1.         Sanctuaire de faune de Manas (Inde) (N 338)

Année d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial  1985

Critères  (vii)(ix)(x)

Année(s) d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril    1992-2011

Décisions antérieures du Comité  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/338/documents/

Assistance internationale

Demandes approuvées : 0 (de 1997-1997)
Montant total approuvé : 165 000 dollars EU
Pour plus de détails, voir page http://whc.unesco.org/fr/list/338/assistance/

Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO

Montant total accordé au bien : depuis 2008, le bien a bénéficié du programme indien du patrimoine mondial, financé par la Fondation des Nations Unies (UNF). Entre autres interventions, il est prévu : d’améliorer l’efficacité de la gestion et le renforcement des capacités du personnel, d’accroître l’implication des communautés locales dans la gestion du bien et de promouvoir leur développement durable et, enfin, de renforcer la sensibilisation par des activités de communication et de conseil. 

Missions de suivi antérieures

1992 : mission de l’UICN ; 1997: mission de l’UNESCO ; février 2002 : mission de suivi de l’UICN ; avril 2005, février 2008, janvier 2011 : mission de suivi Centre du patrimoine mondial / UICN 

Facteurs affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

Matériel d’illustration  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/338/

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2015

Le 28 janvier 2015, l’État partie a soumis un rapport sur l’état de conservation du bien, qui est disponible sur  https://whc.unesco.org/fr/list/338/documents/. Les progrès réalisés dans le traitement des problèmes de conservation précédemment identifiés par le Comité sont:

L’État partie du Bhoutan n’a pas remis l’évaluation d’impact environnemental (EIE) du projet hydroélectrique de Mangdechhu, incluant une évaluation des impacts potentiels sur la valeur universelle exceptionnelle (VUE) du bien et des impacts potentiels cumulés en relation avec l’actuel barrage du Kurichu, comme demandée par le Comité en 2012 (décision 36 COM 7B.10)

Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial et de l’UICN

Le financement accordé au bien par la MTCF est bienvenu. Toutefois, cela ne représente qu’une infime partie du budget total requis, et le bien demeure globalement insuffisamment financé. Bien qu’ en juin 2014, le gouvernement central ait alloué des fonds au bien, ceux-ci n’avaient toujours pas été débloqués par le gouvernement d’Etat en février 2015. Il est recommandé que le Comité exhorte l’État partie de veiller à ce que tous les fonds alloués soient mis à disposition du bien en temps opportun,  pour lui permettre  de faire face, de façon appropriée,  aux menaces. 

Bien que le braconnage persiste, en 2014, on a noté une nette amélioration du contrôle de cette menace avec la mise en place de la patrouille assistée par le logiciel SMART. Néanmoins, en 2015, l’analyse sur la viabilité de la population de rhinocéros effectuée par le Groupe de l’UICN, Spécialiste de l’Elevage pour la Conservation indique que, faute  d’éradiquer le braconnage, la réintroduction continue des rhinocéros est peu susceptible d’entraîner une population viable à Manas et le rhinocéros pourrait localement disparaître d’ici 30 ans. De même, bien que la réintroduction du cerf des marais oriental soit saluée, le braconnage doit être suffisamment contrôlé pour s’assurer que les cerfs en captivité peuvent être libérés, en toute sécurité, dans le bien. Il est recommandé que l’État partie soit encouragé à augmenter le nombre d’employés de première ligne comme le propose le plan de conservation du tigre, et à prendre les mesures nécessaires pour améliorer le moral du personnel et lui fournir un équipement approprié pour protéger le bien contre des braconniers et des groupes insurgés lourdement armés. La mise en place d’un comité de sécurité de haut niveau et d’autres mesures prises pour endiguer les troubles civils sont les bienvenues. 

L’empiètement dans l’aire de Bhuyanpara est considéré comme unequestion prioritaire qui a besoin d’être traitée de toute urgence. Il est recommandé que le Comité demande à l’État partie de confirmer le succès de la mise en œuvre d’actions à court terme prévues en février-mars 2015 et visant à traiter les empiètements, ainsi que de rapporter les progrès réalisés pour inverser les tendances et prévenir tous nouveaux braconnages grâce à la mise en œuvre de mesures à long terme  visant à répondre aux besoins des communautés locales et à  recueillir leur soutien au bénéfice du  bien. La ferme semencière de Kokilabari est considérée comme une réponse positive aux besoins des communautés locales pour remporter leur adhésion au bénéfice du bien, et elle pourrait être reproduite ailleurs aux alentours du bien.

Les espèces envahissantes sont une menace permanente et préoccupante. Cela est confirmé par le rapport d’enquête sur la faune menacée des prairies fourni par l’État partie, lequel note que la propagation de certaines espèces invasives d’arbres, telles que le Bombax ceiba, serait favorisée par les feux régulièrement allumés dans les prairies. Il est recommandé que le Comité demande à l’État partie d’entreprendre une étude détaillée sur l’utilisation du feu pour la gestion des prairies, afin de s’assurer que ce mode de gestion n’encourage pas l’installation des espèces envahissantes. Une étude entreprise par Aaranyak et le ministère des forêts de l’Assam depuis novembre 2013 pourrait fournir quelques éclaircissements, toutefois cette étude vise uniquement deux espèces envahissantes, lesquelles peuvent réagir différemment au feu.

Il est en outre recommandé au Comité de réitérer sa demande à l’État partie du Bhoutan de soumettre une copie de l’évaluation d’impact environnemental du barrage de Mangdechhu.

Décision adoptée: 39 COM 7B.11

Le Comité du patrimoine mondial,

  1. Ayant examiné le document WHC-15/39.COM/7B,
  2. Rappelant la décision 38 COM 7B.65, adoptée à sa 38e session (Doha, 2014),
  3. Accueille favorablement les progrès réalisés par l’État partie, en particulier pour sécuriser le bien et traiter les troubles civils dans la région, tels que l’établissement d’un Comité de sécurité de haut niveau, l’engagement vis-à-vis des communautés locales et l’augmentation du nombre des patrouilles, avec l’introduction de l’instrument d’aide aux patrouilles SMART (outil de surveillance spatiale et de rapports) et note avec satisfaction que ces actions semblent avoir entraîné, en 2014, une diminution du braconnage;
  4. Note avec inquiétude le rapport du Groupe de l’UICN, spécialiste de l’élevage pour la conservation, indiquant un risque élevé d’extinction locale des rhinocéros dans 30 ans si le braconnage n’est pas éradiqué, et encourage l’État partie de continuer à intensifier ses efforts pour combattre le braconnage afin de sécuriser le bien et lui permettre de retrouver sa valeur universelle exceptionnelle (VUE), en particulier, par la réintroduction de populations de rhinocéros et de cerfs des marais orientaux, en :
    1. augmentant le nombre de personnel de première ligne sur le bien,
    2. prenant des mesures appropriées afin d’améliorer le moral du personnel travaillant dans la forêt,
    3. fournissant un équipement adéquat au personnel forestier pour protéger le bien contre les braconniers et les groupes insurgés lourdement armés.
  5. Demande à l’État partie de confirmer le succès dans la mise en œuvre d’actions à court terme proposées pour traiter les empiètements dans l’aire de Bhuyanpara, et de faire un rapport sur les progrès accomplis pour inverser la tendance actuelle et prévenir tout nouveau empiètement grâce à la mise en place de mesures à long terme pour répondre aux besoins des communautés locales et recueillir leur soutien pour le bien;
  6. Demande également à l’État partie d’entreprendre une étude détaillée sur l’utilisation du feu comme outil de gestion des prairies, afin de s’assurer que son application n’entraîne pas une propagation supplémentaire d’espèces envahissantes, et d’accorder un financement suffisant pour contrôler la menace permanente des espèces envahissantes dans le bien ;
  7. Note encore avec inquiétude que, malgré le succès de l’opération de la Fondation pour la conservation du tigre de Manas, les fonds consacrés au bien demeurent insuffisants, comme en témoigne la lenteur dans le déblocage des fonds par le gouvernement de l’Etat comme signalée par l’État partie, et prie instamment l’État partie de s’assurer qu’un financement adéquat est mis à disposition du bien en temps opportun, cela étant essentiel à la mise en œuvre des actions mentionnées ci-dessus et au traitement efficace des menaces qui pèsent sur le bien ;
  8. Réitère sa demande à l’État partie du Bhoutan de soumettre une copie de l’évaluation d’impact environnemental (EIE) du projet hydroélectrique de Mangdechhu, conformément aux décisions 36 COM 7B.10 et 38 COM 7B.65, ainsi qu’une évaluation des impacts potentiels sur la VUE du bien et sur les impacts potentiels cumulés en relation avec l’actuel barrage du Kurichu, conformément à la Note de conseil du patrimoine mondial à l’UICN sur l’évaluation environnementale ;
  9. Demande en outre à l’État partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial, d’ici le 1er décembre 2016 un rapport actualisé ainsi qu’un résumé analytique d’une page, sur l’état de conservation du bien et sur la mise en œuvre des points mentionnés ci-dessus, pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 41e session en 2017.