1.         Zone de nature sauvage de Tasmanie (Australie) (C/N 181quinquies)

Année d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial  1982

Critères  (iii)(iv)(vi)(vii)(viii)(ix)(x)

Année(s) d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril  Néant

Décisions antérieures du Comité  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/181/documents/

Assistance internationale

Demandes approuvées : 0
Montant total approuvé : 0 dollars EU
Pour plus de détails, voir page http://whc.unesco.org/fr/list/181/assistance/

Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO

Néant

Missions de suivi antérieures

Mars 2008 : mission conjointe Centre du patrimoine mondial/UICN/ICOMOS de suivi réactif

Facteurs affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

Matériel d’illustration  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/181/

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2015

Le 28 janvier 2015, l’État partie a soumis un rapport sur l’état de conservation du bien, disponible à https://whc.unesco.org/fr/list/181/documents/. Les informations suivantes sont présentées dans ce rapport :

Le projet de Déclaration rétrospective de valeur universelle exceptionnelle (DRVUE) a été préparé par l’État partie mais ne sera pas soumis à l’examen du Comité à sa 39e session pour les raisons exposées ci-après.

Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial et des Organisations consultatives

Les actions entreprises par l’État partie pour répondre aux sujets de préoccupation précédemment identifiés par le Comité sont notées. Le Centre du patrimoine mondial et les Organisations consultatives ont également procédé à une revue préliminaire du projet de plan de gestion.

Ce projet de plan de gestion, ainsi que le processus d’expression d’intérêt pour l’aménagement d’infrastructures touristiques, suscite diverses préoccupations qui exigent un examen plus approfondi par le Comité du patrimoine mondial. Divers changements proposés dans le projet de plan de gestion mettraient directement en cause la protection de la VUE du bien, parmi lesquels :

  1. Une zone de nature sauvage ne fait plus partie des zones de gestion prévues par le projet de plan et a été rebaptisée «zone de loisirs en région isolée». Le caractère de nature sauvage du bien a été identifié comme une composante fondamentale de la VUE du bien, le projet de DRVUE reconnaissant que «des phénomènes géologiques et glaciaires, des régimes climatiques et une occupation aborigène se sont conjugués pour créer un paysage exceptionnel, célèbre pour ses grandes qualités de nature sauvage». Une «zone de loisirs en région isolée» ne semble pas englober de façon appropriée le caractère de nature sauvage et l’occupation traditionnelle du bien tels que présentés dans le projet de DRVUE.
  2. Il semble que le plan permette de potentielles activités d’exploitation forestière au sein du bien. Cela concerne les réserves régionales et les zones de conservation qui constituent une partie du bien et accordées par l’adoption de la loi de 2014 sur la sylviculture (Reconstruire l’industrie sylvicole), qui annule l’accord-cadre de 2013 sur la forêt de Tasmanie. Le projet de plan de gestion permettrait le prélèvement d’essences d’arbres particulières dans la zone de loisirs, la zone de loisirs autonome et la zone de loisirs isolée et indique que : «Les objectifs des réserves régionales et des zones de conservation, tels que définis dans l’annexe 1 du NPRMA [National Parks and Reserves Management Act 2002], permettent l’abattage d’essences d’arbres particulières. Ces essences sont définies par la loi de 2014 sur la sylviculture (Reconstruire l’industrie sylvicole) et comprennent l’acacia ainsi que toute autre espèce ou toute autre essence possédant des propriétés particulières, comme indiqué par la réglementation s’y rapportant».

De plus, le projet de plan de gestion indique que le bien comprend des zones classées future exploitation forestière potentielle (FPPFL) par la loi de 2014 sur la sylviculture (Reconstruire l’industrie sylvicole). Les zones de la FPPFL, lesquelles sont propriétés de la Couronne et non attribuées, ne sont pas concernées par le plan de gestion et sont gérées par la loi de 1976 sur les propriétés de la Couronne, et conformément à la loi sur la sylviculture de 2014.

  1. Le plan laisse entrevoir la création potentielle d’industries extractives. L’annexe 1 du NPRMA mentionnée ci-dessus indique également que les objectifs des réserves pour les zones désignées en tant que réserves régionales comprennent « l’exploration minière et le développement des gisements miniers ». Il est nécessaire de rappeler que le Comité du patrimoine mondial a réitéré à plusieurs reprises sa position, selon laquelle l’exploration et l’exploitation minières sont incompatibles avec le statut de patrimoine mondial.
  2. Le projet de plan de gestion permet également l’aménagement d’infrastructures touristiques commerciales, y compris dans la zone de loisirs en région isolée. L’accès au bien par voie aérienne est autorisé en des endroits spécifiés, au sein des quatre zones de gestion.
  3. L’ICOMOS estime qu’il existe également une difficulté fondamentale à créer un plan pour lequel les attributs culturels n’ont pas été clairement définis. Dans la mesure où l’étude prévue des attributs culturels ne sera pas finalisée avant 2018, le plan de gestion ne s’appuie pas sur une identification claire de ces attributs. Il convient de rappeler que le Comité du patrimoine mondial a demandé, à plusieurs reprises, que la valeur culturelle du bien soit définie. En l’absence d’une telle identification, et à la lumière des changements d’orientation fondamentaux, le plan de gestion ne peut plus être considéré comme un document qui maintient la VUE du bien ;
  4. Le processus de consultation publique mis en place suscite également quelques interrogations dans la mesure où il est indiqué que «le projet de plan pourrait ne pas être modifié si une représentation s’oppose aux propositions de gestion ayant recueilli un large assentiment». .

Outre les points ci-dessus mentionnés, le projet de plan de gestion propose d’envisager une nouvelle proposition d’inscription du bien en tant que « Paysage culturel aborigène », avec, éventuellement, un nouveau nom conforme à la Politique de dénomination double et aborigène du Gouvernement de Tasmanie. Si cette proposition devait être retenue dans le plan de gestion, des précisions supplémentaires sur les implications que cela entrainerait pour le bien du patrimoine mondial, tel qu’il est inscrit à ce jour, devraient être communiquées au Centre du patrimoine mondial et aux Organisations consultatives.

En s’appuyant sur l’analyse ci-dessus, il est recommandé que le Comité prie instamment l’État partie d’effectuer les changements nécessaires au plan de gestion prévu pour garantir la mise en place d’une protection appropriée et d’un régime de gestion qui maintiennent la VUE du bien à long terme et pour garantir que les travaux d’études complets sur les attributs culturels soient entrepris dès que possible et finalisés avant 2018 dans la mesure du possible.

L’ICOMOS estime que le projet actuel de DRVUE, soumis au Centre du patrimoine mondial, ne présente pas d’informations détaillées suffisantes sur les attributs culturels de l’ensemble du bien, ou sur leur protection et leur gestion, comme demandé par le Comité à sa 38e session (décision 38 COM 8B.47) et que ces éléments devraient être ajoutés avant que la Déclaration ne soit examinée.

Il est également recommandé que le Comité demande à l’État partie d’inviter une mission de suivi réactif conjointe UICN/ICOMOS sur le bien afin d’examiner et d’apporter des conseils pour l’étude des attributs culturels, la finalisation de la DRVUE, et la révision du plan de gestion, avant toute initiative de finalisation de celui-ci, et d’évaluer l’état de conservation du bien dans son ensemble. Il est en outre recommandé que la mission vienne en aide à l’État partie dans la finalisation de la Déclaration rétrospective de VUE.

Décision adoptée: 39 COM 7B.35

Le Comité du patrimoine mondial,

  1. Ayant examiné le document WHC-15/39.COM/7B.Add,
  2. Rappelant les décisions 36 COM 7B.36, 37 COM 8B.44, et 38 COM 8B.47, adoptées à ses 36e (Saint-Pétersbourg, 2012), 37e (Phnom Penh, 2013) et 38e (Doha, 2014) sessions respectivement,
  3. Exprime sa préoccupation quant au fait que l’étude des attributs culturels du bien, demandée depuis 2013, n’a connu aucune avancée substantielle, et que sa finalisation n’est pas envisagée avant 2018, et prie instamment l’État partie de veiller à ce que ce travail soit entrepris dès que possible, et soumis au Centre du patrimoine mondial, pour examen par l’ICOMOS ;  
  4. Réitère sa demande auprès de l’État partie afin qu’il :
    1. entreprenne une étude complémentaire et consulte à nouveau la communauté aborigène de Tasmanie dans le but de communiquer des informations plus détaillées sur la valeur culturelle du bien et leur lien avec la valeur universelle exceptionnelle (VUE),
    2. communique des informations détaillées sur les dispositions juridiques relatives à la protection du patrimoine culturel sur le bien étendu,
    3. communique des informations détaillées sur les dispositions de gestion relatives au patrimoine culturel et, en particulier, au contrôle de l’accès aux sites archéologiques et aux sites d’importance culturelle ;
  5. Prie aussi instamment l’État partie de revoir le nouveau plan de gestion proposé pour le bien afin de s’assurer qu’il permet la protection appropriée de sa Valeur universelle exceptionnelle (VUE), y compris :
    1. la reconnaissance du caractère de nature sauvage du bien comme l’une de ses valeurs essentielles et élément fondamental pour sa gestion,
    2. la reconnaissance des attributs culturels de la VUE, également éléments fondamentaux pour sa gestion,
    3. l’établissement de critères stricts pour les nouveaux aménagements touristiques au sein du bien, critères qui respecteraient l’objectif initial de protection de la VUE du bien, y compris son caractère de nature sauvage et ses attributs culturels ;
  6. Prie en outre instamment l’État partie de s’assurer que les exploitations forestière et minière commerciales ne sont pas autorisées au sein du bien dans son intégralité, et que toutes les zones propriété de l’Etat situées au sein des limites du bien, y compris les réserves régionales, les zones de conservation et les zones classées future exploitation forestière potentielle, aient un statut qui garantisse la protection appropriée de la VUE du bien ;
  7. Demande à l’État partie de sécuriser un financement suffisant pour la gestion du bien, en prenant en compte l’extension du bien telle qu’approuvée par le Comité à sa 37e session (Phnom Penh, 2013) ;
  8. Prend note de la proposition de Déclaration rétrospective de valeur universelle exceptionnelle (DRVUE) soumise par l’État partie, et demande également à l’État partie d’inclure des informations complémentaires dans la Déclaration afin de s’assurer que celle-ci reflète de façon appropriée les attributs culturels du bien, et demande en outre à l’État partie de soumettre de nouveau et dès que possible, une proposition révisée de DRVUE au Centre du patrimoine mondial pour examen ;
  9. Demande par ailleurs à l’État partie d’inviter une mission conjointe UICN/ICOMOS de suivi réactif sur le bien afin d’examiner et d’apporter des conseils pour la révision du plan de gestion, avant toute décision visant à le finaliser, sur l’étude des attributs culturels et sur la nouvelle rédaction de la DRVUE, et également afin d’évaluer l’état de conservation du bien dans son ensemble ;
  10. Demande enfin à l’État partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial, d’ici le 1er février 2016, un rapport actualisé, incluant un résumé analytique d’une page, sur l’état de conservation du bien et sur la mise en œuvre des points ci-dessus mentionnés, et avec un exemplaire électronique et trois exemplaires imprimés du projet révisé de plan de gestion envisagé pour protéger de manière appropriée la VUE du bien, pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 40e session en 2016.