1.         Villes anciennes de Djenné (Mali) (C 116rev)

Année d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial  1988

Critères  (iii)(iv)

Année(s) d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril  Néant

Décisions antérieures du Comité  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/116/documents/

Assistance internationale

Demandes approuvées : 0 (de 1981-2015)
Montant total approuvé : 84 577 dollars EU
Pour plus de détails, voir page http://whc.unesco.org/fr/list/116/assistance/

Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO

Montant total accordé : 110 000 dollars EU (Fonds-en-dépôt italien) ; 23 100 dollars EU (Croisi Europe) ; 86 900 dollars EU (Commission européenne) ; 53 000 dollars EU (Fonds-en-dépôt néerlandais)

Missions de suivi antérieures

2002, 2005 : missions du Centre du patrimoine mondial ; 2006 : mission de suivi réactif Centre du patrimoine mondial/ICOMOS/ICCROM ; 2014 : mission de suivi réactif Centre du patrimoine mondial/ICOMOS

Facteurs affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

Matériel d’illustration  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/116/

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2015

Le 13 février 2015, l’Etat partie a soumis un rapport sur l’état de conservation du bien, disponible sur : https://whc.unesco.org/fr/list/116/documents/. Ce rapport devait être complété par le rapport de la mission conjointe Centre du patrimoine mondial/ICOMOS de suivi réactif demandée par la décision 38 COM 7B.50, mais celle-ci n’a pu avoir lieu, en raison de la fragilité de la situation sécuritaire au Mali. Le rapport de l’Etat partie fournit les informations suivantes :

Par ailleurs, l’Etat partie a soumis le 4 mai 2015 un rapport d’étape, dans le cadre du projet d’assistance internationale visant à la protection renforcée du bien. Ce projet a pour objectif de contribuer à la mise en œuvre du Plan d’action d’urgence, adopté par la décision 38 COM 7B.50. Les points saillants de ce rapport sont les suivants :

Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial, de l’ICOMOS et de l’ICCROM

L’Etat partie a fourni de nombreux efforts pour la mise en œuvre de la décision 38 COM 7B.50, et plus particulièrement pour la réalisation des activités du Plan d’action d’urgence pour la conservation et la protection du bien. Toutefois, ces efforts sont loin d’être suffisants eu égard aux nombreux problèmes et menaces qui pèsent sur l’intégrité et l’authenticité du bien.

La fragilité de la situation sécuritaire au Mali a ralenti la capacité de l’Etat partie à intervenir sur le terrain. Les actions menées sont notamment d’ordre institutionnel, orientées vers les procédures de sécurisation des sites archéologiques et l’adoption du règlement d’urbanisme. Ces actions consistent également à prendre des mesures pour lutter contre l’insalubrité et l’occupation illicite des berges du fleuve. La situation architecturale et urbaine du tissu urbain ancien (constructions de terre dont les plus anciennes remontent aux XVe-XVIe siècles) est elle aussi fortement menacée par des travaux illicites, ce que reconnaît le rapport de l’Etat partie. Outre des dispositions institutionnelles de coordination entre les différentes autorités, des mesures techniques d’ordre général sont évoquées : inventaire des pratiques traditionnelles, normes de conservation de l’architecture de terre au regard des nouveaux besoins de confort, plan cadastral et banque de matériaux traditionnels. Face à une situation particulièrement difficile, il est recommandé que le Comité exprime sa plus grande inquiétude et qu’il insiste sur la nécessité de mettre en œuvre de manière très urgente des actions concrètes et opérationnelles sur l’ensemble des composantes du bien : sites archéologiques et tissu urbain ancien.

En association avec les mesures envisagées par l’Etat partie, le rapport d’étape du projet d’assistance internationale permet de constater un début de réponse aux principaux défis à révéler. L’Etat partie devra mettre en œuvre sans tarder les différents volets de ce projet d’assistance internationale et mobiliser pour cela des moyens supplémentaires. En dehors du Fonds du patrimoine mondial, l’Etat partie n’a pas pu réunir d’autres fonds en faveur du bien, et une assistance internationale plus importante serait bienvenue. En l’absence de progrès significatifs dans la mise en œuvre du Plan d’action d’urgence, le bien est susceptible de répondre aux conditions énoncées dans les paragraphes 177-182 des Orientations qui font référence à l’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril. Mais en amont, une mission de suivi réactif devra confirmer cette éventualité.

Décision adoptée: 39 COM 7B.41

Le Comité du patrimoine mondial,

  1. Ayant examiné le document WHC-15/39.COM/7B.Add,
  2. Rappelant la décision 38 COM 7B.50, adoptée à sa 38e session (Doha, 2014),
  3. Prend acte des efforts consentis par l’Etat partie pour la mise en œuvre du Plan d’action d’urgence pour la conservation et la protection du bien;
  4. Note avec préoccupation la fragilité de la situation sécuritaire au Mali qui a ralenti la capacité d’action de l’Etat partie sur le terrain ;
  5. Exprime sa plus grande inquiétude sur le faible niveau de mise en œuvre opérationnelle du Plan d’action d’urgence, eu égard aux nombreuses menaces qui pèsent sur l’intégrité et l’authenticité du bien ;
  6. Demande à l’Etat partie d’amplifier ses efforts et de mobiliser des moyens supplémentaires pour accélérer la mise en œuvre du Plan d’action d’urgence ;
  7. Lance un appel à la communauté internationale pour qu’elle apporte l’appui nécessaire à la protection et la sauvegarde du bien à travers la mise en œuvre du Plan d’action d’urgence ;
  8. Réitère sa demande à l’Etat partie d’inviter une mission conjointe UNESCO/ICOMOS de suivi réactif, dès que la situation sécuritaire le permettra, pour évaluer les progrès réalisés dans la mise en œuvre du Plan d’action d’urgence et le péril potentiel sur la valeur universelle exceptionnelle du bien ;
  9. Demande également à l’État partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial, d’ici le 1er février 2016, un rapport actualisé, incluant un résumé analytique d’une page, sur l’état de conservation du bien et sur la mise en œuvre des points ci-dessus mentionnés, pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 40e session en 2016, afin de considérer, en cas d’absence de progrès significatifs dans la mise en œuvre du Plan d’action d’urgence et d’un péril potentiel ou prouvé pour la valeur universelle exceptionnelle, l’inscription éventuelle du bien sur la Liste du patrimoine mondial en péril.