Le 28 janvier 2011, un rapport sur l’état de conservation du bien a été soumis par l’État partie. Il donne des informations sur les problèmes de régime foncier et de gestion évoqués au cours des cycles de rapport précédents et renvoie à la correspondance entre le Centre du patrimoine mondial et l’État partie concernant la menace du crapaud buffle pour le bien.
a) Régime foncier et valeurs culturelles
L’État partie a déclaré, en 2005 et 2008, qu’il s’engageait à étendre la Réserve de conservation de Purnululu (RCP), au nord et à l’ouest du bien, en ajoutant 61 817 hectares de terres pastorales à l’expiration des concessions pastorales en 2015. Dans son présent rapport, l’État partie confirme l’ajout d’une parcelle de 46 875 hectares dont le Service de l’Environnement et de la Conservation (SEC) d’Australie-Occidentale assure maintenant la gestion selon les objectifs de la RCP. Un autre ajout de 15 583 hectares de terres pastorales est prévu en 2015. Ainsi, l’extension de la RCP atteindra 62458 ha en 2015. L’État partie signale aussi un prélèvement de 1 318,8 hectares sur la Réserve de régénération d’Ord River (RROR) pour servir de lieu de vie aux communautés aborigènes locales.
L’État partie indique que son nouveau plan de gestion accordera une large part aux valeurs culturelles indigènes du bien. L’achèvement du nouveau plan de gestion prend plus de temps que prévu en raison de la complexité des valeurs du bien, de son isolement et des prescriptions légales et administratives liées à l’affaire des ‘titres natifs’ de propriété actuellement portée en justice, dans le cadre de laquelle sont documentées les valeurs culturelles indigènes. L’État partie souligne que la procédure de réclamation des titres natifs de propriété en Australie peut durer des années, de par la complexité des éléments du dossier. Il ajoute que le calendrier de procédure établi dans le cas des titres natifs de propriété du bien est incertain et exprime son intention de faire rapport au Centre du patrimoine mondial une fois que l’affaire sera réglée.
b) Adéquation des fonds
L’État partie reconnaît que le Parc national de Purnululu ne dispose pas du même niveau de financement que les autres biens du patrimoine mondial sur son territoire. Cela est imputé à la résilience des valeurs géologiques et esthétiques du bien et au faible taux de fréquentation. Conformément à la décision 32 COM 7B.8 du Comité, l’État partie considère au vu de ces éléments que le financement durable de la gestion du bien et de ses zones environnantes est adéquat. Le Centre du patrimoine mondial et l’UICN estiment qu’il n’est pas possible d’évaluer l’adéquation des fonds alloués au bien en l’absence d’information sur le budget.
c) Autres problèmes de conservation
Le Centre du patrimoine mondial et l’UICN notent avec inquiétude le communiqué de Tusk Mining sur son site Web (http://www.tuskmining.co.za) annonçant que la compagnie minière demande une licence d’exploitation près de Purnululu et envisage de développer une mine de charbon à ciel ouvert à seulement six kilomètres du bien. Le Centre du patrimoine mondial et l’UICN engagent vivement l’État partie à s’assurer que toutes les activités minières proposées à l’intérieur ou à proximité du bien respectent la loi sur la protection de l’environnement et la conservation de la biodiversité et répondent aux normes les plus rigoureuses en matière d’évaluation environnementale. Ils insistent sur la nécessité de garantir que toute exploitation minière attenante à un bien du patrimoine mondial n’ait d’impact sur sa valeur universelle exceptionnelle (VUE)
Ils se félicitent d’apprendre par l’État partie que, depuis que la gestion de la RROR a été confiée au SEC en 2006, celui-ci a pris des mesures visant à réduire les menaces à l’intégrité du bien au moyen de feux prescrits afin de limiter les incendies spontanés à la fin de la saison sèche, et a activement réduit la population de bétail errant.
Le Centre du patrimoine mondial et l’UICN ont reçu des rapports au sujet des propriétaires traditionnels du bien qui s’inquiètent de plus en plus de l’absence de réglementation de l’accès des touristes aux sites de grande importance culturelle et du fait que les tours-opérateurs ne demandent pas toujours la permission en bonne et due forme d’entrer sur ces sites. L’État partie est encouragé de répondre aux préoccupations des propriétaires traditionnels en réfléchissant à la mise en place de dispositions réglementaires potentielles plus strictes quant à l’accès au tourisme sur ces sites dans le nouveau plan de gestion.
Ils ont également été avertis du risque imminent d’invasion du crapaud buffle. Ils notent que d’autres biens du patrimoine mondial en Australie, comme le Parc national de Kakadu, ont déjà été frappés par ce fléau animalier et que cette espèce nuisible continue à progresser vers l’Australie-Occidentale. Le Centre du patrimoine mondial a envoyé à l’État partie une lettre datée du 26 octobre 2010 pour lui demander un complément d’information. L’État partie lui a répondu dans une lettre datée du 3 novembre 2010, que le Département australien de la Durabilité, de l’Environnement, de l’Eau, de la Population et des Communautés a lancé une campagne nationale d’abattage du crapaud buffle. Par ailleurs, le Gouvernement d’Australie-Occidentale est en train de mettre en œuvre un plan de lutte contre le fléau du crapaud buffle qui sévit et adopter des solutions de gestion durables.
Le Centre du patrimoine mondial et l’UICN estiment que le feu, le tourisme et l’invasion de crapauds buffles pourraient porter atteinte aux valeurs de zone de nature sauvage qui justifient la VUE du bien au titre du critère (vii). Ils saluent les efforts de l’État partie dans la gestion des feux et l’engagent vivement à répondre aux préoccupations des propriétaires traditionnels en ce qui concerne l’accès au tourisme insuffisamment réglementé sur les sites de grande importance culturelle. Ils observent que les ONG ont montré leur intérêt en collaborant avec l’État partie à l’exploration et l’amélioration des méthodes de lutte contre la prolifération du crapaud buffle, et encouragent l’État partie à rechercher cette collaboration.