1.         La ville de pierre de Zanzibar (République-Unie de Tanzanie) (C 173rev)

Année d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial  2000

Critères  (ii)(iii)(vi)

Année(s) d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril  Néant

Décisions antérieures du Comité  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/173/documents/

Assistance internationale

Demandes approuvées : 0 (de 1998-1998)
Montant total approuvé : 15 000 dollars EU
Pour plus de détails, voir page http://whc.unesco.org/fr/list/173/assistance/

Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO

Montant total accordé au bien : 24 000 dollars EU pour l’inventaire des espaces publics de Zanzibar (Fonds-en-dépôt des Pays-Bas)

Missions de suivi antérieures

Mai 2008 : mission Centre du patrimoine mondial/ICOMOS ; janvier 2011 : mission de suivi réactif ICOMOS ; septembre/octobre 2013 : mission de conseil de l’ICOMOS ; octobre/novembre 2014 : mission conjointe de suivi réactif Centre du patrimoine mondial/ICOMOS/ICCROM ; février 2015 : mission conjointe de suivi réactif Centre du patrimoine mondial/ICOMOS/ICCROM

Facteurs affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

Matériel d’illustration  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/173/

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2016

Le [15 mars 2016], l’État partie a soumis un rapport sur l’état de conservation, disponible à https://whc.unesco.org/fr/list/173/documents. Le rapport de l’État partie répond à tous les points de la décision du Comité et inclut un tableau montrant l’état actuel de conservation des bâtiments classés de niveau I et II. Une mission conjointe de suivi réactif Centre du patrimoine mondial/ICOMOS/ICCROM a visité le bien en février 2016 (rapport de mission disponible à https://whc.unesco.org/fr/list/173/documents).

Concernant l’avancement réalisé :

L’État partie a activement recherché l’assistance et le soutien de partenaires internationaux et certains autres moyens potentiels ont fait l’objet de débats lors de la mission de 2016. La mission a noté que des initiatives privées et des partenariats internationaux avaient fourni une aide aux professionnels de la STDCA. Toutefois, l’état de conservation du bien reste préoccupant et il faudrait d’urgence mettre en œuvre les recommandations.

Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial, de l’ICOMOS et de l’ICCROM

Les menaces de longue date sur le bien ont été signalées dans de précédents rapports sur l’état de conservation et lors de précédentes missions de suivi réactif. Malgré l’établissement d’un cadre de conservation et de gestion il y a quelques années, ce cadre s’est révélé largement inefficace pour répondre aux pressions grandissantes du développement et ses dispositions n’ont pas été globalement mises en œuvre. De plus, la STCDA n’a pas disposé des pouvoirs voulus pour protéger efficacement le bien du patrimoine mondial en contrôlant le développement et en remédiant au délabrement du bâti. Cela est bien évident dans la réhabilitation et l’extension du Mambo Msiige qui n’ont pas été suffisamment réfléchies, tout comme d’autres projets concernant le bâti. Cette vulnérabilité est toujours bien présente avec l’éventualité de réaliser des interventions malencontreuses du même genre sur d’autres bâtiments importants comme la maison de Tippu Tip, et compte tenu du très mauvais état de conservation du bien.

Concernant le Mambo Msiige, la mission a été préoccupée du fait qu’aucune mesure n’ait encore été prise pour faire appliquer les mesures palliatives définies dans le rapport de 2014 ; elle a signalé que ce projet était un sérieux échec en termes de conservation. Il faut absolument s’assurer à l’avenir de l’établissement de mécanismes de planification fiables et de la mise en place d’une consultation appropriée pour éviter de tels résultats négatifs. Le futur traitement de conservation de la maison de Tippu Tip constituera un test important à cet égard.

La mission de 2016 a signalé les efforts en cours pour rationaliser la prise de décision et améliorer la coordination entre différents acteurs mandatés qui ont une influence sur le bien, et pour actualiser les mesures réglementaires et les outils de planification. On peut se féliciter de la création de la DCU et du Forum des parties prenantes. Ces organismes n’en sont toutefois qu’à leurs débuts et devront être très prochainement renforcés et soutenus pour leur permettre de remplir efficacement leur mission. Il faudra maintenir les efforts et dégager des ressources financières pour s’assurer que ces mesures ne se résument pas à de simples interventions temporaires réactives mais aboutissent effectivement à un fonctionnement harmonieux et efficace des dispositions de gestion récemment établies. Il faut notamment constituer le Conseil du patrimoine qui sera représentatif de tous les principaux acteurs institutionnels concernés, et définir ses relations avec la DCU et autres partenaires essentiels. Il sera également important de faire en sorte que la STCDA puisse se faire entendre de manière déterminante au sein de ces organismes de planification en matière de Valeur universelle exceptionnelle (VUE) du bien. Il est préoccupant que la mission ait évoqué une future réduction du personnel de la STCDA. Si cela devait arriver, cela affaiblirait encore le rôle de la STCDA et risquerait de compromettre ses capacités pour remplir sa mission.

Il faut favoriser en priorité, notamment parmi les promoteurs et la population locale, une meilleure sensibilisation aux valeurs du bien et à la nécessité d’intégrer la conservation du patrimoine au développement. Il faut aussi améliorer d’urgence les pratiques et compétences en matière de conservation, par la mise en place d’orientations et de principes appropriés pour les interventions de conservation et de restauration – fondés sur les attributs justifiant la VUE du bien –, ainsi que par le renforcement des capacités. Ces deux aspects doivent figurer dans le Plan de conservation actualisé du bien, qui doit être finalisé rapidement et intégré au Plan directeur.

C’est seulement par une action durable et planifiée, l’application de mesures réglementaires, le suivi régulier de l’état du bâti, la mise en œuvre pertinente d’outils de planification et la mise en place de dispositions de gestion que l’on pourra parvenir à inverser la situation actuelle. Les recommandations proposées par la mission de 2016 visent à assurer la protection à long terme du bien et l’intégration de la conservation du patrimoine dans les politiques générales de développement et d’urbanisme en vue de constituer un système capable de s’adapter au changement et de le gérer. C’est pourquoi il va falloir contrôler de près la mise en œuvre des recommandations proposées compte tenu de la fragilité de l’état de conservation du bien et des conditions qui perdurent et risquent d’en menacer la VUE.

Décision adoptée: 40 COM 7B.21

Le Comité du patrimoine mondial,

  1. Ayant examiné le document WHC/16/40.COM/7B.Add,
  2. Rappelant la décision 39 COM 7B.45, adoptée à sa 39e session (Bonn, 2015),
  3. Reconnaît les mesures prises par l’État partie pour mettre en œuvre ses recommandations et prie instamment l’État partie de se procurer les ressources nécessaires au bon fonctionnement des nouvelles dispositions de gestion, dont l’Unité de contrôle du développement (DCU) et le renforcement de l’Autorité de conservation et de développement de la Ville de pierre (STCDA) ;
  4. Note les résultats de l’enquête sur l’état du bien et demande à l’État partie de poursuivre ses efforts pour remédier à l’état du bâti en mettant en œuvre des projets de conservation et de restauration, en établissant des orientations méthodologiques appropriées et un système de suivi effectif, et en renforçant les capacités et compétences techniques ;
  5. Exprimant sa préoccupation sur les sérieuses lacunes de la documentation fournie et des méthodologies envisagées pour le projet de restauration de Beit-el-Ajaib (la maison des Merveilles), relevées au cours d’un examen technique effectué par les Organisations consultatives, prie aussi instamment l'État partie de faire cesser tous les travaux sur ce bâtiment en dehors de l'étayage d'urgence, et de développer une documentation détaillée, comme indiqué dans l'examen technique, y compris la recherche d'archives, et de soumettre cette documentation révisée au Centre du patrimoine mondial pour un nouvel examen par les Organisations consultatives avant que les travaux sur le projet ne soient lancés ;
  6. Note également les résultats de la mission de suivi réactif de 2016 dans le bien et prie en outre instamment l’État partie de mettre en œuvre les mesures convenues, conformément au calendrier proposé, selon les Recommandations en matière de procédures pour bien contrôler le développement et favoriser la conservation ;
  7. Demande également à l’État partie de terminer les consultations avec les responsables actuels de la gestion du bâtiment du Mambo Msiige pour mettre en œuvre toutes les mesures palliatives possibles, comme prévu dans les rapports de mission de 2014 et 2016, afin de diminuer les impacts négatifs de l’hôtel sur la valeur universelle exceptionnelle (VUE) du bien, et de soumettre au Centre du patrimoine mondial une proposition concernant ce travail, y compris un calendrier de mise en œuvre, pour examen par les Organisations consultatives ;
  8. Demande en outre à l’État partie de fournir des propositions de projets et des détails sur l’éventualité d’interventions urbaines concernant le port pour conteneurs, tout espace commercial dans le Corridor de Darajani, le projet de promenade le long du mur de protection de Mizingani, ainsi que sur l’éventualité d’interventions de restauration et plans d’aménagement concernant la Maison de Tippu Tip et le Chawl Building de Creek Road, au Centre du patrimoine mondial, pour examen par les Organisations consultatives avant la délivrance de permis de mise en œuvre ;
  9. Demande enfin à l’État partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial, d’ici le 1er février 2017, un rapport d’avancement et, d’ici le 1er décembre 2017, un rapport actualisé sur l’état de conservation du bien et sur la mise en œuvre des points ci-dessus mentionnés, pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 42e session en 2018.