1.         Paysage culturel de la province de Bali : le système des subak en tant que manifestation de la philosophie du Tri Hita Karana (Indonésie) (C 1194rev)

Année d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial  2012

Critères  (ii)(iii)(v)(vi)

Année(s) d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril  Néant

Décisions antérieures du Comité  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/1194/documents/

Assistance internationale

Demandes approuvées : 0 (de 2001-2001)
Montant total approuvé : 30 000 dollars EU
Pour plus de détails, voir page http://whc.unesco.org/fr/list/1194/assistance/

Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO

Néant

Missions de suivi antérieures

Janvier 2015: mission de conseil ICOMOS/ICCROM

Facteurs affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

Les facteurs suivant ont été identifiés au moment de l’inscription du bien en 2012 :

Matériel d’illustration  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/1194/

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2015

Le 28 janvier 2015, l’État partie a soumis un rapport sur l’état de conservation. Par ailleurs, comme recommandé par le Comité, une mission de conseil conjointe ICOMOS/ICCROM a été invitée par l’État partie à visiter le bien en janvier 2015. Les deux rapports sont disponibles à https://whc.unesco.org/fr/list/1194/documents, et les informations peuvent être résumées comme suit :

Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial, de l’ICOMOS et de l’ICCROM

La mission de conseil a noté que les engagements pris au moment de l’inscription pour une gestion efficace qui protège la VUE du bien sont toujours soutenus. Néanmoins, la mission a aussi noté que la pression liée au changement d’usage des terres demeure importante, laquelle est à l’origine d’une vulnérabilité très importante qui met à mal la capacité des autorités à soutenir la VUE. L’imbrication actuelle des réglementations et politiques nationales, provinciales et du district semble insuffisant à réguler le changement d’usage des terres au sein du bien, car les systèmes traditionnels de gestion – menés par le Pekaseh – ont une très grande autonomie pour changer l’usage des terres et/ou prendre des décisions relatives au développement.

La mission a aussi noté le besoin grandissant d’une planification stratégique du tourisme culturel et de l’écotourisme centrés sur la communauté, particulièrement pour Jatiluwih et la zone située près du mont Batur, même si l’intégralité du bien est vulnérable aux pressions touristiques en raison d’un manque de planification stratégique efficace.

Au moment de l’inscription, en raison du caractère essentiel des communautés et de leurs structures traditionnelles pour la VUE du bien, il a été envisage qu’il y aurait la participation pleine et entière des communautés paysannes subak à l’Assemblée directrice en matière de mise en œuvre efficace du plan de gestion. Néanmoins, la mission a noté que la représentation et la participation de la communauté paysanne dans l’Assemblée directrice, comme prévu au moment de l’inscription, ne semblent pas avoir été mises en œuvre dans les faits. Même si l’on pourrait considérer que le nouveau mécanisme du Forum de coordination récemment mis en place par l’État partie contribue potentiellement à l’amélioration du système de gestion, la mission a estimé qu’il était prématuré d’en évaluer l’efficacité.

La mission, tout en accueillant favorablement l’exonération d’impôt accordée aux paysans subak des districts de Gianyar et de Tabanan qui lui a été signalée, considère que la mise en place de dispositifs financiers visant à soutenir les subak traditionnels et à réduire la pression pour le changement d’usage des terres est une priorité constante pour l’intégralité du bien.

De manière à renforcer les processus de gestion dans leur ensemble, la mission a recommandé que les autorités indonésiennes et de la province de Bali reconnaissent formellement la structure révisée du système de gestion (en y incorporant le Forum de coordination). La mission a également recommandé le développement des points suivants :

La mission a considéré que tous ces points (et d’autres recommandations) étaient hautement prioritaires et urgentes, même si certains d’entre eux doivent être permanents et/ou s’inscrire dans le long terme.

Reconnaissant la grande vulnérabilité du bien aux pressions liées au développement et au changement d’usage des terres, et la fragilité des systèmes traditionnels subak, il est recommandé que le Comité prie instamment l’État partie de renforcer de toute urgence la gestion d’ensemble du bien grâce à une participation accrue des communautés subak et à leur soutien, et grâce à une planification stratégique plus détaillée, y compris en assurant la nécessaire sauvegarde des zones hydrographiques et en promouvant le tourisme culturel durable.

Décision adoptée: 39 COM 7B.66

Le Comité du patrimoine mondial,

  1. Ayant examiné le document WHC-15/39.COM/7B.Add,
  2. Rappelant la décision 38 COM 7B.14, adoptée à sa 38e session (Doha, 2014),
  3. Félicite l’État partie d’avoir invité une mission de conseil pour partager les préoccupations et problèmes soulevés par le Comité, et note que les engagements pris au moment de l’inscription en faveur d’une gestion efficace qui protège la Valeur universelle exceptionnelle (VUE) du bien sont toujours soutenus ;
  4. Note avec préoccupation que la pression liée au changement d’usage des terres demeure importante, créant une vulnérabilité très importante qui met à mal la capacité des autorités à soutenir la VUE et, bien qu’il fut prévu au moment de l’inscription que la participation des communautés paysannes subak à l’Assemblée directrice serait pleine et entière en matière de mise en œuvre efficace du plan de gestion, il semble que cela n’ait pas été mis en place efficacement ;
  5. Prend note des améliorations introduites pour impliquer plus efficacement les communautés grâce aux dispositifs du nouveau Forum de coordination, même s’il est prématuré d’évaluer l’efficacité de ces dispositifs pour la gestion d’ensemble du bien ;
  6. Félicite également les actions menées par le district pour mettre en place des incitations fiscales à l’égard des paysans ; et note également que la mise en place de dispositifs financiers pour soutenir tous les subaks traditionnels et réduire la pression liée au changement d’usage des terres est une priorité permanente ;
  7. Note en outre qu’aucune stratégie touristique complète ne couvre l’ensemble des districts ;
  8. Prend également note de l’importance soulignée par la mission de la protection des bassins hydrographiques pour la subsistance du système subak ;
  9. Demande à l’État partie, afin de renforcer les processus de gestion dans leur ensemble et de répondre à ces problèmes, de mettre en œuvre de toute urgence les recommandations de la mission de conseil, dont la réalisation des points suivants de manière permanente :
    1. Coopération entre les autorités de la province, du district et le Forum de coordination,
    2. Incitations financières et autres, pour soutenir les revenus des communautés subak,
    3. Moyens de sauvegarde de la zone hydrographique, qui est essentielle au bon fonctionnement du système subak,
    4. Coordination plus efficace en matière de processus de changement d’usage des terres, et de changements d’usage des terres, y compris les nouveaux développements,
    5. Plans d’action qui reflètent le large éventail de problèmes impactant le bien,
    6. Dispositifs efficaces de planification stratégique,
    7. Évaluations d’impact des nouveaux aménagements au sein du bien et dans son cadre élargi,
    8. Planification touristique stratégique et détaillée;
  10. Demande également à l’État partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial, d’ici le 1er décembre 2016, un rapport actualisé, incluant un résumé analytique d’une page, sur l’état de conservation du bien et sur la mise en œuvre des points ci-dessus mentionnés, pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 41e session en 2017.