1.         Parc national de Sagarmatha (Népal) (N 120)

Année d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial  1979

Critères  (vii)

Année(s) d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril  Néant

Décisions antérieures du Comité  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/120/documents/

Assistance internationale

Demandes approuvées : 0 (de 1980-1999)
Montant total approuvé : 232 097 dollars EU
Pour plus de détails, voir page http://whc.unesco.org/fr/list/120/assistance/

Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO

Néant

Missions de suivi antérieures

Juin 1985 : mission de l’UNESCO ; Décembre 2002 : mission de suivi de l'UICN ; mai 2016 : mission de conseil de l’UICN

Facteurs affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

Matériel d’illustration  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/120/

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2018

L'État partie a soumis un rapport sur l’état de conservation du bien le 30 novembre 2017, disponible à http://whc.unesco.org/fr/list/120/documents/ et répondu principalement à la décision 40 COM 7B.89, comme suit :

Le 27 mars 2018, l’État partie du Népal a soumis, séparément, au Centre du patrimoine mondial le plan de gestion approuvé pour le parc national de Sagarmatha, qui est cours d’examen par l’IUCN.

Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial et de l’UICN

L’achèvement et l’approbation officielle du Plan de gestion 2016-2020 ainsi que sa mise en œuvre sont accueillis favorablement.

Dans sa décision 40 COM 7B.89 (Istanbul/UNESCO, 2016), le Comité a exprimé ses inquiétudes quant au ramassage illégal de bois de chauffage, à la gestion des déchets et autres impacts dus au tourisme, notamment l’utilisation d’hélicoptères, et a demandé à État partie d’inclure dans le nouveau plan de gestion des réponses appropriées en termes de gestion, « en se fondant sur les recommandations de la mission de conseil et, si nécessaire, sur des évaluations complémentaires des impacts sur la VUE du bien ». Alors que les activités faisant l’objet d’un rapport sont accueillies favorablement, elles ne constituent pas des réponses complètes aux défis bien documentés. À titre d’exemple, la gestion des déchets va au-delà de l’engagement exemplaire du CCPS, et doit faire face à des quantités croissantes de déchets solides et liquides, dont des déchets humains et autres débris, comme les pipelines abandonnés, utilisés autrefois dans la petite centrale hydroélectrique de Tahmo. De même, des règles sans équivoque pour l’utilisation d’hélicoptères et leur surveillance systématique sont encore à établir et ne sont pas abordées dans le Plan de gestion 2016-2020. Le ramassage illégal de bois de chauffage n’est pas non plus traité dans son ensemble, au-delà d’un objectif visant à promouvoir des énergies alternatives. En conséquence, d’autres travaux sont nécessaires pour intégrer des réponses appropriées en terme de gestion à ces questions dans le Plan de gestion, sur la base des recommandations de la mission de conseil.

Le statut juridique du Kongde View Resort reste flou, bien qu’il soit signalé que la Cour Suprême aurait rendu son verdict, et alors que ce dernier n’a pas encore été communiqué au Centre du patrimoine mondial par l’État partie, et qu’il est nécessaire pour clarifier la situation. Dans l’intervalle, l’hôtel continue d’être exploité et il est vivement recommandé d’assurer une surveillance systématique, ce qui permettra de comprendre et atténuer des impacts inévitables. Une série différente de mesures de suivi et d’atténuation serait nécessaire en cas de décision de démolir et réhabiliter le site du Kongde View Resort.

Il est encourageant que le DNPWC et l’Autorité locale du parc soient directement engagés dans le projet de réduction des risques financé par le PNUD concernant les dangers des inondations et des débordements des lacs glaciaires. Toutefois, avec les informations fournies, il est difficile de juger comment les valeurs et pratiques culturelles et spirituelles des communautés locales pourraient être intégrées dans la planification, la mise en œuvre et le suivi du projet.

La carte montrant le bien et la zone tampon reconnue au niveau national est appréciée. Il est nécessaire de faire une distinction entre le zonage en tant qu’instrument de gestion à l’intérieur du bien et la question distincte de la zone tampon adjacente. Le Plan de gestion approuvé reconnaît la nécessité pour le bien d’avoir un système de zonage interne efficace, et propose de distinguer trois zones différentes. Cette proposition doit être soutenue, et l’élaboration d’un tel système de zonage doit prévoir d’inclure une consultation appropriée de communautés locales, en particulier pour assurer que des dispositions appropriées seront prévues pour les villages enclavés situés à l’intérieur du bien. Alors qu’il est indiqué que ces villages font l’objet des mêmes dispositions juridiques que la zone tampon du parc national, reconnue au niveau national, désigner une zone tampon au sein du bien pourrait être irréalisable. Cette situation pourrait être traitée de manière plus appropriée au moyen d’un zonage interne. Le bien partage des frontières avec trois vastes zones protégées à l’ouest, au nord et au sud, respectivement. Au sud, il avait été créé en 2002 une zone tampon au niveau national, que le Plan de gestion reconnaît explicitement en même temps que le bien. En conséquence, le bien jouit d’une protection juridique périphérique. Il est important de rappeler qu’une zone tampon ne fait pas officiellement partie d’un bien inscrit, de sorte que l’officialisation de la zone tampon existante n’entraînerait pas un agrandissement du bien et n’impliquerait aucune contrainte pour des communautés locales, au-delà des dispositions juridiques existant déjà au niveau national.

Le câble de fibre optique et la télécabine proposés sont bien notés et doivent être soumis aux évaluations d’impact environnemental et social (EIES) applicables, prenant également en compte d’éventuelles préoccupations culturelles et spirituelles. En conséquence, il est recommandé que le Comité demande à l’État partie de soumettre les évaluations au Centre du patrimoine mondial, pour examen par l’IUCN, avant de prendre toute décision difficilement réversible, conformément Paragraphe 172 des Orientations.

Décision adoptée: 42 COM 7B.70

Le Comité du patrimoine mondial,

  1. Ayant examiné le document WHC/18/42.COM/7B.Add,
  2. Rappelant la décision 40 COM 7B.89, adoptée à sa 40e session (Istanbul/UNESCO, 2016),
  3. Accueille favorablement l’achèvement et la mise en œuvre en cours du plan de gestion 2016-2020 pour le bien et sa zone tampon reconnue au niveau national, et prie instamment l’État partie de prêter une attention particulière aux recommandations de la mission de conseil de 2016, incluant, sans s’y limiter, le ramassage de bois de chauffage, la gestion du tourisme, la gestion de déchets solides et liquides, et l’utilisation d’hélicoptères non réglementée et mal contrôlée provocant une pollution sonore, des impacts visuels et des perturbations de la faune ;
  4. Se félicitant de l’information selon laquelle la Cour Suprême est parvenue à un verdict concernant le Kongde View Resort, demande à l’État partie de soumettre ce verdict, une fois définitif, au Centre du patrimoine mondial ;
  5. Note avec appréciation la coordination étroite signalée entre les Autorités du parc national et le « projet communautaire de réduction des risques d’inondation et de débordement des lacs glaciaires » financé par le PNUD, et demande également à l’État partie de continuer à surveiller la conformité avec des mesures environnementales et d’impliquer pleinement les communautés locales pour assurer le respect de leurs valeurs et pratiques culturelles et spirituelles tout au long du cycle du projet ;
  6. Note également avec appréciation la soumission d’une carte améliorée montrant le bien et sa zone tampon reconnue au niveau national, ainsi que la proposition, inscrite dans le Plan de gestion, d’envisager l’introduction d’un zonage en tant qu’instrument de gestion à l’intérieur du bien, et demande en outre à l’État partie de développer un tel système de zonage, y compris comme moyen d’assurer des dispositions appropriées en faveur de villages enclavés, situés dans ce bien ;
  7. Notant que des consultations avec des communautés locales suggèrent qu’il n’existe pas actuellement de soutien pour l’officialisation, en tant que zone tampon du bien, de la zone tampon du parc national reconnue au niveau national, réitère néanmoins ses encouragements à l’État partie de soumettre une modification mineure des limites, en suivant les Orientations, pour créer une zone tampon, étant donné qu’une telle officialisation n’augmenterait pas la taille du bien et n’imposerait aucune limitation aux communautés locales au-delà des dispositions juridiques existantes au niveau national ;
  8. Demande par ailleurs à l’État partie d’assurer que les évaluations d’impacts social et environnemental pour les projets de fibre optique et de télécabine proposés intègrent une évaluation spécifique d’impacts potentiels sur la valeur universelle exceptionnelle, conformément à la Note de conseil de l’IUCN sur le patrimoine mondial et les évaluations environnementales, et de soumettre ces évaluations au Centre du patrimoine mondial, pour examen par l’IUCN, avant de prendre toute décision difficilement réversible, conformément Paragraphe 172 des Orientations ;
  9. Demande enfin à l’État partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial, d’ici le 1er décembre 2019, un rapport actualisé sur l’état de conservation du bien et sur la mise en œuvre des points ci-dessus mentionnés, pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 44e session en 2020.