1.         Zone de gestion des Pitons (Sainte-Lucie) (N 1161)

Année d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial  2004

Critères  (vii)(viii)

Année(s) d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril  Néant

Décisions antérieures du Comité  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/1161/documents/

Assistance internationale

Demandes approuvées : 0 (de 2002-2002)
Montant total approuvé : 19 950 dollars EU
Pour plus de détails, voir page http://whc.unesco.org/fr/list/1161/assistance/

Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO

Néant

Missions de suivi antérieures

Mars 2010 : mission conjointe de suivi réactif Centre du patrimoine mondial / UICN

Facteurs affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

Pressions dues au développement touristique et résidentiel.

Matériel d’illustration  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/1161/

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2011

Le 31 janvier 2011, l’État partie a soumis un rapport sur l’état de conservation du bien. Ce rapport donne un aperçu des progrès accomplis par l’État partie dans l’application du moratoire à tous les développements hôteliers et résidentiels à l’intérieur de la zone de gestion des Pitons (ZGP), comme demandé dans les décisions du Comité du patrimoine mondial 32 COM 7B.40, 33 COM 7B.39, 34 COM 7B.37, jusqu’à la mise en place de mécanismes efficaces pour garantir que la future utilisation des sols dans le périmètre du bien sera compatible avec sa Valeur universelle exceptionnelle). 

a) Pressions dues au développement touristique et résidentiel

L’État partie indique qu’il reste engagé dans la préservation de la Valeur universelle exceptionnelle de la zone de gestion des Pitons et continue de mettre en oeuvre la conclusion ministérielle n° 645 du 31 octobre 2010 qui imposait l’application d’un« moratoire sur toutes les activités de développement à l’intérieur de la ZGP… », jusqu’à ce que les résultats d’une étude sur les limites de changements acceptables (LCA) soient adoptés et intégrés dans la révision du plan d’utilisation des sols de la zone et dans les orientations pour le contrôle de la planification. L’État partie signale également qu’il travaille avec le bureau régional de l’IUCN pour la Méso-Amérique et les Caraïbes en vue d’assurer une assistance technique à la ZGP et est également en train d’examiner une étude sur le cadre juridique et institutionnel recommandé pour le bien. Le Centre du patrimoine mondial a reçu une lettre de l’État partie à ce sujet et lui a suggéré de solliciter un soutien dans le cadre de l’assistance internationale.

Alors que le Centre du patrimoine mondial et l’IUCN félicitent l’État partie pour les progrès accomplis dans l’application du moratoire, la préparation du cahier des charges pour l’étude LCA et son engagement dans la révision des plans d’occupation des sols et des orientations pour contrôler la planification, ils relèvent une ambigüité dans le rapport de l’État partie à propos de l’application du moratoire sur le développement. La section 2.2 de ce rapport laisse entendre que l’État partie continue d’examiner certaines demandes d’autorisation d’aménagement à l’intérieur de la ZGP, en se fondant sur le plan de développement intégré (PDI), qui est le plan d’ utilisation des sols relatif à la zone. L’existence d’un moratoire est clairement incompatible avec un examen de demandes d’aménagement dans le périmètre de la ZGP. Le Centre du patrimoine mondial ayant demandé de plus amples précisions sur ce point, l’État partie a répondu par lettre datée du 12 avril 2011, en indiquant qu’un moratoire strict sur le développement était effectivement en place sur l’ensemble du bien, citant une décision prise à ce sujet par les ministres du gouvernement de Sainte Lucie en date du 10 juillet 2010. 

Le Centre du patrimoine mondial et l’IUCN soulignent qu’il sera capital d’instaurer un dialogue ouvert et transparent avec les parties prenantes et, en particulier, les propriétaires privés de biens fonciers à l’intérieur du bien, afin de résoudre durablement le problème des pressions dues au développement exercées sur la zone de gestion des Pitons. L’aide fournie à Ste Lucie par l’initiative caraïbe de l’IUCN vise à faciliter ce dialogue, comme souligné dans le mandat annexé au rapport de l’État partie.

b) Impact de l’ouragan sur le bien

L’État partie rapporte que Sainte Lucie a été dévastée par l’ouragan Thomas le 30 octobre 2010. Le Centre du patrimoine mondial et l’IUCN expriment également leurs sincères condoléances à la population de Sainte Lucie et aux familles des ceux qui ont perdu la vie dans le sillage de l’ouragan Thomas. Le bien a subi plusieurs glissements de terrain dus aux fortes précipitations, qui ont affecté la couverture forestière en certains endroits et ont également porté gravement atteinte aux récifs fragiles de la composante marine du bien, qui furent encrassés par les éléments du sol et les débris entraînés par l’eau de pluie. Des travaux de réhabilitation sont prévus, mais l’État partie ne donne pas de plus amples détails. L’IUCN observe que les impacts de l’ouragan semblent être moins importants à l’intérieur de la ZGP qu’à la Soufrière et dans la zone côtière environnante. Toutefois, le fait que plusieurs glissements de terrain importants se soient produits à la Jalousie et en d’autres lieux de villégiature est une indication révélant la fragilité des sols du bien et l’importance d’assurer la compatibilité de la future occupation des sols avec sa Valeur universelle exceptionnelle.

Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial et de l’UICN

L’État partie s’est clairement engagé sur l’application d’un moratoire sur les autorisations de projets d’aménagement dans le périmètre du bien jusqu’au moment où l’étude des limites de changements acceptables serait terminée et ratifié par le cabinet des ministres de Sainte Lucie, comme demandé par le Comité du patrimoine mondial.

Le Centre du patrimoine mondial et l’IUCN recommandent au Comité du patrimoine mondial d’accueillir favorablement l’intention de l’État partie d’entreprendre une étude des limites de changements acceptables sur les niveaux d’ utilisation des sols qui seraient compatibles avec la valeur universelle exceptionnelle du bien et recommandent que l’étude prenne en compte la position claire du Comité du patrimoine mondial demandant que les aménagements à l’intérieur de la ZGP soient strictement circonscrits afin d’éviter toute détérioration de son intégrité (Décision 34 COM 7B.37). Ils recommandent également au Comité du patrimoine mondial d’encourager l’État partie à envisager d’achever le processus d’acquisition de terrains privés supplémentaires dans le périmètre du bien, comme recommandé par le Comité du patrimoine mondial au moment de l’inscription, afin de faciliter la conservation et la gestion de sa valeur universelle exceptionnelle.

Décision adoptée: 35 COM 7B.35

Le Comité du patrimoine mondial,

1. Ayant examiné le document WHC-11/35.COM/7B.Add,

2. Rappelant la décision 34 COM 7B.37, adoptée à sa 34e session (Brasilia, 2010),

3. Exprime également des sincères condoléances à la population de Sainte Lucie et aux familles de ceux qui ont perdu la vie dans le sillage de l'ouragan Thomas;

4. Note les progrès accomplis par l'État partie dans l'application du moratoire sur les développements hôtelier et résidentiel dans le périmètre du bien;

5. Accueille favorablement l'intention de l'État partie d'entreprendre une étude sur les limites des changements acceptables et une révision des plans d'occupation des sols et des orientations pour le contrôle du développement et réitère sa position claire que le développement dans le périmètre du bien devrait être strictement circonscrit afin d'éviter toute détérioration de sa Valeur universelle exceptionnelle;

6. Considère qu'il sera capital d'instaurer un dialogue ouvert et transparent avec toutes les parties prenantes et, en particuliers, avec les propriétaires privés de biens fonciers à l'intérieur du bien, afin de résoudre durablement le problème des pressions auxquelles le bien est exposé;

7. Invite l'État partie à soumettre une demande d'assistance internationale au Comité du patrimoine mondial pour soutenir la préparation de l'étude des limites des changements acceptables;

8. Demande à l'État partie de finaliser le projet de déclaration de Valeur universelle exceptionnelle, qui devrait être soumis dans le cadre de l'exercice de rapport périodique pour l'Amérique latine et les Caraïbes;

9. Demande également à l'État partie de soumette au Centre du patrimoine mondial, d'ici le 1er février 2012, un rapport sur l'état de conservation du bien, y compris des mises à jour de l'état d'avancement de l'étude des limites des changements acceptables, des révisions des plans d'occupation des sols et des orientations pour le contrôle de la planification, et une liste de toutes les demandes d'autorisation d'aménagement et des projets d'aménagements approuvés dans le périmètre du bien, pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 36e session en 2012.