1.         Ancienne ville d'Alep (République arabe syrienne) (C 21)

Année d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial  1986

Critères  (iii)(iv)

Année(s) d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril    2013-présent

Menaces pour lesquelles le bien a été inscrit sur la Liste du patrimoine mondial en péril

Destruction et menaces avérées et potentielles à la suite du conflit armé en Syrie qui a démarré en mars 2011

Mesures correctives identifiées

Pas encore identifiées

Calendrier pour la mise en œuvre des mesures correctives

Pas encore identifié

Décisions antérieures du Comité  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/21/documents/

Assistance internationale

Demandes approuvées : 0 (de 1986-2001)
Montant total approuvé : 5 250 dollars EU
Pour plus de détails, voir page http://whc.unesco.org/fr/list/21/assistance/

Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO

Montant total accordé : 82 795 dollars EU par le Fonds d’urgence de l’UNESCO pour le patrimoine

Montant total accordé aux six biens syriens du patrimoine mondial : 2,46 millions d’euros de l’Union européenne (pour le patrimoine mondial, le patrimoine mobilier et le patrimoine immatériel) ; 200 000 dollars EU du Centre régional arabe pour le patrimoine mondial à Bahreïn (pour le patrimoine en conflit) ; 170 000 dollars EU du Gouvernement flamand (pour le patrimoine mondial, le patrimoine mobilier et le patrimoine immatériel) ; 63 000 euros du Gouvernement autrichien (pour le patrimoine mondial, le patrimoine mobilier et le patrimoine immatériel)

Missions de suivi antérieures

Janvier 2017 : mission d’évaluation rapide de l’UNESCO

Facteurs affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

Avant le conflit :

Depuis 2013 :

Matériel d’illustration  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/21/

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2017

Le 18 janvier 2017, l’État partie a soumis un rapport sur l’état de conservation des six biens syriens du patrimoine mondial qui est disponible à https://whc.unesco.org/fr/list/21/documents/.

L’État partie rapporte qu’en raison de l’intensification du conflit armé depuis 2013, l’Ancienne ville d’Alep a été très gravement endommagée par d’importants affrontements et une série d’explosions souterraines qui ont laissé une partie de l’Ancienne ville en ruine. Outre les dégâts rapportés en 2014, 2015 et 2016, le Musée national d’Alep a subi, en juillet 2016, de très graves dommages affectant notamment sa structure (plafond, bureaux), son infrastructure (pièce abritant les générateurs) et des éléments extérieurs (clôture d’enceinte et portes extérieures).

Le rapport précise également qu’avant décembre 2016, lorsque le gouvernement a repris le contrôle de la vieille ville, la Direction générale des antiquités et des musées (DGAM) avait entrepris un travail de documentation détaillée de la Citadelle au moyen d’une technologie de pointe et d’une photogrammétrie tridimensionnelle. En outre, le rapport précise que, depuis décembre 2016, un comité a été établi afin de réhabiliter la Grande mosquée. L’État partie est actuellement en train de mettre en place des comités et des équipes dédiés à des questions spécifiques en lien avec la réhabilitation de la vieille ville et il a entamé un travail de sensibilisation des communautés locales afin de préserver le patrimoine culturel et d’éviter les interventions inappropriées. Le rapport précise également que le Conseil municipal d’Alep, en collaboration avec la section locale de la Direction des antiquités, a commencé à nettoyer les rues, en particulier l’accès à la Grande mosquée, à trier les débris, à rassembler les pierres qui peuvent être réutilisées et à réaliser une évaluation des dommages subis par les principaux bâtiments historiques. Le rapport dresse la liste de 50 bâtiments et zones historiques endommagés dans le bien, classés en quatre niveaux de dommages : destruction (16%), dommages majeurs (18%), dommages modérés (26%) et dommages mineurs (40%). L’État partie indique qu’un rapport détaillé sera transmis au Centre du patrimoine mondial.

Le 18 septembre 2016, UNITAR/UNOSAT a fourni une image satellite dont l’analyse préliminaire permet de dénombrer 3 232 structures détruites ou endommagées dans la vieille ville. Ce chiffre représente une augmentation de 20% par rapport aux images satellites analysées en avril/mai 2015.

Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial, de l’ICOMOS et de l’ICCROM

Voir la décision générale 41 COM 50 de ce document sur les biens du patrimoine mondial de la République arabe syrienne.

Du 16 au 19 janvier 2017, l’UNESCO a envoyé une mission d’évaluation rapide qui s’est rendue sur le territoire du bien. Celle-ci a fait le point sur l’étendue désespérante des dommages dans les secteurs accessibles du bien du patrimoine mondial y compris les institutions éducatives de la ville. Elle a proposé des actions à court, moyen et long termes pour le bien. Elle a souligné que les actions de réhabilitation et de revitalisation du bien mises en œuvre sur le territoire du bien devraient faire partie de la réponse globale, à la fois humanitaire, sécuritaire et en faveur de la paix. Le rapport complet de la mission est disponible à https://whc.unesco.org/fr/list/21/documents.

Du 1er au 3 mars 2017, l’UNESCO a organisé à Beyrouth une réunion technique de coordination qui a rassemblé plus de 50 participants représentant sept institutions syriennes et six entités internationales travaillant sur Alep. Cette réunion a permis d’examiner la situation générale dans la ville (la situation humanitaire, les infrastructures, les services, les ressources), et l’étendue des dommages, précisant que 75% de la ville était inaccessible en raison des mines, des débris et de l’instabilité des structures. L’État partie a initié une série d’actions comme le déblaiement et le traitement des débris, la mise en place de clôtures, l’ouverture de routes, l’évaluation des dommages subis par les principaux bâtiments historiques, la collecte de données disponibles sur le patrimoine culturel d’Alep et l’élaboration de réponses d’urgence afin de réhabiliter le bien et de régénérer le tissu urbain. Les principaux défis identifiés sont :la satisfaction des besoins des habitants réintégrant la ville, l’instabilité structurelle des maisons, le manque de services et d’infrastructures de base, les capacités opérationnelles des comités de service public créés afin d’assister les habitants, et le manque d’expertise, de compétences et de main d’œuvre pour faire face aux urgences en cours. Les conclusions de la réunion ont mis en évidence la nécessité d’agir rapidement, d’assurer une bonne coordination des actions afin d’éviter les doublons, d’harmoniser la collecte de données et de solliciter le soutien de l’UNESCO en ce domaine. Les résultats de cette réunion et le tableau récapitulant les actions envisagées sont disponibles à https://whc.unesco.org/fr/actualites/1639/.

Depuis avril 2017, l’UNESCO a nommé deux administrateurs nationaux pour la Culture et l’Éducation, basés à Alep afin d’assurer la coordination avec les autorités locales et nationales pour la mise en œuvre des activités de réhabilitation et de revitalisation de la vieille ville.

L’UNESCO et UNITAR/UNOSAT préparent conjointement une publication sur l’évaluation des dommages dans l’Ancienne ville d’Alep.

Il est recommandé au Comité du patrimoine mondial d’exprimer ses vives préoccupations quant à la situation et d’encourager, d’une part, l’État partie à mettre en œuvre les actions décidées d’un commun accord lors de la réunion technique de coordination, et, d’autre part, l’UNESCO à assurer son rôle de coordination.

Le bien a été gravement endommagé avec de très grandes parties complétement détruites. L’œuvre de restauration et de reconstruction d’Alep est une entreprise extrêmement complexe qui implique de prendre en considération des facteurs sociaux, économiques, symboliques, esthétiques, financiers et techniques. Elle soulève également de nombreux défis tels que la coordination internationale et nationale, des délais très courts de prise de décisions, la participation du secteur privé et les pressions exercées par le développement, de nouvelles découvertes de vestiges archéologiques, l’absence de documentation pour orienter la restauration et les choix de reconstruction, la fuite des cerveaux, le départ des travailleurs qualifiés, etc. Les efforts et les ressources doivent être mobilisés afin d’éviter des dommages supplémentaires. Il est recommandé que soit réalisée une évaluation générale du bien et que soient adoptées une approche et une stratégie de reconstitution du bien en étroite consultation avec le Centre du patrimoine mondial et les Organisations consultatives, et cela avant que tous travaux de restauration du bien ne soient entrepris.

L’État partie est encouragé à soumettre au Centre du patrimoine mondial, pour examen par les Organisations consultatives, une proposition de modification mineure des limites du bien qui permettra d’améliorer la protection du site et de le préserver des grands projets d’aménagement et de développement aux alentours. 

Il est proposé d’organiser une mission conjointe de suivi réactif Centre du patrimoine mondial/ICOMOS/ICCROM qui se rendra sur le terrain afin de réaliser une évaluation exhaustive de l’état de conservation du bien et d’identifier les mesures qu’il convient de prendre afin d’enrayer son déclin et assurer la conservation et la protection du bien dès que la situation sécuritaire le permettra.

Décision générale sur les biens dupatrimoine mondial de la République arabe syrienne

Le conflit armé en Syrie a débuté en mars 2011 et n’a cessé de s’intensifier, ce qui a donné lieu à une grande violence et à la détérioration des conditions humanitaires. Il continue à infliger des dommages aux biens inscrits ainsi qu’aux 12 sites inscrits sur la Liste indicative. Outre les destructions intentionnelles et l’utilisation inappropriée des sites archéologiques par les populations déplacées, les sites continuent à être endommagés par des tirs d’obus, des combats de rues, des explosions souterraines, de vastes fouilles illégales, une utilisation à des fins militaires, des violations aux règles sur la construction, et des extractions de matériaux.

Le 18 janvier 2017, l’État partie a soumis un rapport sur l’état de conservation, disponible à https://whc.unesco.org/fr/sessions/41COM/documents qui présente des informations détaillées sur la destruction et les dommages subis par les six biens du patrimoine mondial. Ce rapport constituent une déclaration officielle des autorités syriennes et rassemblent les informations disponibles recueillies jusqu’au 31 décembre 2016 auprès des antennes de la Direction générale des antiquités et des musées (DGAM) et des communautés locales. L’État partie signale que l’accès par voie terrestre étant limité pour les experts du patrimoine en Syrie, l’étendue exacte des dégâts subis par les biens du patrimoine mondial ne saurait être évaluée avec précision. En conséquence, le rapport ne donnent pas d’informations de première main sur tous les sites et ne permettent pas de saisir pleinement l’étendue des dommages subis par les biens.

L’État partie rapporte les actions entreprises par la DGAM, malgré des conditions de travail fort difficiles, afin de suivre les biens du patrimoine mondial et le patrimoine culturel en général, d’évaluer les dégâts, de mettre en œuvre, autant que possible, des actions de conservation d’urgence et d’atténuation des risques, et de dresser l’inventaire du patrimoine bâti et mobilier. Le rapport souligne également les efforts déployés par la DGAM pour maintenir les salaires de son personnel dans les régions inaccessibles du pays (Villages antiques du Nord de la Syrie, Ancienne ville de Bosra) et met en évidence le rôle positif joué, dans certains cas, par les communautés locales pour sauvegarder le patrimoine et limiter les fouilles illégales.

Le 9 avril 2017, l’État partie a fourni des informations actualisées suivantes sur la conservation des sites inscrits sur la Liste indicative :

 Activités entreprises par l’UNESCO

Activités entreprises par les Organisations consultatives



La situation de conflit armé en Syrie et son intensification ininterrompue ont eu des conséquences sur les six biens du patrimoine mondial et ont grandement limité les capacités nécessaires au soutien et à la protection adéquats de leur VUE. Les biens ont été de plus en plus menacés par des dangers avérés et potentiels, en particulier l’Ancienne ville d’Alep qui a connu une escalade dans sa destruction massive et qui court le risque d’autres destructions irréversibles durant la très difficile phase de réhabilitation du bien. Du 11 décembre 2016 au 2 mars 2017, Palmyre est repassée sous le contrôle de groupes extrémistes armés qui ont causé de nouveaux dommages inestimables pour le bien.

Les fouilles illégales sur les sites et tels archéologiques en Syrie sont une source importante du trafic illicite de biens culturels et causent de considérables et irréversibles dommages à ces sites dont la plupart sont sur le Liste indicative syrienne. En outre, ces fouilles illégales alimentent les marchés noirs régionaux et internationaux en objets culturels volés.

Il est recommandé au Comité de féliciter la DGAM, les experts du patrimoine en Syrie et les communautés locales qui ont déployé des efforts soutenus afin de protéger le patrimoine culturel et de le surveiller très attentivement.

Le Centre du patrimoine mondial et les Organisations consultatives continueront à soutenir l’État partie dans le travail d’identification des mesures correctives nécessaires et d’élaboration d’un État de conservation souhaité en vue du retrait des biens de la Liste du patrimoine mondial en péril (DSOCR) dès que la situation le permettra.

Il est important que les actions humanitaires et de sécurité soient menées en coordination avec les acteurs du patrimoine culturel afin d’éviter tout autre dommage irréversible pour les biens et de permettre la mise en œuvre de mesures d’urgence pour son patrimoine culturel. En outre, il est recommandé que le travail de documentation systématique de tous les dommages infligés aux biens du patrimoine mondial soit dûment poursuivi à chaque fois que la situation le permet. Il est par ailleurs recommandé au Comité de réitérer son appel à l’État partie afin qu’il sauvegarde les biens endommagés au moyen d’interventions minimales d’urgence visant à prévenir les vols, de nouveaux effondrements et la dégradation naturelle, et qu’il s’abstienne de mettre en œuvre d’autres mesures tant que la situation ne permet pas d’élaborer une stratégie globale et un plan d’action conformes aux normes internationales et respectant des méthodes scientifiques de haute qualité.

En ce qui concerne les interventions post-conflit, il est recommandé au Comité d’appeler l’État partie à planifier l’avenir des biens du patrimoine mondial conformément aux chartes et normes internationales de conservation, en étroite collaboration avec le Centre du patrimoine mondial et les Organisations consultatives.

Il est recommandé au Comité d’appeler les experts nationaux et internationaux du patrimoine à continuer à unir leurs efforts en faveur de la sauvegarde du patrimoine culturel syrien ; et à soutenir davantage sa sauvegarde grâce à des fonds spécialement dédiés et des contributions au Fonds d’urgence de l’UNESCO pour le patrimoine.

Dans l’attente d’une amélioration des conditions, il est également recommandé au Comité de prier instamment toutes les parties associées au conflit de s’abstenir de toute action susceptible d’endommager davantage le patrimoine du pays, en particulier les biens du patrimoine mondial et tous les sites inscrits sur la Liste indicative, et de satisfaire à leurs obligations au regard de la loi internationale, en particulier la résolution 2347 du Conseil de sécurités des Nations Unies de mars 2017, d’une part en prenant toutes les mesures possibles afin de protéger un tel patrimoine y compris en évacuant les biens du patrimoine mondial utilisés à des fins militaires, et d’autre part, en faisant cesser tous les dommages causés par l’utilisation des biens du patrimoine mondial en tant que cibles des tirs. Il est également recommandé au Comité de réitérer sa suggestion à l’État partie d’envisager la ratification du deuxième Protocole (1999) de la Convention de La Haye de 1954 pour la protection des biens culturels en cas de conflit armé.

Il est en outre recommandé au Comité d’appeler toutes les parties associées au conflit en Syrie et la communauté internationale, en particulier les pays voisins de la Syrie, à mettre en œuvre des mesures efficaces de lutte contre le trafic illicite d’objets culturels, conformément à la résolution 2199 du Conseil de sécurité des Nations Unies.

 

Décision adoptée: 41 COM 7A.44

Le Comité du patrimoine mondial,

  1. Ayant examiné le document WHC/17/41.COM/7A.Add,
  2. Rappelant les décisions 38 COM 7A.12, 39 COM 7A.36 et 40 COM 7A.17 adoptées respectivement à ses 38e (Doha, 2014), 39e (Bonn, 2015) et 40e (Istanbul/UNESCO, 2016) sessions,
  3. Prenant en considération la décision 41 COM 7A.50 sur les biens du patrimoine mondial de la République arabe syrienne,
  4. Exprime sa vive préoccupation quant aux conséquences du conflit armé et de la crise humanitaire qui en a résulté, et des destructions irréversibles sur le territoire du bien, concernant notamment des quartiers entiers ;
  5. Rappelle sa demande pour que les actions humanitaires et de sécurité soient réalisées en coordination avec les acteurs du patrimoine culturel afin d’éviter tout autre dommage irréversible pour le bien et de permettre la mise en œuvre de mesures d’urgence absolue pour son patrimoine culturel ;
  6. Exprime également sa vive préoccupation concernant les conditions d’instabilité des bâtiments au sein du bien, et prie instamment l’Etat partie d’entreprendre une évaluation détaillée des risques et des travaux de consolidation d’urgence des structures concernées afin de garantir la sécurité des habitants ;
  7. Note les efforts déployés par l’État partie en faveur de la réhabilitation et de la revitalisation d’Alep depuis décembre 2016, et l’encourage à poursuivre les efforts déployés en matière de documentation et d’évaluation des dommages, en dépit d’une situation extrêmement difficile ;
  8. Encourage l’État partie à mettre en œuvre les actions décidées d’un commun accord lors de la réunion technique de coordination organisée par l’UNESCO en mars 2017 et, en outre, prie instamment l’Etat partie d’accorder le temps nécessaire à l’élaboration de plans stratégiques et intégrés pour la réhabilitation et la revitalisation du bien dans son contexte urbain au sens large, suivant la Recommandation concernant le paysage urbain historique (UNESCO, 2011) et à cet égard, souligne la nécessité pour l’UNESCO d’assurer son rôle de coordination  ;
  9. Exprime en outre sa préoccupation que des travaux de réhabilitation et de restauration sont en cours au sein du bien sans contrôle de qualité et rappelle à l’Etat partie qu’avant toute mise en œuvre de travaux sur le territoire du bien, des études détaillées et un travail conséquent sur le terrain sont nécessaires, ainsi que des discussions sur la définition des meilleures approches à envisager, y compris des réflexions sur des sujets qui vont au-delà des questions techniques et demande à l’Etat partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial, pour examen par les Organisations consultatives, tout projet prévu au sein et aux abords du bien avant sa mise en œuvre, en conformité avec le paragraphe 172 des Orientations;
  10. Appelle tous les États membres de l’UNESCO à soutenir les mesures de sauvegarde d’urgence, y compris par l’intermédiaire du Fonds d’urgence de l’UNESCO pour le patrimoine ;
  11. Prend note de l’invitation de l’État partie afin qu’une mission de suivi réactif conjointe Centre du patrimoine mondial/ICOMOS/ICCROM réalise une évaluation exhaustive de l’état de conservation du bien et identifie les mesures nécessaires pour enrayer le déclin du bien et en assurer la conservation et la protection, dès que la situation sécuritaire le permettra ;
  12. Note avec satisfaction que l’État partie prépare une proposition de modification mineure des limites du bien, et l’encourage également à soumettre cette proposition d’ici le 1erfévrier 2018, pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 42e session en 2018 ;
  13. Demande à l’État partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial, d’ici le 1erfévrier 2018, un rapport actualisé sur l’état de conservation du bien et sur la mise en œuvre des points ci-dessus mentionnés, pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 42e session en 2018 ;
  14. Décide de maintenir l’Ancienne ville d'Alep (République arabe syrienne) sur la Liste du patrimoine mondial en péril.

Décision adoptée: 41 COM 7A.50

Le Comité du patrimoine mondial,

  1. Ayant examiné le document WHC/17/41.COM/7A.Add,
  2. Rappelant les décisions 38 COM 7A.12, 39 COM 7A.36 et 40 COM 7A.17, adoptées respectivement à ses 38e (Doha, 2014), 39e (Bonn, 2015) et 40e (Istanbul/UNESCO, 2016) sessions,
  3. Déplore la situation de conflit régnant dans le pays, la perte de vies humaines et la détérioration des conditions humanitaires ;
  4. Prenant note des rapports soumis par l’État partie concernant l’état de conservation des six biens syriens du patrimoine mondial et des sites inscrits sur la Liste indicative, félicite la Direction générale des antiquités et des musées (DGAM) ainsi que tous les spécialistes du patrimoine et les communautés locales en Syrie qui œuvrent actuellement au suivi et à la protection du patrimoine culturel, pour les efforts soutenus qu’ils ont déployés dans des conditions extrêmement difficiles, mais exprime sa plus vive préoccupation quant aux dommages subis et aux menaces auxquelles sont confrontés ces biens et le patrimoine culturel en général ;
  5. Prie instamment toutes les parties associées à la situation en Syrie de s’abstenir de toute action susceptible de causer de nouveaux dommages au patrimoine culturel du pays et de satisfaire à leurs obligations au regard de la loi internationale, et en particulier de la résolution 2347 du Conseil de sécurité des Nations Unies de mars 2017, en prenant toutes les mesures possibles afin de protéger un tel patrimoine, y compris en faisant cesser tous les dommages provoqués par l’utilisation en tant que cibles des biens du patrimoine mondial, des sites inclus sur la Liste indicative et des autres sites du patrimoine culturel ;
  6. Prie aussi instamment l’État partie d’adopter des mesures destinées à faire évacuer les biens du patrimoine mondial actuellement utilisés à des fins militaires ;
  7. Prie en outre instamment l’État partie et la communauté internationale d’inclure des actions visant à la réhabilitation et la revitalisation des biens dans la réponse globale humanitaire, sécuritaire et en faveur de la paix ;
  8. Prie par ailleurs instamment l’État partie de sauvegarder les biens endommagés au moyen d’interventions minimales d’urgence absolue afin de prévenir les vols, de nouveaux effondrements et la dégradation naturelle, et de s’abstenir d’entreprendre des travaux de conservation et de restauration avant que la situation ne permette l’élaboration de stratégies et d’actions globales de conservation qui répondent aux normes internationales, en étroite collaboration avec le Centre du patrimoine mondial et les Organisations consultatives ;
  9. Demande à l’État partie de poursuivre le travail de documentation systématique de tous les dommages subis par les biens du patrimoine mondial, quand les conditions le permettent, de mettre en œuvre toutes les mesures possibles d’atténuation des risques et de communiquer des informations sur l’élaboration de l’État de conservation souhaité pour le retrait des biens de la Liste du patrimoine mondial en péril (DSOCR) et sur l’identification de mesures correctives pour les six biens ;
  10. Lance un appel à tous les États membres de l’UNESCO afin qu’ils coopèrent dans la lutte contre le trafic illégal de patrimoine culturel en provenance de la Syrie, conformément à la résolution 2199 du Conseil de sécurité des Nations Unies de février 2015, et s’engagent en faveur de la protection du patrimoine culturel en cas de conflit armé conformément à la résolution 2347 du Conseil de sécurité des Nations Unies de mars 2017, et réitère sa suggestion à l’État partie d’envisager la ratification du deuxième Protocole (1999) de la Convention de La Haye de 1954 pour la protection du patrimoine culturel en cas de conflit armé ;
  11. Insiste sur l’importance d’assurer une coordination efficace de tous les efforts en vue de la restauration, la reconstruction et la conservation du patrimoine culturel syrien avec la participation effective de l’UNESCO ;
  12. Appelle la communauté internationale à soutenir davantage la sauvegarde du patrimoine culturel syrien par l’intermédiaire de fonds spécialement dédiés à cette cause ou par une contribution au Fonds d’urgence de l’UNESCO pour le patrimoine ;
  13. Appelle également les experts nationaux et internationaux du patrimoine culturel à s’unir afin de sauvegarder le patrimoine culturel de la Syrie, et à poursuivre leurs initiatives en cours en coordination avec l’UNESCO ;
  14. Demande également à l’État partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial, d’ici le 1erfévrier 2018, un rapport actualisé sur l’état de conservation des biens et la mise en œuvre des points ci-dessus mentionnés, pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 42e session en 2018.

Décision adoptée: 41 COM 8C.2

Le Comité du patrimoine mondial,
  1. Ayant examiné les rapports sur l’état de conservation des biens inscrits sur la Liste du patrimoine mondial en péril (WHC/17/41.COM/7A, WHC/17/41.COM/7A.Add et WHC/17/41.COM/7A.Add.2),
  2. Décide de maintenir les biens suivants sur la Liste du patrimoine mondial en péril :