1.         Églises de Chiloé (Chili) (C 971bis)

Année d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial  2000

Critères  (ii)(iii)

Année(s) d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril  Néant

Décisions antérieures du Comité  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/971/documents/

Assistance internationale

Demandes approuvées : 0 (de 2002-2002)
Montant total approuvé : 50 000 dollars EU
Pour plus de détails, voir page http://whc.unesco.org/fr/list/971/assistance/

Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO

Néant

Missions de suivi antérieures

Décembre 2013 : mission conjointe de suivi réactif Centre du patrimoine mondial/ICOMOS

Facteurs affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

Matériel d’illustration  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/971/

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2017

Le 19 février 2016, l’État partie a soumis un rapport d’avancement sur l’état de conservation du bien. L’ICOMOS a procédé à une évaluation technique approfondie de ce rapport qui a été transmise en octobre 2016. Le 9 décembre 2016, l’État partie a soumis une version actualisée du rapport sur l’état de conservation. Les résumés des deux rapports sont disponibles à https://whc.unesco.org/fr/list/971/documents. L’État partie a également soumis une étude sur l’impact du trafic en avril 2017. Les principales questions traitées dans le rapport actualisé sont les suivantes :

Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial, de l’ICOMOS et de l’ICCROM

Il convient de saluer l’État partie pour les progrès accomplis dans la mise en œuvre des recommandations de la mission de suivi réactif de 2013 et des recommandations ultérieures du Comité et des Organisations consultatives. Il faut également saluer les efforts concertés visant à assurer une bonne gestion et conservation des églises et de leurs abords, et la vaste approche participative déployée à cet effet.

Tout en reconnaissant que la mise en œuvre de plusieurs des recommandations réclame un temps relativement long, il convient de rappeler qu’un certain nombre d’entre elles sont d’une extrême urgence, en particulier celles qui ont trait à la protection du cadre plus vaste qui inclut l’examen des zones tampons, les dispositions visant à renforcer le cadre juridique et les mesures d’atténuation de l’impact visuel et de ce fait, la meilleure intégration du centre commercial de Castro. L’évaluation technique de l’ICOMOS sur le rapport d’avancement transmis à l’État partie en octobre 2016 présente un grand nombre de remarques et de recommandations spécifiques à cet égard.

Pour ce qui est des zones tampons, 10 des 16 églises sont désormais classées officiellement en “zones typiques”. L’État partie devrait être instamment prié d’accélérer ce processus pour les 16 composantes de ce bien en série puisque c’est là une condition essentielle requise pour la conservation de sa valeur universelle exceptionnelle (VUE). Il est recommandé de définir les limites des zones tampons sur la base des propositions avancées par le CMN en 2013, la mission de 2013 et l’évaluation technique plus récente de l’ICOMOS, pour veiller à ce que l’extraordinaire cadre naturel et paysager des églises et leur relation avec la mer soient pris en compte. Il faut examiner en particulier les délimitations de Chonchi, Colo, Quinchao, San Juan et Tenaun. Les deux “zones typiques” récemment adoptées pour Vilipulli et Chelín devront également être soumises à l’examen du Centre du patrimoine mondial préalablement à leur entrée en vigueur.

Il est à noter que la loi 17.288 du CMN va établir des règlementations afférentes aux “zones typiques” et que les orientations préconisées pour leur mise en œuvre seront appliquées à Chiloé en 2017-2018. Une analyse du caractère effectif de ces réglementations et de ces directives sera à faire en temps voulu. Il est recommandé que le Comité félicite l’État partie pour l’approche participative adoptée pour la définition des composantes du patrimoine, la gestion et l’entretien des “zones typiques” et les vastes stratégies déployées en matière d’éducation et de communication. La revitalisation de la “minga” comme moyen d’engager et de faire participer les communautés locales à l’entretien des églises est une action louable.

En ce qui concerne le plan de gestion intégrée, on note qu’il y a eu des avancées au niveau du diagnostic des questions institutionnelles et juridiques, et la promotion d’une vaste participation des institutions et de la société civile, et que les travaux vont se poursuivre en 2017.

Quant au centre commercial de Castro, il est satisfaisant de constater qu’il y a une reconnaissance unanime de l’interdiction de telles constructions à l’avenir et que l’État partie déploie un effort interinstitutionnel à cet égard.

En même temps, il est fort regrettable qu’aucune solution adaptée n’ait été proposée pour atténuer l’impact du centre commercial sur les caractéristiques visuelles, tant du cadre de l’église San Francisco, que de la ville de Castro. On note que la DIBAM/CMN et le propriétaire du centre commercial travaillent ensemble au développement de propositions. Toutefois, l’intervention superficielle sur la façade nord-est qui donne sur la mer, avec des couleurs, des matériaux et des structures, ainsi que la plantation d’arbres dans les lieux publics autour du centre commercial risquent fort de ne pas suffire à réduire son impact de manière significative. Il est recommandé que le Comité demande à l’État partie de soumettre les plans qui seront élaborés par le propriétaire du centre commercial dès qu’ils seront disponibles, pour examen par le Centre du patrimoine mondial et les Organisations consultatives.

L‘information concernant la poursuite de la construction du contournement de Castro qui sera achevé en 2018 est accueillie avec satisfaction, tout comme la conclusion de l’étude sur l’impact du trafic du centre commercial de Castro dans les environs immédiats de l’église. L’étude conclut que l’impact du centre commercial sur le flux de trafic est modéré, tout particulièrement lorsque l’entrée du parking de la rue San Martin reste fermée. Dans le même temps, elle révèle qu’il existe d’autres facteurs pouvant avoir un impact plus significatif, tels que la construction d’un parking souterrain sous la Plaza de Armas et la possible augmentation du nombre de bus au terminal nord de l’église. Il convient de noter que la Plaza de Armas constitue une zone tampon pour l’église et que toute intervention pourrait exiger des études archéologiques étendues et pourrait gravement affecter le cadre et la VUE du bien. Il est recommandé que les flux de trafic soient soigneusement surveillés et que des évaluations d’impact sur le patrimoine soient entreprises pour tous les projets dans les environs de l’église. Une approche intégrale de la zone urbaine est requise, il est donc noté avec satisfaction que le processus de mise à jour de réglementation urbaine de Castro par le biais de l’étude « Modifications du plan de règlementation communautaire » est en cours.

Décision adoptée: 41 COM 7B.59

Le Comité du patrimoine mondial,

  1. Ayant examiné le document WHC/17/41.COM/7B,
  2. Rappelant la décision 39 COM 7B.89, adoptée à sa 39e session (Bonn, 2015),
  3. Félicite l’État partie pour les progrès accomplis dans la mise en œuvre de ses recommandations et pour l’approche participative qu’il a adoptée dans la définition de zones protégées autour des églises, ainsi que pour les programmes concrets de restauration, de communication et d’éducation qui sont en cours d’exécution ;
  4. Prie instamment l’État partie de finaliser l’identification des zones tampons qui entourent la totalité des églises restantes et de procéder d’urgence à la soumission d’une proposition de modification mineure des limites pour les 16 composantes du bien ;
  5. Note les progrès réalisés dans la préparation du plan de gestion intégré ;
  6. Accueille favorablement les progrès réalisés sur la construction du contournement à Castro et la conclusion des études de trafic lié au centre commercial à Castro, et recommande que l’État Partie :
    1. poursuive le suivi du flux de trafic autour de l’église incluant l’impact du terminal de bus au nord de l’église,
    2. conserve l’accès aux véhicules du centre commercial dans la rue San Martin fermé,
    3. entreprenne les évaluations d’impact sur le patrimoine de projets aux environs de l’église, en particulier de la proposition de parking sous la Plaza de Armas, dans la zone tampon, qui pourrait potentiellement affecter la valeur universelle exceptionnelle du bien ;
  7. Regrette vivement que la construction du centre commercial de Castro se soit achevée sans qu’aucune modification significative n’ait été apportée à sa conception et que les mesures d’atténuation aujourd’hui envisagées se limitent à l’application de couleurs, textures et matériaux sur la façade donnant sur la mer et à la plantation d’arbres ; et demande à l’État partie de soumettre les propositions et les mesures d’atténuation convenues entre le propriétaire du centre commercial, la Direction des bibliothèques, archives et musées (DIBAM) et le Conseil des monuments nationaux (CMN), dès que possible au Centre du patrimoine mondial, pour examen par les Organisations consultatives, préalablement à leurs mise en œuvre ;
  8. Demande également à l’État partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial, d’ici le 1er décembre 2018, un rapport actualisé sur l’état de conservation du bien et la mise en œuvre des points ci-dessus mentionnés, pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 43e session en 2019.