1.         Parc national de Mana Pools, aires de safari Sapi et Chewore (Zimbabwe) (N 302)

Année d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial  1984

Critères  (vii)(ix)(x)

Année(s) d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril  Néant

Décisions antérieures du Comité  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/302/documents/

Assistance internationale

Demandes approuvées : 0 (de 1990-2001)
Montant total approuvé : 51 854 dollars EU
Pour plus de détails, voir page http://whc.unesco.org/fr/list/302/assistance/

Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO

Néant

Missions de suivi antérieures

Janvier 2011: Mission conjointe de suivi réactif Centre du patrimoine mondial/UICN

Facteurs affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

Matériel d’illustration  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/302/

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2016

L’État partie a soumis un rapport sur l’état de conservation du bien le 18 décembre 2015, disponible à https://whc.unesco.org/fr/list/302/documents/. Ce rapport s’est ajouté à une lettre de la Commission nationale du Zimbabwe pour l’UNESCO reçue le 18 juin 2015, qui présentait des rapports de visite du bien par certains de ses membres et d’un atelier visant à élaborer une stratégie anti-braconnage pour le bien. Des avancées sont rapportées sur divers points soulevés par le Comité lors de sessions précédentes :

De plus, l’État partie de la Zambie a indiqué le 14 mars 2016 que le projet de mine de cuivre dans le parc national du Zambèze inférieur (Zambie) n’a pas été développé suite à une injonction de la Haute Cour, ce qui confirme les informations des médias portées à l’attention du Comité à sa 38e session (Doha, 2014). La décision finale d’autorisation minière ou pas est donc suspendue à une procédure en justice.

Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial et de l’UICN

La mise en œuvre des protections environnementales décrites dans l’évaluation d’impact environnemental (EIE) améliorée s’agissant de lodge de Mana Pools au camp de Vine est accueillie favorablement, mais l’efficacité de ces mesures demandera une mise en œuvre effective des plans de gestion et de suivi environnemental après que le lodge sera devenu opérationnel, en particulier pour évaluer si le niveau accru d’activité sur site et l’occupation d’un territoire critique à proximité des berges affectent les mouvements de la faune sauvage. Des mesures d’atténuation supplémentaires pourraient être nécessaires. L’assurance donnée par l’État partie qu’aucun autre aménagement n’est prévu au sein du parc national, ainsi que l’intention de circonscrire tout futur aménagement à la périphérie du bien et d’interdire tout aménagement le long des berges du Zambèze sont appréciées.

Le comptage aérien de 2014 a révélé une diminution de 36 % de la population d’éléphants dans la vallée du Zambèze (où le bien est situé) depuis 2001, ainsi qu’une diminution de la population de la plupart des autres mammifères. L’élaboration d’une stratégie anti-braconnage pour le bien et d’un plan de gestion des éléphants plus large pour la vallée du Zambèze devrait permettre à l’État partie de faire face à la situation. Ces deux plans doivent disposer de ressources suffisantes et être effectivement mis en œuvre. La décision de l’État partie consistant à retarder l’étude de faisabilité pour la réintroduction du rhinocéros noir en raison de la menace de braconnage est notée.

Il est regrettable que la finalisation du nouveau plan de gestion ait été retardée en raison du manque de fonds nécessaires à la consultation des parties prenantes. Il est recommandé que le Comité encourage l’État partie à solliciter une assistance internationale afin de finaliser ce plan.

Des protections appropriées devraient également être mises en place pour garantir le fait que tout impact causé par une activité minière à l’extérieur du bien soit autant que possible réduit. En particulier, il est recommandé que le Comité rappelle à l’État partie de Zambie ses obligations en vertu de l’article 6 de la Convention, et lui demande de ne prendre aucune décision liée à l’exploitation minière dans le parc national du Zambèze inférieur (PNZI) avant que les impacts potentiels sur la VUE du bien soient soigneusement évalués, conformément à la Note consultative de l’UICN sur le patrimoine mondial : l’évaluation environnementale, même si les suites de la procédure judiciaire en cours étaient favorables à ce développement.

Des avancées ont été effectuées s’agissant de l’établissement d’une zone de conservation transfrontalière reliant le bien avec le PNZI de Zambie, et l’élaboration d’un protocole d’accord pour reconnaître formellement et mettre en œuvre cette collaboration est notée. Il est recommandé que le Comité rappelle également aux États parties ses recommandations antérieures (décision 38 COM 7B.97) visant à considérer de proposer pour inscription le PNZI afin de constituer une inscription transfrontalière conjointe sur la Liste du patrimoine mondial, comme envisagé au moment de l’inscription du bien.

Décision adoptée: 40 COM 7B.84

Le Comité du patrimoine mondial,

  1. Ayant examiné le document WHC/16/40.COM/7B,
  2. Rappelant la décision 38 COM 7B.97, adoptée à sa 38e session (Doha, 2014),
  3. Accueille favorablement la mise en œuvre des protections environnementales pour l’aménagement du nouveau lodge de Mana Pools au camp de Vine, et l’assurance de l’État partie que tout autre aménagement sera situé dans des zones plus périphériques, à l’écart des berges du Zambèze, et demande à l’État partie de garantir un suivi régulier de l’efficacité de la gestion environnementale et des plans de suivi au camp de Vine, et d’adopter une approche évolutive de sa gestion ;
  4. Note avec une grande préoccupation que le comptage aérien national des espèces sauvages importantes de 2014 a révélé une diminution de la population des éléphants et d’autres mammifères de la vallée du Zambèze, qui sont des attributs essentiels de la valeur universelle exceptionnelle (VUE) du bien, et que la menace du braconnage est actuellement trop forte pour envisager une étude de faisabilité en vue d’un possible programme de réintroduction du rhinocéros noir ;
  5. Note l’élaboration d’une stratégie anti-braconnage pour le bien et un plan de gestion des éléphants plus large pour la vallée du Zambèze, et demande également à l’État partie de garantir que cette stratégie et ce plan disposent de ressources suffisantes et soient effectivement mis en œuvre de manière à restaurer et maintenir la VUE du bien ;
  6. Regrette que l’État partie n’ait pas pu finaliser le nouveau plan de gestion pour le bien en raison d’un manque de financement et l’encourage à solliciter une assistance internationale pour soutenir ces travaux ;
  7. Note également avec appréciation l’information transmise par l’État partie de Zambie selon laquelle la mine de cuivre à ciel ouvert autorisée dans le parc national du Zambèze inférieur n’a pas été développée en raison d’une injonction de la Haute Cour, et rappelle à l’État partie de Zambie ses obligations en vertu de l’article 6.3 de la Convention;
  8. Demande en outre à l’État partie de Zambie de faire en sorte, dans tous les cas, que les impacts potentiels de l’extraction de cuivre dans le parc national du Zambèze inférieur sur la VUE du bien soient soigneusement évalués, conformément à la Note consultative de l’UICN sur le patrimoine mondial : l’évaluation environnementale, avant de prendre toute décision difficilement réversible ;
  9. Accueille également favorablement les avancées effectuées par les États parties du Zimbabwe et de Zambie pour établir une zone de conservation transfrontalière reliant le bien au parc national contigu du Zambèze inférieur de Zambie, et les encourage également à finaliser le protocole d’accord et à encore renforcer les opérations conjointes pour protéger et gérer la zone ;
  10. Réitère sa recommandation aux États parties de considérer la proposition d’inscription du parc national du Zambèze inférieur afin de proposer à terme une inscription conjointe transfrontalière sur la Liste du patrimoine mondial, conformément à la recommandation du Comité du patrimoine mondial au moment de l’inscription du bien ;
  11. Demande par ailleurs à l’État partie de Zambie d’informer le Centre du patrimoine mondial de la décision concernant la mine à ciel ouvert de Kangaluwi et Chisawa, dans le parc national du Zambèze inférieur, et de ses impacts potentiels sur la VUE du bien ;
  12. Demande de plus à l’État partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial, d’ici le 1er décembre 2017, un rapport actualisé sur l’état de conservation du bien et sur la mise en œuvre des points ci-dessus mentionnés, pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 42e session en 2018.