1.         Tyr (Liban) (C 299)

Année d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial  1984

Critères  (iii)(vi)

Année(s) d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril  Néant

Décisions antérieures du Comité  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/299/documents/

Assistance internationale

Demandes approuvées : 0 (de 1986-2001)
Montant total approuvé : 29 000 dollars EU
Pour plus de détails, voir page http://whc.unesco.org/fr/list/299/assistance/

Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO

Montant total accordé : 19 173 dollars EU (1997-2001) pour la Campagne de sauvegarde internationale ; 362 391 dollars EU (2015-2017) de l’Agence italienne de coopération au développement par le biais du Conseil libanais pour le développement et la reconstruction (CDR)

Missions de suivi antérieures

2004 : mission d'évaluation par le Bureau de l'UNESCO à Beyrouth ; septembre 2006 : mission de l'UNESCO après le conflit de l’été 2006 ; février 2009 : mission conjointe de suivi réactif Centre du patrimoine mondial/ICOMOS ; septembre 2012 : mission conjointe de suivi réactif Centre du patrimoine mondial/ICOMOS ; février 2017 : visite du bien par le Centre du patrimoine mondial

Facteurs affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

Matériel d’illustration  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/299/

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2017

Le 1er décembre 2016, l’État partie a soumis un rapport sur l’état de conservation, disponible à https://whc.unesco.org/fr/list/299/documents/. Le Centre du patrimoine mondial a par la suite effectué une visité du bien en février 2017. Les progrès réalisés concernant certains problèmes de conservation traités par le Comité à sa session précédente sont présentés comme suit :

Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial, de l’ICOMOS et de l’ICCROM

Le rapport fait part de diverses actions entreprises pour assurer le suivi de la décision 39 COM 7B.54 du Comité du patrimoine mondial et des recommandations de la mission de 2012. Le niveau de précision du rapport ne permet cependant pas d’apprécier la nature des travaux réalisés et leur pertinence.

En février 2017, le Centre du patrimoine mondial a effectué une visite du bien et a pris connaissance de travaux de construction et d’aménagement en cours au sein du bien dans le cadre des projets BTAP et CHUD. Ces travaux, en cours d’achèvement, comprennent : la mise en place d’un nouveau parcours de visite et la fixation de grilles de sécurité sur des zones élevées, la réalisation d’un abri multi-colonnes protégeant une structure funéraire, la rénovation et l’extension du musée, le laboratoire, la boutique, le poste de police et le parking situé sur la parcelle 1010 entre l’avenue El Kouds et la zone archéologique El Bass.

Le Centre du patrimoine mondial a pu constater que les grands travaux d’aménagement du parking ont été achevés et que les débris issus du raclage ont été stockés en bordure nord du parking, sans prendre en considération les commentaires de l’ICOMOS de septembre 2016 sur ce projet. Il importe de noter que le parking est exécuté dans une zone AR (archéologique) suivant le zoning urbain où les travaux ne sont pas autorisés. En outre, la parcelle était proposée pour faire partie intégrante du site dans le rapport soumis par l’État partie en 2013.

La construction d’un abri protégeant une structure archéologique au sein de la Nécropole a été notée. Cet abri compte un grand nombre de colonnes avec des supports très visibles, ce qui constitue un impact visuel important. La DGA n’est pas régulièrement consultée par les exécutants des projets dans la prise de décisions qui pourraient avoir un impact négatif sur l’intégrité du bien. 

Le gestionnaire du bien de Tyr avait indiqué à la visite du bien de de 2017 que divers documents comme le plan de gestion ainsi que les cartes et plans du site, y compris la délimitation de la zone tampon en référence à la décision 37 COM 8B.45 du Comité, étaient en cours de finalisation et seraient transmis au Centre du patrimoine mondial dans les meilleurs délais.

Il est recommandé que le Comité exprime son inquiétude par rapport aux travaux d’aménagement et de construction entrepris au sein du bien, sans la prise en compte des recommandations techniques de l’ICOMOS, ou sans la transmission au Centre du patrimoine mondial des projets avant leur réalisation. Il est également recommandé que le Comité réitère sa demande à l’État partie de mettre en œuvre les différents points figurant dans la décision 39 COM 7B.54 et recommandés par la mission de 2012.

Par ailleurs, il est recommandé de réitérer la nécessité de réaliser une étude complète de la circulation précisant tous les projets de réseaux routiers urbains et de ronds-points, ainsi que des évaluations d’impact sur le patrimoine (EIP) de l’autoroute du Sud et de son échangeur de Tel el-Maachouk, et de soumettre cette étude au Centre du patrimoine mondial, tel qu’indiqué dans la décision 36 COM 7B.52.

Enfin, une mission de suivi réactif conjointe Centre du patrimoine mondial/ICOMOS serait nécessaire pour évaluer l’état de conservation du bien et identifier les mesures requises pour améliorer son état de conservation. 

Décision adoptée: 41 COM 7B.83

Le Comité du patrimoine mondial,

  1. Ayant examiné le document WHC/17/41.COM/7B,
  2. Rappelant les décisions 37 COM 8B.45 et 39 COM 7B.54, adoptées respectivement à sa 37e (Phnom Penh, 2013) et 39e (Bonn, 2015) sessions,
  3. Prenant note de l’avancement dans la préparation du plan de gestion du bien et des travaux de conservation portant sur des zones du sites (y compris celles abritant des mosaïques), du contrôle de la végétation, de la prévention des incendies et de l’établissement de la zone de protection maritime, encourage l’État partie à poursuivre en ce sens et demande à l’État partie de fournir au Centre du patrimoine mondial le plan de gestion, finalisé sur la base des conseils et recommandations du Centre du patrimoine mondial et de l’ICOMOS, dès son achèvement ;
  4. Regrette que l’État partie ait entrepris des travaux pouvant avoir un impact sur la valeur universelle exceptionnel (VUE) du bien notamment dans la zone El Bass sans en avoir informé le Centre du patrimoine mondial en amont, conformément au paragraphe 172 des Orientations;
  5. Regrette également que l’État partie n’ait pas pris en compte dans le projet du parking les commentaires de l’ICOMOS de septembre 2016 et demande également à l’État partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial un rapport détaillé sur les travaux entrepris et ceux envisagés, en vue de son examen par Ies Organisations consultatives ;
  6. Regrette en outre que l’État partie n’ait pas encore apporté de réponse à certaines des demandes figurant dans la décision 39 COM 7B.54 et le prie instamment d’entreprendre les actions suivantes :
    1. s’assurer que la structure de gestion devienne totalement opérationnelle en garantissant les ressources adéquates pour tous les aspects de la documentation, de la conservation et du suivi,
    2. améliorer les pratiques actuelles d’entretien concernant le contrôle des réseaux de drainage et d’égouts par la mise en place de mesures de prévention appropriées,
    3. établir un programme de sauvetage des mosaïques détachées et assurer leur protection jusqu’à ce qu’une décision soit prise pour leur conservation et leur restauration ;
  7. Prie aussi instamment l’État partie de continuer la mise en œuvre de ce qui suit :
    1. poursuivre le travail visant à assurer l’établissement d’une zone de protection maritime autour des rivages de Tyr,
    2. suivre les interventions de conservation pour évaluer leur efficacité et utiliser les résultats du suivi pour documenter l’élaboration de la stratégie de conservation,
    3. continuer à mettre au point et à appliquer le cadre de coordination du Projet archéologique de Baalbek et Tyr (BTAP) et renforcer la coopération entre la Direction générale des antiquités (DGA), le projet Patrimoine culturel et développement urbain (CHUD), le Centre du patrimoine mondial et les Organisations consultatives pour suivre effectivement la conception et la mise en œuvre du projet,
    4. soumettre au Centre du patrimoine mondial un plan d’action actualisé ;
  8. Réitère sa demande à l’État partie de réaliser une étude complète de la circulation précisant tous les projets de réseaux routiers urbains, de ronds-points d’évaluations d’impact sur le patrimoine (EIP) de l’autoroute du Sud et de son échangeur de Tel el- Maachouk, et de la soumettre au Centre du patrimoine mondial, pour examen par les Organisations consultatives ;
  9. Demande en outre à l’État partie d’inviter une mission de suivi réactif conjointe du Centre du patrimoine mondial/ICOMOS pour évaluer l’état de conservation du bien et identifier les mesures requises pour améliorer l’état de conservation du bien et sa gestion ;
  10. Demande par ailleurs à l’État partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial, d’ici le 1er décembre 2018, un rapport actualisé sur l’état de conservation du bien et sur la mise en œuvre des points ci-dessus mentionnés, pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 43e session en 2019.