1.         Melaka et George Town, villes historiques du détroit de Malacca (Malaisie) (C 1223bis)

Année d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial  2008

Critères  (ii)(iii)(iv)

Année(s) d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril  Néant

Décisions antérieures du Comité  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/1223/documents/

Assistance internationale

Demandes approuvées : 0
Montant total approuvé : 0 dollars EU
Pour plus de détails, voir page http://whc.unesco.org/fr/list/1223/assistance/

Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO

Néant

Missions de suivi antérieures

Avril 2009 : Mission commune de suivi réactif Centre du patrimoine mondial/ICOMOS. 

Facteurs affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

Approbation de construction de bâtiments inadaptés dans le périmètre du bien et à ses abords.

Matériel d’illustration  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/1223/

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2011

L’État partie a soumis le 21 janvier 2011 un rapport sur l’état de conservation du bien qui répond aux demandes formulées par le Comité du Patrimoine mondial lors de sa 33e session (Séville, 2009).

Plan de gestion de conservation et plans de secteurs spéciaux

Le Comité avait demandé des plans de secteurs spéciaux pour le bien et ses zones tampons pour réagir aux permis de construire accordés à des bâtiments inadaptés en termes de forme et de taille dans certaines parties du bien et de sa zone tampon. Le Comité avait également demandé un plan de conservation pour les deux villes ainsi qu’un calendrier de mise en œuvre des travaux de conservation.

Dans sa réponse, l’État partie a soumis un plan de gestion de la conservation qui pourrait permettre d’établir des plans de secteurs spéciaux pour chacun des deux sites qui constituent le bien. L’élaboration de plans de secteurs spéciaux est prévue selon la législation sur l’aménagement du territoire urbain et rural de 1976 (loi 172). Ces plans, qui incluent des conseils de mise en œuvre et de gestion, sont statutaires et bénéficient d’un appui juridique. D’autres consultations statutaires seront nécessaires avant une possible mise en place de ces plans de secteurs spéciaux. Il n’est pas précisé si ces plans concerneront également les zones tampons, comme le recommandait la mission de 2009.

Le plan de gestion de la conservation est un plan sexennal flexible qui fournira des conseils aux autorités locales et aux propriétaires. Il supervisera les différents plans de gestion des deux villes et un Comité de direction sera créé pour aider à la revue générale. Le plan comprend une vision d’ensemble du bien, des stratégies de gestion pour répondre aux problèmes qui seront définis, et des conseils de planification et de contrôle des aménagements – notamment en matière de zonage, de contrôle de l’occupation des sols, de contrôle des monuments du patrimoine, de propositions concernant l’espace public, de mesure d’accès et de circulation, et de projets d’amélioration des services publics et de l’infrastructure. Il présente aussi des détails sur des incitations financières et des subventions pour certains types de travaux, un tableau des activités interdites comme l’élevage de salanganes à nid blanc, et la nécessité de protéger certaines perspectives visuelles et certains aspects bien précis comme la vue sur les toits en terre cuite. Le plan fournit aussi en annexe des Directives de conservation pour différents types et catégories de bâtiments, à partir de ce qui existe et de leur disposition dans l’espace. Cela signifie que les bâtiments qui ne sont pas précisément protégés – bâtiments non classés situés dans des secteurs de conservation –, et qui ne sont pas considérés comme ayant un intérêt architectural et patrimonial intrinsèque, peuvent être démolis et remplacés aussitôt selon les Directives de conservation. La valeur de l’image d’ensemble de la ville constituée de bâtiments classés et non classés ne semble pas clairement exprimée comme partie intégrante de la valeur du bien.

Le plan reconnaît que sa mise en œuvre exigera des dispositions administratives plus fermes que celles actuellement en vigueur. La structure gouvernementale, institutionnelle et administrative actuelle présente de nombreux points faibles comme le manque de personnel, le manque d’expérience, de connaissances spécialisées et de compétences, la bureaucratie et également l’absence de procédures adaptées permettant d’évaluer l’impact des projets d’aménagements sur le patrimoine. Pour traiter tous ces aspects, les mécanismes provisoires institutionnels et de gestion pour les deux parties du bien seront renforcés pour permettre la mise en œuvre des programmes nécessaires de mise en œuvre. Un instrument spécial – un bureau du patrimoine mondial – est en cours de création pour le bien. Il sera chargé de fournir des avis professionnels et techniques sur la planification. Les rôles des Comités publics du patrimoine et les Unités de patrimoine/conservation au sein des deux autorités locales seront mis en valeur, les rôles du Commissaire du Patrimoine aux niveaux gouvernemental et local seront renforcés et la coordination et la collaboration entre les deux villes seront améliorées. La législation essentielle à cet égard sera passée en revue pour être renforcée et conserver et protéger le bien de manière plus efficace.

Aucun calendrier n’est fourni concernant la création du Bureau du patrimoine mondial, l’approbation du plan en tant qu’instrument juridique, ou la mise en œuvre des autres mesures proposées. Le plan comprend également treize projets d’amendements relatifs aux zones tampons, projets qui seront étudiés au point de l’ordre du jour concernant les modifications mineures de limites.

Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial, de l’ICOMOS et de l’ICCROM

Le Centre du patrimoine mondial et les Organisations consultatives notent l’avancée du plan détaillé de gestion de la conservation qui comprend des Directives de conservation pour les deux villes. Ils notent cependant que ces Directives présupposent que les bâtiments qui ne bénéficient pas d’une protection individuelle peuvent être démolis (et que les bâtiments qui les remplaceront feront l’objet de divers contrôles). Le Centre du patrimoine mondial et les Organisations consultatives considèrent que le paysage urbain cohérent caractéristique des deux villes est fondé sur une association de bâtiments protégés et non protégés qui constituent à eux tous un ensemble architectural exceptionnel. Cette partie des Directives devra être revue.

Le Centre du patrimoine mondial et les Organisations consultatives considèrent que le plan de gestion de la conservation reste un document consultatif jusqu’à l’adoption des plans de secteurs spéciaux qui sont des instruments statutaires permettant de contrôler la planification à un niveau plus détaillé qu’actuellement, notamment en ce qui concerne les perspectives visuelles et la hauteur des bâtiments. Ces plans de secteurs spéciaux doivent concerner le bien et ses zones tampons. Actuellement, le plan n’indique pas clairement si ces plans concerneront également la zone tampon.

À sa 33e session, le Comité du patrimoine mondial a noté que l’État partie avait convenu qu’aucun accord ne serait donné à des aménagements de plus de 18 m de haut dans la zone tampon jusqu’à l’adoption des plans de secteurs spéciaux. On ne trouve pas confirmation de cette interdiction dans le Rapport sur l’état de conservation du bien envoyé par l’État partie.

Le Centre du patrimoine mondial et les Organisations consultatives souhaitent souligner l’engagement de l’État partie pour créer un Bureau du patrimoine mondial et renforcer les dispositions gouvernementales et administratives. Ils considèrent toutefois que le calendrier permettant de parvenir à ce système de gestion renforcée doit être fixé précisément pour pouvoir s’inspirer du plan de gestion de la conservation.

À la suite d’informations sur l’impact possible de l’élevage de salanganes à nid blanc sur les monuments du patrimoine et sur le tissu urbain des monuments de George Town – un des composants du bien –, le Centre du patrimoine mondial a demandé le 14 janvier 2011 à l’État partie de mener une étude d’impact de cette activité d’élevage sur la valeur universelle exceptionnelle du bien, pour examen par les Organisations consultatives. Aucun rapport d’étude n’a été reçu à ce jour. 

Décision adoptée: 35 COM 7B.73

Le Comité du patrimoine mondial,

1. Ayant examiné le document WHC-11/35.COM/7B.Add,

2. Rappelant la décision 33 COM 7B.78, adoptée à sa 33e session (Séville, 2009),

3. Accueille avec satisfaction la mise au point du plan détaillé de gestion de la conservation qui supervise les plans de gestion actuels des deux villes, ainsi que l'engagement de l'Etat partie de renforcer les dispositions de gestion du bien par la création d'un bureau du patrimoine mondial et le renforcement des dispositions gouvernementales et administratives en la matière;

4. Note les propositions incluses dans le plan de gestion de la conservation concernant treize extensions des zones tampons qui seront examinées par le Comité du patrimoine mondial au point 8 de l'ordre du jour (document WHC-11/35.COM/8B);

5. Demande à l'Etat partie de revoir les Directives pour la conservation en ce qui concerne la présupposition en faveur de la démolition de biens non protégés qui, avec les biens protégés, constituent les ensembles urbains exceptionnels des deux villes;

6. Demande instamment à l'Etat partie de:

a) poursuivre la mise au point du plan des secteurs spéciaux qui présente des contraintes détaillées d'aménagements pour les deux villes et leurs zones tampons,

b) confirmer, comme indiqué à la 33e session du Comité du patrimoine mondial, qu'aucun accord ne sera donné à des aménagements de plus de 18m de haut dans la zone tampon, jusqu'à l'adoption des plans des secteurs spéciaux,

c) s'assurer que tous les grands projets comportent des études d'impact appropriées conformes au Guide de l'ICOMOS sur les évaluations de l'impact sur le patrimoine pour les biens culturels du patrimoine, et

d) fixer un calendrier précis de mise en place du système de gestion renforcée;

7. Demande également à l'Etat partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial, d'ici le 1er février 2013, un rapport actualisé sur l'état de conservation du bien, sur l'établissement des plans de secteurs spéciaux et sur la mise en œuvre de ce qui précède, pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 37e session en 2013

Décision adoptée: 35 COM 8B.52

Le Comité du patrimoine mondial,

1. Ayant examiné les documents WHC-11/35.COM/8B.Add et WHC-11/35.COM/INF.8B1.Add,

2. Approuve la modification mineure des limites de Melaka et George Town, villes historiques du détroit de Malacca, Malaisie.