1.         Forêts primaires et anciennes de hêtres des Carpates et d’autres régions d’Europe (Albanie,Autriche,Belgique,Bulgarie,Croatie,Allemagne,Italie,Roumanie,Slovaquie,Slovénie,Espagne,Ukraine) (N 1133ter)

Année d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial  2007

Critères  (ix)

Année(s) d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril  Néant

Décisions antérieures du Comité  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/1133/documents/

Assistance internationale

Demandes approuvées : 0
Montant total approuvé : 0 dollars EU
Pour plus de détails, voir page http://whc.unesco.org/fr/list/1133/assistance/

Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO

Néant

Missions de suivi antérieures

Octobre 2014: mission conjointe Centre du patrimoine mondial/UICN de suivi réactif

Facteurs affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

Matériel d’illustration  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/1133/

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2015

Une mission conjointe Centre du patrimoine mondial/UICN de suivi réactif a visité les composantes slovaques du bien en octobre 2014. Les États parties de Slovaquie et d’Ukraine ont soumis des rapports sur l’état de conservation. Tous ces rapports peuvent être consultés à l’adresse suivante : https://whc.unesco.org/fr/list/1133/documents/.

Le rapport de l’État partie de Slovaquie fait état des éléments suivants :

La mission de 2014 a conclu que bien que les valeurs des composantes slovaques du bien avaient été relativement bien préservées, un système de gestion intégré, capable de gérer les menaces, faisait encore défaut. La mission a également conclu que le tracé actuel des limites des composantes slovaques du bien ne reflète pas correctement sa valeur universelle exceptionnelle (VUE).

Le rapport soumis par l’État partie d’Ukraine communique des informations supplémentaires sur la préparation de l’extension du bien à d’autres pays et sur les activités entreprises par les États parties concernés par cette extension.

Le 23 mars 2015, l’État partie d’Allemagne a soumis des informations sur un projet d’infrastructure touristique destiné à renforcer les conditions de sécurité des visiteurs sur les falaises du « trône du roi » situées sur le territoire d’une des composantes du bien, le Parc national de Jasmund.

Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial et de l’UICN

La coopération en cours entre les États parties d’Allemagne, de Slovaquie et d’Ukraine et la signature de la « Déclaration d’intention conjointe » méritent d’être saluées. Le Comité est invité à encourager les États parties à poursuivre leur coopération.

Quelques progrès ont été accomplis par l’État partie de Slovaquie dans l’amélioration de la coopération entre le Ministère de l’environnement et le Ministère de l’agriculture et du développement rural qui est en charge des zones forestières situées dans les limites du parc national de Poloniny et de la Zone de paysage protégé de Vihorlat. L’Accord de coopération et de collaboration signé entre les deux ministères prévoit un certain nombre de tâches à accomplir conjointement, notamment la préparation et la mise en œuvre d’un plan de gestion du bien. Des pratiques de gestion forestière non durables dans les composantes slovaques du bien constituent l’une des préoccupations majeures déjà exprimées par le Comité. La signature de cet accord représente donc une étape positive dans la recherche d’une solution destinée à garantir la protection de la VUE du bien, tout particulièrement après que la mission de suivi réactif a signalé que l’exploitation forestière constituait toujours une menace pour la VUE et l’intégrité du bien et que, malgré l’absence d’exploitation forestière sur le territoire du bien, des plans de gestion forestière concernant des secteurs empiétant sur le bien prévoyaient l’exploitation forestière au sein de ses limites.

Malgré quelques mesures positives, l’absence d’un cadre de gestion intégré pour la partie slovaque du bien et de plans de gestion pour ses composantes individuelles pose problème. Un projet de plan d’action a certes été préparé pour le Parc national des Poloniny mais il ne s’agit que d’un document non législatif. En outre, un programme de gestion pour cette composante du bien reste à élaborer. Le Comité est invité à demander à l’État partie de Slovaquie de veiller à ce qu’aucune activité d’exploitation forestière ne soit autorisée sur le territoire des composantes slovaques du bien jusqu’à l’établissement, en concertation avec les États parties d’Allemagne et d’Ukraine, d’un cadre de gestion intégré qui permette à la valeur universelle exceptionnelle du bien de bénéficier d’un niveau de protection adapté, et prenne également en considération d’autres titres internationaux tels que « Réserve de biosphère » et « Diplôme européen ».

La mission de suivi réactif a également noté que le tracé actuel des limites des composantes slovaques ne permet pas d’accorder à la VUE du bien une protection adéquate. Le Comité est en conséquence invité à encourager l’État partie de Slovaquie à rédiger une proposition de modification des limites de ses composantes qui prenne en considération les conseils qui seront donnés par la mission consultative conjointe Centre du patrimoine mondial/UICN que l’État partie a souhaité inviter en 2015. Il est également pris note de l’intention de l’État partie de Slovaquie de proposer l’inclusion dans le bien d’autres composantes à l’occasion de l’extension, en cours de préparation, du site trinational à d’autres pays. Il est donc recommandé que la reconfiguration des actuelles composantes slovaques s’inscrivent dans le cadre de cette extension afin de garantir la cohérence de la reconfiguration nationale avec le projet global d’extension transnationale en série.

La mission de suivi réactif a souligné l’importance d’impliquer les parties prenantes locales slovaques à la procédure de préparation de tout plan ou instrument de gestion, cette implication pourrait participer à une meilleure reconnaissance des valeurs du patrimoine mondial du bien au sein des communautés locales.

L’UICN a également examiné les informations communiquées par l’État partie d’Allemagne sur le projet d’aménagement d’une infrastructure touristique dans le Parc national de Jasmund, et estime que cet aménagement ne constituerait pas une menace pour la VUE du bien.

Décision adoptée: 39 COM 7B.19

Le Comité du patrimoine mondial,

  1. Ayant examiné le document WHC-15/39.COM/7B,
  2. Rappelant la décision 38 COM 7B.75, adopté à sa 38e session (Doha, 2014),
  3. Félicite les États parties d’Allemagne, de Slovaquie et d’Ukraine pour leur coopération en matière de protection et de gestion du bien et pour la signature d’une Déclaration d’intention conjointe, et encourage les États parties à poursuivre leurs efforts ;
  4. Accueille avec satisfaction les progrès accomplis par l’État partie de Slovaquie dans l’amélioration de la coopération entre les différents ministères concernés en charge de la gestion des composantes slovaques du bien, mais note avec préoccupation qu’un cadre de gestion intégré pour les composantes slovaques du bien fait toujours défaut et que des plans de gestion forestière prévoyant une exploitation des forêts s’appliquent à certains secteurs dans les limites du bien ;
  5. Souscrit aux recommandations de la mission de suivi réactif de 2014 et demande à l’État partie de Slovaquie de les mettre en œuvre ;
  6. Demande également à l’État partie de Slovaquie de veiller à ce qu’aucune activité d’exploitation forestière ne soit entreprise dans les limites du bien jusqu’à la résolution du problème au moyen de l’établissement, en concertation avec les États parties d’Allemagne et d’Ukraine, d’un cadre de gestion intégré pour les composantes slovaques du bien axé sur la conservation de la nature et prenant en considération tous les titres internationaux tels que bien du patrimoine mondial, Réserve de biosphère et Diplôme européen ;
  7. Note que le tracé actuel des limites des composantes slovaques du bien ne permet pas d’accorder à la valeur universelle exceptionnelle (VUE) du bien une protection adéquate et demande en outre à l’État partie de Slovaquie de rédiger une proposition de modification des limites de ses composantes, en étroite collaboration avec les États parties d’Allemagne et d’Ukraine et avec les autres États parties qui préparent actuellement une proposition d’extension du bien ;
  8. Prend note de l’intention de l’État partie de Slovaquie d’inviter une mission conjointe consultative Centre du patrimoine mondial/UICN afin de prodiguer des conseils sur la gestion des composantes slovaques du bien et la rédaction d’une proposition de modification des limites ;
  9. Demande par ailleurs à l’État partie de Slovaquie de soumettre au Centre du patrimoine mondial, d’ici le 1er décembre 2016, un rapport actualisé, incluant un résumé analytique d’une page, sur l’état de conservation du bien et sur la mise en œuvre des points ci-dessus mentionnés, pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 41e session en 2017.