1.         Casbah d'Alger (Algérie) (C 565)

Année d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial  1992

Critères  (ii)(v)

Année(s) d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril  Néant

Décisions antérieures du Comité  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/565/documents/

Assistance internationale

Demandes approuvées : 0 (de 1993-2002)
Montant total approuvé : 92 600 dollars EU
Pour plus de détails, voir page http://whc.unesco.org/fr/list/565/assistance/

Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO

Néant

Missions de suivi antérieures

Septembre 2001 : mission de suivi réactif du Centre du patrimoine mondial ; de novembre 2007 à novembre 2009 : six missions du Centre du patrimoine mondial financées par l’État partie pour le plan de sauvegarde et la question du métro. 

Facteurs affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

Matériel d’illustration  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/565/

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2015

Le 29 janvier 2015, un rapport sur l’état de conservation du bien et une étude d’impact du projet du métro d’Alger ont été soumis par l’Etat partie. Un résumé de ce rapport est disponible à https://whc.unesco.org/fr/list/565/documents. De plus, une mission de conseil de l’ICOMOS a visité le bien en avril-mai 2013. Les progrès réalisés sont présentés dans ces rapports, comme suit :

Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial, de l’ICOMOS et de l’ICCROM

Le rapport de l’Etat partie soulève deux questions importantes : la première concerne l’interaction et la coordination entre les nombreuses interventions menées en parallèle sur le bien. Outre les difficultés de coordination, se pose la question de la concordance des actions dans le temps. Certaines sont en phase opérationnelle alors que d’autres sont encore à l’état d’étude. Il en résulte une grande difficulté à évaluer les progrès réellement accomplis par le PPSMVSS. La deuxième difficulté concerne l’absence d’informations sur l’interaction de la Casbah en tant qu’entité urbaine avec son environnement immédiat.

L’Etat partie a accompli des efforts importants pour l’amélioration de l’état de conservation du bien et ce malgré de multiples contraintes. La complexité inhérente à la conservation d’un bien habité est augmentée par les difficultés techniques (déclivité du terrain, plusieurs parcelles creuses dans le tissu urbain, fragilité et insalubrité de nombreux bâtiments, etc.) et par son contexte urbain. L’approche actuelle pour la gestion du bien semble se limiter au périmètre de ce dernier (105 ha) en tant que secteur sauvegardé, tel qu’inscrit au patrimoine mondial. Cependant, la mise en œuvre du PPSMVSS serait renforcée si elle s’opérait dans le cadre d’une approche holistique de la conservation de ce patrimoine urbain, tel que le préconise la Recommandation de l’UNESCO concernant le paysage urbain historique (2011). Cette approche permettrait de renforcer la coordination entre les institutions concernées et de rassembler toutes les composantes du projet sous un même auspice, en intégrant la Casbah dans un contexte urbain plus large avec toutes les dimensions (historique, géographique, topographique, environnementale, technique, architecturale, socio-culturelle, économique, etc.) qui interagissent à l’intérieur et à l’extérieur du bien. Une nouvelle mission de conseil, invitée par l’Etat partie, pourrait s’avérer utile pour développer l’utilisation de cette approche.

Le plan d’action mené par le Ministère de la Culture semble avoir été élaboré de façon à prendre en compte tous ces paramètres et s’appuie notamment sur un renforcement de la coopération entre les acteurs clefs de la mise en œuvre du PPSMVSS. Il serait très utile pour le Centre du patrimoine mondial de recevoir plus de détails sur les résultats obtenus depuis le lancement de ce plan.

La situation sur la Place des Martyrs est devenue plus claire, notamment grâce à l’abandon de tout projet à la surface de cet espace ouvert hautement symbolique. L’impact, notamment visuel, des points d’accès à la station de métro peut être considéré comme acceptable dès lors que leur forme et les matériaux utilisés pour les réaliser demeurent les plus discrets possibles. Il est essentiel que les résultats des fouilles archéologiques soient rassemblés et analysés avant la finalisation du projet de musée au sein de la station de métro.

À la lumière de ce qui précède, il est recommandé que le Comité du patrimoine mondial suggère à l’Etat partie d’opter pour une approche intégrée, centrée sur le paysage urbain historique dans le cadre de la mise en œuvre du PPSMVSS. Il est également recommandé que le Comité du patrimoine mondial demande à l’Etat partie de fournir au Centre du patrimoine mondial un rapport sur l’état d’avancement de la mise en œuvre du PPSMVSS et l’utilisation de cette approche si celle-ci est adoptée, ainsi que les résultats des fouilles archéologiques menées sur la Place des Martyrs dans le cadre de la réalisation de la station de métro.

Décision adoptée: 39 COM 7B.46

Le Comité du patrimoine mondial,

  1. Ayant examiné le document WHC-15/39.COM/7B,
  2. Rappelant la décision 37 COM 7B.46 adoptée à sa 37e session (Phnom Penh, 2013),
  3. Félicite l’Etat partie pour les efforts importants visant à améliorer l’état de conservation du bien ;
  4. Note cependant les difficultés rencontrées dans la mise en œuvre du Plan permanent de protection, de sauvegarde et de mise en valeur du secteur sauvegardé (PPSMVSS), notamment en raison de problèmes de coordination entre les principaux acteurs et projets d’intervention, mais également du fait d’une approche essentiellement axée sur le secteur sauvegardé ;
  5. Encourage l’Etat partie à considérer l’utilisation d’une approche intégrée centrée sur le paysage urbain historique pour la mise en œuvre du PPSMVSS, afin de répondre aux problèmes soulevés au point 4 de la présente décision et, le cas échéant, à inviter une mission de conseil, financée par l’Etat partie, afin de développer l’utilisation de cette approche ;
  6. Demande à l’Etat partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial, d’ici le 1er décembre 2015, un rapport complet sur les résultats et les analyses des fouilles archéologiques menées sur la Place des Martyrs dans le cadre de la réalisation de la station de métro ainsi que le projet de musée souterrain que celle-ci est censée abriter ;
  7. Demande également à l’État partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial, d’ici le 1er décembre 2016, un rapport actualisé, incluant un résumé analytique d’une page, sur l’état de conservation du bien et sur la mise en œuvre des points ci-dessus mentionnés, pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 41e session en 2017.