Le 25 février 2011, l’État partie a soumis un rapport sur l’état de conservation, suivi par l’envoi d’informations complémentaires le 5 avril 2011, en réponse à la demande du Centre du patrimoine mondial de fournir de détails concernant l’aménagement proposé de « Liverpool Waters ». Des informations préliminaires sur cette proposition d’aménagement des bassins de Liverpool avaient déjà été données en 2010, conformément aux dispositions du paragraphe 172 des Orientations.
L’aménagement proposé couvre une superficie de 60 ha à l’intérieur du bien et de sa zone tampon, au nord de Pier Head. Il s’étend sur quelque 2 km le long des quais et porte sur cinq docks en eaux libres : Bramley Moore Dock, Nelson Dock, Salisbury Dock, Collingwood Dock, (tous protégés et classés catégorie II), Princes Dock, Princes Half-Tide Dock et East Waterloo Dock, tandis que d’autres anciennes zones de docks appartenant au West Waterloo Dock et Trafalgar Dock ont été précédemment comblées.
Le site des docks est un espace gagné sur la mer – une caractéristique du développement des docks de Liverpool – et borné par la Mersey à l’ouest et par le mur des docks [Dock Wall] les entrepôts de tabac à l’est. Les docks se caractérisent par leur construction monumentale et les matériaux utilisés, le granit et le grès, de même que le mur de la rivière et de la majeure partie du mur des docks, construits avec des blocs de granit cyclopéens. Quelques uns des accès d’origine ont été dotés de loges d’entrée, construites en brique et en granit, et d’entrées monumentales. Les docks abritaient à l’origine des entrepôts de transit, linéaires et à un étage, le long des quais, avec des installations auxiliaires comme des loges d’entrée, des grues et une voie ferrée en hauteur. D’un point de vue historique, le site avait la réputation d’être une zone de faible hauteur, utilitaire et industrielle.
Une demande de permis de construire concernant le plan directeur a été soumise dans ses grandes lignes en octobre 2010. Elle comporte des propositions pour 9.152 unités résidentielles, 305.499 m2 d’espace commercial, 69.735 m2 réservés à des centres hôteliers et de conférence et à des installations pour le commerce de détail, les loisirs et la communauté, et un terminal pour bateaux de croisière. Le projet propose un aménagement d’une forte densité et prévoit l’implantation de deux ensembles de bâtiments de grande hauteur, avec des tours s’élevant jusqu’à environ 195 mètres, et d’une série d’immeubles de taille moyenne, d’une hauteur approchant 45 mètres, le long des quais. Plusieurs bâtiments possèdent des parkings souterrains. Ce projet devrait se dérouler sur une période d’au moins 30 ans.
Étant donné que l’étude d’impact environnemental soumise par le promoteur a omis d’étudier d’une manière appropriée l’impact des propositions sur la valeur universelle exceptionnelle (VUE) du bien et compte tenu de l’envergure du projet, le rapport de l’État partie contenait une étude d’impact indépendante et distincte, commandée par English Heritage, le conseiller du gouvernement sur l’environnement historique. Ce rapport détaillé était basé sur la déclaration de valeur universelle exceptionnelle déjà approuvée et examinait l’impact sur ses attributs. Cette étude a abouti à la conclusion générale que les propositions conduiraient à générer une série d’impacts négatifs sur la VUE (nombre d’entre eux étant d’une ampleur considérable) et que, d’une manière générale, ces impacts seraient extrêmement préjudiciables à la valeur universelle exceptionnelle.
Pour donner des détails, l’évaluation a considéré que la relation vitale du bien avec la rivière serait gravement compromise par la présence d’immeubles de hauteur moyenne sur le quai ; un deuxième ensemble de bâtiments de grande hauteur porterait atteinte à la lisibilité de Central Docks et du centre de la ville avec ses commerces ; l’effet cumulatif de cet aménagement sera un écrasement des caractéristiques traditionnelles définissant la zone en les opposant à éléments spécifiquement modernes (en d’autres termes, l’accentuation des lignes basses, horizontales et transversales sera remplacée par celle des lignes hautes, verticales et longitudinales) ; l’archéologie souterraine sera compromise par le creusement d’un parking en sous-sol traversant les murs historiques des docks, se prolongeant jusqu’au fond des bassins et pénétrant dans les parties comblées des quais historiques ; et le non-respect des notions fondamentales de forme et de fonction par le projet portera atteinte à l’authenticité. Il est également indiqué que cet aménagement n’est pas conforme aux politiques locales et nationales, notamment au plan de développement urbain du Conseil municipal de Liverpool.
Le plan de gestion du bien, dont des parties ont été approuvées en tant que critères de planification supplémentaires suivant les recommandations de la mission de 2006, n’a pas non plus été respecté. L’un des objectifs du plan établit que le Conseil municipal de Liverpool « s’assurer[a] que le nouvel aménagement respecte la signification du site et est approprié à la texture urbaine historique et au contexte du paysage urbain et de son architecture”.