1.         Parc national du lac Malawi (Malawi) (N 289)

Année d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial  1984

Critères  (vii)(ix)(x)

Année(s) d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril  Néant

Décisions antérieures du Comité  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/289/documents/

Assistance internationale

Demandes approuvées : 0 (de 1986-2012)
Montant total approuvé : 126 344 dollars EU
Pour plus de détails, voir page http://whc.unesco.org/fr/list/289/assistance/

Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO

Montant total accordé : en 2015, le bien a reçu une dotation de 50.000 dollars EU dans le cadre du Programme sur le Patrimoine Mondial et le tourisme durable de l’UNESCO (Fonds-en-dépôt des Flandres)

Missions de suivi antérieures

Mars/avril 2014 : mission de suivi réactif conjointe UNESCO/UICN

Facteurs affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

Matériel d’illustration  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/289/

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2016

Dans une lettre adressée au Centre du patrimoine mondial le 3 décembre 2015, consultable à l’adresse https://whc.unesco.org/fr/list/289/documents/, l’État partie a demandé un délai supplémentaire avant de répondre aux décisions du Comité, et indiqué que le nouveau gouvernement, entré en fonction en mai 2014, avait déjà :

Par la suite, le Centre du patrimoine mondial a écrit à l’État partie le 18 janvier 2016, lui demandant de :

La lettre a également attiré l’attention sur la nécessité de réaliser une étude d’impact environnemental (EIE), conformément à la Note de conseil de l’UICN, sur tout aménagement pouvant porter atteinte au bien, et reconnu la participation de l’État partie au projet du programme de tourisme durable du patrimoine mondial visant à développer une stratégie de gestion du tourisme pour le bien. Aucune réponse de l’État partie n’est parvenue au moment de la rédaction du présent rapport.

Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial et de l’UICN

En l’absence d’un rapport détaillé de l’État partie, il est difficile de déterminer l’ampleur des progrès réalisés dans le traitement de la décision 38 COM 7B.92 du Comité et des recommandations de la mission de suivi réactif conjointe UNESCO/UICN de 2014.

La principale inquiétude pour la VUE du bien provient des activités d’exploration pétrolière à la suite de l’octroi de licences d’exploration dans la partie du lac appartenant au Malawi (comprenant le bien du patrimoine mondial) en 2011 et 2013. Un déversement accidentel se produisant dans le lac représenterait un risque potentiellement sévère vis-à-vis de l’intégrité de tout l’écosystème incluant la zone aquatique et les rives du bien, une inquiétude que le Comité a déjà exprimée dans sa décision 38 COM 7B.92. Les articles publiés dans la presse confirment le rapport de l’État partie selon lequel des activités d’exploration gazière commenceront début 2016.

Il convient de noter les efforts de l’État partie pour gérer le tourisme dans le bien, y compris par la participation au projet du programme de tourisme durable du patrimoine mondial qui vise à développer une stratégie de gestion du tourisme pour le bien et devrait être soumise au Centre du patrimoine mondial pour approbation. Il convient de rappeler que la mission de 2014 a considéré que le projet de construction d’un grand hôtel et d’un centre touristique à proximité du bien, sur la rive sud de la péninsule de Cape Maclear, était susceptible d’avoir un impact sur la VUE du bien et devrait faire l’objet d’une EIE avant de recevoir toute autorisation, conformément à la Note de conseil de l’UICN pour les évaluations d’impact environnemental.

De nombreuses inquiétudes subsistent, soulignées dans le rapport de la mission de 2014, concernant des aspects de la protection et de la gestion du bien. Tout en reconnaissant les progrès réalisés avec la révision du plan de gestion, il est important d’achever les consultations des parties prenantes et d’assurer une protection effective sur place, en particulier les habitats aquatiques des rives qui constituent la base de la VUE du bien. L’achèvement du plan de gestion demeure une priorité et sa mise en œuvre devrait être alignée sur la stratégie de gestion du tourisme. A long terme, il reste important d’envisager des possibilités d’extension du bien afin d’inclure une part plus représentative des poissons, des habitats aquatiques et des processus d’évolution uniques du lac.

Décision adoptée: 40 COM 7B.81

Le Comité du patrimoine mondial,
  1. Ayant examiné le document WHC/16/40.COM/7B,
  2. Rappelant la décision 38 COM 7B.92, adoptée à sa 38e session (Doha, 2014),
  3. Regrette que les informations soumises par l’État partie n’aient pas traité les demandes formulées par le Comité dans sa décision 38 COM 7B.92 ;
  4. Réitère son inquiétude quant aux activités d’exploration pétrolière sur l’ensemble du lac, notant qu’un déversement accidentel représenterait un risque potentiellement sévère vis-à-vis de l’intégrité de tout l’écosystème lacustre incluant la zone aquatique et les rives du bien ; et prie instamment l’État partie d’annuler l’autorisation d’exploitation pétrolière qui empiète sur le bien;
  5. Réitère sa positionselon laquelle l’exploration et l’exploitation pétrolières, gazières et minières sont incompatibles avec le statut de patrimoine mondial, qui est soutenue par les engagements pris par les dirigeants d’entreprises telles que Shell et Total de ne pas entreprendre de telles activités dans les biens du patrimoine mondial, et réitère son appel à Surestream et RAKGAS, qui se sont vus accorder des concessions d’exploration pétrolière sur le lac, de prendre l’engagement de ni exploiter ni explorer ni gaz ni pétrole dans les biens du patrimoine mondial ;
  6. Demande à l’État partie de s’assurer que toute activité d’exploration hors du bien ainsi que tout autre développement pouvant avoir un impact sur la valeur universelle exceptionnelle (VUE) du bien, y compris les aménagements touristiques, soit soumis à des études d’impact environnemental conformément à la Note de conseil de l’UICN pour les évaluations d’impact environnemental appliquées au patrimoine mondial ;
  7. Réitère sa demande à l’État partie de mettre en œuvre toutes les recommandations de la mission de 2014 ;
  8. Demande également à l’État partie de revoir le plan de gestion de 2007-2011 pour le bien et de le mettre à disposition pour examen par le Centre du patrimoine mondial et l’UICN, accompagné de la stratégie de gestion du tourisme durable approuvé afin de s’assurer que le plan de gestion révisé est conforme au plan de tourisme et inclut des dispositions pour la mise en œuvre des recommandations de la mission susmentionnée ;
  9. Demande en outre à l’État partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial, d’ici le 1er février 2017, un rapport intermédiaire et, d’ici le 1er décembre 2017 un rapport actualisé sur l’état de conservation du bien et la mise en œuvre des points qui précèdent, pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 42e session en 2018.