1.         Quartier historique de la ville portuaire de Valparaiso (Chili) (C 959rev)

Année d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial  2003

Critères  (iii)

Année(s) d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril  Néant

Décisions antérieures du Comité  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/959/documents/

Assistance internationale

Demandes approuvées : 0 (de 2010-2010)
Montant total approuvé : 140 688 dollars EU
Pour plus de détails, voir page http://whc.unesco.org/fr/list/959/assistance/

Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO

Néant

Missions de suivi antérieures

Novembre 2013 : mission de conseil de l’ICOMOS

Facteurs affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

Matériel d’illustration  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/959/

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2015

Le 28 novembre 2014, l’État partie a soumis un rapport d’étape d’état de conservation sur le projet d’agrandissement du port (terminal 2) et le centre commercial de Puerto Barón. Le projet de terminal est évalué depuis septembre 2014 au moyen d’une évaluation d’impact environnemental (EIE), conformément à la loi no 19.300 de réglementation générale sur l’environnement. Dans ce cadre, le Comité national des monuments a entrepris des études et publié des observations en s’appuyant sur le Guide de l’ICOMOS pour les évaluations d’impact sur le patrimoine (EIP) appliquées aux biens culturels du patrimoine mondial et sur la Recommandation sur le paysage urbain historique (PUH).

S’agissant du projet de centre commercial de Puerto Barón, un groupe interinstitutionnel baptisé « Comité de conservation du quartier historique du port maritime de la ville de Valparaiso » a été créé par instruction présidentielle. Ce comité a élaboré des instructions et des critères d’intervention en matière de conception architecturale alternative afin d’atteindre un équilibre nécessaire entre la protection du patrimoine et les impératifs légitimes de développement du port.

Concernant la protection du patrimoine archéologique, l’État partie a soumis en avril 2015 un plan de gestion archéologique actualisé.

Le 9 février 2015, l’État partie a soumis un rapport sur l’état de conservation et le 26 mars 2015, des informations supplémentaires sur les conséquences de la révision du projet, disponibles à https://whc.unesco.org/fr/list/959/documents/. Ce rapport rappelle que le pays met en œuvre une nouvelle politique nationale d’aménagement urbain – menée par le Conseil national de l’aménagement urbain dont le Conseil national des monuments est membre – et que l’un de ses objectifs principaux est l’intégration de l’identité et du patrimoine dans la planification territoriale grâce à un seul instrument de réglementation de la planification urbaine : le plan local réglementaire. Dans le cas de Valparaiso, ce plan s’appliquera à la totalité de la ville et devrait fournir une carte de navigation unique. Deux des six étapes de la procédure ont été finalisées à ce jour. Le plan directeur pour la zone du patrimoine mondial sera rattaché au plan local réglementaire, ainsi qu’au plan local d’aménagement. Ce rattachement devrait générer une planification et une structure de gestion plus cohérentes et mieux coordonnées.

L’État partie évoque également le grand incendie qui a ravagé la ville en avril 2014 et a affecté la ville supérieure située hors de la zone du patrimoine mondial, et plusieurs projets spécifiques de conservation, dont ceux de neuf ascenseurs, d’édifices emblématiques et d’espaces urbains.

Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial, de l’ICOMOS et de l’ICCROM

L’État partie a systématiquement répondu à chaque recommandation du Comité et a fourni des informations supplémentaires pertinentes sur plusieurs projets spécifiques de conservation, dont ceux des ascenseurs, d’édifices emblématiques et d’espaces urbains. Il est recommandé que le Comité félicite l’État partie pour ces efforts accomplis alors même qu’il devait répondre à la situation d’urgence provoquée par le grand incendie d’avril 2014.

On notera que l’un des principaux objectifs de la politique nationale d’aménagement urbain est l’intégration de l’identité et du patrimoine dans la planification territoriale grâce aux plans locaux réglementaires et d’aménagement. L’association et l’interaction du plan directeur de gestion du patrimoine pour la zone du patrimoine mondial avec ces instruments devraient garantir une attention appropriée aux aspects du PUH de ladite zone et de son cadre élargi.

Ces mêmes instruments devraient aussi fournir des mécanismes appropriés en matière de gestion intégrée. De plus, la création du ministère de la Culture ainsi que l’établissement d’un programme national interministériel pour les sites du patrimoine mondial renforceraient le cadre institutionnel du patrimoine culturel.

Néanmoins, on peut être préoccupé par la longue période de mise en œuvre nécessaire de cette politique et de ses instruments de planification ; la soumission d’un rapport complet sur les mécanismes de planification territoriale, locale et du patrimoine mondial et leur articulation serait bienvenue, tout comme le serait une analyse de l’efficacité desdits mécanismes pour la préservation de la valeur universelle exceptionnelle (VUE) et de ses attributs ainsi que celle des structures de gestion intégrée qui seraient mises en place.

La réponse donnée par l’État partie sur le projet de terminal est notée et les actions prises pour appliquer le Guide de l’ICOMOS pour les EIP appliquées aux biens culturels du patrimoine mondial et les recommandations sur le PUH lors des évaluations d’impact sont accueillies favorablement. Il est recommandé que le Comité demande à l’État partie de présenter des études finalisées au Centre du patrimoine mondial et aux Organisations consultatives pour évaluation, ainsi qu’une analyse montrant comment ces études et la conception du projet répondent aux recommandations de la mission de conseil de 2013.

S’agissant du centre commercial de Puerto Barón, l’engagement de l’État partie se manifeste par la création du Comité de conservation du quartier historique du port maritime de la ville de Valparaiso, et par les modifications importantes et extrêmement utiles s’agissant de la conservation intégrale des dimensions et de l’espace de la Bodega Simón Bolívar ainsi que des volumes qui permettront une meilleure visibilité de la Bodega vue de l’amphithéâtre. Même si l’on ne peut pas demander à l’aménageur d’entreprendre une évaluation d’impact environnemental étant donné l’importance de l’échelle du projet, lequel aura un impact indirect sur l’intégralité de la ville de Valparaiso, et spécialement sur le bien, il serait souhaitable qu’une EIP étudie tout impact sur la VUE du bien, en particulier sur la vitalité du port maritime, dont provient la prospérité de Valparaiso, et sur la forme d’amphithéâtre de la ville.

Le plan de gestion archéologique révisé garantira un traitement approprié des découvertes archéologiques effectuées dans la zone du projet de Puerto Barón. Les circonstances historiques ont été documentées et cela permettra d’interpréter le contexte des objets qui seront potentiellement découverts et de ceux trouvés pendant les premières fouilles (octobre 2013), ces premières découvertes ayant provoqué l’arrêt des travaux de construction jusqu’à la mise en place d’un plan de gestion archéologique.

Décision adoptée: 39 COM 7B.90

Le Comité du patrimoine mondial,

  1. Ayant examiné le document WHC-15/39.COM/7B.Add,
  2. Rappelant la décision 38 COM 7B.41, adoptée à sa 38e session (Doha, 2014),
  3. Félicite l’État partie pour ses efforts visant à favoriser la mise en place de mécanismes de planification pour la ville et pour le nombre important de travaux de conservation, dont ceux des ascenseurs, qui sont entrepris alors que la ville a aussi dû répondre à la situation d’urgence provoquée par le grand incendie d’avril 2014 ;
  4. Demande à l’État partie de soumettre :
    1. un échéancier de mise en œuvre de la politique d’aménagement urbain et de ses instruments dans la ville de Valparaiso,
    2. un rapport complet sur les mécanismes de planification territoriale, locale et du site du patrimoine mondial ainsi que leur articulation,
    3. une analyse de l’efficacité de la politique et des mécanismes susmentionnés pour la préservation de la valeur universelle exceptionnelle (VUE) et de ses attributs ainsi que celle des structures de gestion intégrée qui seraient mises en place ;
  5. Note la réponse de l’État partie au sujet du projet de terminal 2, accueille favorablement les actions prises pour appliquer le Guide de l’ICOMOS sur les évaluations d’impact sur le patrimoine (EIP) appliquées aux biens culturels du patrimoine mondial et les recommandations sur le paysage urbain historique (PUH) dans le cadre des études d’impact et demande également à l’État partie de présenter les études finalisées dès qu’elles seront disponibles ainsi qu’une analyse de l’adéquation desdites études et de la conception du projet avec les recommandations de la mission de conseil de 2013 ;
  6. Accueille aussi favorablement les efforts de l’État partie pour revoir le projet du centre commercial de Puerto Barón, se félicite également des avancées effectuées à ce jour s’agissant des modifications apportées aux plans et de l’élaboration continue du plan de gestion archéologique et, tout en reconnaissant qu’une évaluation d’impact environnemental complète ne peut être entreprise, recommande vivement que l’État partie entreprenne une EIP qui décrirait formellement tout impact du projet sur la VUE du bien, et en particulier sur la forme d’amphithéâtre de la ville et la vitalité du port maritime dont provient la prospérité de Valparaiso, pour soumission au Centre du patrimoine mondial une fois qu’elle sera achevée ;
  7. Demande en outre à l’État partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial, d’ici le 1er décembre 2016, un rapport actualisé, incluant un résumé analytique d’une page, sur l’état de conservation du bien et sur la mise en œuvre des points ci-dessus mentionnés, pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 41e session en 2017.