missions de suivi antérieures

février 1992: mission d'expert de l'UICN ; septembre 1992: mission conjointe UNESCO/UICN; septembre 1993: mission conjointe Centre du patrimoine mondial/UICN; mai 1996: mission du Centre du patrimoine mondial ; janvier 2017 : mission de suivi réactif conjointe Centre du patrimoine mondial/UICN

Facteurs affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

Matériel d’illustration  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/98/

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2018

Le 31 janvier 2018, l'État partie a soumis un rapport sur l’état de conservation du bien, dont un résumé est disponible à http://whc.unesco.org/fr/list/98/documents/. Suite à une demande du Centre du patrimoine mondial du 5 février 2018, l’État partie a donné de plus amples informations le 7 mars 2018. L’État partie a fourni un projet de plan de gestion le 15 mars 2018, intégrant un plan de gestion des visiteurs, qui a été commenté par le Centre du patrimoine mondial le 19 April 2018. Une décision de l’État partie sur des amendements du plan d’aménagement du territoire du bien a été soumise le 18 avril 2018.

D’une manière générale, l’État partie rend compte de ce qui suit :

Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial et de l’UICN

Le Comité a considéré dans sa décision 41 COM 7B.3 que l’expansion considérable et non durable d’aménagements touristiques dans le périmètre du bien, associée à des impacts visuels et des pressions sur l’hydrogéologie très sensible de ce bien, représentait un danger potentiel pour sa VUE. Il notait également qu’en l’absence de progrès substantiels dans la lutte contre ces menaces, l’inscription éventuelle du bien sur la Liste du patrimoine mondial en péril serait examinée au cours de la présente session.

L’État partie a fait des progrès louables pour répondre aux préoccupations du Comité, aboutissant à une réglementation renforcée, au contrôle de la conformité avec des permis de construire et d’utilisation de l’eau et à une importante réduction du nombre d’autorisations de construction délivrées. Il est également noté avec satisfaction que l’IPPNP a amélioré son suivi des écosystèmes aquatiques et continue d’exercer son droit d’acquérir de manière préventive des terrains dans le périmètre du bien. L’implication de l’IPPNP dans la délivrance de permis de construire à l’intérieur du bien, grâce aux amendements récemment introduits dans la loi sur la protection de la nature, doit également être accueillie favorablement. Le nombre élevé de violations de la législation en vigueur et en matière de permis enregistré au cours d’inspections récentes montre qu’il est impératif de poursuivre ces efforts. Il est recommandé que le Comité se félicite de la décision de l’État partie d’élaborer des amendements du plan d’aménagement du territoire, cette décision prévoyant également une EES pour examiner les impacts sur la VUE, y compris les conditions d’intégrité du bien et les impacts cumulatifs, conformément aux décisions 40 COM 7B.95 et 41 COM 7B.3. Il est également recommandé que la préparation du nouveau plan de gestion du bien, intégrant le plan de gestion des visiteurs, soit pleinement harmonisée avec les procédures prévues pour l’EES et pour les amendements du plan d’aménagement du territoire, afin de garantir que le cadre général de la gestion est totalement cohérent avec la protection de la VUE. Alors que l’engagement de l’État partie de partager avec le Centre du patrimoine mondial les évaluations de l’impact environnemental (EIE) de tous les projets planifiés est apprécié, il est recommandé que les impacts cumulatifs de tous les plans connus soient néanmoins évalués dans le cadre de l’EES.

Il est également apprécié que l’État partie prévoit de moderniser l’infrastructure hydraulique afin d’améliorer le traitement des eaux usées et la gestion de l’approvisionnement en eau et d’assurer la conformité avec la directive sur les eaux urbaines résiduaires (DEUR) 2023 de l’UE. Tout en notant que l’installation d’une usine mobile de traitement des eaux usées et la remise en état d’une canalisation d’alimentation en eau ont été entamées en tant que mesures d’urgence en 2018, il est préoccupant que – dans le contexte des violations en matière de permis d’utilisation de l’eau et de la croissance exponentielle du nombre de touristes – seulement 20.68% de la charge de pollution soient actuellement traités conformément à la DEUR.

La fréquentation croissante va probablement aggraver les pressions sur le système hydrogéologique très sensible du bien. Le projet de plan de gestion des visiteurs prévoit des dispositions pour modifier la répartition des visiteurs et limiter leur nombre aux heures de pointe, mais il est axé sur la capacité d’accueil de l’infrastructure du parc et sur la manière dont elle pourrait être étendue plutôt que sur la capacité de charge de l’écosystème et des attributs qui manifestent sa VUE. Il est en conséquence recommandé que le plan de gestion des visiteurs soit encore précisé afin de mettre l’accent sur la préservation de la VUE du bien en tant que premier objectif et de déterminer une capacité de charge sur la base de critères scientifiques rigoureux.

Alors que des progrès substantiels ont été accomplis, il est considéré que, avant que les actions clés en suspens ne soient terminées, parmi lesquelles la modernisation de l’infrastructure hydraulique, l’achèvement de l’EES, des amendements du plan d’aménagement du territoire et la finalisation du plan de gestion et du plan de gestion des visiteurs, la croissance exponentielle et continue de la fréquentation du bien représente un danger potentiel pour sa VUE, conformément au paragraphe 180 des orientations.

Décision adoptée: 42 COM 7B.74

Le Comité du patrimoine mondial,

  1. Ayant examiné le document WHC/18/42.COM/7B,
  2. Rappelant la décision 41 COM 7B.3, adoptée à sa 41e session (Cracovie, 2017),
  3. Félicite l’État partie pour les progrès accomplis pour répondre aux décisions du Comité et aux recommandations de la mission de 2017, et prie instamment l’État partie de poursuivre ses efforts pour mettre pleinement en œuvre toutes les recommandations de la mission ;
  4. Accueille favorablement la décision de l’État partie de modifier le plan d’aménagement du parc national Plitvice qui doit inclure la préparation d’une évaluation environnementale stratégique (EES), conformément à la Note consultative de l’UICN concernant l’évaluation environnementale et aux décisions 40 COM 7B.95 et 41 COM 7B.3, et demande à l’État partie de fournir les résultats de l’EES au Centre du patrimoine mondial, lorsqu’ils seront disponibles ;
  5. Prend note des orientations complémentaires sur la mise en œuvre du plan d’aménagement du territoire actuel, élaboré et fourni aux autorités régionales concernées responsables de la délivrance de permis de construction, et des amendements de la loi sur la protection de la nature, qui assurent la participation de l’Institution publique du parc national Plitvice (IPPNP) aux processus décisionnels concernant la remise de permis, et demande également à l’État partie de poursuivre ses efforts afin de réglementer et surveiller strictement la délivrance de nouveaux permis ainsi que la conformité de constructions existantes avec la réglementation pertinente ;
  6. Accueille également favorablement la préparation d’un nouveau plan de gestion pour le bien, intégrant un plan de gestion des visiteurs, et demande en outre à l’État partie de veiller à ce que ce processus soit pleinement harmonisé avec les procédures prévues pour l’EES et pour la modification du plan d’aménagement du territoire, afin d’assurer que le cadre de gestion général soit totalement cohérent avec la protection de la valeur universelle exceptionnelle (VUE) du bien ;
  7. Tout en notant les informations fournies par l’État partie concernant les plans existants pour améliorer la gestion des eaux usées et de l’approvisionnement en eau à l’intérieur du bien, considère que le système inapproprié d’approvisionnement en eau et de drainage, les risques de pollution de l’eau, et la croissance exponentielle persistante de la fréquentation du bien continuent de représenter un danger potentiel pour la VUE, conformément au paragraphe 180 des Orientations et, en conséquence, prie aussi instamment l’État partie d’aborder toutes les questions en suspens relatives à la gestion de l’eau et des visiteurs à titre de priorité ;
  8. Demande enfin à l’État partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial, d’ici le 1er février 2019, un rapport d’avancement et, d’ici le 1er décembre 2019, un rapport actualisé sur l’état de conservation du bien et sur la mise en œuvre des points ci-dessus mentionnés, pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 44e session en 2020.