1.         Qal’at al-Bahreïn – ancien port et capitale de Dilmun (Bahreïn) (C 1192ter)

Année d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial  2005

Critères  (ii)(iii)(iv)

Année(s) d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril  Néant

Décisions antérieures du Comité  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/1192/documents/

Assistance internationale

Demandes approuvées : 0 (de 2002-2002)
Montant total approuvé : 26 500 dollars EU
Pour plus de détails, voir page http://whc.unesco.org/fr/list/1192/assistance/

Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO

Néant

Missions de suivi antérieures

Janvier-février 2006 : mission du Centre du patrimoine mondial ; juin 2006 : mission conjointe Centre du patrimoine mondial/ICOMOS, juillet 2012 : mission de conseil conjointe Centre du patrimoine mondial/ICOMOS,

Facteurs affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

Matériel d’illustration  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/1192/

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2015

En 2014, l’État partie a soumis le plan de gestion intégré de Qal’at al-Bahrain (2013-2018). Le 31 mars 2015, l’État partie a soumis un rapport sur l’état de conservation du bien, qui est disponible à https://whc.unesco.org/fr/list/1192/documents/, ainsi qu’une rapide évaluation d’impact sur le patrimoine (EIP) intitulée “Développement de la connectivité routière avec l’île de Nurana dans le Royaume de Bahreïn”.

L’État partie rapporte que, en raison de la restructuration du gouvernement de Bahreïn à la fin de 2014, l’examen de la proposition de révision de la Loi sur le patrimoine, Décret 11 de 1995, afin d’y inclure des notions de paysage culturel, centres urbains historiques et autres catégories de patrimoine, n’a pas eu lieu. De même, aucun protocole d’accord n’a été signé avec les propriétaires de terres situées dans la zone désignée pour extension du bien du patrimoine mondial. Pour la même raison, la révision des réglementations de zonage et d’utilisation des sols, qui sont des sous-catégories de la législation relative à l’aménagement de 1994, n’a pas été faite en 2014 comme cela aurait dû.

L’État partie rapporte que, suite à la décision d’abandonner le projet de la Route N, d’autres options différentes de celle du pont approuvé par le Comité du patrimoine mondial à sa 37e session, sont nécessaires à court terme pour relier l’île de Nurana à la côte et sont étudiées. Des études sur la vitesse d’aménagement le long de la côte Nord du comté ont montré que les points de connexion, qui sont nécessaires pour construire le pont, ne seront atteints que vers 2025. Le développement de l’île de Nurana réclame par conséquent une solution d’accès temporaire. Deux possibilités ont été identifiées : un pont-jetée et un tunnel pour traverser le corridor visuel vers l’est (option 1) et un pont-jetée et un corridor sur terre pour relier l’île de Nurana à la côte, à l’ouest du bien (option 2). L’autorité de Bahreïn pour la culture et les antiquités (BACA) a considéré que ces deux options pouvaient avoir un impact sur la valeur universelle exceptionnelle (VUE) du bien et que, tout en étant élaborées en tant que solutions temporaires, pouvaient devenir permanentes. Aussi, la BACA a-t-elle demandé qu’une EIP rapide soit menée par Manara Development (le développeur de l’île de Nurana). L’objectif de l’EIP est d’obtenir un accord de principe auprès du Centre du patrimoine mondial pour aller de l’avant avec les propositions.

Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial, de l’ICOMOS et de l’ICCROM

Sur la base des résultats de l’EIP rapide, la BACA considère que les deux options sont acceptables dans leur principe, à condition que des études complémentaires soient menées afin de s’assurer qu’elles n’auront pas de conséquences sur la VUE du bien. Toutefois, l’EIP est basée sur deux options qui n’en sont qu’aux premiers stades de la conception, et les données de bases sont insuffisantes pour évaluer pleinement les impacts potentiels sur les composantes patrimoniales, en particulier sur l’aquifère de Dammam et les gisements archéologiques du bien ou en termes d’intrusion visuelle et sonore.

L’EIP rapide conclut que l’aquifère de Dammam, la principale réserve d’eau de Bahreïn, pourrait être endommagée par l’une ou l’autre des options d’accès, ce qui affecterait la VUE du bien. Cela montre aussi que les deux options auraient un impact sur la zone tampon où des gisements archéologiques non fouillés ou des sites archéologiques subaquatiques potentiels pourraient être affectés. Les deux options requerraient de lourds travaux, qui pourraient affecter l’environnement fragile dans lequel elles seraient mises en œuvre, ainsi que les communautés locales (habitants des villages, pêcheurs, visiteurs du bien, etc.). Enfin, les deux options auraient un impact sur les vues depuis le bien, en particulier vers la mer dans le cas de l’option 1.

Les questions soulevées par l’EIP rapide exigent que des études rigoureuses soient menées pour évaluer de manière concluante les impacts des deux options pour relier l’île de Nurana à la côte. Ces études comprennent des études des sols, des études géophysiques et archéologiques ainsi que des études d’impacts visuels et sonores. Ces études devraient être réalisées afin de guider le développement de la conception détaillée des deux options, puis l’EIP devra être révisée de manière que les impacts des propositions soient évalués globalement par rapport à la VUE. Aucune décision concernant le projet ne devrait être prise avant que cette procédure soit achevée et évaluée par le Centre du patrimoine mondial et les Organisations consultatives. A ce stade, sur la base des informations disponibles, il est impossible de recommander une approbation de principe.

Le ministère de la Culture et la BACA ont déployé beaucoup d’efforts pour élaborer et mettre en œuvre un plan de gestion et de conservation du bien détaillé et complet. Toutefois, ce plan doit être conforté par un plan de développement à long terme de la région où le bien est situé afin de garantir que la VUE de ce dernier sera préservée. A cet effet, le contexte urbain du bien pourrait justifier l’utilisation d’une approche intégrée et holistique menée par la Recommandation concernant le paysage urbain historique. Une réunion technique réunissant toutes les parties prenantes actuelles et potentielles pourrait aussi être utile lorsque les résultats des études complémentaires recommandées par l’EIP rapide seront connus.

Décision adoptée: 39 COM 7B.48

Le Comité du patrimoine mondial,

  1. Ayant examiné le document WHC-15/39.COM/7B.Add,
  2. Rappelant les décisions 37 COM 7B.47 et 38 COM 8B.49, adoptées aux 37e (Phnom Penh, 2013) et 38e (Doha, 2014) sessions respectivement,
  3. Note l’achèvement et la mise en œuvre du plan de gestion et de conservation globale ;
  4. Note également le retard pris dans l’examen de la proposition de révision de la Loi sur le patrimoine, ainsi que dans la signature de protocoles d’accord avec les propriétaires de terres situées dans les zones désignées pour l’extension du bien du patrimoine mondial et dans la révision des réglementations de zonage et d’utilisation des sols, et demande à l’État partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial des informations à ce sujet dès que des progrès auront été réalisés ;
  5. Prend bonne note des résultats de l’évaluation d’impact sur le patrimoine (EIP) rapide sur le développement de la connectivité des routes pour l’île de Nurana, à la lumière d’impacts négatifs potentiels, demande également que l’EIP soit révisée sur la base des études complémentaires recommandées par cette EIP rapide pour éclairer le développement des options de conception et les soumettre au Centre du patrimoine mondial pour examen par les Organisations consultative avant toute prise de décision concernant l’option qui sera choisie pour relier l’île de Nurana à la côte ;
  6. Exprime son inquiétude concernant la pression importante pesant sur le bien du fait du développement urbain qui l’entoure et invite l’État partie à évaluer les impacts du développement prévu à long terme sur l’environnement du bien, y compris par l’approche adoptée par la Recommandation concernant le paysage urbain historique ;
  7. Demande en outre à l’État partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial, d’ici le 1er décembre 2016, un rapport actualisé, incluant un résumé analytique d’une page, sur l’état de conservation du bien et sur la mise en œuvre des points ci-dessus mentionnés, pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 41e session en 2017.