1.         Complexe forestier de Dong Phayayen-Khao Yai (Thaïlande) (N 590rev)

Année d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial  2005

Critères  (x)

Année(s) d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril  Néant

Décisions antérieures du Comité  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/590/documents/

Assistance internationale

Demandes approuvées : 0
Montant total approuvé : 0 dollars EU
Pour plus de détails, voir page http://whc.unesco.org/fr/list/590/assistance/

Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO

Néant

Missions de suivi antérieures

Néant

Facteurs affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

a) Expansions routières ;

b) Fragmentation de la forêt et nécessité de corridors écologiques ;

c) Empiétement agricole

Matériel d’illustration  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/590/

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2011

Le 1er février 2011, un rapport succinct sur l'état de conservation du bien a été remis par l'État partie. Le rapport offre une brève vue d'ensemble des problèmes actuels de conservation, dont l'extension de l'autoroute 304, la gestion touristique et la participation de l'État partie au programme de partenariat appelé "Réduire les émissions de la déforestation et la dégradation de la forêt" (Reducing Emissions from Deforestation and Forest Degradation – REDD). L'État partie fait référence à un rapport d'avancement joint sur l'évaluation d'impact environnemental (EIE) menée pour le projet d'extension de l'autoroute, mais le rapport concerné n'était pas inclus dans le rapport annuel remis. Le Centre du patrimoine mondial a contacté l'État partie le 1er et le 9 mars 2011 pour demander cette pièce manquante mais, au moment de la rédaction du présent document, il ne l'avait pas encore reçu. 

a) Extension routière

L'État partie signale que son Service des autoroutes (Department of Highways – DoH) entreprend actuellement l'EIE pour l'extension de l'autoroute 304 qui traverse le bien du nord au sud entre les parcs nationaux de Khao Yai et de Thap Lan. Le Centre du patrimoine mondial et l'UICN ont reçu des rapports faisant état du commencement des travaux d'élargissement, ce qui a pour résultat l'accroissement de la circulation automobile. Ces rapports précisent que le bruit des gros camions peut soi disant être entendu à 5 kms de l'autoroute et encore plus loin lorsque l'autoroute s'élève. Ils recommandent la suspension immédiate des travaux d'extension de l'autoroute 304 jusqu'à l'achèvement de l'EIE et l'identification effective de corridors pour la faune afin d'atténuer les impacts de cette extension. Le Centre du patrimoine mondial et l'UICN regrettent que le rapport d'avancement de l'EIE n'ait pas été reçu et prie instamment l'État partie de soumettre ce rapport de toute urgence au Centre du patrimoine mondial.

 

b) Problèmes de gestion

Le plan de gestion du bien comprend trois stratégies de promotion du tourisme et des loisirs sur le territoire du bien, dont le développement d'un réseau de routes touristiques et d'activités d'écotourisme, ainsi que l'incitation des communautés locales et des entrepreneurs à avoir un rôle proactif dans les services offerts aux touristes. Le plan de gestion liste une série d'obstacles à la bonne gestion du bien, dont l'absence d'une politique à long terme de gestion lisible. Le plan précise également que la gestion est principalement basée sur des politiques à court terme et des mesures ad-hoc destinées à résoudre des problèmes spécifiques. Le plan signale en outre qu'il y a trois structures de gestion et mécanismes administratifs alternatifs mais ne précise pas lequel des trois est actuellement en place. Le plan insiste sur le fait que la gestion effective du bien est en outre entravée par une absence de mise en œuvre, d'aide et de participation ainsi que par un manque de développement tant en termes d'organisations que de ressources humaines.

Le Centre du patrimoine mondial et l'UICN rappellent que le nombre de visiteurs du bien a doublé pour passer de 700.000 en 2001 à 1.4 millionen 2006 et précisent qu'un nombre de visiteurs aussi élevé pourrait avoir un grave impact sur la valeur universelle exceptionnelle(VUE) du bien et devrait être géré par un plan d'utilisation touristique adapté, basé sur une évaluation précise de sa capacité d'accueil. Ils prient instamment l'État partie d'élaborer un plan général de gestion touristique pour tout le bien, comme recommandé par l'évaluation de l'UICN afin d'identifier, éviter et atténuer les impacts négatifs potentiels du tourisme sur la VUE du bien. Au vu des défauts avérés de la gestion actuelle, le Centre du patrimoine mondial et l'UICN recommandent que l'État partie examine de nouveau l'approche choisie en termes de gestion du bien et élabore une politique lisible de gestion à long terme. Ils encouragent l'État partie à faire une demande d'Assistance internationale afin de soutenir cette démarche Ils prennent notent également d'un projet de jumelage entre le Parc national de Khao Yai et un parc aux Etats-Unis d'Amérique et encouragent les deux États parties à envisager ce projet comme une opportunité de renforcement des capacités.

 

c) Empiétement agricole

L'État partie signale qu'il est en train de négocier un partenariat REDD. Il a défini le Parc national de Thap Lan (Thap Lan National Park - TLPN) comme site prioritaire de mise en œuvre du programme REDD qui pourrait aider à atténuer l'empiétement sur la frontière nord du parc. L'État partie précise également qu'il envisage l'extension du parc en incluant certaines forêts adjacentes. L'UICN fait cependant observer qu'elle a reçu des rapports mentionnant que l'empiétement de grande envergure le long de la frontière nord du TLPN a considérablement augmenté suite aux efforts des populations locales pour empêcher que ces terres, dont ils revendiquent la propriété, soit désignées comme parc national. Un courrier a été envoyé le 8 avril 2011 à l'État partie afin d'éclaircir la situation.

Le Centre du patrimoine mondial et l'UICN accueillent avec satisfaction la décision de l'État partie de rejoindre le programme REDD et d'en faire une priorité pour le TLPN. Ils observent que la transformation des certains terrains du bien en terres agricoles, au nord et au nord ouest du parc, avait déjà commencé lors de l'inscription du bien et que, selon certains rapports, ces zones sont désormais totalement converties en terres agricoles. Ils rappellent que l'État partie s'était engagé, dans le dossier d'information complémentaire à l'inscription du bien, à ajuster les limites du TLPN pour l'année 2007, en excluant 437,73 km² de terres inhabitées et dégradées et en incluant 176,27 km² de réserve forestière nationale. Ils encouragent l'État partie à accélérer le processus d'ajustement des limites du TLPN. Ils recommandent que l'on fasse cesser l'empiétement actuel et que les ventes de terres et les activités à Wang Nam Khieo soient strictement règlementées afin d'éviter tout impact négatif potentiel sur la VUE et l'intégrité du bien.

 

d) Autres problèmes de conservation – barrage et pâturage de bétail

Le Centre du patrimoine mondial et l'UICN recommandent que l'état d'avancement du barrage de Huay Samong soit précisé et que tous les travaux soient interrompus jusqu'à ce qu'une EIE soit entreprise afin d'évaluer ses impacts potentiels sur la VUE du bien, conformément au paragraphe 172 des Orientations.

L'UICN a également reçu des rapports faisant état de grandes zones du TLPN, dans le secteur de Soung Sang, converties au pâturage du bétail de subsistance. Le Centre du patrimoine mondial a envoyé un courrier à l'État partie réclamant des informations sur le sujet et sur l'empiétement agricole ci-dessus évoqué (cf. paragraphe c).

Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial et de l’UICN

Le Centre du patrimoine mondial et l'UICN prennent note des progrès accomplis par l'État partie dans la mise en œuvre d'une EIE pour l'extension de l'autoroute 304 mais ils sont inquiets des rapports faisant état de possibles travaux déjà en cours avant même la finalisation de l'EIE. Ils sont également très inquiets suite aux rapports sur les menaces croissantes pesant sur la VUE du bien à cause de l'empiétement, d'un projet de barrage, du pâturage de bétail et d'un financement inadapté. Ils recommandent donc au Comité de demander à l'État partie d'inviter une mission conjointe de suivi réactif Centre du patrimoine mondial/UICN à visiter le bien avant sa 36e session en 2012, afin d'évaluer les impacts potentiels de ces menaces sur sa VUE et de faire des recommandations sur la gestion du Complexe forestier de Dong Phayayen-Khao Yai. Ils recommandent également que le Comité encourage l'État partie à réexaminer l'approche choisie en termes de gestion du bien et à faire une demande d'assistance internationale afin de soutenir cette démarche. Le Centre du patrimoine mondial et l'UICN recommandent en outre que l'État partie soit encouragé à soumettre au Comité une modification des limites du Parc national de Thap Lan afin de mieux prendre en compte la conservation de la forêt et les problèmes d'empiétement dans ce secteur. L'état d'avancement et la localisation précise du barrage de Huay Samong doivent également être précisés, les travaux de construction interrompus jusqu'à ce qu'une EIE soit entreprise afin d'évaluer ses impacts potentiels sur la VUE du bien, conformément au paragraphe 172 des Orientations

Décision adoptée: 35 COM 7B.19

Le Comité du patrimoine mondial,

1. Ayant examiné le document WHC-11/35.COM/7B,

2. Rappelant la décision 34 COM 7B.18, adoptée à sa 34e session (Brasilia, 2010),

3. Prend note de la déclaration de l'État partie qu'une étude d'impact environnemental de l'extension de l'autoroute 304 est en cours et exprime son inquiétude suite aux rapports faisant état de travaux d'extension déjà en cours;

4. Exprime également son inquiétude suite aux rapports faisant état de menaces croissantes sur la valeur universelle exceptionnelle du bien à cause de l'empiétement, du projet de barrage de Huay Samong, du pâturage de bétail et d'une gestion inefficace;

5. Prie instamment l'État partie de faire cesser rapidement tout empiétement et tout pâturage de bétail en cours ayant un impact sur le bien, et demande que les travaux de construction du barrage de Huay Samong soient interrompus jusqu'à ce que le Comité du patrimoine mondial puisse examiner l'étude d'impact environnemental et apprécier les impacts potentiels sur la valeur universelle exceptionnelle du bien, conformément au paragraphe 172 des Orientations;

6. Encourage l'État partie à envisager de soumettre une demande de modification des limites auprès du Comité du patrimoine mondial pour le Parc national de Thap Lan afin de mieux prendre en compte les problèmes de conservation da la forêt et d'empiétement de ce secteur;

7. Encourage également l'État partie à réexaminer l'approche choisie en termes de gestion du bien et à élaborer des politiques de gestion à long terme ainsi qu'un plan global de gestion du tourisme;

8. Invite l'État partie à soumettre une demande d'Assistance internationale afin de soutenir cette démarche et encourage en outre les Etats parties de Thaïlande et des Etats-Unis d'Amérique à envisager le projet de jumelage des parcs naturels comme une opportunité d'exploration d'initiatives dans le domaine du renforcement de capacités;

9. Demande également à l'État partie d'inviter une mission conjointe de suivi réactif Centre du patrimoine mondial/UICN à visiter le bien, avant la 36e session du Comité du patrimoine mondial, afin d'évaluer les impacts potentiels de l'empiétement, du barrage de Huay Samong, du pâturage de bétail et de l'extension de l'autoroute 304 sur la valeur universelle exceptionnelle du bien, et de réexaminer son plan de gestion et son plan de financement;

10. Demande en outre à l'État partie de remettre au Centre du patrimoine mondial, d'ici le 1er février 2012, un rapport détaillé sur l'état de conservation du bien, notamment sur l'état d'avancement de l'évaluation d'impact environnemental de l'autoroute 304 et du barrage de Huay Samong, sur les progrès accomplis dans l'arrêt de l'empiétement de grande envergure et du pâturage de bétail, pour examen par le Centre du patrimoine mondial à sa 36e session en 2012.