1.         Zones archéologiques de Pompéi, Herculanum et Torre Annunziata (Italie) (C 829)

Année d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial  1997

Critères  (iii)(iv)(v)

Année(s) d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril  Néant

Décisions antérieures du Comité  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/829/documents/

Assistance internationale

Demandes approuvées : 0
Montant total approuvé : 0 dollars EU
Pour plus de détails, voir page http://whc.unesco.org/fr/list/829/assistance/

Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO

Néant

Missions de suivi antérieures

Mission consultative conjointe Centre du patrimoine mondial/ICOMOS en décembre 2010 et janvier 2011.

Facteurs affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

Matériel d’illustration  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/829/

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2011

Après l’effondrement de la Schola Armaturarum le 6 novembre 2010 suivi de plusieurs écroulements de murs à Pompéi fin novembre 2010, l’État partie a invité une mission consultative conjointe Centre du patrimoine mondial/ICOMOS, qui a été effectuée du 2 au 4 décembre 2010 et du 10 au 13 janvier 2011. Le rapport de la mission peut être consulté en ligne à l’adresse http://whc.unesco.org/fr/sessions/35COM.

La mission a évalué l’impact de ces effondrements sur la valeur universelle exceptionnelle (VUE) du bien ainsi que sur l’état de conservation général, examiné les mesures de gestion et fait part de recommandations pour sa conservation et gestion.

La mission a considéré que les effondrements survenus en novembre étaient regrettables. Toutefois, elle ne considère pas que ces écroulements menacent la VUE du bien. Néanmoins, elle pense que les conditions à l’origine de ces effondrements sont particulièrement communes au sein du site et que les conséquences de détériorations en série pourraient potentiellement menacer la VUE. Un nombre considérable de maisons et autres structures de Pompéi et Herculanum sont vulnérables et nécessitent en conséquence d’importants travaux de conservation. Les facteurs suivants ont été identifiés :

a) Gestion

Il y a un retard général concernant l’entretien et le suivi du bien en raison d’une instabilité institutionnelle et de l’absence consécutive de gestion et coordination adéquates. De plus, à plusieurs reprises, les rares ressources allouées à la conservation et à l’entretien ont été détournées pour des projets non urgents. Bien que Pompéi ait un plan de gestion, ce dernier n’est pas utilisé comme moyen efficace pour protéger le bien ni orienter la prise de décision. Qui plus est, la documentation élémentaire pour la gestion et le suivi du bien et de ses environs est manquante ou désuète pour Pompéi, ce qui donne lieu à des développements non contrôlés dans les environs de cette partie du bien.

b) Restauration, entretien et absence de compétences de base

Le bien a souffert de méthodes de restauration inappropriées et d’un manque général de personnel qualifié pour la restauration et l’entretien du bien. Les projets de restauration sont externalisés et la qualité du travail des entrepreneurs n’est pas évaluée. En l’absence de réseau de drainage efficace, infiltrations d’eau et humidité excessive détériorent peu à peu l’état structurel des édifices et leurs décors. La mission a également été préoccupée par l’importance de la croissance végétale, en particulier lierre, en certains endroits de Pompéi.

c) Flux de visiteurs

En 2010, Pompéi a reçu 2,3 millions de visiteurs, avec un pic de 300 000 touristes par mois au printemps et au début de l’été. Cette situation contraste avec le fait que de grandes superficies de Pompéi ne sont pas accessibles aux visiteurs par manque de surveillants, de sorte que les zones accessibles sont surchargées et souffrent considérablement de l’érosion touristique.

De façon générale, la mission considère comme essentiel que le ministère de la Culture assure une stabilité institutionnelle à la Superintendance pour lui permettre de se concentrer sur la gestion et la conservation du bien et d’en faire sa priorité. Les ressources techniques et financières requises doivent être identifiées afin de mener à bien un programme efficace et des mesures doivent être prises pour les garantir en vue d’une mise en œuvre soutenue. Le plan de gestion doit être revu pour inclure un plan d’utilisation publique général et un plan de gestion des risques. La priorité doit être donnée aux programmes s’attachant à rattraper le retard en matière de conservation et d’entretien. Un réseau de drainage efficace doit être installé de toute urgence pour prévenir toute détérioration supplémentaire des zones instables.

La mission a également recommandé que la Superintendance élabore et mette en œuvre une série de mesures simples de suivi des conditions et de l’utilisation du site, devant permettre l’actualisation du Système d’information géographique (SIG) pour Pompéi et l’élaboration de normes communes pour le SIG et toutes les composantes du bien. En ce qui concerne Herculanum, la Superintendance devrait coordonner l’intégration opportune du SIG Herculanum avec le projet de conservation d’Herculanum.

d) Autres questions de conservation

Le 12 avril 2011, le Centre du patrimoine mondial a été informé de la construction en cours d’un grand édifice en béton immédiatement au nord de la partie Pompéi du bien, dans le voisinage de la Porta di Nola. Selon un article de presse du 1er avril 2011, l’édifice servira de dépôt aux découvertes archéologiques et abritera également des bureaux. L’État partie n’a pas informé les membres de la mission de ce projet ni soumis d’informations au Centre du patrimoine mondial jusqu’à présent.

Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial, de l’ICOMOS et de l’ICCROM

Le Centre du patrimoine mondial et les Organisations consultatives notent qu’un nombre considérable de structures à Pompéi et Herculanum sont en piètre état de conservation et entretien. Ils considèrent que des efforts substantiels sont nécessaires pour traiter rapidement les questions de gestion, de conservation et de suivi continu afférentes au bien, afin de prévenir de nouveaux effondrements, comme ceux survenus en novembre 2010. Ils notent également que la construction en cours d’un grand édifice en béton immédiatement au nord de la partie Pompéi du bien pourrait avoir un impact sur l’environnement visuel du bien et que des mesures sont requises pour le protéger.

Ils considèrent qu’une mission de suivi réactif conjointe Centre du patrimoine mondial/ICOMOS devrait être invitée en 2012 afin d’examiner la mise en œuvre des recommandations proposées.

Décision adoptée: 35 COM 7B.96

Le Comité du patrimoine mondial,

1. Ayant examiné le document WHC-11/35.COM/7B.Add,

2. Rappelant la décision 33 COM 8D, adoptée à sa 33e session (Séville, 2009),

3. Prend note avec une profonde préoccupation des effondrements qui se sont produits sur le bien en novembre 2010 et prie instamment l'Etat partie de remédier aux conditions sous-jacentes qui ont contribué auxdits effondrements, de toute urgence ;

4. Note également les conclusions de la mission consultative conjointe Centre du patrimoine mondial/ICOMOS sur le bien indiquant que si les effondrements de novembre 2010 n'ont pas compromis la valeur universelle exceptionnelle du bien, les conditions sous-jacentes pourraient néanmoins menacer la valeur universelle exceptionnelle si elles demeurent non traitées à court terme ;

5. Regrette profondément que ni le Centre du patrimoine mondial ni la mission n'aient été informés de la construction d'un grand édifice en béton au nord de la Porta di Nola dans la partie Pompéi du bien et prie aussi instamment l'Etat partie de transmettre au Centre du patrimoine mondial des informations détaillées sur ce projet pour examen ;

6. Demande à l'Etat partie d'informer le Centre du patrimoine mondial de manière régulière et en temps utile à propos de tout projet de construction envisagé à proximité du bien conformément au paragraphe 172 des Orientations ;

7. Demande également à l'Etat partie de donner la priorité aux programmes s'attachant à rattraper le retard en matière de conservation et de gestion pour le bien et de :

a) revoir le plan de gestion afin d'inclure un plan d'utilisation publique et un plan de gestion des risques ainsi que des dispositions pour réglementer et contrôler le développement dans les environs du bien,

b) veiller à ce que le personnel et les contractants employés pour la restauration et l'entretien du bien soient adéquats et qualifiés,

c) développer et mettre en œuvre des mesures de suivi des conditions et de l'utilisation du bien, incluant l'actualisation du Système d'information géographique (SIG) pour Pompéi,

d) concevoir et installer un système de drainage efficace,

e) identifier et obtenir les ressources techniques et financières requises afin d'exécuter un programme efficace de conservation et d'entretien du bien ;

8. Demande en outre à l'Etat partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial une Déclaration de valeur universelle exceptionnelle d'ici le 1er février 2012 ;

9. Demande par ailleurs à l'Etat partie d'inviter une mission de suivi réactif conjointe Centre du patrimoine mondial/ICOMOS en 2012 afin d'évaluer les progrès accomplis dans la mise en œuvre des mesures susmentionnées ;

10. Demande enfin à l'Etat partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial, d'ici le 1er février 2013, un rapport sur l'état de conservation du bien et sur la mise en œuvre des points susmentionnés, pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 37e session en 2013, afin de considérer, en cas de confirmation d'un péril potentiel ou prouvé pour la valeur universelle exceptionnelle, la possibilité d'inscrire le bien sur la Liste du patrimoine mondial en péril.