1.         Gebel Barkal et les sites de la région napatéenne (Soudan) (C 1073)

Année d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial  2003

Critères  (i)(ii)(iii)(iv)(vi)

Année(s) d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril  Néant

Décisions antérieures du Comité  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/1073/documents/

Assistance internationale

Demandes approuvées : 0 (de 2004-2005)
Montant total approuvé : 68 900 dollars EU
Pour plus de détails, voir page http://whc.unesco.org/fr/list/1073/assistance/

Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO

Néant

Missions de suivi antérieures

2004 : mission du Centre du patrimoine mondial ; Février 2011 : mission conjointe de suivi réactif Centre du patrimoine mondial/ICOMOS/ICCROM.

Facteurs affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

a) Détérioration en conséquence d’une exposition à de difficiles conditions environnementales telles que vent chargé de sable et inondations ;

b) Empiètement urbain ;

c) Absence de plan de gestion avec engagement gouvernemental.

Matériel d’illustration  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/1073/

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2011

L’État partie n’a pas soumis de rapport sur l’état de conservation comme demandé par le Comité du patrimoine mondial à sa 34e session (Brasilia, 2010). Toutefois, une mission de suivi réactif conjointe Centre du patrimoine mondial/ICOMOS/ICCROM a visité le bien du 25 février au 4 mars 2011, comme demandé par le Comité du patrimoine mondial dans la même décision. Le rapport de mission peut être consulté en ligne à l’adresse suivante : http://whc.unesco.org/fr/sessions/35COM.

 

a) Détérioration en conséquence d’une exposition à de difficiles conditions environnementales

Bien que de précédents rapports de mission aient suggéré d’importants problèmes de conservation sur les sites archéologiques et les structures individuelles, notamment altération prononcée, érosion éolienne et instabilité structurelle, l’équipe de mission a trouvé que ces informations étaient vraisemblablement basées sur une perception visuelle initiale et non un suivi minutieux ni une étude du bien sur la durée. L’équipe de mission a comparé des photographies prises en 2004 lors d’une mission du Centre du patrimoine mondial avec la situation actuelle sur le bien et constaté qu’en apparence, l’état de conservation du bien ne s’est pas détérioré de manière significative ces 5 dernières années. La mission a recommandé qu’un système de suivi efficace soit mis en place sur l’ensemble des cinq sites qui composent ce bien, en prenant en compte les preuves photographiques antérieures et plus récentes comme base de comparaison pour le suivi à venir. La mission a également recommandé qu’aucune intervention de conservation majeure ne soit planifiée ni mise en œuvre tant que des informations plus précises sur la détérioration n’auront pas été obtenues et un consensus plus large obtenu avec une expertise nationale et internationale.

L’équipe de mission a constaté que les peintures murales dans le temple de Mut à Gebel Barkal et les tombes du roi Tanouétamani et de la reine Qalhata à El-Kurru semblent actuellement stables. La seule exception semble être l’impact de chauve-souris et insectes, en particulier termites, qui justifierait une action de conservation spécifique basée sur des méthodes de contrôle passif, en évitant l’utilisation de tout produit chimique susceptible d’avoir un impact préjudiciable sur les peintures. Des préoccupations ont été exprimées quant à l’absence d’une stratégie de gestion des visiteurs, particulièrement parce qu’ils influent l’augmentation du taux d’humidité qui pourrait avoir un impact sur les peintures murales. La mission a recommandé que des études sur la capacité d’accueil des sites soient réalisées afin qu’un nombre maximum de visiteurs par jour puisse être établi.

b) Plan de gestion pour le bien

L’équipe de mission a constaté que le plan de gestion pour le bien du patrimoine mondial, finalisé le 10 novembre 2007 et par la suite approuvé par les autorités soudanaises, n’avait pas encore été mis en œuvre. Cette situation est due au manque de personnel et de ressources financières de la corporation nationale des antiquités et musées (NCAM) ainsi qu’à l’absence de résumé exécutif et plan d’action efficaces et en langue arabe. Bien qu’un plan d’action détaillé et consolidé avec calendrier ait été préparé en 2007, des doutes sont émis sur son adéquation avec les capacités et ressources actuelles disponibles. La mission a par conséquent recommandé une session de renforcement des capacités pour le personnel de la NCAM et les parties prenantes locales sur les points afférents à la mise en œuvre du plan de gestion.

c) Empiètement urbain et autres projets de développement

Tandis qu’un projet de construction d’un hôtel à Gebel Barkal a précédemment été évité, le bien et sa potentielle zone tampon font encore l’objet de pressions dues à des projets touristiques. Un nouveau projet hôtelier est actuellement envisagé et des travaux de préparation ont déjà commencé sur un site situé dans le champ de vision du bien du patrimoine mondial. La mission a noté que les périmètres des zones tampons n’avaient pas encore été finalisés et qu’il n’y avait aucune réglementation pour contrôler l’aménagement urbain au sein de ces zones tampons. L’équipe de mission a jugé capital que les zones tampons soient finalisées et qu’elles restent exemptes de toute construction pour garantir l’absence d’impact préjudiciable sur la valeur universelle exceptionnelle (VUE) du bien. Sur la base de discussions avec les autorités locales, la mission a recommandé qu’une lettre soit envoyée par le Centre du patrimoine mondial pour souligner la nécessité d’élaborer des mesures de contrôle de la planification afin de garantir que le bien et ses environs restent exempts de toute nouvelle construction ou projets de développement. Cette lettre a été envoyée le 14 avril 2011.

La mission a par ailleurs discuté de l’impact négatif de la route à plusieurs dizaines de mètres du champ de pyramides de Gebel Barkal, qui affecte de manière préjudiciable les valeurs spirituelles et associées au site. La mission a suggéré qu’une nouvelle route soit envisagée en bordure de la zone tampon.

La mission a également examiné les impacts potentiels de la construction d’un barrage sur le Nil à la quatrième cataracte. Elle a constaté que, tandis que cela n’aurait aucun impact visuel direct pour le bien du patrimoine mondial, il était nécessaire d’assurer un suivi constant des sites, et plus particulièrement de surveiller les changements de température et d’hygrométrie en raison de changements dans la nappe phréatique. La mission a également recommandé que les impacts cumulés du projet de barrage soient examinés vis-à-vis d’effets à plus long terme susceptibles d’avoir un impact négatif sur la VUE du bien. 

Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial, de l’ICOMOS et de l’ICCROM

Le Centre du patrimoine mondial et les Organisations consultatives notent les résultats de la mission qui indiquent que l’état de conservation des structures et des sites archéologiques semble être stable pour l’instant. Ils soulignent, suite aux recommandations de la mission, le besoin urgent de rendre opérationnel le plan de gestion et d’élaborer un système de suivi complet afin de mieux comprendre les besoins en conservation du bien à long terme. De plus, il est nécessaire que l’État partie traite les points relatifs aux pressions du tourisme et du développement urbain et, en particulier, des grands projets de développement, afin de garantir qu’ils n’ont pas d’impact négatif sur la VUE du bien. 

Décision adoptée: 35 COM 7B.57

Le Comité du patrimoine mondial,

1. Ayant examiné le document WHC-11/35.COM/7B.Add,

2. Rappelant la décision 34 COM 7B.63, adoptée à sa 34e session (Brasilia, 2010),

3. Note les résultats de la mission de suivi réactif concernant l'état de conservation physique des structures, vestiges archéologiques et peintures murales sur le bien;

4. Demande à l'Etat partie d'élaborer un système de suivi continu pour garantir la stabilité de ces structures, vestiges archéologiques et peintures murales, et de s'abstenir de planifier ou de mettre en œuvre des projets de restauration avant d'avoir obtenu du processus de suivi des informations plus précises sur les mécanismes de détérioration;

5. Réitère sa demande à l'Etat partie de mettre en œuvre dès que possible le plan de gestion de 2007, en renforçant la structure de gestion et le personnel sur le bien, en remettant à ce personnel un résumé exécutif en arabe et en élaborant un plan d'action révisé détaillé et budgétisé avec des calendriers et responsabilités de mise en œuvre clairs ;

6. Prie instamment l'Etat partie de veiller à ce que le personnel du site et les autres parties prenantes bénéficient du renforcement des capacités nécessaire afin de mettre en œuvre le plan de gestion avec efficacité ;

7. Demande également à l'Etat partie de fournir, dans le cadre de l'inventaire rétrospectif, des cartes topographiques détaillées des cinq éléments qui constituent le bien, d'ici le 1er décembre 2011 ;

8. Demande en outre à l'Etat partie de finaliser les limites des zones tampons et la mise en place du contrôle d'aménagement urbain de ces zones dès que possible, pour garantir que la pression du tourisme, du développement urbain et des infrastructures n'ait pas d'impact négatif sur la valeur universelle exceptionnelle du bien, et de soumettre une modification mineure des limites d'ici le 1er février 2012, pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 36e session en 2012 ;

9. Demande par ailleurs à l'Etat partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial, d'ici le 1er février 2013, un rapport actualisé sur l'état de conservation du bien et la mise en œuvre des points susmentionnés, pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 37e session en 2013.