1.         Isthme de Courlande (Fédération de Russie,Lituanie) (C 994)

Année d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial  2000

Critères  (v)

Année(s) d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril  Néant

Décisions antérieures du Comité  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/994/documents/

Assistance internationale

Demandes approuvées : 0 (de 1998-2002)
Montant total approuvé : 85 000 dollars EU
Pour plus de détails, voir page http://whc.unesco.org/fr/list/994/assistance/

Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO

Néant

Missions de suivi antérieures

Août 2001 : mission de suivi ICOMOS ; novembre 2003 : mission du Centre du patrimoine mondial ; juillet 2009 : mission de conseil technique ICOMOS/UICN (invitée par la Lituanie) ; décembre 2010 : mission conjointe de suivi réactif Centre du patrimoine mondial/ICOMOS/UICN ; janvier 2015 : mission de suivi réactif ICOMOS

Facteurs affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

Matériel d’illustration  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/994/

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2018

Le 20 novembre 2017, l'État partie de Lituanie a soumis un rapport sur l'état de conservation du bien, suivi le 1er décembre 2017 d'un rapport de la Fédération de Russie, tous deux disponibles à http://whc.unesco.org/fr/list/994/documents/. Ces rapports décrivent les progrès réalisés en réponse aux demandes du Comité :

Lituanie :

Fédération de Russie :

Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial, de l’ICOMOS et de l’ICCROM

Les rapports indiquent que les États parties ont poursuivi leurs efforts pour résoudre les problèmes actuels de conservation du bien.

L'État partie de Lituanie va achever l'EIE portant sur l'approfondissement du canal de navigation et la reconstruction du port de Klaipėda d'ici fin 2018 et a confirmé qu'il n'existait pas de proposition officielle pour la construction d'un pont suspendu allant de Klaipéda à l'isthme en traversant la lagune. L'État partie de Lituanie doit soumettre le plan général du port de Klaipéda au Centre du patrimoine mondial pour examen, avant son adoption formelle.

La mission de suivi réactif de janvier 2015 a conclu que le projet de construction d'un port en eau profonde pourrait avoir un impact sur les attributs de la valeur universelle exceptionnelle (VUE) du bien. Cependant, si l'agrandissement de la zone du chenal existant ne dépasse pas le périmètre portuaire actuel, le projet peut être cohérent avec la VUE du bien. Par conséquent, les impacts potentiels devraient être traités de manière approfondie par le biais d'EIE et d'études d'impact sur le patrimoine (EIP), conformément aux Orientations de l'ICOMOS relatives aux études d’impact sur le patrimoine pour les biens du patrimoine mondial culturel et à la Note consultative de l'UICN sur l'évaluation environnementale. Ils doivent être soumis au Centre du patrimoine mondial pour examen par les Organisations consultatives avant que toute décision ne soit prise.

L'État partie de Lituanie rend compte brièvement d'un projet de construction d'un centre de thalassothérapie dans les limites du bien, prévoit de commencer les travaux de conception d’un port de plaisance à Juodkrantė, ainsi qu'un projet de lignes à haute tension. Une EIP indépendante est nécessaire avant de finaliser la planification et de délivrer un permis de construire pour ces projets.

Compte tenu des différences entre leurs systèmes et institutions juridiques, les États parties de Lituanie et de la Fédération de Russie envisagent d'élaborer deux plans de gestion distincts et interdépendants (avec un contenu et des mesures similaires), dans lesquels la gestion de l'Isthme de Courlande, les mesures pour la préservation de la VUE du bien et les institutions responsables seront définies, et des moyens d'échange d'informations seront fournis. Bien qu'il soit entendu que les systèmes de gestion des deux pays sont différents, puisqu'il s'agit d'un bien transfrontalier avec des attributs communs, un accord sur une approche officielle pour une gestion globale est nécessaire. Il est recommandé aux États parties de se mettre d’accord sur un ensemble de stratégies communes pour orienter les deux plans de gestion distincts, de s’accorder pour lancer des EIP sur la VUE de l'ensemble du bien et non seulement de ses composantes nationales et de convenir de mettre en place un système de coopération interinstitutionnelle et internationale (transfrontalière), afin de superviser la mise en œuvre coordonnée des stratégies communes. Un certain nombre de questions soulevées par les conclusions du rapport de la mission de suivi réactif de 2015 n'ont pas encore été abordées. Il s'agit par exemple de l'élaboration d'une stratégie de renforcement des capacités pour les administrations des parcs nationaux et le personnel des municipalités, d'une politique de construction des rives et des avant-dunes, d’une amélioration des processus de résolution des conflits entre les parcs nationaux et les municipalités, de l'identification et de la réglementation des zones tampons appropriées et de l'élaboration d'une stratégie d'éducation et d'information. Ces questions devraient être dûment traitées dans le cadre du plan de gestion intégrée transfrontalière.

Décision adoptée: 42 COM 7B.25

Le Comité du patrimoine mondial,

  1. Ayant examiné le document WHC/18/42.COM/7B,
  2. Rappelant la décision 40 COM 7B.53, adoptée à sa 40e session (Istanbul/UNESCO, 2016),
  3. Se félicite des efforts déployés par les deux États parties pour résoudre les problèmes actuels de conservation du bien ;
  4. Prenant note de l'engagement de l'État partie de Lituanie concernant l'achèvement de l'étude d'impact environnemental (EIE) pour l'approfondissement du canal de navigation et la reconstruction du port de Klaipéda d'ici fin 2018 ;
  5. Rappelant à l'État partie de Lituanie que la mission de suivi réactif de janvier 2015 a conclu que la proposition de construction d'un port en eau profonde pourrait avoir un impact sur les attributs de la valeur universelle exceptionnelle (VUE) du bien, considère que si l'agrandissement de la zone du chenal existant ne dépasse pas le périmètre portuaire actuel, le projet pourrait être cohérent avec la VUE du bien ; et demande à l'État partie d’étudier tous les impacts potentiels par le biais d'EIE et d'évaluations d'impact sur le patrimoine (EIP), conformément aux Orientations de l'ICOMOS relatives aux études d’impact sur le patrimoine pour les biens du patrimoine mondial culturel et à la Note consultative de l'UICN sur l'évaluation environnementale, avec une section spécifique consacrée à l'impact potentiel du projet sur la VUE du bien, qui devrait être soumise au Centre du patrimoine mondial pour examen par les Organisations consultatives avant toute prise de décision ;
  6. Demande également à l'État partie de Lituanie de soumettre le plan général du territoire portuaire de Klaipėda au Centre du patrimoine mondial avant son adoption et avant toute décision irréversible liée à sa mise en œuvre, conformément au paragraphe 172 des Orientations ;
  7. Demande en outre que des EIP soient réalisées pour la construction d’un centre de thalassothérapie, les travaux de conception d’un port de plaisance à Juodkrantė, ainsi qu'un projet de lignes à haute tension, avant toute prise de décision, afin de définir clairement les impacts potentiels sur les attributs de la VUE ;
  8. Demande par ailleurs aux deux États parties de donner suite à toute recommandation de la mission de suivi réactif de 2015 qui ne serait pas encore appliquée, comme l'élaboration d'une stratégie de développement des capacités, une politique de construction des rives et des avant-dunes, l'amélioration des processus de résolution des conflits, la recherche de zones tampons appropriées et l'élaboration d'une stratégie d'éducation et d'information ;
  9. Note avec satisfaction qu'il n'existe actuellement aucune proposition pour la construction d'un pont suspendu allant de Klaipéda à l'isthme en traversant la lagune ;
  10. Tout en notant que les deux États parties souhaitent préparer deux plans de gestion distincts pour refléter les différents systèmes de gestion, néanmoins prie instamment les États parties de réaliser des EIP sur la VUE de l'ensemble du bien, et non seulement de ses composantes nationales, et de mettre en place un système de coopération interinstitutionnelle et internationale (transfrontalière), afin de superviser la mise en œuvre coordonnée des stratégies communes ;
  11. Demande enfin aux États parties de soumettre au Centre du patrimoine mondial, d’ici le 1er décembre 2020, un rapport actualisé sur l’état de conservation du bien et sur la mise en œuvre des points ci-dessus mentionnés, pour examen par le Centre du patrimoine mondial et les Organisations Consultatives.